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Moins d’impôts ou plus de solidarité ?

Où en est la réduction du temps de travail ?

Faut-il supprimer le SMIC ?

Les enfants des rues

A propos des chiffres du chômage

Les indicateurs économiques

Les chiffres de l’économie

Déficit de la sécurité sociale

 

 

 


 

Moins d’impôts ou plus de solidarité ?

 

La baisse des impôts est une mesure très populaire. La plupart des candidats aux élections qui approchent en ont fait leur cheval de bataille. Pourtant, moins d’impôts cela veut dire moins d’Etat. Et moins d’Etat, c’est aussi moins de solidarité. De notables progrès ont pourtant été réalisés en la matière ces dernières années : 930 millions d’€  pour une CMU bénéficiant à 5 millions de personnes, 1,7 milliards d’€ pour l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, 240 millions d’€ pour la revalorisation des petites retraites agricoles... Mais, bien d’autres chantiers restent encore à entamer qui nécessitent un engagement financier de l’Etat. Un meilleur remboursement des soins dentaires ? Cela impliquerait 550 millions d’€. Un meilleur remboursement des lunettes ? Cela coûte déjà chaque année aux ménages 1,5 milliard d’€. 80% du SMIC accordé aux 70.000 jeunes isolés ? Il faudrait dépenser 240 millions d’€. Le doublement des places en crèche représente quant à lui, un investissement d’1 milliard d’€ (il y a actuellement moins d’une place pour 10 enfants). La gratuité des livres scolaires dans tous les lycées de l’hexagone ? 300 millions d’€ étalés sur 4 ans. Etendre les bénéficiaires de l’Aide Juridictionnelle de 27 à 40 % de la population, pour favoriser l’accès au droit d’un plus grand nombre de nos citoyens,  représenterait  un investissement de 150 millions d’€. Autant de réformes que chacun pourra considérer comme légitimes et susceptibles d’apporter un vrai progrès dans le quotidien. Mais, peu de candidats sans doute oseront proclamer la nécessité de remplacer les baisses d’impôts par de tels investissements. D’aucuns répondront qu’à une volonté de plus d’Etat, il faut opposer le mieux d’Etat. Il y a effectivement de quoi s’interroger quand on compare la subvention du seul Opéra de Paris (90 millions d’€) et celle dont bénéficie la bibliothèque municipale de la capitale (4,8 millions !).

(Alternative Economique n°200, Février 2002)

 

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Où en est la réduction du temps de travail ?

 

Avec une productivité forte (PIB de 62,8 milliards de $ par emploi contre 60,1 $ aux USA et 48,1 $ au Royaume Uni) la France bénéficie d’une rentabilité particulièrement élevée alors que dans le même temps le taux d’emploi pour les 15-65 ans est l’un des plus faible (58,8% contre 73,4% aux USA et 70,8% au Royaume Uni). Ce sont les plus jeunes qui sont frappés les premiers : taux d’emploi de 20,1% contre 60,1% aux USA par exemple. La marginalisation de la jeunesse pèse lourdement dans la crise des banlieues et la déstabilisation du système éducatif. L’effort nécessaire d’un partage du travail avec les 25-55 ans apparaît comme un impératif. L’accroissement du travail partiel (passé de 12 à 17,2% de 1990 à 1998) s’est traduit par une aggravation de la précarité, de la pénibilité et des bas revenus (avoisinant les minima sociaux). La réduction du temps de travail couvre ce jour 1 million de salariés sur 13. Elle a abouti à la création de 50.000 emplois sur les 700.000 escomptés. Du surcoût du travail estimé à 160 milliards, l’Etat apporte 65 milliards d’aide. Pour combler le manque à gagner, les entreprises tentent de rallonger la durée d’utilisation des équipements : augmentation du nombre d’équipes dans la journée ou annualisation du travail permettant de produire plus quand la demande est forte, ce qui provoque une notable détérioration des conditions de vie sociale et familiale des salariés. Cela pose inévitablement la question du sens du travail et du salariat.

(Alternative Economique, n°171, juin 1999)

 

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Faut-il supprimer le SMIC ?

 

Depuis des années, les chantres du libéralisme nous serinent le même refrain : le smic serait anti-économique, il étoufferait l’initiative en interdisant aux salaires d’évoluer librement (de préférence d’ailleurs à la baisse). Tout cela découragerait l’emploi et serait directement responsable du chômage. Litanie ringarde et, qui plus est, fausse si l’on en croit Alternative Economique de ce mois d’octobre. La meilleure preuve en est l’Amérique si souvent présentée en exemple. Effectivement entre 1981 et 1989, 16,7 millions  d’emplois ont été créés parallèlement à l’effondrement du salaire minimum qui est passé de 46,4% à 34,8 % du salaire moyen. Mais ce qu’oublient de rappeler nos libéraux, c’est que de 1989 à 1997, alors que ce même salaire minimal regagnait un peu plus de 6 points, c’est 16 millions d’emplois qui ont alors été créés. En fait, les mécanismes de l’économie sont bien complexes : le prix du travail n’est qu’un déterminant de l’emploi parmi d’autres. Et il y a au moins deux raisons à ce que de hauts salaires n’impliquent pas automatiquement une régression de l’emploi. D’abord parce que le salaire n’est pas seulement un coût : c’est aussi un revenu qui permet de consommer et donc d’entraîner la production. Ensuite, parce que des salaires motivants peuvent jouer directement sur la productivité du travail dont dépend la compétitivité. Ne prenons donc plus pour argent comptant, les affirmations à l’emporte-pièce qui revendiquent la dérégulation et l’appauvrissement au mépris de l’analyse fine de la réalité sociale.

(Alternative Economique,  n°163, octobre 1998)

 

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Les enfants des rues

 

L’UNICEF estime à 100 millions les enfants qui vivent et travaillent dans les rues des villes du sud. 60% d’entre eux retournent régulièrement dans leur foyer. Le reste – soit quand même 40 millions- restent livrés à eux-mêmes. Ce sont les orphelins des guerres comme au Rwanda, mais aussi et surtout les victimes d’une pauvreté grandissante et de l’exode rural qui gonflent des grandes métropoles de plus en plus congestionnés. Le manque de logements et l’insolvabilité ont vu pousser les bidonvilles. La précarisation du marché du travail rend impossible l’entretien d’une famille. A ce tableau, se rajoutent l’affaiblissement des solidarités et l’éclatement des familles. Les enfants en viennent à se regrouper en bandes pour mieux se protéger. Laveur de vitre, cireurs de chaussure, gardiens de voitures mais aussi prostitution et délinquance restent leurs seuls moyens de survie. Quelques associations se mobilisent sur le terrain : Centre d’écoute en Mauritanie favorisant le retour en famille, éducateurs de rue au Sénégal opposés aux solutions de type foyer parce que constituant pour eux “ un environnement protégé qui ne facilite pas la réinsertion des jeunes ”. Faut-il sortir les enfants de la rue ou les y aider ? Le débat n’est pas tranché. Le problème se pose avant tout en terme de développement économique et social : garantir aux familles un revenu décent et un accès gratuit au système éducatif qui leur permettent d’envoyer leur enfant à l’école.

(Alternatives Economiques,  novembre 1997)

 

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A propos des chiffres du chômage

 

La France compte selon les chiffres du ministère du travail 3.200.000 demandeurs d’emploi. A ceux-ci se rajoutent environ 1 million d’autres chômeurs non pris en compte dans les chiffres nationaux (!): ceux des départements d’outre-mer,  mais aussi ceux qui cherchent un emploi à durée déterminée ou à temps partiel et enfin ceux qui ont exercé une activité de plus de 78 heures dans le mois précédent. Il faut aussi comptabiliser les 700.000 bénéficiaires de la politique de l’emploi (CES, CEC, contrats en alternance, stages de toutes sortes). Soit un total de 4.900.000 personnes. Quant à l’INSEE, elle part du chiffre de base de 3.100.000 chômeurs. Cet organisme estime en outre à 1.514.000 le nombre d’emplois précaires et à 1.100.000 les salariés en temps partiel subi. Ce qui fait un chiffre global de 5.714.000. Toutes ces évaluations ne tiennent pas compte ni des personnes souhaitant retrouver un trvail mais ayant baissé les bras devant les difficultés tant du marché de l’emploi que personnels, ni  les salariés surqualifiés pour les postes qu’ils occupent (un tel mal-emploi étant un autre symptôme du sous-emploi). On mesure à l’aune de ces données l’aggravation que représenteraient les solutions libérales de flexibilité et de dérégulation et l’urgence de mesures de partage d’un travail que le progrès technologique ne fait que raréfier.

(Alternatives Economiques,  Février 1997, n°145)

 

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Les indicateurs économiques

 

PIB, Chômage et Inflation sont des facteurs essentiels permettant de mesurer la santé de l’économie d’un pays. Or, ces indicateurs n’ont qu’un rapport lointain avec la réalité qu’ils sont sensés décrire. On connaissait déjà les limites du PNB qui mesure les richesses à l’aune des dépenses. Il s’en suit que non seulement toute activité bénévole, tout service gratuit se trouve exclus de cette comptabilité, mais en plus sont intégrés les gaspillages les plus absurdes telle la consommation d’essence dans les embouteillages ! La balance mondiale des paiements indique, elle, que le monde importerait plus qu’il n’exporte. Quant aux chiffres du chômage, ils sont tributaires de frontières des plus floues entre les définitions respectivement de l’emploi (suffit-il de travailler 1 heure par semaine pour être rangé dans cette catégorie ?), de l’inactivité et des besoins de travail (beaucoup ont renoncé à chercher, d’autres travaillent à temps partiel tout en désirant un temps plein). Tous ces concepts qui sont à la base de la macro-économie servent à décider des orientations et des politiques. Datant d’avant 1950, ils sont en fait obsolètes et incapables d’apprécier les progrès qui ont eu lieu depuis.

(Alternative Economique- Novembre 1995- n°131)

 

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Les chiffres de l’économie

 

Le supplément trimestriel de la revue Alternative Economique est consacrée aux chiffres de l’économie 1995-1996. Chaque thème fait l’objet d’une double-page comportant tableaux, schémas, commentaires et bibliographie. Parmi les sujets abordés, quatre directions sont explorées pour la France (les hommes/ l’emploi/ les modes de vie/ l’activité) et deux pour l’international (le sud/ le nord). D’une présentation claire et synthétique, ce document constitue un outil précieux pour mieux comprendre le monde. Parmi les infos ainsi glanées au fil des 80 pages, la confirmation de l’intégration des populations immigrées dont le taux de fécondité, l’activité et le mode-de-vie s’harmonisent de plus en plus avec les pratiques du français moyen. Les solidarités familiales, elles, restent importantes, servant d’amortisseurs face à la crise. Pour autant, elles ne peuvent remplacer le système public de redistribution, car elles tendent à accroître les inégalités. Autre illustration, le parcours scolaire des filles qui est plus long et plus généraliste, menant plus facilement au chômage, par rapport à celui des garçons. Côté chômeurs, la catégorie des salariés sans qualification (1 travailleur sur 5) connaît un taux de chômage de 20% contre 5% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Quant au prétendu laxisme de la justice, il est contredit par la croissance continue du nombre de détenus: 40.000 en 1984 condamnés en moyenne à 5,5 mois contre 50.000 en 1993 purgeant 7,3 mois de détention (à la mi-95, le système carcéral français comportait 58.100 détenus pour 47.300 places, soit un taux de suroccupation de 120%). En 10 ans, le PIB a augmenté de 1400 milliards de Francs, ce qui représente par mois 2.000 F par personne et 5.300 F par ménage... c’est vraiment bien loin de ce que les salaires ont gagné en  pouvoir d’achat. Pour connaître la destination de ce pactole, rendez-vous aux pages 40 & 41.

(Alternatives Economiques- hors série n°26- 4ème trimestre 1995)

 

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Déficit de la sécurité sociale

 

L’assurance-maladie est en déficit. La chose est connue et fait l’objet de polémiques depuis des années quant aux modalités à appliquer pour essayer de rééquilibrer le budget. Mais il est une assurance qui l’est encore plus (proportionnellement aux sommes engagées), sans que cela ne soulève guère d’émotion. Vous vous appelez Dassault, Matra, Thomson et vous signez des contrats mirobolants d’armement avec certains pays en voie de développement dont la solvabilité laisse à désirer. Pour vous assurer contre le risque de non-paiement, il faudrait engager à peu près 12% du montant du contrat. De quoi y regarder  à deux fois, prendre des précautions et des garanties.  Heureusement existe la COFACE, vieille Institution largement financée par les fonds publics et qui garantit les contrats à l’exportation. Cette manne permet de ramener à seulement 3% les frais d’assurance. Alors pourquoi s’en faire: en 1993, le Pérou achète 24 mirages 2000, mais sera incapable de régler la facture. Peu importe, la COFACE paiera.  C’est entre 10 et 13 milliards de Francs que l’Etat débourse ainsi chaque année pour compenser le manque à gagner des industriels. Mais revenons aux choses sérieuses: combien il y aura-t-il déjà de déficit cette année à la Sécurité Sociale ?

(Alternative Economique n°130, septembre-octobre 1995 )

 

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