bannire_jack_drte.jpg
Accueil arrow Presse en revue arrow Les différentes revues arrow Sciences humaines de 1997 à 1998
Sciences humaines de 1997 à 1998 Version imprimable Suggérer par mail

 

Violence

Citoyenneté : déclin ou mutation ?

Le complexe d’Œdipe revisité

L’autisme

Valeurs, vous avez dit valeurs ?

Les métamorphoses de l’économie

L’exploitation des enfants au travail

Arrêt sur image sur les inégalités

Constructivisme ou objectivisme ?

Au cœur de la ville

Les émotions dans tous ses états

 

 

 

 


 

Violence

 

Il est dans l’actualité des tartes à la crème qui nous sont servies à toutes les sauces. On en use et on en abuse, au point de ne plus savoir ce que recouvrent les concepts ainsi utilisés. Un bon exemple de cette coutume : la violence. Il s’avère en fait, que pour être en capacité d’appréhender la réalité de cette notion dans toute sa complexité, il faut partir -ce qui n’est jamais fait- des normes historiques et culturelles à partir desquelles chacun conçoit certaines actions ou situations comme étant effectivement violentes. Les exemples fourmillent  de ce qui, selon le contexte, révulse ou au contraire apparaît comme légitime. Ainsi, du meurtre universellement réprouvé sauf quand il s’agit de griller maladroitement et sans anesthésie un individu sur une chaise électrique. Mais aussi de la violence conjugale, qui fut longtemps sinon justifiée du moins banalisée. Quant au fait d’être à la rue et sans domicile, cela n’a pas ému grand monde pendant longtemps. En fait, la meilleure définition que l’on puisse donner de la violence doit faire primer les faits sur les normes. Le respect de l’intégrité physique constitue un facteur de délimitation nécessaire mais pas suffisant. Il faut aussi tenir compte des persécutions morales et psychologiques qui peuvent être tout autant destructrices. Ce sont là des questionnements récurrents qui n’ont rien de contemporains : “ les citoyens ne se sentent plus en sécurité dans leurs propres murs, ni même en passant dans leur rue ” affirmait déjà Daniel Defoë… en 1730 ! Il reste toujours les statistiques susceptibles de nous éclairer sur la réalité et la progression du phénomène, pensera le lecteur. Et, effectivement, l’évolution est nette entre 1955 et 1985 : le nombre des vols et des crimes est en constante augmentation. Sauf que ce dont il s’agit, c’est bien des faits connus des services de police et de gendarmerie. Que recouvre cet accroissement ? L’amélioration du recueil des plaintes, la plus grande sensibilité du public ou sa moindre tolérance ?

(Sciences Humaines,  décembre 1998, n°89)

 

haut de page

 

 


 

Citoyenneté : déclin ou mutation ?

 

La notion de citoyenneté a repris depuis quelques années de nouvelles couleurs. On en parle plus facilement non comme un terme historique dépassé mais au contraire tout à fait d’actualité. D’où l’intérêt de s’interroger sur ce concept vieux de … deux siècles. C’est ce que fait le numéro de Sciences Humaines de ce mois de novembre dans un article didactique et enrichissant. Le citoyen se constitue de quatre composantes : la nationalité, le bénéfice de droits, la soumission à un certain nombre d’obligations et enfin une participation active à la vie de la cité. Toutefois derrière la volonté d’unifier les membres d’une même collectivité en faisant abstraction des différences ont toujours survécu les inégalités et la volonté des individus à se voir reconnues leurs spécificités. C’est bien là la critique essentielle qui a toujours été faite du en raison même de ce décalage entre les dimensions statutaires, effectives et identitaires de la notion de citoyen. Ces écarts ont encore été renforcées par la montée récente de l’exclusion sociale, des allégeances infra- et supra-nationales et des particularismes locaux qui se sont multipliés. Ces tendances annoncent-elles le déclin de la citoyenneté ou au contraire sa rénovation sous des formes à la fois plus proche de chacun ou encore européenne, voire multi-culturelles ? Ces mutations seraient alors le symbole d’un cours nouveau, celui qui veut que les individus de plus en plus autonomes, de mieux en mieux formés et informés aspireraient à plus s’engager et à mieux maîtriser leur citoyenneté.

(Sciences Humaines,  novembre 1998, n°88)

 

haut de page

 

 


 

Le complexe d’Œdipe revisité

 

1897 : en pleine dépression après la mort de son père, Freud entreprend d’analyser ses propres rêves : “ j’ai trouvé en moi, comme partout ailleurs, des sentiments d’amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants ” écrit-il à son confident Wilhelm Fliess. Le complexe d’Œdipe est né et selon l’avis du maître, l’importance qui lui était accordée devait séparer les partisans des adversaires de la psychanalyse. Depuis, de nombreux apports pluridisciplinaires sont venus contredire la pertinence et l’universalité de cette théorie. L’éthologie tout d’abord, qui démontre que l’évitement de l’inceste est une constante chez tous les mammifères et est à relier au processus d’attachement et de lien familial. L’anthropologie ensuite qui décrit l’opposition entre l’enfant et son père non pas tant du fait d’un quelconque désir du premier de posséder sexuellement sa mère que du rejet de l’autorité punitive du second. La psychologie du développement de l’enfant enfin, qui, à partir d’une enquête auprès de 130 enfants de 3 à 9 ans soumis à des tests projectifs et à des récits constate que la quasi totalité de ceux-ci n’ont pas manifesté de préférence, ni de rejet particulier pour l’un ou l’autre des parents, 82,5% des mères et 86,5% des pères déclarant n’avoir jamais entendu leur enfant déclarer qu’il voulait se marier plus tard avec son papa ou sa maman. Réaction d’un psychanalyste, Bash, qui se demande dès 1985 “ si le temps n’est pas venu de changer nos théories afin qu’elles correspondent à notre expérience clinique ”.

Article passionnant à lire dans le dernier numéro de Sciences Humaines.

(Sciences Humaines,  juillet 1998, n°85)

 

haut de page

 

 


 

L’autisme

 

Il y a 55 ans, Léo Kanner définissait les caractéristiques de ce qui allait se nommer l’autisme. Le numéro du mois mai de la revue Sciences Humaines consacre à ce syndrome un excellent article. Le lecteur y trouvera une vision synthétique lui permettant d’intégrer les éléments essentiels de la question : depuis la définition jusqu’aux traitements en passant par les origines. Rejetant tout prétention d’une vérité objective bien aléatoire, l’article expose les différentes hypothèses en vigueur : origine génétique, neurologique, biochimique, cognitive sans en privilégier aucune puisqu’il n’y a pas dans l’état actuel de certitude. Quant au traitement, le journaliste rappelle avec raison qu’“ on ne guérit pas les autistes, tous les spécialistes s’accordent sur ce point. Mais on ne peut améliorer leur comportement, leur fonctionnement intellectuel, leur insertion sociale. ” Il passe en revue les traitements médicamenteux, psychothérapeutiques, comportementalistes et éducatifs proposés à travers le monde. A noter une interview de Temple Grandin : “ Tous les autistes doivent apprendre comment dire bonjour, prendre congé, comme un acteur apprend un rôle ” (cf critique des ses livres Ma vie d’autiste et Penser en images rubrique Lire Lien Social n° 295 & 435).

(Sciences Humaines n°83,  Mai 1998)

 

haut de page

 

 


 

Valeurs, vous avez dit valeurs ?

 

Quelles sont les valeurs à partir desquelles, tout un chacun agit dans son quotidien ou dans ses engagements sur un plus long terme ? Sciences Humaines du mois de Janvier tente de répondre à cette passionnante question au travers de son dossier central. On pourra y retrouver les modélisations qui ont été élaborées telle cette répartition de Shalom H. Schwartz entre quatre catégories : ouverture au changement, dépassement de soi, conservatisme ou encore amélioration de soi. Particulièrement intéressante aussi, cette théorisation selon Laurent Thévenot  des six grands principes à l’aune desquels  se mesure toute argumentation : l’ordre marchand (quel prix ?), l’ordre industriel (quelle performance ?), l’ordre domestique (quelle réputation ?), l’ordre civique (quel intérêt général ?), l’ordre inspiré (quelle originalité ?), enfin l’ordre de l’opinion (quelle notoriété ?). Un numéro au cœur de certaines des préoccupations essentielles des travailleurs sociaux.

(Sciences Humaines n°79, Janvier 1998)

 

haut de page

 

 


 

Les métamorphoses de l’économie

 

Le paysage économique français a connu de larges transformations au cours des deux derniers siècles : notre pays est passé d’une France rurale et paysanne à une société post-industrielle. La proportion des salariés dans la population active est passée de 1830 à 1930, de moins de la moitié à près des 2/3. Dans l’entre-deux guerres, les secteurs primaire (agriculture et mines), secondaire (industrie) et tertiaire (services) se partageaient à peu près équitablement les actifs. Aujourd’hui, ils concernent respectivement 5, 26 & 70 % des salariés. Autre changement notable : le développement de l’activité salariée féminine qui a directement pesé sur l’envol du travail à temps partiel (qui concerne 31 % des femmes et 6 % des hommes) : ainsi ce type d’activité est passé de 8 % en 1980 à 16 % en 1987. Et puis, il y a le recul de l’âge d’entrée dans le travail : ¾ des hommes (moitié des femmes) étaient sur le marché du travail avant 25 ans dans les années 50. Il n’y en a plus aujourd’hui qu’1/4 (1/3 pour les femmes). Si 2 % des actifs possédaient un diplôme supérieur à la même période, ils sont de nos jours 10 fois plus nombreux (20 %). Trois actifs sur quatre ont entre 25 et 50 ans contre un sur deux en 1970. Toutes ces données et bien d’autres constituent la toile de fond du dossier central du numéro de décembre de la revue Sciences Humaines. De quoi réfléchir aux métamorphoses du travail dont nous sommes des spectateurs que l’on voudrait le moins passifs possibles.

(Sciences Humaines n°78 -Décembre 1997)

 

haut de page

 

 


 

L’exploitation des enfants au travail

 

Alors que des mouvements se développent en faveur de boycotts, de codes de conduite volontaires et d’étiquetage explicite des produits permettant de lutter contre l’exploitation des enfants au travail dans le monde, un certain nombre d’arguments ont fait leur apparition pour justifier cette activité. Le travail des enfants serait une question de survie pour l’économie des pays pauvres. Faire disparaître cette ressource de richesse serait les déséquilibrer face au marché mondial. Il apparaît en réalité que la compétitivité des produits n’est pas liée à cette pratique qui est bien au contraire très invalidante pour l’avenir des économies qui y ont recours. En effet, la mise au travail très tôt rend impossible une formation professionnelle permettant de produire une main-d’oeuvre qualifiée dont chaque nation aura de plus en plus besoin. Quant aux sources de revenus des familles les plus pauvres, la concurrence du travail des enfants a toujours fait chuter le taux des salaires. Aucune raison économique ne vient justifier les 250 millions d’enfants au travail que compte notre monde. Les mesures autoritaires et contraignantes doivent être prises comme elles l’ont été en occident au XIXème siècle.

(Sciences Humaines n°75, septembre 1997)

 

haut de page

 

 


 

Arrêt sur image sur les inégalités

 

Les inégalités constituent l’un des axes de référence du débat de société qui anime nos sociétés depuis de nombreuses années. Ailleurs, comme ne Inde par exemple, elles sont parfaitement admises et intégrées. Dans nos contrées, la conception égalitaire prévaut depuis l’émergence de la modernité. Loin de tout enjeu idéologique, il est tout particulièrement intéressant de faire le point sur cette question. C’est ce que nous propose le numéro de mai de la revue Sciences Humaines. Ainsi, on apprend que les inégalités de revenus ont fortement diminué: l’écart des salaires entre les cadres supérieurs et les ouvriers est passé de 4,4 à 2,8 de 1966 à 1980. La pauvreté est restée stable entre 1984 et 1994 au niveau de 10 % de la population. En fait, c’est plus à un transfert des inégalités auquel on assiste. S’il ya 30 ans, c’est surtout les personnes âgées et les petits agriculteurs qui étaient touchés. Aujourd’hui, les catégories concernées sont plus les Rmistes et les chômeurs.

L’inégalité ne tient pas qu’au « capital économique ». Rentrent aussi  en ligne de compte le « capital social » (relations, réseau relationnel) et le capital culturel (diplômes, niveau linguistique). C’est ce dernier qui a connu l’évolution la plus spectaculaire: 63,7 % d’une génération a pu accéder au baccalauréat en 1996. La sélection ne s’opère plus à travers des filières. Depuis l’instauration du collège unique, les milieux les plus favorisés concentrent leur progéniture dans les classes de germanistes et de latinistes. Au stade du lycée, l’orientation se fera dans les sections S. Dans le supérieur, très peu d’étudiants de milieu aisé s’orientent vers les IUT alors que très peu d’étudiants de milieu modeste se retrouvent en médecine.

(Sciences Humaines n°72 Mai 1997)

 

haut de page

 

 


 

Constructivisme ou objectivisme ?

 

Comment voyons-nous le monde ? C’est Emmanuel Kant qui s’interroge le premier sur cette question. Pour lui, la réalité ne nous est pas directement accessible, notre esprit construisant l’objet au sein-même du processus qui nous en fait prendre conscience.            Cette conception  « constructiviste » a, depuis lors, connu nombre de développements et d’approfondissements. De nombreux chercheurs venus de tous les horizons (philosophie bien sûr, mais aussi psychologie, psychologie sociale, anthropologie, pédagogie, sociologie, histoire et géographie) ont apporté leur contribution à cette approche qui s’oppose au réalisme et à l’objectivisme qui prétendent pouvoir avoir accès au monde qui nous entoure, immédiatement ou après quelque effort d’analyse. En fait, les processus cognitifs modifient les données de notre environnement en les filtrant. Car notre perception est sélective: nous voyons, nous entendons, nous ressentons à partir de ce que nous sélectionnons, et ce, d’une manière le plus souvent inconsciente. Une fois choisie, l’information est ensuite retraduite à partir d’un certain nombre d’attentes liées à notre expérience antérieure. Elle acquière dès lors un sens spécifique. Même notre mémoire est faillible et modifie le souvenir en fonction des événements vécus ultérieurement. De tels mécanismes font en fait partie d’un fonctionnement psychique sain: « les personnes en bonne santé mentale possèdent la capacité enviable de déformer la réalité de façon à augmenter leur estime de soi, maintenir des croyances en l’efficacité personnelle et promouvoir une vision optimiste de l’avenir » affirment des chercheurs. Sujet du dossier central du numéro d’avril de la revue Sciences Humaines, voilà une lecture incontournable et passionnante qui devrait permettre à chaque travailleur social de s‘interroger sur son action, sur ses analyses et ses évaluations.

(Sciences Humaines,  n°71 Avril 1997)

 

haut de page

 

 


 

Au cœur de la ville

 

En France, la ville commence avec les communes de plus de 2000 habitants, au Danemark de plus de 200, au Japon de plus de 50.000 ! Au fil des temps, ces regroupements humains sont passés de la métropole à la mégalopole en passant par la mégapole. Mais, le gigantisme n’est pas seulement contemporain: la Rome antique comptait plus d’1 million d’habitants. La ville moderne est née de l’industrialisation, des chemins de fer et d’un urbanisme fonctionnel et rationnel. Mais sa genèse date de l’époque néolithique et plus particulièrement de l’organisation collective qui prend sa source dans la révolution agraire qui en même temps va libérer du temps au-delà de la seule production alimentaire directe. Mais ce qui marque la ville d’aujourd’hui, c’est bien la mobilité des citadins. Sur 100 kilomètres parcourus en 1 jour de semaine, seulement 32 sont parcourus hors du cercle périurbain. Les trajets vers le travail, pour les courses, la scolarité des enfants ou encore les loisirs sont l’occasion de déplacements quotidiens qui aboutissent à ce que les petites distances se parcourent de plus en plus lentement alors même que les grands relais mondiaux se rejoignent de plus en plus vite.

(Sciences Humaines  Mars 1997 n°70)

 

haut de page

 

 


 

Les émotions dans tous ses états

 

Pour tout professionnel du secteur social, les émotions constituent le quotidien de son activité. Il est vrai que côtoyer en permanence la misère humaine, l’exclusion ou la déficience ne peut que provoquer des émois et troubles les plus divers. Certains d’entre nous s’en protègent. D’autres savent les cultiver et peuvent même en faire un outil de travail. A tous, on ne peut que conseiller la lecture du dossier central du numéro de janvier de sciences Humaines consacré justement aux émotions. Définition d’abord, l’émotion se distinguerait de l’affect par son déclenchement rapide, sa durée limitée et sa survenue soudaine. Paul Ekman, spécialiste de l’expression faciale en définissait six qu’il considère comme fondamentales: la joie, le dégoût, la surprise, la tristesse, la colère et la peur. On discute toutefois leur nombre, tout comme leur universalité et surtout leur expression culturelle qui semble loin d’être figée (à l’image des civilisations méditerranéennes qui interdisent aux hommes l’expression associée à la féminité tels la mélancolie, l’amour, la tendresse ou la peur de la mort). Il semble par ailleurs, que loin d’opposer rationnel à émotionnel, l’efficacité du processus de décision passe aussi par une évaluation rapide et sommative des différents scénarios d’action possibles. Cette esquisse passe par une réaction avant tout émotionnelle. Au point qu’un nouveau concept très à la mode aux USA fait référence à un « Quotient Emotionnel » dont chacun serait doté et qui permettrait de comprendre ses propres émotions, de les maîtriser et de reconnaître celles des autres ! Reste que le savoir-faire des travailleurs sociaux en matière de communication et d’empathie doit impliquer un Q.E. particulièrement élevé.

(Sciences Humaines,   n°68 janvier 1997)

 

haut de page

 

 

 

 

 
< Précédent   Suivant >
© 2018 www.tremintin.com
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.