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Les jardiniers de l’âme Version imprimable Suggérer par mail


« Les jardiniers de l’âme. Innover pour donner leur chance aux enfants en difficulté »
ROUSSEL-ADAM Martine, 2011, Ed. JC Lattès, 343 p.

C’est à la suite d’un voyage en Inde et d’une rencontre avec les enfants des rues qui y vivent que l’auteur décide de changer d’existence. Renonçant à la gestion de ses entreprises, elle crée l’association « Chemins d’enfance » qui oeuvre pour le bien-être des enfants en difficulté. Se faisant globe trotter, Martine Roussel-Adam nous propose un tour du monde des actions innovantes. Et ce qu’elle nous décrit est véritablement passionnant. Les initiatives présentées sont d’une richesse et d’une ingéniosité assez exceptionnelles. La France est représentée, entre autres, par le « Rire médecin », cette troupe de clowns qui intervient dans trente sept services hospitaliers de pédiatrie, aidant les petits malades à prendre de la distance avec une souffrance qui les coupe de l’imagination, leur meilleur allié, et les enferme dans un présent sans avenir. Si l’on franchit l’Atlantique, on retrouve l’étonnante expérience menée par Marie Gordon, au Canada : faire venir régulièrement un petit bébé avec l’un des ses parents, au sein d’une classe d’école, pour travailler sur l’empathie et faire baisser le degré d’agressivité. Le bambin étant trop jeune pour s’exprimer, les élèves ont pour mission de l’observer et d’essayer de comprendre ce qu’il ressent. Ils sont ensuite interrogés sur leurs propres émotions. Plus au sud, en Colombie, il y a Felicity Sompson qui a conçu « el Circo para todos », à destination des enfants les plus démunis, l’apprentissage des métiers du cirque permettant une socialisation alliant la rigueur de l’entraînement physique avec le plaisir. Au Venezuela voisin, José Antonio Abru mène, depuis 1979, un programme peu commun : permettre à tout enfant dès cinq ans de recevoir un instrument de musique et d’intégrer un orchestre : 350.000 en bénéficient, chaque année. En traversant le pacifique, on gagne l’Inde, pays où l’association Nanban propose un espace à la fois ludique et d’entraide aux enfants des rues. Le lecteur pourra découvrir encore bien d’autres initiatives, toutes partageant, au-delà de leur diversité et leur originalité, les mêmes ressorts : s’adresser aux enfants à partir de la sphère émotionnelle, créer les conditions de leur épanouissement, mobiliser leur compétences, leur offrir un miroir positif en leur assurant une acceptation inconditionnelle, leur donner le goût d’exister, leur offrir la possibilité de redonner du sens à leur existence... Toutes ces actions sont marquées par des fragilités liées à la recherche de financement et ne pourront atteindre leur pleine efficacité qu’avec leur pérennisation. Mais, elles tirent leur force de l’implication de la société civile et de l’investissement des populations au sein desquelles elles se déploient.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1126 ■ 14/11/2013

 

 
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