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Faire Face 1996 - 1997 Version imprimable Suggérer par mail

 

Après les classes intégrées, les colos intégrées

Quand le beau rejoint le pratique

Ski & handicap

Voyage au pays de la bêtise ordinaire

Campagne accessibilité

 

 

 


 

Après les classes intégrées, les colos intégrées

 

Les vacances d’été approchent. Et avec elles, le souci de trouver pour les enfants une colonie, un centre aéré, un stage sportif, un séjour linguistique ... enfin toutes choses qui permettront à nos cher têtes blondes de profiter à plein du mois d’été au cours duquel leurs parents sont au turbin. Quand l’enfant est handicapé, il peut bénéficier de séjours spécialisés que leur proposent diverses associations (cf « guide des vacances » édité par Lien Social). Une expérience a été menée il y a de cela une quinzaine d’années par le Comité d’Entreprise d’EDF-GDF qui a décidé d’accepter dans ses séjours de vacances les enfants handicapés de ses salariés. L’initiative a été reprise par d’autres structures. Le principe est simple: sur des séjours grand public sont placés un ou deux enfants handicapés accompagnés d’un animateur-tierce personne qui s’intégre à l’équipe. L’opération est négociée avec le directeur et les animateurs qui sont informés des difficultés que pourraient poser l’enfant. Les modalités de sa participation aux activités prévues sont aussi aménagées.  Handicap International a inscrit pour l’été 1997 150 jeunes dans cette formule originale. APF-Evasion a fait de même en ouvrant son catalogue à des séjours proposées part l’UFCV, Vacances pour Tous ou Okaya, ainsi que des colonies mixtes (moitié handicapés, moitié valides).

(Faire Face, Mai 1997)

 

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Quand le beau rejoint le pratique

 

Qui a dit que les prothèses et produits proposés aux personnes handicapées doivent rester inesthétiques ? Quand on peut proposer des objets à la fois beaux et fonctionnels, pourquoi s’en priver ? Qui plus est, depuis le début des années 90, les écoles de design voient de plus en plus de projets de fin d’étude centrés sur le handicap (10% en moyenne pour les ateliers de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle de Paris). Siège de piscine, repose-bras pour clavier, lits verticalisables allient ainsi efficacité et esthétique. Problèmes compliqués à résoudre, dépassement du handicap constituent pour les élèves un défi tout à fait stimulant, plutôt source d’inspiration que de découragement aboutissant à des innovations parfois révolutionnaires. Il en va ainsi de Sagittaire, une selle de randonnée équestre pour cavaliers handicapés des membres inférieurs qui a emporté le premier prix de Handitec 96. Ou encore, de ce tourne-page électrique Andy, pratique, léger et qui se range dans un sac. Pour autant, il manque à ces produits, des industriels prêts à se lancer dans la fabrication. Ceux-ci refusent de se lancer dans l’aventure exigeant une production minimale de 1500 exemplaires. Mais les études de marché coûtent chères...

(Faire Face, Janvier 1997)

 

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Ski & handicap

 

La saison d’hiver approche. Elle est même déjà commencée pour certaines stations de sport d’hiver. Faire du ski n’est pas un problème pour les personnes handicapées. Et cela graçe aux différents systèmes assis qui ont été mis au point ces dernières années. L’uniski s’adresse aux personnes paraplégiques ou amputées des membres inférieurs. Celles-ci sont assises et sanglées dans une coque fixée sur une spatule. L’équilibre est assuré par deux stabilisateurs latéraux. Le bi-ski à stabilos est un appareil nouveau qui fonctionne selon le même principe que précédemment à part qu’il est muni de deux skis. Le ski-kart, quant à lui s’apparente plus à la luge. D’un maniement plus limité étant donné sa lourdeur, il concerne les personnes n’ayant ni équilibre, ni force dans les bras. Enfin, le fauteuil-ski intéresse plutôt les personnes lourdement handicapées et nécessite d’être mené par un conducteur valide. Tous ces appareils permettent en final de faire goûter aux sensations du ski de piste à un public qui sinon n’aurait pu que rester à regarder.

(Faire Face, Décembre 1996 )

 

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Voyage au pays de la bêtise ordinaire

 

Christophe Huchet est l’un des nageurs les meilleurs de sa catégorie. Le 30 mars, il participe au championnat de France Masters (reservé aux plus de 25 ans). Malheureusement, après la compétition, il est déclassé. C’est vrai qu’il a commis un acte tout à fait impardonnable. Le règlement technique de la discipline prévoit qu’en brasse, avant d’effectuer son virage, le nageur doit toucher le bord du bassin avec ses deux mains. Christophe Huchet ne l’a pas fait. Et pour cause, victime d’une malformation à la naissance, il n’ a pas d’avant-bras droit. Logiquement, il a donc été disqualifié. On mesure à l’aune de cette décision la profonde bêtise de l’application à la lettre d’un règlement. L’arbitre a sans doute considéré que le handicap de ce nageur présentait un avantage tout à fait insupportable par rapport aux autres compétiteurs. D’ailleurs comme l’a bien dit le responsable de la compétition « s’il ne peut respecter le règlement de la Fédération Nationale de Natation, il n’a qu’à nager en Handisport ». C’est vrai, après tout: pourquoi cet anormal vient-il ennuyer les gens bien ? Dans cette affaire, on ne peut s’empêcher de chercher qui est le plus handicapé. Certes, Christophe Hubert n’a pas d’avant-bras. Mais, il manque bien autre chose à ceux qui ont pris la décision de l’éliminer: le plus élémentaire sens de l’humanité. Les média se sont emparés de cet évènement. Des sportifs de haut niveau (Marianne Goitschel, Franck Picard ...) ont apporté leur soutien au nageur ainsi que le ministre des sports Guy Drut. Cela semble logique: quand une règle est inique, on la change. Ou bien, on l’aménage. Ainsi, le tennisman suédois Hans Redl, qui revenu de la seconde guerre mondiale amputé d’un bras et qui fut néanmoins autorisé à disputer la coupe Davis en effectuant son service, la balle posée sur la raquette. Ou encore Filippi, nageur français sourd qui prenait le départ après que son entraîneur ait été autorisé à lui  taper sur l’épaule au moment du signal du starter. Mais non, les Fédérations Sportives tant des valides que des handicapés ont confirmé le bien-fondé de la décision. Fermer le ban: il n’y a plus rien à voir. Mais, ce n’est pas à l’honneur du sport.

(Faire Face, Juillet/Septembre 1996)

 

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Campagne accessibilité

 

L’accessibilité pour les personnes à la mobilité réduite est aussi vitale que la rampe d’accès pour un parking. L’APF lance en ce mois de Juin une campagne: « Rendons leur place aux personnes handicapées ». Trop souvent en effet, les automobilistes valides ne respectent pas les places de stationnement qui sont réservées aux titulaires des macarons « GIG » (Grand Invalide de Guerre) ou « GIC » (Grand Invalide Civil). Ces emplacements sont pourtant indispensables ne serait-ce que pour faciliter l’accès à des établissements publics et éviter les trop longues distances à parcourir ou encore permettre le déploiement d’un fauteuil au sortir du véhicule. Mais l’accessibilité, c’est aussi, la possibilité d’utiliser les transports en commun. Brillante réalisation appréciée des usagers, le tramway de Strasbourg pêche encore par sa complexité pour l’accueil des fauteuils roulants. C’est pour réclamer une meilleure prise en compte de leur situation que le samedi 25 mai, 150 manifestants ont bloqué durant 30 minutes le tram. Mais l’accessibilité, c’est aussi le refus de la discrimination qui amène encore aujourd’hui certains cinémas à refuser l’accès à ses spectacles aux personnes en fauteuil ! L’accessibilité enfin, c’est de permettre la pratique d’un sport comme le karting: des commandes croisées situées en dessous du volant et au niveau des pieds correspondant à l’accélérateur et au frein permettent aux personnes hémiplégiques de piloter.

(Faire Face , n°534, juin 1996 )

 

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