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Une MECS en mutation - La Maison Version imprimable Suggérer par mail


Comment La Maison s’est transformée
Une MECS en pleine mutation


On ne cesse de parler d’innovation et d’adaptation. Trop souvent ces injonctions cachent une volonté d’en faire toujours plus avec toujours moins. Une Maison d’enfants à caractère social démontre le contraire.


Une maison d’enfants à caractère social qui fait le choix de se rénover complètement, cela n’a rien de bien original et ne mérite pas forcément un long reportage dans Lien Social. Ce qui justifie la présentation de cet établissement, c’est qu’il ne s’agit pas là seulement d’une transformation architecturale. Cela va bien au-delà. La petite révolution que La Maison a menée, depuis deux ans, a aussi et surtout concerné les pratiques professionnelles. Ici, point de grandes théories, juste un mouvement fait d’innovation et de créativité, cheminant inexorablement. Quand Frédéric Weber prend son poste de Directeur le 16 août 2012, il est attendu sur une restructuration qu’il a été chargé de mener à bien. Les transformations qu’il va entreprendre, sont plutôt surprenantes. On peut les résumer par une notion peu pratiquée, dans notre secteur : le décloisonnement. Trop souvent, le travail dans les maisons d’enfants à caractère social est structuré autour de l’opposition entre le groupe de vie des enfants et leurs familles, entre un intérieur à protéger et un extérieur vécu comme menaçant, entre bénévoles et professionnels, entre éducation scolaire et éducation informelle, entre le dispositif de protection de l’enfance et les autres institutions agissant en direction de la même population, chacune apportant ses propres réponses. L’ambition du nouveau Directeur n’était pas moindre que de faire exploser toutes ces cloisons. En peu de temps, il y est arrivé, prenant en compte les inévitables résistances au changement et entraînant derrière lui conseil d’administration, équipe de direction, personnel et partenaires. Et, c’est sur les traces de cette étonnante mutation que le lecteur est invité à s’engager.


Internat et famille

La Maison est avant tout un internat proposant un accueil à temps plein, pour trente sept mineurs (voir encadré). C’est là, sa fonction première : prendre en charge des enfants et des adolescents hors de leur famille, pendant la durée de temps qui s’avèrera nécessaire. Mais, cette séparation n’est pas conçue comme une rupture totale d’avec le milieu familial. Les modalités de séjour peuvent être modulées, d’une manière personnalisée, dans ce dispositif « séquentiel » qui s’est aujourd’hui étendu à beaucoup d’établissements, la réforme de la protection de l’enfance de 2007 ayant officialisé ce qui avait émergé du terrain. L’enfant séjourne à La Maison, selon un rythme, une cadence et une durée négociées avec la famille et le service gardien. Si le droit de visite fixé par le juge des enfants le permet, des contacts réguliers ont lieu avec les parents … au sein même de l’établissement. Ainsi, cette mère venant prendre un repas avec son fils ou ce père passant quelques heures avec sa fille dans la pièce dévolue à cet usage, au sein de chacun des trois groupes de vie. Mais, l’inverse est aussi possible, les éducateurs d’internat se rendent au domicile familial de l’enfant, quand celui-ci y passe le week-end ou une partie des vacances. Un autre aménagement est encore possible : l’accompagnement éducatif dans le milieu familial. C’est le fameux « placement à domicile », là aussi légalisé en 2007, alors qu’il existait depuis vingt cinq ans dans le Gard. L’enfant, bien que concerné par une mesure de placement, vit au domicile de sa famille, soit pour préparer progressivement son admission en foyer, soit pour accompagner son retour. Les parents bénéficient d’un étayage et d’un accompagnement intensif. Trois lits d’urgence peuvent accueillir à tout moment l’enfant, en cas de nécessité. Permettre ce lien régulier et étroit entre les familles et le lieu d’accueil de leurs enfants passe par un choix : privilégier la proximité géographique. Autre signe d’ouverture encore, la création d’un café-parents fonctionnant comme groupe de parole et permettant une élaboration collective face aux difficultés rencontrées dans la fonction éducative. Voilà comment La Maison a choisi de bousculer un premier clivage entre le lieu de placement et la famille. Elle s’est fixée deux missions contiguës et complémentaires : protéger les enfants qui lui sont confiés et soutenir leurs familles, en trouvant dans une dynamique de co-éducation des solutions créatives et originales adaptées à chaque situation singulière.


Intérieur et extérieur

Il est de tradition de bien séparer ce qui se déroule au sein de la maison d’enfants et ce qui se passe à l’extérieur. La frontière est nette. Il est rare de faire pénétrer des acteurs qui n’en font pas partie. Frédéric Weber a réussi à brouiller aussi ces limites-là. Le premier support qu’il a utilisé pour y arriver est l’Organisation non gouvernementale « Eurocircle » (voir encadré). Cette association se donne pour objectif d’encourager les échanges interculturels, chez les jeunes en organisant leur mobilité à travers non seulement l’Europe, mais tout autant dans le reste du monde. L’occasion rêvée, pour Frédéric Weber, de permettre aux jeunes volontaires de voyager. Antoine n’avait nulle intention de poursuivre ses études au-delà de la troisième. Il se sentait démotivé et démobilisé. Le seul thème qui le passionnait était la montagne. Contactée, « Eurocircle » lui proposa une semaine de séminaire à Biella en Italie. Il s’y retrouva avec une trentaine d’autres jeunes italiens, lituaniens et turcs. Au programme, randonnées et découverte du milieu montagnard. De retour, il aspire aujourd’hui à perfectionner son anglais, afin de repartir à l’étranger. Si l’Europe constitue une piste pour La Maison, La Maison est aussi un lieu d’accueil pour l’Europe. Deux volontaires européens sont dors et déjà accueillis, pour une année dans l’institution. Grâce à la nouvelle construction destinée aux enfants et aux adolescents placés, les anciens bâtiments se sont trouvés disponibles. Le choix fait par Frédéric Weber a été d’utiliser ces espaces en ne les limitant pas à la seule protection de l’enfance. Son objectif est clairement affiché et revendiqué : intégrer la mobilité comme pratique éducative. Il les a donc réaménagés en « Résidence sociale », nommée « jeunes du monde ». Elle accueille régulièrement de jeunes européens en stage sur la région lyonnaise, mais aussi des Mineurs Isolés Etrangers et de jeunes français. Un bar restaurant associatif « Le Vintage » y a aussi été créé qui attend son agrément en tant qu’entreprise d’insertion. Y travaillent des jeunes de La Maison, mais aussi d’autres jeunes de l’extérieur. Dorénavant, dans cette maison d’enfants, l’extérieur et l’intérieur se mêlent.


Bénévoles et professionnels

La Maison a commencé à fonctionner en 1962. Au fil des années, sa gestion est devenue de plus en plus lourde, au point de pousser l'« Association des Refuges d'Enfants » qui la gérait depuis quarante ans, à passer le relais à une autre association (voir encadré). C’est chose faite en 2006, l’assemblée générale décidant d’une dévolution à l'Association pour les Droits et l'Accompagnement, de l'Enfant à l'Adulte, en Rhône-Alpes (ADAEAR). Après ce vote, la Présidente, Bernadette Sonthonnax, propose la redéfinition de l’objet de son association : mettre les bénévoles qui la constituent au service des enfants accueillis dans l’établissement. Une charte est rédigée permettant d’identifier leur place et de distinguer leur rôle de celui des professionnels. Une trentaine d’adultes vont ainsi s’investir dans l’aide scolaire, dans l’accueil en week-end ou le mercredi de certains enfants qui ne sortent jamais du foyer : ils servent de grands-parents à des enfants qui, le plus souvent, n’en ont pas. Ils peuvent les conduire aux activités sportives ou culturelles organisées dans la commune. Mais, il leur arrive aussi d’en accompagner d’autres chez le dentiste, l’orthophoniste ou le kinésithérapeute : « si le premier accompagnement est souvent assuré par l’éducateur, nous faisons souvent les suivants. Mais nous ne trompons jamais de fonction. Présent physiquement, ce n’est jamais avec nous que se traitent les questions importantes. Nous renvoyons vers les professionnels », explique Marie-Bernadette Sonthonnax. Les bénévoles servent aussi de relais à l’intention de l’opinion publique. Ils participent, par exemple, à la journée des associations : depuis leur stand, ils expliquent et démystifient le rôle des MECS. Dernière fonction et pas des moindre, ils récoltent des dons et des legs qui leur permettent d’améliorer l’ordinaire des enfants accueillis. C’est le pharmacien du bourg qui signe un chèque en fin d’année. C’est la personne âgée qui décide de transmettre une partie de son héritage. Tout cet argent est utilisé pour aider au financement d’un transfert, pour participer à l’achat de billets pour un spectacle, voire même pour payer, comme récemment, des cours particuliers pour une adolescente préparant son Bac (qui l’a d’ailleurs obtenu). Cette aide qui représente entre cinquante et cent euros par an et par enfant n’est accordée qu’à partir d’un projet présenté. Enfin, ces bénévoles donnent aussi des cours de français aux jeunes du monde séjournant dans la Résidence sociale, l’occasion au travers de ces échanges, d’acquérir des compétences sociales : intergénérationnelles et interculturelles.


Scolarité et éducation non formelle

Comme beaucoup d’autres établissements, La Maison est confrontée aux difficultés scolaires de ses jeunes pensionnaires : décrochage, désinvestissement, exclusion … Les réponses apportées traditionnellement consistent à faire appel à l’homme d’entretien ou au jardinier qui prennent avec lui l’enfant, pendant quelques heures ou de faire appel à des partenaires extérieurs pour de mini-stages. Loin de considérer ces ressources comme un pis aller, Frédéric Weber a fait le choix de les développer, en s’appuyant sur le concept d’ « éducation non formelle » qui postule que l’école n’est pas le seul et unique lieu d’apprentissage. Il est aussi possible de faire œuvre éducative, en faisant participer l’enfant, en partant de ses centres d’intérêt et en privilégiant sa créativité et son expérimentation. Aussi, a-t-il fait entrer au cœur de La Maison, des artistes qui assurent régulièrement des ateliers auprès des enfants : graff, musique, écriture, danse hip-hop, conte, informatique, art-thérapie, esthétique apportent une autre dimension à l’apprentissage de la vie. Monica Bocaz propose ainsi, avec son association « Animaction », une activité artistique. Peinture, dessin, modelage, sculpture, tous les supports sont judicieux pour s’apaiser et s’épanouir, explique-t-elle : « l’art thérapie ne soigne pas, mais accompagne un processus de soin ». Et d’expliquer le dernier thème proposé aux enfants : que mettraient-ils dans leur valise pour réussir un nouveau départ ? Autre illustration de cette éducation non formelle apportant ce savoir-être et ce savoir faire recherchés, l’organisation pour la deuxième année consécutive d’un défilé de mode intergénérationnel et Européen mêlant des jeunes de La Maison, du lycée professionnel de la confection d’Hambourg et des jeunes venus de Rome, avec des personnes âgées d’un foyer logement. Stylistes et DJ professionnels se sont joints aux apprentis d’un centre de formation en coiffure, pour assurer le succès d’une manifestation organisée au casino de Charbonnières. Mais, l’éducation informelle est aussi portée par la collaboration avec l’association les « Cités d’Or » qui propose un parcours original particulièrement innovant dans la démarche d’apprentissage (voir encadré).


Une mutation réussie ?

Le risque lorsqu’on vient visiter La Maison, c’est de ne pas vraiment comprendre ce qui s’y déroule. La confrontation au foisonnement, qui semble agiter en permanence cet établissement, provoque une déstabilisation certaine. Pourtant, ce qui étonne, c’est l’enthousiasme communicatif des uns et des autres. On aurait pu s’attendre à une certaine méfiance de la part tant de l’autorité de tutelle, que du Conseil d’administration de l’A.D.A.E.A.R., gestionnaire de l’établissement, ou encore des personnels face aux projets débordants d’inventivité du nouveau directeur. Les uns et les autres apparaissent au visiteur séduit par le style d’un Frédéric Weber avançant au gré d’une créativité et d’une imagination qui semblent sans limites. Séverine Redares travaille dans cet établissement, comme éducatrice spécialisée, depuis 1997. Elle reconnaît le temps d’adaptation qu’il lui a fallu, à elle comme à ses collègues, pour intégrer des pratiques s’éloignant du cadre traditionnel auquel ils étaient habitués. « C’est sans doute notre rapport aux parents qui a le plus changé », explique-t-elle. « Auparavant, ils étaient mis à l’écart. Nous ne regardions pas leurs compétences, mais leurs déficits » Et de confirmer les effets positifs de ce changement de regard sur les enfants qui ne vivent plus le conflit de loyauté entre leur famille et leurs éducateurs. Il est vrai que l’équipe a suivi une formation avec Jean-René Loubat et Guy Hardy, deux intervenants particulièrement sensibilisés à la place des parents. Quant à Robert Villar, moniteur éducateur à La Maison depuis 2011, il confirme la rapidité des changements vécus, mettant en garde contre une trop grande précipitation qui laisserait les équipes trop en arrière : « il faut que tout le monde suive, sinon la dynamique risque de s’essouffler ». La dynamique ainsi créée n’a pas seulement fait l’objet d’un consensus au sein même de l’association ADAEAR et son établissement La Maison. La collaboration étroite avec ses partenaires a amené Frédéric Weber à créer « FenêtreS », une association fédérant l’ensemble des acteurs travaillant en commun autour du nouveau projet (voir encadré). S’inscrire dans la continuité du changement, en respectant le rythme de chacun, c’est tout ce que l’on peut souhaiter pour La Maison, ses personnels et ses jeunes pensionnaires, tant ce cheminement est exemplaire, démontrant comment l’innovation dans le secteur de la protection de l’enfance peut se déployer en respectant ses fondamentaux.


Contact : ADAEAR – M.E.C.S « La Maison »
38 Chemin des Brosses - 69260 CHARBONNIERES LES BAINS
Tél : 04.78.87.06.07 - Email : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

 


Les partenaires : Eurocircle

L’idée d’Eurocircle est née en 1992, à Berlin, avec pour ambition de regrouper, au niveau européen, un certain nombre d’acteurs dans les secteurs du social, de l’éducation et de l’emploi, afin de mutualiser leurs moyens, initier et mettre en œuvre conjointement des projets transnationaux. L’objectif de ce qui n’était alors qu’un réseau informel était de faciliter la participation, pour ses membres, à des projets transculturels favorisant les valeurs de tolérance, d’égalité, de paix, d’écologie et de solidarité. Créé sous forme d’association en 1996 et labellisée « ONG européenne » par la Commission européenne en 2006, Eurocircle agit comme intermédiaire entre les porteurs de projets, initie et coordonne les partenariats transnationaux, en Europe et ailleurs. Elle propose sur son site un service d’information exhaustif sur les offres de stages professionnels, de Services volontaires européens ou d’échanges interculturels proposés aux jeune âgés (selon les projets choisi) de 13 à 30 ans. Elle accompagne l’obtention de financement auprès des programmes d’action européens « Jeunesse en Action », « Leonardo da Vinci » ou « Grundtvig ». Elle joue un rôle majeur dans le domaine de la mobilité des jeunes et plus particulièrement des jeunes ayant moins d’opportunités, leur permettant de vivre une première expérience concrète, professionnalisante et interculturelle à l’étranger. En 2012, 253 jeunes français ont ainsi été envoyés à l’étranger et 150 jeunes étrangers ont été accueillis en région PACA.

Contact : EUROCIRCLE Rhône-Alpes - Tél : 04 78 87 06 07 Email : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir - http://www.eurocircle.info

 


Une rénovation réussie

Les trois millions d’euros investis par le Conseil général du Rhône pour la rénovation architecturale de La Maison n’auront pas été dépensés en vain. Alors que bien des Maisons d’enfants à caractère social ont préféré éparpiller leurs groupes dans des petites villas, dotées chacune d’une dizaine places, La Maison a fait le choix de maintenir ses cinquante pensionnaires dans le même lieu. Au rez-de-chaussée, la petite enfance reçoit quatorze pensionnaires de 3 à 8 ans. Le premier étage accueille l’enfance : treize enfants âgés de 9 à 13 ans. Quant au second, c’est l’univers des adolescents : il sont dix, âgés de 15 à 17 ans. Un pôle d’accueil diversifié disposant d’appartements disséminés ou de chambres individuelles des anciens bâtiments s’adresse aux plus autonomes. Pour les enfants prolongeant leur séjour à la Maison, grandir c’est à un moment monter d’un étage. Chaque unité dispose de vastes pièces de vie commune et d’une grande terrasse à la vue imprenable sur les Monts du lyonnais. Elle est divisée en chambres individuelles, équipées d’une salle de bain et de toilette particulières. Originalité du lieu : la présence, à chaque étage, d’une cuisine. Le Directeur a refusé l’installation d’un service central de préparation des repas. Un tel espace aseptisé, désinfecté, hygiénisé aurait eu, pourtant, bien des avantages. Il n’avait qu’un seul inconvénient majeur : celui de la déshumanisation. Ce sont donc d’authentiques maîtresses de maison qui continuent à mitonner de bons petits plats… et, sacrilège, les gosses, peuvent entrer dans sa cuisine pour lui parler et pourquoi pas l’aider qui pour cuisiner, qui pour préparer le goûter, qui pour confectionner son gâteau d’anniversaire, qui pour lui confier ses soucis. Quand bien des établissements ploient sous le poids de la tyrannie des normes prophylactiques, à la Maison, on privilégie le goût et la saveur, la proximité et le contact, la relation et la socialisation. Une MECS qui offre des conditions peu communes, tant pour la vie de ses résidents que pour le travail de ses salariés et qui prend le risque de se détourner des normes pour privilégier l’humain ? Cela mérite d’être souligné, tant l’audace tend à s’épuiser ces temps derniers.

http://www.adaear.org

 


Les partenaires : les « Cités d’or »

« Les cités d’or » ont été créées en région parisienne, en 2007. Proposant, au départ, des ateliers artistiques et culturels (percussions, théâtre, bandes dessinées …), leurs participants les ont très vite détournées de leur objectif initial. Ils voulaient aborder des dimensions bien plus vastes, touchant à la connaissance globale tant de leur propre évolution que de celle du monde les entourant. Prenant acte de ces sollicitations, les animateurs de l’association firent le choix d’y répondre. Un travail collectif s’engagea, mêlant formateurs et usagers autour d’une question fondamentale : de quelles compétences humaines fondamentales tout individu a-t-il besoin, pour gagner en autonomie et s’insérer ? Cinq aptitudes furent ainsi identifiées et constituèrent le programme de formation dès lors poursuivi : convaincre sans manipuler ; trouver l’information pour comprendre le monde en échappant à l’intox ; entretenir et enrichir son environnement humain ; prendre conscience de soi pour accroître la confiance en soi ; et, enfin, comprendre les mécanismes du monde contemporain. Chacun en convient : la voie de l’insertion passe par le pré-requis de capacités professionnelles. Mais, ce qui manque à beaucoup de jeunes pour s’investir dans une telle formation qualifiante, c’est l’acquisition de compétences humaines fondamentales. L’ambition des « Cités d’or » est de leur permettre de révéler celles qui sont enfouies en eux et de les aider à les cultiver. L’action proposée, qui s’étend sur une période pouvant aller de neuf à dix huit mois, aboutit au renforcement des trois piliers leur permettant d’élaborer leur projet de vie : la confiance en soi, le respect de soi et l’estime de soi. Ce travail sur soi se réalise en groupes socialement mixtes qui mélangent les âges, les origines sociales ainsi que les caractéristiques culturelles. Cette association animera un atelier appelé « l’école buissonnière » au sein de La Maison, s’adressant à des jeunes accueillis et d’autres orientés par la mission locale.

http://lescitesdor.fr/

 


Les partenaires : « FenêtreS »

« FenêtreS » est une plateforme de coopération d'acteurs de l'Éducation, créée en octobre 2014, qui offre dans le cadre de la Maison d'Enfants à Caractère Social toute une palette d’activités relevant de l’éducation non formelle. Regroupant des associations, une Organisation non gouvernementale européenne, des entreprises, des élus, une mission locale et beaucoup de bénévoles... « Fenêtres » propose un planning d'activités pour les jeunes « en panne » ouvert tant aux mineurs placés, qu’aux jeunes adressés par la Mission locale. Du lundi matin au vendredi en fin d’après-midi, des personnes issues de divers horizons, professionnels ou non, en activité ou en retraite se mettent à disposition pour partager une passion, échanger autour d’une activité ou transmettre des savoirs, des savoir-faire ou des savoir-être. Ateliers de bricolage, de musique ou de danse, de cuisine du monde, de pêche ou de mobilité, futsal, soutien scolaire ou prévention des addictions … ce qui est recherché, c’est bien la remobilisation et la co-construction avec chaque jeune d’un projet d’insertion.

Contact : 04 78 87 06 07 - Email : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 


Comment tout a commencé ?

« La Maison » : tel fut le nom choisi au début de l’année 1962, par la quinzaine de jeunes pensionnaires, pour désigner l’une des rares institutions non confessionnelles de la région lyonnaise à pouvoir les accueillir, à distance de leur famille maltraitante. C’est aussi simplement qu’ils décidèrent de désigner ce lieu chaleureux et bienveillant où ils se sentaient chez eux : c’était leur maison. Retour deux ans en arrière : en 1960 un petit groupe de militants issus des « comités de vigilance et d'action pour la protection de l'enfance malheureuse » fondés par Alexis Danan, décident de créer l’« Association des refuges d’enfants ». Il s’agissait alors d’ouvrir le plus rapidement possible une structure d’accueil laïque, mixte et ouverte aux fratries. Rien n’aurait pu se faire sans la solidarité, la générosité et les compétences de tout un réseau d’amitiés et de relations : de nombreux bénévoles vinrent épauler le couple fondateur de l’établissement, Pierre et Renée Poilly. Puis, au fil des années, la professionnalisation remplaça le volontariat, les éducateurs spécialisés prirent le relais des bénévoles et le prix de journée accordé par la DDASS se substitua aux dons et autres subventions. Un premier projet de relogement permettra au groupe de sortir de la maison initiale et de s’installer, en 1970, dans un bâtiment plus vaste construit dans le verger attenant s’étendant sur un hectare. Le 1er septembre 2013, ouvrait un troisième bâtiment, encore plus spacieux, à l’architecture fonctionnelle et aéré, aux murs extérieurs en bois et à la toiture recouverte de végétation.

Contact : LES REFUGES D’ENFANTS - Tél : 04 78 87 06 07

  

 
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