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De bons petits diables Version imprimable Suggérer par mail


De bons petits diables

Le Mans, 27 mars 2012, deux fillettes de cinq ans, échappant à la vigilance de leur maîtresse, sortent de l’école et se rendent dans le magasin d’en face, pour dérober des chocolats de Pâques. Elles sont interpellées par le vigile qui appelle la police. Lot-et-Garonne, le 20 octobre suivant, un garçon de douze ans est arrêté, par les gendarmes, sur la route, au volant d'une Ford Fiesta en compagnie de quatre cousines, avec qui il entendait faire une promenade. Valence, le 9 janvier 2013, un petit garçon âgé de cinq ans est retrouvé, derrière le volant d'une voiture en marche. Laissé seul, il en avait profité pour subtiliser les clefs, descendre dans la rue et démarrer le moteur. La précocité et la créativité mal placée de ces enfants peuvent amuser. Elle peut aussi irriter, provoquant l’inévitable et stupide refrain : « les enfants ne sont plus ce qu’ils étaient. Moi, de mon temps … ». Les discours réactionnaires sur le laxisme et la nécessité d’une plus grande discipline ne se justifient pas, ici. Parce que, des bêtises, les enfants en ont toujours fait, provoquant remontrances et sanctions des adultes. C’est, sans doute, cet autoritarisme sécuritaire, confondant le temps d’expérimentation lié à l’enfance et le comportement mature adulte, qui peut expliquer l’invraisemblable intervention d’une policière à la cantine d’Ustaritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour en retirer une petite fille de cinq ans, au prétexte d’une dette impayée par ses parents.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1090 ■ 24/01/2013


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