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Le travail social est-il de gauche ?

Comprendre et accompagner les ados

Les CVL : le relationnel en jeu

Tu seras puni par là où tu as péché !

Autorité ou autoritarisme

Le langage

Libéral: c’est bon pour le moral

Pierre de Givenchy

A propos de la violence des jeunes

Travail des enfants

L’allocation prestation autonomie

Des singes comme auxiliaire de vie

Enfants trisomiques à la maternelle

Sport: attention, danger !

L’enfant et la guerre

 

 

 


Le travail social est-il de gauche ?

 

Oui, la terre fondatrice du travail social est bien de gauche : elle le pousse naturellement vers les exclus, les relégués, les oubliés de la prospérité. Elle s’abreuve aux valeurs humanistes à la confluence du paternalisme caritatif, des mouvements issus de la résistance et des œuvres confessionnelles. Mais non, il ne faut pas l’enfermer dans cette dimension mythique fondatrice. Certes, la logique néo-libérale, paradigme de la droite, se donne pour finalité l’économie marchande qui n’est autre que la rémunération du capital et ambitionne de diminuer les dépenses imputables aux finances publiques, y compris celles qui permettent de faire fonctionner les dispositifs sociaux. L’action visant l’intégration des publics les plus en difficulté ne peut que rentrer en contradiction avec cette vision de la société directement responsable de leur exclusion. Le travail social doit continuer à interpeller les pouvoirs publics et offrir aux populations un espace de réflexion dans lesquelles elles peuvent agir, mais non tomber dans le romantisme de vouloir faire la révolution à partir de sa mission subventionnée. Il n’a pas pour mission de conduire au changement, mais de favoriser le désir de changement. Cette  nuance n’est pas que sibylline. Elle distingue le domaine du politique, de celui de la politique. D’autant que les repères se sont notablement brouillés. La politique sociale a connu une étonnante continuité sous tous les gouvernements, depuis cinquante ans. Et il est parfois difficile de distinguer celle menée par un conseil général de droite de celle d’un conseil général de gauche. D’un côté comme de l’autre, on semble séduit par la démarche technocratique qui vise à rationaliser à coup de normes standards et opposables qui privilégient la forme sur le fond et les résultats immédiats sur le travail en profondeur. La loi sur la LOLF n’a-t-elle pas été votée à l’unanimité sous le gouvernement Jospin ?

(Le Sociographe n°30 – septembre 2009)

 

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Comprendre et accompagner les ados

 

Loin du trop fréquent  discours de stigmatisation, le dossier que consacre le numéro de ce début d’année du bimestriel « Non-violence actualité » à la question de la jeunesse, l’aborde d’emblée sous un angle iconoclaste. C’est Gérard Guillot qui situe la problématique en terme de démission des figures d’adultes. Qu’ils soient complices (type parent copain), cautions (projetant un rêve d’adolescence inassouvi), indifférents (j’ai fait ce que j’ai pu, maintenant démerdes-toi) ou dogmatiques (allergiques à la culture jeune), il n’y a plus guère de ces « adultes-adultes » qui acceptent de jouer le rôle ingrat de celui contre qui l’adolescent va se construire, qui adoptent la solution du dialogue conflictuel, qui savent à la fois être à l’écoute et dialoguer et à la fois poser un cadre quand cela est nécessaire. Notre société, qui tend à remplacer les adultes par les adolescents en tant que modèle d’identification, se montre trop souvent incapable non de réconcilier, mais de concilier les postures de consommation dans une culture d’immédiateté et les attitudes qui privilégient  l’inscription dans une temporalité longue. Fidèle à sa ligne éditoriale, le journal ne se contente pas de dresser un état des lieux, il se veut la tribune des actions innovantes. Ainsi, de ces ateliers de paroles proposés dans les collèges conçus comme autant d’espaces d’échanges et de discussion. Ou encore ce programme « Cet Autre que moi »  utilisé plusieurs centaines de fois depuis sa création en 1997 et qui se destine à l’éducation à la responsabilité affective et sexuelle entre filles et garçons. Mais aussi ces élèves médiateurs, formés à travers toute la France, qui se sont retrouvés pour la première fois au niveau national à Caen en juin 2007. Autant de supports et d’outils proposant aux adolescents à la fois une écoute et un positionnement citoyen.

(« Non-violence actualité » n°296, Janvier-Février 2008)

 

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Les CVL : le relationnel en jeu

 

Plus encore que l’école, les vacances sont l’occasion de permettre aux enfants de se confronter dans une dynamique de découverte et d’apprentissage de l’autre. Comment leur faire vivre ensemble dans une logique intégrant des modes de régulation de la violence ? Que ce soit sous la forme de cours d’éducation citoyenne proposés par MACAQ  (Paris), d’une stratégie globale de prévention de la violence choisie par « lâche la violence » (Angers) ou encore du choix d’Altern’Educ (Lille) de partir de l’expérience des enfants eux-mêmes plutôt que de privilégier des discours sur des termes aussi abstraits pour la plupart d’entre eux que l’égalité ou la solidarité, tous les moyens sont bons pour intégrer aux pratiques quotidiennes une ouverture à l’éducation relationnelle. Restent la nécessaire formation des animateurs à cette approche et l’engagement des fédérations d’éducation populaires organisatrices des Bafa/bafd dans cette voie.

(Non-Violence Actualité n°292, mai-juin 2007 )

 

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Tu seras puni par là où tu as péché !

 

Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, s’est rendu tristement célèbre pour avoir pris la tête de la croisade contre l’homosexualité. Dans son dernier ouvrage*, il considère cette orientation sexuelle comme à la fois un échec dans le processus normal du développement psychique de l’individu, la conséquence d’un manque d’intériorisation de la différence des sexes et le résultat d’une identification au même que soi. Il s’agirait d’une fixation au stade narcissique donnant des personnalités très imbues d’elles-mêmes qui ne peut que susciter un trouble légitime. Toujours selon ce brave homme, assimiler la réaction face à ce qu’il estime être une déviance à une forme de racisme serait une « imposture », car cela relèverait en fait « d’une angoisse existentielle et non pas d’une quelconque "homophobie", comme on veut le prétendre dans un excès d’interprétation psychologique moralisante ». La revue chrétienne Golias et la radio Europe 1 viennent de révéler que l’éminent prélat, docteur es moralité aurait fait l’objet de deux dépôts de plainte (au printemps et en octobre 2006) pour agression sexuelle. Deux séminaristes en questionnement sur leur sexualité adressés en "thérapie" par leur hiérarchie au prêtre-analyste se seraient retrouvés au fil des séances dans des situations de rapports sexuels. Mgr Lustiger, archevêque de Paris à l'époque des faits, mis au courant aurait réprouvé, sans pour autant rendre l'affaire publique, ni saisir la justice. La sexualité de ce Monsieur le regarde prévient Golias. Mais « cette protection s’arrête pourtant là où une conduite professionnelle en vient à s’égarer hors des frontières du légalement acceptable, lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité morale et physique d’autres personnes : ce qui est un comble d’hypocrisie de la part d’un moralisateur de cette autorité » conclue la revue.

(Golias n°110 octobre 2006)

 

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Autorité ou autoritarisme

 

Le “ Monde de l’Education ” de ce mois de Mai 1998 ne pouvait que demander à Daniel Cohn-Bendit d’être son rédacteur-en-chef invité. Le thème choisi du dossier central est consacré à l’autorité. Mai 68 se situe à la charnière entre deux mondes antinomiques : celui qu’on peut désigner comme autoritariste qui impose et asservit et celui authentiquement démocratique qui éduque ses membres à l’autonomie et à la responsabilité. Le premier a été largement rejeté et critiqué depuis 30 ans. Mais le second peine à advenir. D’où un vide nommé par les uns tolérance et nouveau dialogue entre générations et par les autres déclins des mœurs et démission parentale. Divers articles décrivent les tentatives déployées au sein de l’Education Nationale pour tenter de créer une authentique démocratie scolaire : lycée autogéré de Paris, Université de Vincennes, les 300 classes du secondaire expérimentant les propositions du groupe Desgenettes-Agasp, …

(“ Le Monde de l’éducation, de la culture et de la formation ” n°259 Mai 1998)

 

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Le langage

 

Le numéro du mois de juin d’ « Enfant d’Abord » consacre son dossier central à la question du langage. A partir de 18 mois y explique-t-on l’enfant acquière en moyenne 1 mot par heure. A 3 ans, il parle presque couramment. Toutefois langage d’élite et parler ordinaire se distinguent dès cet âge en fonction des inégalités sociales et culturelles qui interfèrent sur l’apprentissage: une classe de maternelle est beaucoup plus hétérogène qu’une classe de sixième ! Ce qui apparaît comme déterminant c’est plus la quantité que la qualité: rien ne remplace l’interaction entre l’adulte et l’enfant. Les orthophonistes s’accordent néanmoins sur l’importance et l’efficacité d’une intervention précoce. Mais le langage est aussi celui des personnes sourdes. L’université Gallaudet aux USA est considérée comme La Mecque de la langue des signes. La confrontation des enfants non-entendants à cette technique et cela dès le plus jeune âge permet de développer normalement leur intelligence et leur capacité à la lecture, à l’écriture et à la compréhension. Cette option longtemps rejetée par les oralistes (qui sont les partisans de l’enseignement prioritaire sinon exclusif de la parole) fait pourtant l’objet de programmes d’évaluation concluants. Qui finalement est le plus sourd ? Celui que son handicap définit comme tel ou l’entendant qui du sourd ne veut rien entendre ?

(Enfant d’Abord, n°202, Juin 1996)

 

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Pierre de Givenchy

 

Pierre de Givenchy est éducateur. Il y a plus de 20 ans, une adolescente l’invite à une boum à l’occasion de son anniversaire. Ce n’est plus de son âge. Il décide  néanmoins de lui faire un cadeau et lui adresse une lettre. Il reçoit une réponse de 4 pages ... La jeune-fille timide et réservée a trouvé un moyen formidable de livrer toute sa richesse intérieure: la correspondance. Quand, en 1975 paraît le livre « le bourdon et le cafard » qui rassemble des textes et poèmes d’adolescent(e)s, une invitation est lancée en fin d’ouvrage: « tu peux écrire si tu veux ». Trois mois plus tard, c’est deux lettres qui arrivent chaque jour chez l’éditeur. Il faut y répondre: le cercle des adultes volontaires s’agrandit: l’association « Vivre et l’écrire » est née. Aujourd’hui, c’est 30 à 50 lettres qui parviennent quotidiennement et 15 nouvelles demandes de correspondance par semaine réparties sur environ 150 adultes. La grande majorité des ados qui écrivent ont entre 14 et 17 ans. Leur désir, trouver un interlocuteur à qui pouvoir tout dire: leurs angoisses et leurs rêves, leurs joies et leurs peines, leurs contrariétés et leurs désirs. Ils expriment tout haut ce que nous adultes, avons toujours dans la tête mais n’osons plus dire. Il ne s’agit pas pour les correspondants de se substituer ni aux profs, ni à des psychologues, ni encore moins aux parents, mais bien d’offrir une écoute respectueuse et attentive. « Merci pour toutes ces choses que tu écris, merci de vivre et de m’écouter. Merci pour le bien que tu me fais. Oh ! Merci. Si j’avais à te décrire, je dirais que tu es une grande bulle d’air pur » commentera un jeune. « Vivre et l’écrire » 12 rue de Recouvrance 45000 Orléans Tel: (1) 38-54-13-58 ou (1) 38-53-74-38

(« Psychologie » Mai 1996 n°141)

 

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Libéral: c’est bon pour le moral               

 

« Diminuer les charges patronales », « redonner corps à l’initiative privée »... La campagne électorale bat son plein. Les défenseurs de l’économie libérale s’en donnent à cœur joie, trouvant que l’Etat dépense trop d’argent et devrait utiliser ses efforts à soulager les pauvres entreprises écrasées de charges. Il y a de cela près de 10 ans, le gouvernement s’engage à créer une « zone franche » à Signes près de Toulon afin de fournir des emplois aux 3.800 salariés restés sur le carreau après la fermeture des Chantiers Navals de la Normed. Coca Cola ne s’est pas fait prier longtemps et est venu installer une usine qui emploie 188 salariés. En 1995, le chiffre d’affaire aura été de 5,4 milliards de Francs, soit 1,8 milliards de bénéfice. En temps ordinaire, le fisc aurait empoché 660 millions. Là: rien du tout. Cela revient à subventionner chacun des 188 emplois à raison de 3,5 millions par an, soit 292.500 F par mois ! Et dire que d’aucuns se sont élevés contre la loi Robien qui permet un maintien ou une création d’emploi grâce à une réduction du temps de travail pour un coût phénoménal de 5.000 F par emploi ! Devinette: quel était le gouvernement de l’époque, droite ou gauche? Vous croyez vraiment que la réponse est importante ?

(Le Canard Enchaîné du 30 avril 1997)

 

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Travail des enfants

 

Wan, 5 ans, travaille 13 heures par jour, 7 jours sur 7 au tissage de tapis dans un hangar froid et obscur de Katmandou. Au Bangladesh, des enfants de 9 ans dorment au pied des machines à coudre avec lesquelles ils cousent des chemises 15 heures quotidiennement. Entre 80 et 200 millions d’enfants travaillent ainsi dans le monde. La main-d’oeuvre de certains pays asiatiques est constituée à près de 20% par des moins de 14 ans. « N’achetez pas le sang des enfants » tel aura été le cri d’Iqbal Massih, petit esclave du tapis du Pakistan avant qu’il ne finisse assassiné en Avril 1995. « Artisan du Monde » a décidé de répondre à cet appel en lançant une campagne « libère tes fringues » soutenu par 22 syndicats et associations. Elle a ainsi interpellé 3 distributeurs de vêtements en France: C&A, Kookaï et La Redoute en leur demandant quelle garantie ils pouvaient fournir aux consommateurs que leurs fournisseurs du tiers-monde fabriquent leurs produits dans des conditions conformes à l’éthique.  Réponse des trois firmes: leurs inspecteurs sillonnent le continent, près à rompre les contrats (dans lesquels sont d’ailleurs prévus des closes sociales) en cas de non-respect des conditions de travail. 20 ruptures ont eu ainsi lieu en 1995. Les quelques dizaines de contrôleurs pour des milliers de fournisseurs représentent un risque minime pour les fabriquants ... d’autant plus qu’en cas de sous-traitance, il est difficile de vérifier. Saluons néanmoins l’action d’Artisan du monde pour faire respecter les droits élémentaires de l’enfance. Soyons vigilant et attention de ne pas être complices.

(« 60 millions de consommateurs » n°291 -Janvier 1996)

 

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L’allocation prestation autonomie

 

La prestation-autonomie annoncée à grand renfort par le gouvernement comme une avancée sociale majeure s’avère peut-être en fait une bourde supplémentaire du fait-même de sa préparation dans la précipitation. Jusqu’à présent, l’Allocation Compensatrice pour Tierce Personne issue de la Loi de 1975 sur les personnes handicapées était complétée par tout un dispositif d’aides financières et matérielles: aide ménagère subventionnée par l’Aide Sociale et les Caisses de Retraite, réduction d’impôt, exonération des charges patronales pour les employeurs de plus de 70 ans, aides ponctuelles de la CNAV pour les gardes à domicile. Jusqu’alors, une personne âgée ayant droit à 90 heures d’aide ménagère, versait une quote-part en fonction de ses revenus (de 6,50F à 79,50F de l’heure). A partir du 1er janvier 1996, grâce à la Prestation-Autonomie d’un maximum de 4300F, cette même personne devra tout financer au prix fort de 82F de l’heure, soit 7380F par mois.

(« Que Choisir »-Novembre 1995- n°321)

 

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Des singes comme auxiliaire de vie

 

Le Centre Mutualiste de Kerpape à Lorient s’est lancé depuis cinq ans dans une expérience tout à fait extraordinaire: le dressage de singes comme auxiliaire de personnes handicapées. C’est en 1977, à Boston aux USA qu’un tel programme est né. Les réussites outre-atlantique ont été importées en 1989 et connaissent à leur tour le succès. Les animaux sélectionnés sont des singes capucins. Leur comportement social stable se combine à merveille avec un bon niveau d’intelligence. De taille et de poids réduits (1,5 kg pour 50cm à l’âge adulte), leur espérance de vie est en outre de 30 ans. Une vingtaine de mots-clé suffisent pour leur indiquer des opérations-simples: ouvrir le frigo, prendre un plat, le placer dans le four micro-onde, régler le temps de cuisson, le servir, placer et retirer une cassette audio ou vidéo, tourner les pages d’un livre, etc ... La phase de socialisation prend environ trois ans: elle est confiée à un éleveur de chien. La phase de conditionnement, elle, dure entre six et douze mois: c’est un éducateur qui s’en charge. L’installation chez la personne handicapée nécessitera trois semaines d’adaptation, l’éducateur restant sur place pour habituer l’animal à son nouveau maître et à son nouveau cadre de vie. A la fin de l’année 1995, cinq singes auront été placés auprès de personnes tétraplégiques: Pruneau, Jacki, Tendresse, Bara et Amann. Trois autres animaux: Cozig, Corsen et Créach sont actuellement en phase d’éducation.

(Le Mutualiste de Bretagne)

 

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Enfants trisomiques à la maternelle

 

La rentrée scolaire est passée depuis plus d’un mois. De quoi faire le point sur ces expériences d’intégration de jeunes handicapés au circuit ordinaire de l’Education Nationale. Ainsi, à Nantes, l’inscription de deux enfants âgés de 7 ans, atteints de trisomie, à la maternelle de la Perverie. « On ne contrôle pas ce qu’apporte le groupe et ce qui est profitable à ces enfants, explique le Directeur, mais il est clair que l’expérience est concluante ».  Pour l’instituteur, cet accueil n’est pas banal et demande un grand investissement : il doit s’adapter aux réactions spécifiques exprimées par chaque enfant. Les autres bambins manifestent quant à eux des comportements de surprotection face à leurs aînés dont ils perçoivent très vite la plus grande fragilité. Pour que cette initiative fonctionne, il faut le soutien de spécialistes. C’est ce qu’apporte l’APAJH (l’Association pour les Adultes et les Jeunes Handicapés) qui a signé avec l’école maternelle une convention d’intégration précisant le rôle de chacun et assurant notamment les temps de concertation et d’intervention dans et hors de la classe des éducatrice spécialisée, orthophoniste et psychométricienne. Il arrive un moment, toutefois, où l’école classique ne permet plus les progrès des jeunes handicapés qui n’arrivent plus à suivre. Le relais est alors assuré par des écoles spécialisées. Ce qui ne remet nullement en cause cette première phase d’intégration grandement bénéfique à l’éveil des enfants atteints de trisomie.

(Le Mutualiste de Bretagne,  n°353)

 

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Sport : attention, danger !

 

Face au culte du sport à tout prix, les milieux médicaux mettent en garde contre la nocivité d’une pratique intensive chez les enfants en pleine croissance. Au départ, il y a ces parents qui fixent à leur progéniture des objectifs sportifs qu’ils n’ont jamais pu atteindre eux-mêmes, ou encore ces modèles de réussite qu’il serait idéal d’imiter. Le forcing n’est pas un danger véritablement perçu. Pourtant, chaque année, 600.000 accidents lui sont imputables : arrachement de cartilage chez les 8-15 ans prématurément musclés, tendinites et autres accidents musculaires, maux de dos préparant scoliose et arthrose précoces à l’âge adulte,... Quelques règles élémentaires permettent de préserver la santé des enfants pratiquants. D’abord respecter les trois temps égaux devant structurer leur vie: travail, loisir, repos; puis, leur laisser vivre leur période de croissance en évitant toute compétition intensive avant les 15-16 ans; encore, prendre les conseils d’un spécialiste de chaque discipline envisagée; enfin, ne jamais négliger le suivi médical. Surtout: garder au sport son aspect ludique et de plaisir.

(Le Mutualiste de Bretagne,  n°353)

 

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L’enfant et la guerre

 

La Fédération des Comités Alexis Danan a consacré le dernier numéro de sa revue à un dossier sur « l’enfant et la guerre ». Introduit par un long article de Stanislas Tomkiewicz qui alterne son propre témoignage d’enfant du gettho et des camps de concentration nazis et  d’adulte pédiatre/ neuro-psychiatre, la publication s’intéresse plus particulièrement au Prix Strauss attribué en 1995 par l’AFIREM (Association française, d’Information er de Recherche sur l’Enfance Maltraitée) à une O.N.G. qui apporte une assistance médicale dans les pays en guerre: MERLIN. La guerre moderne a inversé la proportion des acteurs impliqués: si en début de siècle, on comptait 1 mort civil pour 9 morts militaires, les conflits de ces dernières années ont vu mourir 9 civils pour 1 militaire. Les enfants apparaissent au premier plan des victimes: en 10 ans, dans cette catégorie d’âge, 2 millions de morts, 4 à 5 millions d’infirmes, 10 millions de survivants traumatisés ! A l’image de ces enfants mozambicains recrutés par des forces armés qui les contraignaient, pour s’aguerrir, à tuer leurs propres parents, la moindre émotivité manifestée à cette occasion entraînant leur propre mise-à-mort ! Les facultés d’adaptation des enfants placés dans de telles conditions traumatisantes sont étonnantes, la reprise de la vie au sein d’une société pacifiée s’avérant tout à fait possible. Encore, faut-il s’adresser à lui dans sa dimension globale: non seulement soigner son corps, mais réhabiliter la parole et l’affectif.

(« Enfant Majuscule » n°31)

 

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A propos de la violence des jeunes

 

La revue des psychologues propose un dossier consacré à « Nos enfants et la violence ». Véritable bouffée d’oxygène dans un traitement médiatique parfois bien racoleur, l’éditorial rappelle qu’il ne faut pas confondre prise de conscience et inflation du problème. La violence est nichée au fond de chacun d’entre nous. Il convient de ne pas la confondre avec l’agressivité qui apparaît dès que le nourrisson se sent en compétition avec l’autre. Pendant des siècles, la société a aménagé des fêtes et des rituels permettant d’exorciser cette agressivité: carnavals, fêtes des fous, charivari codifiaient ainsi l’évacuation des tensions. Ces espaces ont pour l’essentiel disparu aujourd’hui, remplacés par une télévision omniprésente. Certes la violence qui y est exhibée, fascine l’enfant et provoque chez lui un flux continu d’émotions d’autant moins contrôlé qu’il le reçoit dans une position de grande passivité. Mais, la télé ne créée pas ex-nihilo des comportements, elle ne fait que favoriser ceux déjà existants. La solution ne consiste pas à interdire (ce qui serait une violence opposée à une autre violence), mais bien plutôt d’éduquer l’enfant pour en faire un spectateur averti. Il est important alors de parler avec lui sur ce qu’il a vu de façon à l’aider à faire la différence avec la réalité. Le problème est donc simplement déplacé: l’atmosphère familiale joue un rôle bien plus essentiel. Et si la violence débridée qui peut y régner agit lourdement sur l’agressivité de l’enfant, la violence qui ne s’exprime pas et la confrontation qui est étouffée sont tout aussi pathogènes. Car la vie et la pensée sont par nature conflictuelles: il faut faire la place à ce conflit justement pour canaliser l’agressivité. Enfin, la véritable réponse du monde adulte c’est peut-être surtout de réapprendre aux enfants le désir, le rêve et l’envie de vivre.

(« Psychologie », Mars 1996, n°139)

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