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Retour à la réalité

La justice a tranché. La responsabilité de l’État n’a pas été reconnue dans l’affaire de la petite Laëtitia, martyrisée puis tuée par ses parents. Deux associations, revendiquant la défense des enfants, avaient assigné le parquet pour faute lourde, lui reprochant de n’avoir pas su analyser les indices de danger. « Est-ce la faute du gendarme, du procureur, du juge ? Les responsabilités individuelles ne m'intéressent pas (...) c'est l'institution qui est en faute (...) Marina n'aurait pas dû mourir » avait plaidé Maître Pierre-Olivier, l’un des avocats des plaignants. Toute la rhétorique de ces associations est contenue dans ce commentaire. On retrouve là, la pensée magique propre à l’enfance qui s’attribue la capacité de provoquer l’accomplissement des désirs, l’empêchement d’évènement ou la résolution de problème, rien que par la volonté. Que l’angoisse et la détresse embrument certains esprits, cela peut se comprendre. La mort d’une enfant ne peut que bouleverser et perturber le raisonnement, tant elle est insupportable. Le tribunal d'instance du 13ème arrondissement de Paris a simplement ramené toutes ces bonnes âmes à la réalité : non, ce n’est pas parce qu’on veut très fort quelque chose, qu’on l’obtient par enchantement. Ce n’est pas parce que la mort de Laëtitia est inacceptable, qu’on aurait pu forcément l’éviter. Ces associations pourront pérorer encore longtemps. Leur légitime indignation ne sera jamais suffisante, pour garantir le risque zéro.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1109 ■ 13/06/2013

 
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