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L’année de l’action sociale 2012 Version imprimable Suggérer par mail


« L’année de l’action sociale 2012 – Bilan des politiques sociales, perspective de l’action sociale »
GUEGUEN Jean-Yves (sous la direction), Dunod, 2012, 224 p.

L’édition 2012 du rendez-vous, devenu incontournable de Jean-Yves Gueguen et des éditions Dunod, revient cette année sur la situation globale de l’action sociale, les menaces qui pèsent sur elle, ainsi que sur les changements passés et futurs qui en modifient les contours. Le diagnostic est plutôt pessimiste, les principes d’égalité et de fraternité étant de plus en plus rongés par de puissants acides. Les limites sont d’abord financières, la dette sociale atteignant les 210 milliards d’euros. Mais, elles sont aussi techniques, les difficultés s’accumulant pour faire face aux besoins nouveaux ; démocratiques, la menace d’une protection sociale à plusieurs vitesses se précisant de plus en plus ; conceptuelles, la doxa néolibérale gagnant du terrain sur le principe de solidarité. L’illustration la plus inquiétante de cette dérive est peut-être le sort réservé aux services à domicile financés conjointement par les CAF, la PMI, l’ASE, ainsi que par les mutuelles, les assurances et les caisses de retraite complémentaire. Face aux dotations moindre de la part de financeurs et l’augmentation du reste à payer pour des usagers faisant donc moins appel à ces services, le secteur est en train d’être asphyxié. Ses appels à l’État, pour la mise en place d’un plan d’urgence, ont bien été entendus, mais pas écoutés. Insensiblement, la marchandisation gagne du terrain là aussi : la part du secteur lucratif par rapport aux association étant passée, en dix ans, de 8% à 31%. Autre illustration présentée dans l’ouvrage, la compensation de la dépendance, dont la prestation principale (l’APA) était financée à 50% par l’État, en 2002, et qui ne l’est plus qu’à hauteur de 28%, en 2011. L’action sociale qui en découle fait aujourd’hui l’équilibre entre logique d’aide sociale et logique de sécurité sociale. La revendication se fait d’autant plus pressante en faveur de la création d’un risque autonomie géré par une cinquième branche de protection sociale fondée sur la solidarité nationale. Si, de son côté, le bilan de l’application de la réforme 2007 de la protection de l’enfance laisse apparaître une appropriation globale par les associations de l’esprit de la nouvelle loi… ce n’a pas été le cas du gouvernement Fillon qui a attendu trois ans avant de publier les décrets d’application concernant la création, par la CNAF, d’un fonds de financement de la protection de l’enfance. Et encore, doté initialement à hauteur de 150 millions d’euros, il sera finalement généreusement alimenté de 10 millions d’euros de crédits. Les besoins augmentent donc, mais se heurtent à une restriction de moyens qui peut s’avérer contre-productif, la réparation des dégâts pouvant s’avérer infiniment plus coûteux, au final, que leur prévention.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1085 ■ 06/12/2012

 

 
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