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Sciences humaines de 1995 à 1996 Version imprimable Suggérer par mail

 

Vers la convergence des sociétés ?

La crise du lien social

Jean Piaget for ever

Les nouvelles technologies

L’éducation

L’illettrisme

Les métamorphoses du pouvoir

Induction et déduction

Qui sont les français ?

Le temps

Inné ou acquis

 

 

 


 

France, Etats-Unis, Allemagne, Italie ... vers la convergence des sociétés ?

 

On connaît le progrès fantastique des moyens de communication modernes. Il faut aujourd’hui moins de temps pour rejoindre les différents continents entre eux qu’il en fallait autrefois pour gagner la ville voisine. Sans parler du téléphone, du fax ou d’internet qui font ressembler le monde à un village. Cette évolution signifie-t-elle une uniformisation? Certains le craignent avec tout ce que cela peut impliquer en matière de perte d’identité. Le numéro hors-série de septembre-octobre de la revue Sciences Humaines se propose de répondre à cette question à la fois pertinente et passionnante. Le propos n’est pas idéologique mais scientifique. C’est dans toute la complexité de la réalité que les études et analyses qui y sont présentées tentent d’y voir plus clair. Pas de « R »éponse magique et totalisante donc mais plutôt un exposé des éléments de comparaison et des grandes tendances de la transformation des sociétés occidentales. Quatre grands angles d’observation sont privilégiés: l’organisation de la société, ses valeurs, son économie et ses modèles politiques.

Qu’en ressort-il ? Tout d’abord une nette convergence des modes de vie: allongement de la jeunesse, progression du nombre de personnes âgées, accroissement du tertiaire au détriment des ouvriers et professions indépendantes, baisse de la fécondité, urbanisation croissante, augmentation de la formation et du temps libre ... mais en même temps, hétérogénéité dans l’évolution de la pauvreté et des réponses qui y sont apportées. En matière de valeur, les mutations sont lentes et les convergences difficilement détectables. Si la culture de masse s’américanise, les spécificités nationales résistent plus qu’on ne l’imagine. L’économie permet de faire valoir les différentes formes de capitalisme qui se concurrencent à travers le monde et notamment depuis l’effondrement des régimes de l’est. Là aussi la tendance libérale tend à uniformiser. L’exemple de la CEE et de ses critères de convergences nécessaires à la création de la monnaie unique en est une illustration très actuelle. Pour autant, les observateurs ne sont pas d’accord pour déterminer l’issue des différents scénarios envisagés. Enfin, viennent les modèles politiques. La diversité des régimes exécutifs, législatifs et judiciaires semblent mettre en évidence la persistance de la multiplicité des différents modèles que seul un pouvoir supra-national peut faire converger, à l’image là encore de la Commission Européenne. Au total, une analyse fine et mesurée sur une réalité sensible propice aux prises de position passionnelles voire parfois fanatiques.

(Hors série Sciences Humaines Septembre-Octobre 1996)

 

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La crise du lien social

 

Supplément Mai-Juin de la revue « Sciences Humaines », un numéro consacré à la crise du lien social. Concis, synthétique  et pertinent, ce document tout à fait passionnant vient tout à fait en contre-point des Assises du Travail Social les 5, 6 et 7 juin 96 à Toulouse. Quatre axes sont proposés ici comme autant de sphères où se réalise l’intégration au sein de notre société:le travail, l’Etat, la famille et le tissu associatif. Le travail tout d’abord: l’activité salariée constitue-t-elle le fondement du lien social et à ce titre doit-elle être revalorisée ? Ou bien est-ce une valeur- par ailleurs en voie de disparition- à considérer comme l’une des formes de l’activité collective humaine à côté de bien d’autres ? L’Etat qui a joué son rôle-providence pendant de longues années se voit bousculer tant par les idéologies libérales que les déficits grandissants. A noter tout particulièrement, l’article de Jean-Pierre Worms sur l’intégration à la française basée sur l’idée fondatrice d’un intérêt général s’incarnant dans une règle universelle et anonyme appliquée par une administration toute-puissante. Les erreurs de cette dernière et son incapacité à maîtriser l’avenir ont notablement contribué par la perte de confiance à la crise du lien social. La famille encore, dans ses aspects de solidarité et d’entraide, frappée de plein fouet par le rôle de bouc émissaire qu’on veut lui faire jouer (« déresponsabilisation des parents »).            

Enfin, ces associations qui représentent une fantastique réserve d’inventivité sociale et de relais extraconstitutionnel susceptible de donner tout son sens à un nouveau contrat social.

Bref, un numéro à se procurer avant qu’il ne soit épuisé !

(Hors Série Sciences Humaines n°13 )

 

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Jean Piaget for ever

 

Le numéro d’avril 1996 de la revue « Sciences Humaines » consacre une note synthétique tout à fait intéressante à Jean Piaget. Y sont décrits avec une grande clarté et l’esprit critique approprié l’itinéraire et l’oeuvre du célèbre psychologue et épistémologue suisse. Biologiste avant d’être philosophe, celui-ci a pris très tôt, le pari d’étudier l’intelligence comme un processus d’adaptation de l’être humain à son environnement. Il conçoit deux modes d’approche qu’il étudiera toute sa vie: l’assimilation par l’esprit des données du contexte de vie et l’accommodation à leur égard (prise en compte de la réalité extérieure pour modifier en conséquence ses comportements).        Puis viendra la théorie des stades comme autant d’étapes du développement de l’intelligence. Stade sensori-moteur tout d’abord (entre 0 et 2 ans) qui voit le nourrisson se différencier progressivement de son environnement à partir surtout d’activités motrices. Le stade des opérations concrètes ensuite (entre 2 et 12 ans) qui permet de construire le raisonnement logique. Enfin, la préadolescence qui correspond aussi à la période des opérations formelles et l’accès à la pensée abstraite. Cette modélisation est bien représentative du souci constant de Jean Piaget d’essayer d’établir des lois universelles. Il commencera par étudier ses propres enfants (il en a eu 3), puis dirigera de longues recherches dont il consignera les résultats dans ses ouvrages. Certes, le mouvement qu’il a initié, a continué après sa disparition en 1980. Nombre de travaux viennent contredire tel ou tel pan du système qu’il a édifié. Toutefois, il reste cette grille de lecture incontournable qu’il a proposé pour l’étude de l’intelligence.

(Sciences Humaines n°60 Avril 1996)

 

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Les nouvelles technologies

 

Le numéro de Mars de Sciences Humaines comporte un dossier central consacré aux nouvelles technologies, mythe ou réalité. On ne compte plus les annonces fracassantes faites à l’occasion de la naissance d’une nouvelle technologie qui sans nul doute viendra bouleverser la vie. Or aucune innovation technologique ne peut en elle-même porter un projet de société. Aucune technique ne peut à elle seule imposer des formes de société. Les cultures jouent un puissant rôle de canalisation et d’adaptation qui font intervenir largement les valeurs, les systèmes familiaux et les modes de vie qui la caractérisent. Ainsi en Europe, quand on compare la façon dont les différents pays ont intégré les mêmes progrès, on s’aperçoit qu’ici l’accession à la société de consommation n’a nullement remis en cause des structures sociopolitiques quasi-féodales, là, la diffusion des technologies de la communication et de l’information ont utilisé des PMI familiales, ailleurs encore, s’impose une large ouverture aux idées et capitaux étrangers. En outre, la réussite d’une innovation est liée à la rencontre de deux imaginaires: celui des concepteurs et celui des utilisateurs. Ainsi, en va-t-il de la micro-informatique dont le début de percée sur la marché n’est pas tant du à la baisse des coûts de production qu’à l’intégration par les fabricants des observations faites par les utilisateurs non professionnels.

(Sciences Humaines n°59 Mars 1996)

 

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L’éducation

 

Sciences Humaines consacre son supplément du premier trimestre 1996 au thème de l’Education. Un numéro dense et passionnant qui apporte une synthèse et un bilan des connaissances actuelles fort intéressants tant sur le plan de la formation initiale que continue. L’école de grand-papa est bien loin: le formateur, voire le médiateur (entre savoir scientifique et savoir construit par l’apprenant)  ont remplacé le maître, l’utilisation des nouvelles technologies et la mise en oeuvre des compétences prennent le pas sur les instructions et programmes figés du passé. Les dernières recherches en pédagogie sous l’influence de la psychologie cognitive, tentent justement de mieux cerner cet apprenant, ses savoirs et ses compétences. Les différents courants pédagogiques se retrouvent aujourd’hui autour des notions de projet et de parcours différencié et individualisé. Apprendre, nécessite un rôle actif de la part de l’élève. Sa motivation est essentielle. Quant à la mémoire, mieux vaut la compréhenison que l’appris « par coeur ». Un autre facteur intervient d’une façon non négligeable: le style de l’enseignant, la structuration du groupe d’élèves et l’interaction entre les uns et les autres. Apprendre à apprendre d’un côté, savoir transmettre de l’autre. La question est essentielle dans une société qui comporte 700.000 enseignants et 250.000 formateurs.

(Hors-Série Sciences Humaines N°12 Février-Mars 1996)

 

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L’illettrisme

 

D’après une étude de 1993/1994 de l’INSEE, 2.300.000 personnes déclarent rencontrer des difficultés de lecture, d’écriture, de maîtrise ou de compréhension du français. Ce chiffre se répartit en 525.000 personnes âgées de plus de 65 ans, 1.049.000 de langue maternelle étrangère et 718.000 adultes de moins de 65 ans.  Mais cet illettrisme ne peut se résumer à la seule question de l’échec scolaire. Il constitue en fait, un des symptômes de la pauvreté et de l’exclusion. Contrairement à l’idée reçue, selon laquelle l’écrit verrait son importance réduite au profit de l’image et du son, les outils de la communication sont de plus en plus complexes et relèvent de compétences culturelles directement impliquées dans le phénomène de l’illettrisme. Cette réalité constitue donc un facteur aggravant dans les risques de marginalisation d’une population déjà frappée de plein fouet par la crise économique.

(Sciences Humaines N°57 Janvier  1996)

 

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Les métamorphoses du pouvoir

 

Le supplément de fin d’année de la revue Sciences Humaines est consacré aux « métamorphoses du pouvoir ». Le pouvoir y est abordé sous de nombreuses coutures: à l’échelle mondiale, à celle de la nation (dans les entreprises, les groupes de pression, les réseaux et les média) enfin dans les différents échelons de la société (école, travail, famille). Le sujet est traité d’un point-de-vue délibérément économique politique et sociologique. Il manque pourtant les dimensions à la fois psychologique et psychosociologique qui auraient donné un aspect plus global à ce tour d’horizon. Retenons au passage une information qui va bien à l’encontre des idées reçues. L’Etat est en France le premier employeur avec trois millions de salariés. On distingue l’Etat-Protecteur (justice, maintien de l’ordre et défense: 629.000 personnes), l’Etat-Formateur (avec 1.260.000 personnes) et l’Etat-Entrepreneur (entreprises publiques et société nationalisées ou contrôlées: 1.111.000). En 10 ans, les effectifs des seuls ministères civils se sont accrus de 5,2%. Pourtant depuis 1980, la proportion d’impôts consacrés à financer cette intervention est passée de 18,2% en 1980 à 14,2% du PIB en 1994. L’augmentation des prélèvements obligatoires (1980= 41,7%/ 1994=44,4%) serait bien plus due à l’alourdissement des cotisations sociales et des impôts locaux. Quant aux élites, elles sont issues en 1994 des grands corps de l’Etat (qui recrutent sur concours ou dossiers les meilleurs) pour 47% (41% en 1985), de l’héritage familial pour 32% (28% en 1985) et comme aboutissement de carrière pour seulement 21% (contre 31% dix ans auparavant). Pour près de 80% des dirigeants d’entreprise donc, la destinée est donc jouée de par leur appartenance familiale ou leurs résultats scolaires avant 21-22 ans. Le mythe du self-made-made qui s’est hissé en haut de la hiérarchie petit à petit, à force de travail, s’écroule définitivement.

(Supplément Sciences Humaines n°11 Décembre 1995-Janvier 1996)

 

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Induction et déduction

 

Le raisonnement inductif part de cas particuliers pour établir des lois générales. Le raisonnement déductif, lui, fait l’inverse: à partir de propositions initiales, il tire des conclusions logiques pour les situations particulières. L’analyse décompose un objet ou une notion en éléments simples pour mieux les comprendre et les intégrer. La synthèse, elle, consiste au contraire à rassembler des propositions séparées pour tenter d’en tirer une expression unique. Ces formes de pensée et bien d’autres font l’objet du dossier central du numéro de décembre de Sciences Humaines. La nécessité de changer la représentation qu’on a d’un problème quand on n’arrive pas à le résoudre, la métacognition comme art d’évaluer ses propres performances, les conditions et étapes de la créativité, tels sont certains des sujets abordés. Les professionnels de la résolution de problème que sont les travailleurs sociaux y trouveront une réflexion propice à la prise de distance et de recul si nécessaire à leur pratique quotidienne.

(Sciences Humaines n°56 Décembre 1995.)

 

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Qui sont les français ?

 

Toujours en kiosque, le numéro hors-série de la revue « Sciences Humaines » consacré à un véritable état des lieux intitulé « Qui sont les français ? ». Cinq grandes directions y sont explorées: âge, sexe et générations / les groupes professionnels / identités nationales et régionales / appartenances religieuses et politiques et enfin tribus, réseaux et communauté. Chacun de ces chapitres commence par une double page « points de repères » bourrée d’infos sous forme de tableaux-statistiques, cartes, ‘’camemberts’’, courbes à la fois synthétiques et allant à l’essentiel. Puis viennent les contributions des meilleurs spécialistes sur chaque thème. Comment faut-il classer les français ? Par catégories socioprofessionnelles, par classes sociales, par modes de vie, par tribus ou par réseaux ? Difficile à trancher dans la mesure où chacun appartient successivement à plusieurs de ces groupes ... Une chose reste sûre, la tendance à l’uniformisation qu’impose l’accès massif à la société de consommation et l’unification culturelle qu’induit la télévision et l’enseignement de masse, l’ultime distinction entre les « Groseille et les Le Quesnoi » n’est pas prête de disparaître. Prolongation de la jeunesse, inégalités devant la vieillesse, persistance de la double journée de travail pour les femmes, émergence de l’archipel des employés, ébranlement de la culture ouvrière, perte du sentiment religieux et processus d’intégration des immigrés font partie des sujets traités. On lira notamment avec intérêt deux articles: celui portant sur le monde des clochards voisinant celui consacré à la noblesse. L’identité française dans sa dynamique et son évolution sort ici des idées reçues et a-priori pour entrer dans une acception sociologique, ethnologique et psychologique.

(Sciences Humaines Hors série- n°10- Septembre- Octobre 1995)

 

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Le temps

 

Avec un dossier central consacré au temps, le numéro de novembre de « Sciences Humaines » nous amène sur les traces du temps libéré. Nous ne travaillons plus en moyenne que 14% de notre vie éveillée. Cela représente quotidiennement 1H50 par français et 4H47 par actif. Entre 1973 et 1993, le PNB a augmenté de 60%: on n’a jamais produit autant de richesses avec si peu de travail. Le travail est de moins en moins au centre de notre société. Pourtant, notre monde continue de se focaliser sur le salariat et la production marchande... Autre illustration, la chronobiologie qui au travers des études et des recherches sur les différentes périodes de temps de la journée, de la semaine ou de l’année, tente de mieux comprendre les conditions et modalités à mettre en oeuvre pour rendre efficace tant l’attention que la mémoire ou l’intelligence. Cette intelligence qui fait justement l’objet d’une interview d’un universitaire américain. Celui-ci explique comment le « Q.I. » ne fait que mesurer les facultés d’analyse, mettant à l’écart des habiletés tout aussi précieuses telles l’esprit de synthèse et de créativité ou les capacités pratiques. Ce sont là d’authentiques formes de l’intelligence différentes certes mais tout aussi remarquables.

(Sciences Humaines n°55 Novembre 1995)

 

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Inné ou acquis

 

Inné ou acquis: ce débat qui oppose penseurs et philosophes depuis des millénaires fait l’objet du dossier central du numéro d’octobre de la revue Sciences Humaines.  Quelle est la part de l’éducation et de l’environnement d’un côté et du biologique et de l’héréditaire de l’autre dans le comportement humain ?  Les sociobiologistes ont réactualisé la notion de « nature humaine » en démontrant l’existence d’invariants bien au-delà des cultures. Les environnementalistes quant à eux défendent toujours l’importance du rôle du milieu à l’image de ces enfants adoptés par des familles de cadres supérieurs et qui développent un Q.I. plus important que leurs frères et soeurs restés dans leur famille d’origine culturellement moins favorisée. Ce qui émerge finalement, c’est la tendance à la synthèse: l’interactionnisme. Prédisposition génétique associée à des facteurs environnementaux déclenchant permettent de mieux comprendre à présent la réalité complexe de l’individu. Il est aussi absurde de vouloir savoir qui de l’inné ou de l’acquis l’emporte, que de chercher à savoir qui de la longueur ou de la largeur est la plus importante pour le calcul de la surface d’un rectangle. A lire notamment dans ce dossier passionnant l’article consacré au best-seller américain qui prétendait justifier l’inégalité entre blancs et noirs par une différence de QI, théorie dépecée et descendue en flèche par les meilleurs spécialistes d’outre-Atlantique.

(Sciences Humaines n°54 Octobre 1995)

 

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