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Manifeste du convivialisme Version imprimable Suggérer par mail


« Pour un manifeste du convivialisme »
CAILLÉ Alain, Ed. Le Bord de l’eau, 2011, 117 p.

Dans notre société en crise, malgré un idéal dominant fait d’harmonie et de consensus, ce qui l’emporte c’est l’opposition et la division. Rien de plus normal, tant les points de vue, les intérêts et les désirs entre les êtres humains sont nécessairement différents et a priori divergents. C’est grâce aux autres et contre eux que chacun se valorise et donne du sens à son existence. C’est en dialectisant et en canalisant ces conflits qu’on peut éviter qu’ils ne se transforment en guerre de tous contre tous. Ce n’est pas la voie que nous propose un libéralisme prétendant vouloir tout transformer en marchandises monétarisables, achetables et vendable. Ni celles d’une anthropologie utilitariste qui réduit chaque individu à un « homo oeconomicus » calculateur, mu par ses seuls intérêts égoïstes et indifférent à autrui. Pas plus que celles véhiculées par le mythe postulant que le désir des hommes serait uniquement d’accumuler toujours plus de pouvoir, d’avoir et de savoir, la croissance étant sensée apporter le bonheur, en réglant tous les problèmes. Si un autre monde est possible, affirme Alain Caillé, c’est en privilégiant un certain nombre de valeurs universalisables laissant la place à de nouvelles règles du jeu social, politique et économique. Ce qu’il faut remettre en cause c’est l’explosion des inégalités (les cinq cent plus riches de la planète gagnent autant que les cinq cent millions les plus pauvres), c’est la spirale de l’endettement et de la spéculation (encore accélérée par la place de plus en plus réduite du capitalisme industriel par rapport au capitalisme financier), c’est cette une situation où « le désir insatiable de certains nourrit la haine de tous » (p.64), c’est l’ignorance la finitude du monde et à l’épuisement de la nature (la dynamique liée à situation de sous-consommation chronique et de reconstruction massive d’après guerre ne pouvant se prolonger indéfiniment). Comment réussir à aménager la coexistence entre les hommes, sans qu’ils finissent par se massacrer ? Comment inverser logique de prendre, refuser et garder qui a remplacé la triple obligation de donner, recevoir et rendre qui a structuré le fonctionnement de l’humanité pendant des millénaires ? Le convivialisme, revendiquée par l’auteur, a cette en a l’ambition. Cette alternative possible, fait une large place à la construction d’autres indicateurs de richesse (que le seul PIB), au souci de dignité (aucun être humain n’a de légitimité à vivre dans une richesse excessive ou une pauvreté extrême), au principe d’égale humanité (une culture n’atteste de sa valeur que dans la proportion où elle accepte les apports de ses voisines), à la part de don et de gratuité présent au fond de chacun d’entre nous (qui privilégient les motivations intrinsèques sur celles qui sont extrinsèques). Un nouvel humanisme qui marquerait la fin de la préhistoire de l’humanité.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1137 ■ 20/03/2014

 

 
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