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Hercouët Jean-Yves - Trois ans après Version imprimable Suggérer par mail


Trois ans après


En mai 2009, Lien Social (n° 920) racontait la démarche d’ouverture du gîte « Rand'eau Pour Tous » à Saint Congard (56). Jean-Yves Hercouët nous explique où il en est, plus de trois ans après.


Comment fonctionne votre gîte ?

Plutôt pas mal. Nous aurons rempli 22 semaines, cette année. Nous sommes ouverts toute l’année, mais nous avons une saison creuse du mois d’octobre à début décembre et de janvier à mars. Il faudrait 26 semaines de location, pour aller au-delà du simple remboursement de nos emprunts immobiliers. Pour l’instant, nous rentrons dans nos frais. Un certain nombre de gîtes annoncent disposer de « chambres adaptées ». Ce qui ne signifie pas que le reste le soit. Nous avons, quant à nous, préféré aménager un bâtiment de plain pied et l’équiper pour le rendre accessible aux quatre formes de handicap. Bien sûr, cela a représenté un coût sensiblement supplémentaire qui nécessitera plus d’années de fonctionnement pour rentabiliser les dépenses engagées. Mais nous ne regrettons rien, car à défaut de nous enrichir, ce choix constitue une aventure humaine extraordinaire. Nous avons ainsi travaillé avec l’Institut d’éducation motrice La Clarté de Redon qui a organisé deux séjours qui se sont succédés. Ils se sont d’abord déplacés avec leurs adolescents, pour visiter les lieux et imaginer ce qu’ils allaient pouvoir prévoir. Ils nous ont ensuite demandé d’organiser sur la journée où les deux groupes allaient se croiser, une scène musicale, chaque ado invitant un copain. Cela dépassait la capacité d’accueil pour laquelle nous avons un agrément. Mais, comme il n’y avait pas de nuitées, nous avons accepté.


Il n’y a pas eu de problèmes avec les voisins ?

Non seulement, il n’y a pas eu de problèmes, mais en plus ils ont pu écouter et apprécier le concert depuis leur terrasse ! Ce n’était qu’un juste retour des choses. L’un d’entre eux avait, l’année précédente, emmené avec lui un groupe de jeunes d’un IEM de Rouen, dans une partie de pêche. Une autre fois encore, lors d’un séjour de l’association EPAL 29, pendant les vacances de la Toussaint, les éducateurs avaient fait le tour des maisons avoisinantes, pour demander si les habitants acceptaient d’ouvrir leur porte aux enfants qui voulaient fêter Halloween. Cela a super bien marché. Tout le monde était content. Autre exemple, lors d’un réveillon du nouvel an, le groupe d’adultes porteurs de handicap qui était présent a voulu participer au repas programmé par la commune. Mais, il n’y avait plus de place. Les organisateurs ont tout de suite décidé de rajouter une table supplémentaire. Et, comme le budget du groupe était limité, ils leur ont fait le repas à 45 € au lieu de 55 €. Les voisins ont cru au départ que, travaillant dans un ESAT, je voulais créer une annexe de l’établissement. Aujourd’hui, il s’est créé une véritable dynamique qui implique tant les groupes qui viennent, que le voisinage. Nous sommes totalement intégrés aux activités de la commune, mettant à disposition notre terrain de 3.000 m², pour la fête du canal de Nantes à Brest qui longe notre terrain ou, tout dernièrement, pour accueillir avec cinq ou six autres habitants, le « festival du conte chez l’habitant du pays de Ploërmel ».


Avez-vous une clientèle fidèle ou se renouvelle-t-elle ?

Nous louons du 1er juillet au 31 août à une association de tourisme adapté. Ce qui nous assure une sécurité financière. Pour le reste de l’année, notre principal moyen de promotion est notre site internet, très bien référencé. Beaucoup de gens nous ont connu, en tapant sur un moteur de recherche « gîte pour personnes handicapées ». Le « bouche à oreille » fonctionne aussi très bien. Ceux qui sont passés chez nous en parlent autour d’eux. Et puis, il y a la clientèle que nous commençons à fidéliser. Ce qui démontre que le service que nous offrons est apprécié. Il faut dire que, même si nous diversifions avec des randonneurs, des groupes d’amis ou Cap ados de Nantes, par exemple, nous avons fait le choix de privilégier les personnes porteuses de handicap. Nous savons où nous adresser, quand un équipement spécifique nous est demandé, comme dans le cas des « lève personne », lorsque les accompagnateurs doivent soulever des vacanciers de 70 ou 80 kilos. Et puis, il y a l’accueil que nous soignons tout particulièrement. Nous avons appris sur le tas. Mais, déjà sensibilisé à ce public, nous savons aussi comment procéder. Cela aide, de bien connaître le secteur du travail protégé. A l’occasion de la parution de l’article dans Lien Social en 2009, nous avons été contactés par une monitrice d’atelier travaillant, elle aussi, en ESAT et qui avait ouvert dans le même état d’esprit que nous le « Gîte de la Barnière », dans le Cantal. Comme nous, elle ne conçoit pas de recevoir des personnes atteintes de handicap, pour les laisser enfermées. Nous avons eu la même idée : proposer toute une chaîne d’établissements accessibles à des personnes à mobilité réduite. Nous sommes en capacité d’indiquer que tel restaurant, telle piscine, tel cinéma, tel magasin vont accueillir le groupe, parfaitement. C’est toute une chaîne adaptée que nous avons ainsi aménagée. C’est cela aussi qui donne envie aux gens de revenir.


Contact : Mr et Mme Hercouet 02 99 08 07 08/06 30 05 56 22.
Mel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir   -  http://www.gite56.com/
Marie-Laure DAUZET 04.71.67.95.87 http://www.gitelabarniere.com/


 

Jacques Trémintin - LIEN SOCIAL ■ n°1046 ■ 19/01/2012

 
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