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Brèves

L'information sur un évènement, un nouveau service ou une décision administrative ou politique nécessite d'être concis et précis. Cela ne justifie pas toujours de longs développements. Juste quelques lignes brèves et synthétiques.


 

L’insertion par l’esthétique
A vos cameras !
Désir de grossesse
Le droit à la mode pour tous
Le suicide d'un parent
Nourriture à partager !
L’Oasis des éducateurs
Liens du cœur
Le magasin pour rien
Handivoix
Secourir, sans voir
Quand on veut, on peut
Les tabous sexuels s’effritent
Renforcer la prévention spécialisée
La France condamnée
Le ministère de l’intérieur désavoué
UN sur CINQ
Le syndrome d’Orange
Humour & handicap
Être sourd et citoyen quand même
Séparations conflictuelles
Une affaire de grand
Quand le handicap se fait GÉANT
Au pays du couchant lointain
Faux clichés sur l’immigration
L’annonce du handicap
Visites médiatisées : mode d'emploi
Exposez au festival Handistar
Une action citoyenne
Grève à la Fondation d’Auteuil 
L’accouchement sous x menacé 
Psychanalyse : bilan et perspective
P.A.R.S.A.A.
J’en crois pas mes yeux !
Pourquoi pas un séjour de rupture en Mongolie ?
Quand la maison s’adapte au handicap
Comment se situe votre chef lieu ?
Six points pour brailler plus fort !
Les associations, premières victimes ?
Où va l’argent de la journée de solidarité ?
Recul de la peine de mort
Vérité en deçà de l’Atlantique ?
Le choc des images
Un électricien branché handicap
Ouvert aux skieurs handicapés
Quand on veut, on peut !
Annuaire 2008 des séjours de rupture
Une justice négligée
Quelle priorité ?
Deux poids, deux mesures ?
Incidents à l’EPM d’Orvault
La prévention plutôt que la répression
Vive le CPE !
Les pays où les enfants sont rois ?
Vive la baisse des impôts !
Premier bilan de la loi sur la nationalité

   


L’insertion par l’esthétique

C’est en 2006, que Lucia Iraci, coiffeuse professionnelle renommée dans un quartier chic de Paris, décide de mettre son talent au service des autres, en créant l’association « Joséphine pour la beauté des femmes ». Elle propose alors, chaque dernier lundi du mois, à des femmes en situation de précarité qui n’ont pas les moyens de se les payer, des coupes de cheveux ou des couleurs. Le 8 mars 2011, elle ouvre, dans le 18ème arrondissement de Paris, un « Salon de beauté social Joséphine ». Le premier objectif est bien de permettre aux femmes qui s’y présentent de se réconcilier avec leur image, d’avoir à nouveau plaisir à prendre soin d’elles-mêmes et de retrouver une estime de soi positive. Contre le paiement symbolique de 3 euros, coiffeuses, maquilleuses, esthéticiennes offrent leur service. Mais si les soins esthétiques sont considérés comme une étape préalable à toute réinsertion, la démarche de l’association ne s’y limite pas. Elle propose aussi une assistance sociale, juridique mais aussi médicale : des consultations de gynécologie, de psychologie ou encore de dermatologie sont aussi possibles, ainsi que des ateliers de préparation aux entretiens d’embauches, d’écriture de lettres de motivation, d’alphabétisation, cours de yoga ou de théâtre. Le bilan des cinq premiers mois de fonctionnement est édifiant: 1.200 femmes au chômage, victime de violences conjugales, ou mères célibataires, toutes en dessous du seuil de pauvreté ont été prises en charge par ce salon atypique. Avec peu de salariés, mais de nombreux bénévoles, épaulée par des partenaires et soutenue par des parrains et marraines, l’association vient d’ouvrir son second salon, à Tours, en septembre 2012. « Pourquoi s’arrêter à Paris ? Les femmes en grande précarité se trouvent partout en France, tout le monde a droit à un nouveau départ. Dans cette conjoncture actuelle, il est très difficile de s’en sortir sans solidarité » commente Lucia Iraci.
www.josephinebeaute.fr

LIEN SOCIAL ■ non paru ■ 2013

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A vos cameras !

Dans une parodie de jeux télévisés, au rythme enlevé et à l’humour ravageur, « The green ESAT » réalisé par l’ADAPEI du bas Rhin, a emporté le Grand Prix du Jury 2012 de la quatrième édition de Regards Croisés, premier Festival de films courts métrages « Métiers et Handicaps ». Créé en 2009 à l’initiative de l’association L’Hippocampe, cette manifestation cherche à valoriser la personne avec handicap, reconnue dans son statut de salarié. Sous forme de reportages, de fictions ou de témoignages, chacun s’emploie à montrer qu’être différent est une source de richesse pour l’entreprise. La cinquième édition se déroulera à Nîmes les 3 et 4 octobre 2013. La compétition est ouverte aux personnes en situation de handicap, travaillant ou ayant travaillé en milieu protégé (ESAT – EA) ou en milieu ordinaire (toute autre entreprise ou institution). Les candidats doivent exprimer, au travers d’un court métrage, le regard qu’ils portent sur leur environnement professionnel, leurs conditions de travail, leur passion en relation avec leur métier et bien sûr leur handicap. N’importe quelle forme narrative est acceptée : fiction, documentaire, clip, reportage, film d’animation… la seule exigence étant de s’adresser à tous les publics. Le jury de sélection est composé de personnes avec handicap, de professionnels de l’image, du cinéma, de la télévision, du monde des arts et de la culture et de représentants de personnes avec handicap. Il se déterminera à travers plusieurs critères, dont le respect du thème en lien avec le monde du travail, la créativité, l’originalité et l’innovation du scénario, de la mise en scène, de la prise de vue ou du montage, ainsi que la conviction, la motivation et la sensibilité exprimée au travers du film.
Dates importantes : limite des inscriptions fixée au 15 juin 2013 et de la réception des films au 4 septembre.
Contact : Association L’Hippocampe 4 Allée des Aubépines 37250 Veigné
Site internet : www.festivalregardscroises.com

LIEN SOCIAL ■ n°1102 ■ 18/04/2013

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Désir de grossesse

« Désir de grossesse, envie d’enfant. Y a-t-il un âge pour être parent ? » Entretien avec Michèle Battista, psychiatre pour enfants et adolescents, animé par Antoine Alaméda, Pédopsychiatre, 40’, Anthea – l’Ilôt de l’horloge, 1 rue du Dou Fabriguié BP 219 83006 Draguignan Cedex
L’évolution de notre société bouscule les jeunes générations dans leur rapport à la parentalité. Si le contrôle des naissances a permis de distinguer la sexualité, de l’enfantement et de l’envie d’être parent, il a tout autant confronté la procréation à la culture consumériste. La banalisation de la fourniture d’ovocyte ou de paillettes de sperme, tout autant que l’échographie permettant de vérifier la conformité de l’embryon au modèle attendu, laissent croire que l’on pourrait choisir le sexe ou la couleur des cheveux de son futur bébé, comme au supermarché. Or, s’il y a bien un état qui s’oppose à l’immédiateté, c’est bien la grossesse. Le désir d’enfant doit mûrir. Le temps est l’allié de la maternité qui ne doit survenir ni trop tôt, ni trop tard. Devenir parent implique de s’opposer au tout, tout de suite. Attendre un « heureux évènement », c’est accepter le risque de la différence et se préparer au deuil de l’enfant idéal ou imaginaire. Autant de postures qui sont bouleversées par les grossesses précoces. Certes, il existe toujours des accidents de parcours. Mais, ce n’est pas le plus fréquent. Même s’ils n’établissent pas toujours le lien avec les rapports sexuels, les adolescents sont bien informés des mécanismes de la reproduction. Il faut aller chercher ailleurs les raisons possibles : besoin de vérifier si on corps et bien opérationnel, reproduction d’un schéma familial où il est de coutume d’enfanter jeune, compensation d’une carence affective, grossesse auto-agressive... Ce n’est que par le dialogue et l’empathie, ainsi que dans l’accordage de nos temporalités si différentes, que l’on pourra accompagner les adolescentes enceintes, en se plaçant ni trop près, ni trop loin d’elles.

LIEN SOCIAL ■ n°1105 ■ 16/05/2013

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Le droit à la mode pour tous

Tout est parti d’un échange entre Charly Valenza, membre de l'association marseillaise Asexybilité qui milite pour la création d'un service d'accompagnement à la vie sexuelle des personnes en situation de handicap et Corine Tonarelli, journaliste économique et enseignante à l’Institut universitaire et technologique d’Aix-en-Provence. Le désir de plaire et d’attirer le regard étant universel, il n’y a aucune raison que porter des vêtements dans lesquels on se sent bien et avec lesquels on cherche à séduire ne soit que l'apanage des seuls valides. Organiser un défilé présentant des hommes et des femmes avec handicap contribuerait à changer le regard sur la différence. Ce serait une façon originale non de placer ces personnes à part mais de les considérer comme des personnes à part entière. Corine Tonarelli propose à Laura Gallego, Aurélène Zanetti et Sophie Diderjean, trois de ses étudiantes, en licence professionnelle « Gestion et développement des produits de la mode » de créer un évènement destiné à rapprocher le monde de la mode de celui du handicap. Elles acceptent de relever le défi et commencent par contacter une douzaine de créateurs qui s’engagent à présenter et à adapter certains des modèles de leur collection printemps-été : Didier Parakian, Sugar, Kaporal, Zoé la fée, Jayko, Elsa Gary ... Un casting a lieu. Sur les soixante et un candidats, vingt et un sont retenus sur deux critères : avoir le sourire et dégager de la joie de vivre. Le samedi 7 avril 2012, se tenait à Agora, Handifashion, un défilé de mannequins, valides et avec handicapés, côte à côte, toutes déficiences confondues, mentale ou physique. L’édition 2013 est en pleine préparation. Trois castings ont déjà eu lieu. Le défilé de mode autrement séduisant se tiendra le 30 mars devant près de cinq cent spectateurs au Palais des congrès d’Aubagne. Un projet parisien est en voie d’organisation, piloté par huit étudiantes de l'école Mod'Spé Paris.
Contact : www.handifashion.fr / www.asexybilite.skyrock.com / www.handifashionparis2013.blogspot.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1096 ■ 07/03/2013

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Comment parler à un enfant du suicide de son parent ?

Un coup de projecteur sur l’initiative originale et fort intéressante d’un groupe de professionnels de l’enfance et de l’adolescence qui a ouvert un site consacré à la terrible et dévastatrice épreuve vécue par les familles et l’entourage, lors du suicide d’un père ou d’une mère. Cet espace internet est à destination du jeune public, mais il est aussi proposé aux familles et aux professionnels. Il n’est facile ni pour les uns, ni pour les autres de mettre en mots cet évènement enveloppé de souffrances, d’énigme et d’incompréhension. Le vivant comme une perte ou comme un abandon l’enfant arrive difficilement à comprendre pourquoi son papa ou sa maman a voulu en finir avec la vie. Il peut parfois se sentir responsable ou se demander s’il aurait pu faire quelque chose pour empêcher ce geste. Même si le parent qui reste s’occupe bien de lui, il se sent seul. Il est aussi fréquent que son parent disparu peuple ses rêves. Et puis, il y a ces sentiments mélangeant la colère et la honte, l’agressivité et la culpabilité qui l’envahissent ou encore l’impression que tout est faux et que tout va redevenir comme avant, un peu comme au réveil d’un cauchemar. C’est à toutes ces angoisses et questions que tente de répondre le site, les psychologues régulateurs qui l’animent étant persuadés que parler de son père ou de sa mère qui vient de mourir, cela permet à l’enfant d’éviter de se refermer sur lui. C’est l’occasion de partager ses ressentis, ses émotions avec les autres, de se reconstruire un souvenir et une image autre que les dernières images qu’il peut avoir en tête. Le site présente plusieurs onglets destinés aux enfants de moins de 10 ans, à ceux qui ont plus de dix ans, aux familles et aux professionnels. Dans un langage simple et adapté, ce site propose des pistes face aux interrogations les plus courantes sur ce que vit l’enfant et comment les adultes peuvent aborder le sujet avec lui et l’accompagner.
www.atergatis.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1093 ■ 14/02/2013

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Nourriture à partager, servez-vous librement, c’est gratuit !

Né à Todmorden, dans le nord de la Grande-Bretagne, à l’initiative de deux mères de famille, « Incredible Edible » (« Incroyables comestibles ») est en train de s’étendre, comme une traînée de poudre. Formidable pied de nez à la société marchande, à l’argent roi et au soi-disant égoïsme inhérent à l’espèce humaine, un groupe de citoyens a planté des fruits et des légumes partout dans la ville, ses 14.000 habitants n’ayant plus qu’à se baisser pour les ramasser. Inutile de les voler, puisqu’ils sont gratuits et à disposition de celles et de ceux qui désirent les récolter. Ni traitement chimique, ni insecticide, tout pousse naturellement. Les insectes et animaux sont les bienvenus : eux aussi ont droit de s’alimenter ! Les espaces verts sont certes un peu détournés de leur destination initiale : les jardins publics sont plantés d’arbres fruitiers, les bouts de terre échappant au béton voient pousser fenouil, fraises ou rhubarbe, des pots de terre ensemencés sont posés au coin des rues. Quand c’est mûr, chacun peut venir se servir. La France s’y est mise au printemps 2012, suivie par la Belgique et la Suisse. Déclaration unilatérale de générosité, ce mouvement citoyen totalement gratuit, libre, ouvert et apolitique entraîne les habitants dans une dynamique faite de co-création collective locale, de lien social fondé non plus sur la compétition et l’enrichissement personnel, mais sur le don et le partage. Les coopérations plurielles ainsi générées privilégient la proximité immédiate avec son entourage, ses voisins, son quartier, sa commune, développe la confiance de chacun envers tous et favorise le réengagement de chaque habitant devenu co-responsable dans un projet ouvert, convivial et bienveillant. La police de Todmorden a juste constaté une baisse des actes de délinquance et d’incivilité. On plante, on arrose et on partage. Rien n’est plus facile : il suffit d’essayer !
www.incredible-edible.info

LIEN SOCIAL ■ n°1085 ■ 06/12/2012

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L’Oasis des éducateurs

L’initiative vient de Aïssa, moniteur éducateur, préparant le diplôme d’éducateur spécialisé. Travaillant dans le secteur de la prévention spécialisé, il a expérimenté chaque jour le rôle incontournable de l’équipement théorique, dont chaque professionnel a besoin, pour appréhender au mieux la complexité des situations auxquelles il est confronté. Il s’est donné les moyens pour aller les chercher, ces références conceptuelles. Mais plutôt que de les garder pour lui tout seul, il a décidé de les proposer sur un site « animé par le souci de l'Autre, et dédié aux hommes et aux femmes qui souhaitent continuer à réfléchir sur leurs fonctions afin qu'ils se tiennent debout et renoncent à la toute puissance. » Et, de la réflexion, il y en a. Comment a-t-il réussi à collecter autant de documents audio-visuels ? Mystère. Mais un remarquable travail de fourmi lui a permis de regrouper des conférences filmées, des interviews enregistrées et des reportages vidéos. Avec, des interventions de personnalités aussi centrales que Laurent Ott, Jean Mari Petitclerc, Joseph Rouzel, Jacques Ladsous, François Dubet, Michel Autès, François Chobeaux ou Jean-François Gomez. On y trouve aussi de documents en format pdf. Diverses rubriques sont proposées : développement de l’enfant, passage de l’adolescence, trousse aux concepts, cadre juridique et législatif, travail avec les familles... Et puis, en tout bien, tout honneur, l’auteur de ce site relate le travail accompli auprès de jeunes adultes de Douai. Pendant sept mois, il a animé un atelier d’écriture, dans le cadre de la prévention spécialisée, action qui s’est concrétisée par l’écriture et l’enregistrement d’une chanson sur le thème de la solidarité. Voilà un site offert aux étudiants, aux professionnels ou à tout internaute curieux des questions humaines qui souhaiteraient s’arrêter dans une oasis pour s’abreuver de connaissances, se ressourcer ou tout simplement pour se cultiver.
www.oasis-deseducateurs.com

LIEN SOCIAL ■ n°1079 ■ 18/10/2012

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Liens du cœur, liens du sang

Un entretien avec Nicole Prieur, Philosophe et psychothérapeute d’enfants et d’adolescents. (DVD / Collection Parole donnée / 39 €) www.anthea.fr
Pendant longtemps, l’attachement a été conçu dans la continuité de la filiation. C’est très naturellement que l’enfant investissait les relations affectives avec ses géniteurs. La mutation du modèle familial traditionnel a changé la donne. La procréation a été dissociée du rôle de parents (adoption, famille homoparentale, présence de beaux-parents), de celui de père (recours à l’insémination avec donneur), comme de celui de mère (recours à une mère porteuse). Même pour les familles classiques, la posture parentale n’est plus un acte spontané. Elle s’anticipe, se questionne et se réfléchit. Les liens du coeur se sont progressivement dissociés des liens du sang, les premiers prenant progressivement le pas sur les seconds. Ce dont il est question, c’est bien plus d’affiliation que de filiation. Nicole Prieur en donne une triple définition. C’est, d’abord, à travers le récit fait à l’enfant sur ses origines qui le relient, au-delà des ses ancêtres, à l’unité du vivant en tant que « poussières d’étoile ». C’est, ensuite, l’articulation avec la manière dont, avant sa naissance, il a été psychiquement imaginé, représenté et porté dans l’inconscient familial. C’est, enfin, toute la dimension symbolique que constitue la rencontre entre le bébé et celui/celle qui l’accueille et l’accompagne dès sa naissance. C’est à travers toutes ces dimensions que les interrelations se tissent très tôt, indépendamment de l’origine biologique. Le bébé est équipé neurologiquement pour entrer en relation : avide de stimulations et d’attention, il réagit volontiers aux sollicitations qui lui sont proposées, constituant autant de marqueurs venant structurer l’attachement avec son entourage. Même si l’origine élabore l’identité et les différentes appartenances, elle n’enferme jamais la vérité du sujet dans un destin figé.

LIEN SOCIAL ■ n°1078 ■ 11/10/2012

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Le magasin pour rien

La coutume veut qu’en Suisse, on laisse sur le trottoir, devant chez soi, certains jours repérés dans le mois, ce dont on veut se débarrasser et qui est encore en bon état pour être réutilisé. N’importe qui peut alors l’emporter. Le quartier alternatif allemand de Fribourg a prolongé cette tradition, en ouvrant un Magasin pour rien. Le concept est simple : chacun vient y déposer les objets utiles, encore utilisables, dont il n’a plus l’usage et qui peuvent servir à d’autres. Les visiteurs viennent faire leur choix et peuvent emmener avec eux trois objets maximum, sans contrepartie, ni de paiement (un livre d’or remplace le tiroir-caisse), ni de justificatifs à fournir prouvant ses revenus. C’est Roger Winterhalter, ancien maire écologiste de Lutterbach (Haut-Rhin), qui a eu l’idée d’en importer le principe. En décembre 2009, s’appuyant sur la Maison de la citoyenneté mondiale, il trouve un local à Mulhouse et embauche une permanente à mi-temps, grâce à un contrat aidé, des bénévoles lui prêtant main forte en cas de besoin. Ce sont entre cinq et vingt cinq personnes qui passent par demi-journée. Beaucoup d’habitués reviennent régulièrement, notamment des personnes en difficulté financière. Le Magasin pour rien s’est très vite rempli : vaisselle, bibelots, peluches, livres, CD, vidéos… Par manque de place, les habits sont redirigés vers d'autres structures (Bouge ta galère, la Maison familiale du quartier...), les meubles vers SOS Meuble. Les 500 € de frais mensuels de fonctionnement sont pris en charge par les dons des particuliers et par une « cagnotte solidaire » où chacun peut, à sa convenance, glisser ce qu’il veut. Pour la première fois en 2011, la ville de Mulhouse a versé une subvention de 2.000 euros. Expérience unique en France, le Magasin pour rien ne demande qu’à essaimer, avec pour seule ambition : combattre la pauvreté et l’exclusion, en faisant progresser la fraternité, la solidarité et la gratuité.
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LIEN SOCIAL ■ n°1077 ■ 04/10/2012

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Handivoix : chanter par delà les différences

Née en 2000 dans les Yvelines, l’association HANDIVOIX encourage et accompagne la création de chorales, au sein des structures d’accueil de personnes porteuses de handicap. Cette initiative a très vite intéressé des chorales jusque là isolées et éparpillées, d’abord en Eure et Loir, en Île de France et en Haute Normandie, puis d’autres régions de France. Pour répondre aux besoins de représentation et de structuration communes, l’association se transforme en 2005, en « Fédération nationale de chorales de personnes handicapées H A N D I V O I X ». Profitant d’un outil qui transcende les différences, en entraînant chacun dans les mêmes émotions, la Fédération se considère comme un mouvement ouvert, interactif et souhaite fonctionner en osmose avec le monde des valides. Elle se mobilise donc pour permettre l’accueil des personnes de toute génération et de tout handicap, au sein de structures institutionnelles traditionnelles tels les conservatoires, les écoles de musique et les chorales associatives. Elle a créé, à cet effet, en collaboration avec « A Cœur Joie » et la « Fédération européenne Europa Cantat », l’association « Cœurs en Chœurs ». Fin septembre 2006, HANDIVOIX lance le FEZTIVOIX, le premier festival de chorales de personnes porteuses de handicap, à Crozon dans le Finistère : durant trois jours, dix concerts réunissent près de quatre cent choristes, venus de plusieurs régions de France. Depuis, FEZTIVOIX a essaimé. Ainsi, en 2012, si le festival de Crozon en est à sa 7ème édition (du 24 au 29/9), il se produira aussi à Paris le 9/11, à Ablon sur Seine (94) le 27/10, dans les Yvelines les 16, 17, 23 et 24/11, à Clermont Ferrand (63) le 13 octobre et à Chateauroux (36) le 11/11. Après 12 années d’existence, HANDIVOIX réunit autour de ses activités près de 102 chorales, réparties sur 21 départements et 10 régions.
Contact : Joël LE TOULLEC / Tel. : 01 30 80 90 62
Site : www.handivoix.com / Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

LIEN SOCIAL ■ n°1074 ■ 13/09/2012

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Secourir, sans voir

L’intégration des personnes porteuses de handicap à la vie quotidienne passe à la fois par la prise en considération de leurs difficultés et à la fois par l’adoption de compétences qui, tout en s’adaptant à leurs spécificités particulières, s’articulent au monde des valides. Deux associations viennent de mener à bien une expérimentation qui démontre comment le principe du droit à l’accessibilité pour tous peut se concrétiser. A Saint Brieuc, Voir ensemble et La croix rouge française ont mené, de concert, une formation pour cinq personnes atteintes de déficience visuelle au diplôme de Prévention Secours Civique niveau 1 (PSC1). Les modalités du stage ont été adaptées au handicap des candidats, privilégiant le toucher, l’auditif et les gestes concrets. Les deux formatrices secouristes et l’acteur chargé de jouer la victime ont été secondés par un interprète traduisant en parole les gestes à accomplir. Formation couronnée de succès, puisque le 10 décembre 2011, un diplôme national de PSC1 fut solennellement remis à chaque candidat brillamment reçu. De la théorie à la pratique, l’un des nouveaux diplômés est déjà venu en aide à une personne victime d’un arrêt cardiaque, en la plaçant en position latérale de sécurité. Non seulement, ce cycle de formation sera à nouveau proposé l’an prochain, mais l’une des stagiaires s’est engagée, dès à présent, à devenir à son tour monitrice. La Croix-Rouge française a formé, à ce jour, 1,2 million de personnes en France aux premiers secours. Ce n’est pas la première fois que cette association intègre et mêle à ses stagiaires des personnes atteintes de handicap (déficience visuelle ou auditive, autisme, invalidité motrice …). L’occasion, peut-être, de démultiplier ce type de formations citoyennes permettant à tout un chacun, quelles que soit ses difficultés et ses différences, de venir en aide à celui ou à celle qui en a besoin.
Contact : Association Voir ensemble tél.02.96.73.84.50. Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

LIEN SOCIAL ■ n°1067 ■ 21/06/2012

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Quand on veut, on peut

La loi du 10 juillet 1987 fait obligation à tout établissement et à toute collectivité publique de plus de vingt salariés (ou agents) d’employer des personnes titulaires du statut de travailleur handicapé, dans une proportion minimale de 6% de l’effectif total. Si ce taux n’est pas atteint, une contribution annuelle de 300 à 500 SMIC horaire (selon l’importance du personnel) doit être versée, par salarié manquant, soit à l’AGEFIPH pour le secteur privé, soit au FIPHFP pour le secteur public. La loi 11 février 2005 a, non seulement confirmé cette obligation, mais a renforcé les obligations financières : de 400 à 600 fois le SMIC pouvant aller jusqu’à 1500 fois, en cas d’infraction trois années de suite. Une entreprise comme SODEXO, qui emploie 910 travailleurs handicapés sur un effectif total de 36 000 salariés, a ainsi décidé d’en recruter 160 supplémentaires d'ici à 2014. Le taux atteint passera de 2,5 % à 2,9 % (contre une moyenne de 2,6 % dans le secteur privé). Pour ce qui est du secteur public, le seuil moyen a atteint 4,4 %. Le Conseil général de Loire Atlantique a fait en la matière un choix exemplaire et remarquable, passant de 4 % à 6 % entre 2004 et 2010 et atteignant même les 6,7 %, en 2011. Si l’effort a porté sur la reconnaissance administrative de 129 agents déjà en poste, le département a procédé au recrutement externe de 93 autres. Un Référent Handicap a été désigné au sein de la direction des ressources humaines, relayé sur le terrain, par six agents Relais handicap. Autre décision, la multiplication des marchés de sous-traitance accordés aux entreprises de travail protégé, soit 400.000 € en 2011. Autre effort encore, un programme pluri annuel de mise en accessibilité des locaux professionnels (200.000 € de travaux, en 2011). Quant au projet stratégique 2012-2014, prévoyant le recrutement de 150 jeunes, 18 postes ont été réservés aux candidats porteurs de handicap. Belle leçon d’un volontarisme efficace méritant d’être salué.

LIEN SOCIAL ■ n°1059 ■ 19/04/2012

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Les tabous sexuels s’effritent

Les polémiques sur les identités sexuelles ont fusé, ces derniers mois. Mais, il ne faut pas compter sur Sciences Humaines pour les trancher. Fidèle à sa ligne éditoriale, le mensuel dresse un tableau qui préserve la complexité et le contradictoire des recherches et théories. Il y a d’abord ces cinq sexes dont nous sommes toutes et tous porteurs. Le sexe génétique, d’abord, lié aux 23 paires de chromosomes que tout être humain détient. Avec des perturbations possibles qui font apparaître les attributs féminins sur un corps masculin ou inversement. Second sexe, celui qui est anatomique : on possède les organes du garçon ou de la fille … sauf quand les deux sont présents en même temps. Troisième sexe, celui déterminé par les hormones androgènes pour les hommes ou la progestérone et les oestrogènes pour les femmes. Mais, c’est l’accroissement de la testostérone, au moment de la ménopause qui fait pousser des poils au menton des vieilles dames. Le sexe social, c’est celui attribué par la société qui distingue des rôles différente selon qu’on est homme ou femme. Vient enfin, le sexe psychologique qui renvoie à la façon dont, dans son fort intérieur, l’on se considère. Mais enfin, il y a bien quand même des différences de caractère entre les hommes et femmes ? Effectivement, affirment trois chercheurs qui ont fait passer un questionnaire à 10.000 personnes de chaque sexe. Pas du tout, réplique Janet Hyde, auteur d’une synthèse de 46 méta-analyses. Quant à la virilité, elle se dissout dans la multiplicité des modèles masculins : macho ou tendre, coureur de jupons ou papa poule, amateur de grosses voiture ou dandy coquet et raffiné. Entre 200.000 et 2 millions d’habitants de la communauté millénaire des Hijras, en Inde, refusent l’identité masculine ou féminine, se revendiquant transsexuels. La réalité de ce qui distingue les individus relève donc bien plus de l’énigme, que d’une vérité scientifique.
Revue de presse de Sciences Humaines, mars 2012, n°235

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  Renforcer la prévention spécialisée

Le conseil général du Val-de-Marne vient de décider d’augmenter, pour l’année 2012, de 10% les ressources dédiées à la prévention spécialisée. Les 900.000 euros supplémentaires consacrés à l’action sociale dans les quartiers va générer la création de deux nouvelles équipes d’éducateurs de rue et le renforcement des équipes existantes, soit 25 nouveaux postes. Autre bénéficiaire de ce plan, la lutte contre l’échec scolaire, un partenariat avec l’Éducation nationale étant en cours de signature. C’est là une première étape dans une évolution qui doit faire passer le budget de la prévention spécialisée, entre 2011 et 2014 de 9 à 13 millions d’euros. Initiée par les élus de gauche, majoritaires dans l’assemblée départementale, cette décision a été, en outre, approuvée par l’opposition UMP qui a simplement souhaité faire intervenir la prévention dès la maternelle, la cible privilégiée par l’action engagée, se centrant sur les 12-16 ans.

LIEN SOCIAL ■ n°1055 ■ 22/03/2012

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  La France condamnée

La France vient de se faire condamner, par deux fois, à quinze jours d’intervalle par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour « traitement inhumains et dégradants ». Le premier arrêt du 19 janvier stigmatise les conditions de placement en rétention de mineurs. En 2007, elle avait enfermé un couple de Kazakh avec ses deux enfants, alors âgés de 3 ans et 5 mois, suite à leur demande d’asile déboutée. La durée excessive d’enfermement et les conditions matérielles, pas adaptées à l’accueil de familles sont notamment réprouvées. En 2010, 356 enfants ont encore été enfermés au prétexte de ne pas les séparer de leurs parents. Le second arrêté, en date du 2 février, condamne la France pour ses nombreux dysfonctionnements, comme celui de ne pas donner les moyens à un individu de préparer une demande d’Asile correctement et de ne pas attendre la décision de la CNDA pour obliger une personne à quitter le territoire ou encore de le renvoyer dans un pays à risques manière égale.

LIEN SOCIAL ■ n°1050 ■ 16/02/2012

 

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  Le ministère de l’intérieur désavoué par deux fois

En septembre 2011, quand l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers tente d’organiser une permanence expérimentale d’avocats dans la zone d’attente de Roissy Charles de Gaulle, afin de répondre au droit inconditionnel des étrangers à consulter librement un conseil, la Police aux frontières s’emploie à empêcher cet accès. L'ANAFE obtient de la justice qu’elle ordonne l'intervention d’un huissier de justice pour constater ces entraves. Le ministère assigné alors l’association devant le tribunal de Bobigny, afin de faire annuler cette intervention. Le juge s'est prononcé le 4 janvier 2012, en faveur de l'ANAFE. Le 2 décembre 2011, le ministère de l’intérieur refuse de renouveler sa carte « visiteur » à une salariée de l’association. Le 1er février 2012, le juge des référés du tribunal administratif a enjoint le ministère de délivrer à cette coordinatrice de l’Anafé l’agrément provisoire pour accéder à toutes les zones d’attente françaises. L’ANAFE constate, dans un communiqué, combien ces épisodes démontrent la volonté avérée du ministère de l’intérieur de maintenir les zones d’attente dans l’opacité et d’entraver la mission qui lui est officiellement confiée d’exercer un droit de regard, d’observation et de témoignage aux frontières.

LIEN SOCIAL ■ n°1050 ■ 16/02/2012

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  UN sur CINQ

En Europe, un enfant sur cinq serait victime de violences sexuelles, sous une forme ou sous une autre : inceste, pornographie, prostitution, traite, corruption, sollicitation par le biais d’Internet ou agressions par les pairs. Le Conseil de l’Europe a décidé de lancer une campagne intitulée « un sur cinq ». L’objectif qu’il s’est donné consiste à apprendre aux enfants une règle très simple : « On ne touche pas ici ». Un enfant ne doit pas être touché par autrui sur les parties du corps généralement couvertes par leurs sous-vêtements. Et ils ne doivent pas toucher autrui sur ces mêmes parties. Ils doivent apprendre que leur corps leur appartient et que nul (qu’il soit enfant ou adulte) ne peut y avoir accès, sans leur permission préalable. Ils ont le droit de refuser un baiser ou une caresse, même venant d’une personne qu’ils aiment. Il est important qu’ils sachent distinguer entre les gestes convenables et les gestes déplacés. Ils ont le droit de dire « non », si une situation les met mal à l’aise. Pour autant, ce type de préparation cherchant à rendre les enfants acteurs de leur propre défense, ne signifie pas que leur protection serait de leur seule responsabilité. Bien au contraire, c’est aux adultes qu’il revient d’avoir à les protéger. Ils doivent notamment savoir repérer ceux qui constituent le réseau de sécurité qui les entoure et apprendre à les solliciter, en cas de danger. C’est à eux de faire le nécessaire, en cas de difficulté. Ils ont l’obligation d’agir pour protéger les enfants de leur entourage et de contacter les personnes susceptibles de les aider. La démarche de protection relève donc de tout un chacun. Il n’y a ni monopole, ni posture passive à adopter de quelque place que l’on se situe, mais une vigilance à assurer. Tels sont les messages transmis par cette campagne. Un petit film et un livre pour enfant (« Kiko et la main ») sont téléchargeables, ainsi qu’un commentaire explicatif pour les adultes.
http://www.onnetouchepasici.org 

LIEN SOCIAL ■ n°1048 ■ 02/02/2012

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  Le syndrome d’Orange

Il y avait eu, le 15 septembre 2009 cette Directrice d'un service de la PJJ a tenté de mettre fin à ses jours, en se défenestrant. Le 17 novembre dernier, c’était au tour de Fabrice, éducateur spécialisé de 38 ans salarié de l’Association d'action éducative de Dunkerque, de se pendre sous un pont. Le 8 septembre, l’éducateur n’avait, au cours d’une altercation avec un jeune dont il s’occupait, réussi à se dégager de l’agression subie (il aura deux côtes cassées), qu’en tentant un coup de tête contre son agresseur. Se retournant contre son salarié, la direction de l’AAE avait entamé une procédure de licenciement pour faute grave, sanction ensuite atténuée en simple avertissement et mutation. Le professionnel n’a pas supporté ce qu’il considérait comme une injustice. Une marche blanche regroupant plus de 550 personnes s’est déployée dans les rues de Dunkerque, le lundi 21 novembre, pour dénoncer le manque de soutien de l’association aux éducateurs confrontés aux situations de violence. Philippe Toulouse, délégué CGT, rappelle la « souffrance au travail, des conditions d'exercice dégradées et une vaste désorganisation des services depuis que l'association a subi une restructuration ».

LIEN SOCIAL ■ n°1041 ■ 01/12/2011

 

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Humour & handicap

Décidément, le temps est à l’alliance de l’humour et du handicap. Le film « Intouchable », sorti le 2 novembre, met en scène dans une joyeuse comédie un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente et un jeune de banlieue à peine sorti de prison qu’il embauche comme aide-soignant. « J’en crois pas mes yeux » (LS 997) qui nous avait fait exploser de rire fin 2010, repart pour une seconde saison, abordant cette fois-ci la question de l’apparence du handicap. Partant du fait que dans 80% des situations, celui-ci ne se voit pas, les réalisateurs veulent inciter à regarder les gens pour ce qu'ils sont, et pas pour ce qu'ils laissent transparaître, au premier abord. Quant à France 2, la chaîne publique n’est pas en reste : elle a décidé de diffuser la série « Vestiaire », à partir du 14 novembre, à 13h50 et avant le journal de la nuit. L'ambition des réalisateurs est bien d'oser montrer le handicap pour mieux le faire oublier afin de démontrer qu'être handicapé, c'est comme pour tout le monde, avoir ses soucis, ses dénis, son humour, ses peurs, sa méchanceté, sa tendresse. La série se déroule dans un vestiaire handisport : les deux acteurs - Adda Abdelli (atteint d’une agénésie - malformation- de la main gauche) et Fabrice Chanut (atteint de poliomyélite)- présentent des scénettes qui à la fois déclenchent le rire et touchent au coeur. Leurs réparties, les situations cocasses dans lesquelles ils se retrouvent nous plongent dans le quotidien du handicap, tout en échappant tant au compassionnel qu’à l’exhibitionnisme. Difficile de trouver le bon angle, pour présenter la différence, sans la cacher, ni en faire le centre de l’image, mais sans l’éviter non plus. Ce que cette série réussit avec dextérité, rendant les personnages attachants tout en restant sincère sur la réalité de leur quotidien. Démonstration que l’humour peut être source d’humanité.
www.vestiaireslaserie.fr
www.jencroispasmesyeux.com

LIEN SOCIAL ■ n°1039 ■ 17/11/2011

 

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Être sourd et citoyen quand même

Comment faire appel, en cas d’urgence ou de malaise, quand on est privé de l’usage de l’audition ou de la parole ? C’est à cette situation paradoxale que se propose de répondre le numéro d’urgence national et gratuit « 114 », opérationnel depuis la mi-septembre. Ce numéro de téléphone est ouvert 7 jours sur 7, 24h sur 24. Il est accessible par FAX ou par SMS, uniquement dans un premier temps, en métropole. C’est le Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, qui est chargé de son exploitation. Des professionnels sourds et entendants spécifiquement formés sont chargés du traitement des appels et de la prise de contact avec les services d’urgence compétents si nécessaire. Comment cela marche ? Un formulaire pré établi permet rapidement de préciser la nature du problème, en remplissant les informations portant sur les coordonnées de la personne concernée par l’urgence et les coordonnées de l’éventuel témoin. Viennent ensuite des cases à cocher en face de dessins correspondant à la nature du problème : problème de respiration, de chute, d’électrocution, de membre cassé, de vol, de violence, de feux, d’inondation, d’accident, etc… Ce document envoyé par fax génère dans la minute qui suit un accusé de réception. Une demande de précision peut être envoyée si les informations sont incomplètes. Puis, suit une confirmation de l’intervention rapide des secours : le 15 (urgences médicales), le 17 (police secours) ou le 18 (pompiers) qui sont alors sollicités par les écoutants du 114. Une procédure par SMS est aussi possible, impliquant un échange de messages. Voilà une excellente initiative qui rend le service public des numéros d’appel de secours enfin accessible aux 4 millions de personnes atteintes de déficience auditive. Un dépliant, une carte mémo, une affiche, une vidéo en langue des signes, le formulaire d’alerte et un guide de l’utilisateur du « 114 » sont consultables et téléchargeables sur le site : http://www.solidarite.gouv.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1038 ■ 10/11/2011

 

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« Séparations conflictuelles: les enfants doivent-ils faire la loi ? »

Ce que nous explique Marc Juston, dans ce DVD, est tout à fait essentiel et justifie qu’on s’y intéresse tout particulièrement. Le magistrat commence par saluer l’avancée que constitue le droit de l’enfant à être auditionné en justice. Il rappelle que, jusqu’en 1993, la loi permettait aux juges de refuser d’écouter ce que l’enfant avait à dire. L’application dans notre pays de la Convention internationale des droits de l’enfant (ratifiée en 1990), ainsi que de la Convention européenne des droits de l’enfant (2003) a débouché sur la loi du 5 mars 2007 et sur son décret de 2009, qui précisent que tout mineur doit pouvoir se faire entendre, en justice. Trois conditions sont toutefois requises : que l’affaire à propos de laquelle il désire parler le concerne directement, qu’il en fasse la demande par écrit et qu’il fasse preuve de discernement. Cette dernière clause reste celle qui prête le plus à une interprétation subjective, concernant l’âge limite qui peut être fixé, selon les juridictions, de 7 à 13 ans. Marc Juston préfère citer le rapport de 2009 du défenseur des enfants définissant le discernement comme la capacité à comprendre ce qui se passe et à exprimer ses sentiments. Dès lors, plutôt qu’une règle s’imposant à tous, mieux vaut un traitement individualisé, au cas par cas. Pour autant, l’intérêt de l’enfant ne passe pas forcément par l’écoute de sa parole qui ne doit pas être sanctifiée. Car, celle-ci peut le placer dans une situation où il devient l’arbitre de ses parents, ou bien est instrumentalisé par l’un d’entre eux. D’où l’importance de proposer une médiation familiale. D’où la nécessité que le recueil de l’avis du mineur ne déresponsabilise pas les adultes, mais soit l’occasion de renforcer la co-parentalité. D’où l’intérêt d’une écoute assurée à la fois par un magistrat et un auditeur spécialisé dans l’accompagnement des enfants.
DVD / Collection Parole donnée / 39 €, www.anthea.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1032 ■ 29/09/2011

 

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Une affaire de grand

L’éducation sexuelle à l’école passe traditionnellement par la connaissance des mécanismes physiologiques. Une loi de 2004 prévoit trois séances complémentaires par an, devant être consacrées à l’information et à l’éducation affective, psychologique et sociale, tant en primaire, qu’en collège ou au lycée. L’objectif recherché est de prévenir les comportements sexistes et homophobes, ainsi que les violences sexuelles. Mais, pour les enfants et adolescents porteurs de handicap non intégrés à l’Éducation nationale, rien n’est prévu. Leurs déficiences et pathologies apparaissent comme autant d’obstacles à une telle éducation. L’IREPS des Pays de Loire qui s’est déjà montré très créatif en la matière (cf. Lien Social n°1005) a développé en Vendée, depuis 2005, des formations et des rencontres entre professionnels de différents IME destinées à mutualiser leurs expériences. C’est ce savoir, ce savoir-faire et ce savoir être accumulés qui ont constitué la base de ce livret. La première partie est consacrée aux conditions opérationnelles. Avec, pour commencer, les différents domaines à explorer : l’identité, le corps, les émotions, la vie avec les autres, le vécu de la sexualité, le statut d’adulte et la loi. Puis viennent les critères à prendre en considération : l’âge du public concerné, sa maturité, mais aussi ses capacités de compréhension, d’expression, de concentration et de mémorisation. Enfin, les modalités d’intervention sont présentées, à travers l’aménagement d’un cadre rassurant et l’organisation matérielle. La seconde partie du livret est consacrée à huit fiches d’action détaillées, comme support possible d’intervention. Quatre pages de bibliographie et de ressources pédagogiques terminent le document. Un outil qui se veut pratique et opérationnel qui devrait intéresser bien des équipes.
« Une affaire de grand. Des repères pour agir en éducation affective et sexuelle dans les instituts médico-éducatifs » février 2011, IREPS (20 € port compris)
Commande : IREPS Pôle Vendée CHD Les Oudairies Maison de la santé : Bd. Stéphane Moreau 85925 LA ROCHE SUR YON CEDEX 9 Tél. : 02 51 62 14 29 Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

LIEN SOCIAL ■ n°1032 ■ 29/09/2011

 

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Quand le handicap se fait GÉANT

Le Nord de la France est une terre de tradition populaire. Depuis le XVIème, chaque ville ou village s’enorgueillit de ses « géants », mannequins de cinq à six mètres, faits de bois, d'osier et de tissus, portés par une ou plusieurs personnes, à l’occasion des fêtes et des cérémonies. Tout le ponde connaît ainsi Gayant et sa famille à Douai, Martin et Martine à Cambrai, Lyderic et Phinaert à Lille etc... Régulièrement, de nouveaux géants voient le jour. En octobre 2002, l'Association des Parents d'Enfants Inadaptés de Douai décide de répondre à l’appel à projets européens, dans le cadre de l’« Année européenne 2003 du handicap », en imaginant de concevoir un géant qui représenterait toutes les personnes handicapées et permettrait de défendre à la fois une véritable participation sociale et une réelle accessibilité physique et culturelle. Elle décide de faire appel à Monsieur Michiels, un concepteur de géants, pour la tête et des mains. Mais ce sont l’Institut médico-éducatif de Féchain et le CAT de Dorignies qui s’attèlent au travail d’ossature en bois et le CAT de Lambres qui va fabriquer les vêtements. Le 25 sandy1.jpgeptembre 2004, avait lieu à Arleux, le baptême d’un adolescent : Andy. Il n’est de nulle part, n’ayant pas de ville d'attache. En fait, il est de partout : il est universel. Ce prénom, ce diminutif évoque bien entendu un nom beaucoup plus difficile à porter : handicap. Andy est en fauteuil roulant. Il pèse 75 kg et mesure 2,70 m. En rotin, il peut être porté par une personne. Il symbolise aux côtés de ses nombreux cousins géants, l'intégration du handicap dans le monde moderne. Après cinq années de sorties dans de nombreuses manifestations, il a subi une rénovation. Il est sorti relooké à neuf, le 21 mars 2009, à Féchain. Depuis, il continue son travail d’ambassadeur du handicap.
« Au pays du couchant lointain » DVD, 15 € + 3,50 € de frais de port.
Contact : Association Les amis d'Andy 140 rue du 8 mai1945 59234 Fressain
Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir / Site : http://andy.geants.free.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1031 ■ 22/09/2011

 

  

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Au pays du couchant lointain

Le Sahara est la contrée du vide parfait, un non lieu par excellence. S'y rendre provoque une de ces angoisses que génère toute destination vers l'inconnu. S'y confronter, c'est dépasser les apparences et accepter de perdre tous ses repères. S’y retrouver, c’est ressentir sa propre fragilité et compter sur la solidarité, comme seul moyen de survivre. Mais, c’est aussi la possibilité de se chercher et peut-être de se trouver au travers de la rencontre avec l'autre. Une véritable épreuve initiatique autant physique que spirituelle bien décrite par ce court métrage réalisé par Jean-Pascal Blache et qui a obtenu, en 2010, le prix du public au 18ème festival du film d'action sociale de Nancy. L’occasion de comprendre un peu mieux le travail qui s’élabore, au quotidien, entre des jeunes et des adultes vivant côte à côte la même prise de risque et la même déstabilisation. Des jeunes en souffrance et une équipe en crise : tels étaient les ingrédients de départ. Le choix fut fait d’emmener tout le monde. dvd_au_pays_du_couchant_lointain2.jpgLa préparation dura un an. Les jeunes sont partis avec des fantasmes plein la tête, imaginant un pays où le shit se fume, à chaque coin de rue. Le séjour au Maroc ne s’est pas déroulé d’une manière idyllique et linéaire. Vol d’un mendiant handicapé, insultes, filles se battant devant les hôtes du groupe, incapacité à se montrer respectueux … certains incidents ont rempli de honte les accompagnateurs, d’avoir ainsi à exporter les traumatismes d’une jeunesse déboussolée. Mais, entre le moment du départ et celui de l'arrivée, quelque chose a changé, même si les résultats ne sont pas immédiatement visibles. C'est toute cette magie qui a poussé Thierry Trontin à multiplier les expériences de ces séjours qu’il nomme avec pertinence non de « rupture », mais de « suture », au point de créer une association destinée à les promouvoir : « Éducateurs voyageurs ».
« Au pays du couchant lointain » DVD, 15 € + 3,50 € de frais de port.
www.educateurs-voyageurs.org

LIEN SOCIAL ■ n°1026-1027 ■ 14/07/2011

 

  

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Faux clichés sur l’immigration

Que d’idées reçues sur l’immigration. « De plus en plus d’immigrés ». Le nombre d’étrangers est stable, depuis 20 ans (passant de 1975 à 2000, de 3 à 3,7 millions), soit 8 à 9% de la population, contre 12% au Royaume Uni (de 2,2 à 3,5 millions), 13% en Allemagne (2,2 à 4,7 millions) et 14% en Espagne. « La France, pays d’accueil des demandeurs d’asile ». En 2009, notre pays a accordé ce statut à 10.415 occasions, contre 12.055 pour l’Allemagne et 12.510 pour la Grande Bretagne. « Une intégration en panne sèche ». Oui, si l’on estime la capacité de notre pays à permettre l’accès à l’emploi ou au logement. Non, si l’on considère l’adoption massive de la langue française (68% des immigrés ont un bon ou un très bon niveau de français) ou le nombre de couples mixtes (40% des immigrés ont un conjoint français). « L’immigration provoque le chômage ». Le rapport mondial sur le développement de l’ONU conteste ce cliché, en expliquant que la main d’œuvre étrangère occupe surtout les emplois dont les nationaux ne veulent pas. « L’immigration tire les salaires, vers le bas ». Les rigidités salariales propres à la France rendent ces variations peu sensibles. « L’immigration aspire les allocations ». En 2005, la contribution nette globale de l’immigration, était positive de 3,9 milliards d’euros. Si cette population est sur représentée dans les dépenses sociales telles le chômage, le RMI ou les aides au logement (qui représentent respectivement 6%, 3% et 2% du budget social de la nation), elle est sous-représentée, car bien plus jeune, dans les dépenses de santé et de retraite (35% et 45 %). En cas d’immigration zéro, la France devrait trouver 5% de PIB supplémentaire pour combler ce que nous rapportent les immigrés. « L’immigration est néfaste à la croissance » L’ONU confirme au contraire qu’1% de population immigrée en plus, c’est 1% de PIB supplémentaire. Des faits à rappeler sans cesse. Ce que fait ce mois-ci Terraeco.
Terraeco n°26 Juin 2011, 4,90 €

LIEN SOCIAL ■ n°1022 ■ 16/06/2011

 

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L’annonce du handicap

Beaucoup d’émotion dans les témoignages de ces 6 familles et de ces 16 professionnels médicaux qui évoquent ce moment, à jamais gravé, de l’annonce faite aux parents du handicap de leur enfant. L’effondrement de tous les espoirs accumulés autour de ce bébé rêvé et idéalisé, produit un traumatisme à l’origine d’une véritable incapacité à penser. D’où l’intérêt de ce support pédagogique permettant de réfléchir aux modalités et aux conséquences de cette annonce. Il est tout particulièrement adapté aux intervenants qui ne reçoivent aucune formation préalable, en la matière. Ce DVD est accompagné d’un livret qui apporte des éléments de compréhension sur le parcours douloureux qui va du séisme subi à l’attachement accompli envers l’enfant, d’une sidérante catastrophe à un sentiment d’enrichissement. Mais, pour que le vacillement de l’annonce devienne aussi la matrice d’un nouveau départ, il faut passer par un certain nombre de mécanismes de défense : le déni d’abord, assez vite suivi par la colère, la révolte et l’agressivité envers le corps médical. Puis, vient le temps des idées de mort et de la culpabilité, prélude à une dépression qui va se traduire soit par un désir d’abandon, soit par une surprotection. Toutes ces étapes peuvent se succéder ou intervenir concomitamment. Aucun protocole ne peut les éviter, l’essentiel se situant dans le contact humain et empathique entre le praticien et la famille. S’il n’y a pas de bonnes façons de révéler le handicap, chacun faisant avec ce qu’il est, il en est de mauvaises : le faire dans l’urgence, entre deux portes, par téléphone, en présence de tiers étrangers non concernés… A tout cela, il est préférable d’adopter une annonce progressive effectuée en présence de l’enfant concerné et sans oublier la fratrie.
« L’annonce du handicap : un nouveau départ » DVD (26’), Olivier Raballand et Rémy Viville, 45 € (usage privé) ou 60 € (usage public), Livret (15 €) Éditions d’un monde à l’autre
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LIEN SOCIAL ■ n°1013 ■ 07/04/2011

 

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Visites médiatisées : mode d'emploi

Depuis la loi de 2007, les visites médiatisées se sont multipliées, symbole du souci tant de protection de l’enfance, que de soutien a la famille. L’enfant, lorsqu'il est confronté à une parentalité complexe, est soumis à un double risque. Il peut, tout d’abord, dénier ses propres angoisses, ce clivage pouvant engendrer une possible psychose. Il peut, à l’inverse, assimiler la violence qui l’entoure, en se persuadant qu’il en est l’auteur, processus qui peut l’amener à développer une dynamique perverse. Mais, la séparation totale d'avec ces parents pathologiques peut, tout autant, provoquer un oubli très angoissant et une culpabilité majeure. Les visites médiatisées doivent permettre un équilibre entre l'absence qui produit de l'idéalisation et une forte présence qui aboutit à la sidération. Elles favorisent chez l'enfant le deuil d'une parentalité, par prise de conscience de sa dimension par trop partielle ou vide. Toutes les équipes de protection de l'enfance ne disposant pas de professionnels spécialisés, dédiées à cette fonction, il faut veiller à faire intervenir, malgré tout, un binôme constitué d'un intervenant éducatif ou social et d'un psychologue dont le rôle est d'évaluer les mécanismes psychiques à l'œuvre chez l'enfant et de donner du sens aux modalités proposées. Le cadre, s'il n'est pas thérapeutique en lui-même, peut néanmoins garantir l'espace thérapeutique. C'est l'indivisibilité qui doit prévaloir : unité de lieu, stabilité des intervenants, respect du temps imparti. Quelles que soient les conditions établies, on est bien d'abord dans la clinique de l'enfant et non pas dans celle du parent. Ce qui importe, c'est que l'enfant n'affronte pas seul des relations justement à l'origine de sa mise sous protection.
« Les visites médiatisées : de la contrainte d'un cadre à l'opportunité d'une rencontre médiatisée » Un entretien avec Catherine Rigaud, pédopsychiatre DVD / Collection Parole donnée www.anthea.fr

LIEN SOCIAL ■ n°1012 ■ 31/03/2011

 

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Exposez au festival Handistar

Le festival Handistar est connu depuis plus 11 ans, pour l’opportunité qu’il offre aux artistes porteurs de handicap de présenter sur scène les représentations préparées tout au long de l’année, dans leurs ESAT, Foyers de vie, Service d’accueil de jour, Résidence etc … Ce que l’on sait moins, c’est que depuis quelques années déjà, ce festival est ouvert aux expositions et à la vente des productions réalisées au sein de ces mêmes établissements. En 2011, l’espace mis à disposition sous deux chapiteaux totalisera une surface de 170 m². Les exposants peuvent être présents, à leur convenance, sur une ou deux journées, les samedi 2 et dimanche 3 juillet. Elles sont nombreuses les équipes éducatives qui proposent à leurs résidents d’exercer leur créativité, en créant des broderies, de la couture, des objets en bois ou en vannerie, des bouteilles ou des tableaux en sable coloré, des peintures ou toute autre œuvre artistique. Mais trop souvent, tout ce travail reste au pire confidentiel et au mieux, il fait l’objet d’une présentation aux familles et aux autres résidents. Pourtant, les productions de tous ces ateliers d'activité créative et manuelle méritent largement d’être valorisées. Le sérieux, la volonté de produire de la qualité, ainsi que l’application mise en œuvre sont récompensés par des réalisations finales tout à fait méritoires. Et même si ce n’est pas forcément le choix de toutes les équipes, la reconnaissance de tout cet investissement peut passer par la satisfaction de voir son ouvrage acheté par un visiteur qui décide d’en faire l’acquisition, non par sympathie ou parce qu’il est proche des résidents qui l’ont produit, mais parce qu’il le trouve beau ou bien fait. C’est justement dans cet esprit que le festival Handistar offre un support d’exposition à ceux qui veulent bien venir.
Contact : Jean-Yves HERCOUËT ou Maryse GICQUELET Tél : 02.99.93.70.70 ou 76 06-30-05-56-22 Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ou : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

LIEN SOCIAL ■ n°1010 ■ 17/03/2011

 

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Une action citoyenne

Les valides n’en ont pas forcément conscience, mais se déplacer constitue parfois un véritable parcours du combattant pour une personne à mobilité réduite : escalier, perron surélevé, trottoir trop étroit ... On pense bien entendu aux fauteuils roulants. Mais bien d’autres sont aussi concernés depuis la personne âgée ayant besoin, pour avancer, de l’aide d’une canne ou tout simplement une maman avec sa voiture d’enfants… L’info sur l’accessibilité est souvent parcellaire, quand elle n’est pas totalement inexistante. C’est justement pour répondre à ce vide, qu’a été lancé en septembre 2006, le guide internet Jaccede.com. Il s’agit de constituer un catalogue des établissements pouvant accueillir des personnes à mobilité réduite, partout en France et à l’étranger. Tous les secteurs accueillant du public sont concernés : la restauration, la santé, l’hébergement, l’enseignement ou la formation, les commerces, les services, les centres de forme et de beauté, le loisir et la culture … Pour inscrire des lieux, il faut d’abord s’identifier. Ils sont près de 4300 à l’avoir fait : ce sont des personnes à mobilité réduite (à 41 %), leurs proches (15 %), mais aussi des citoyens engagés (26 %), des propriétaires d'établissement (17 %) ou des partenaires (1 %). Chaque lieu inscrit fait l'objet d'une note d'accessibilité (objective) et d'accueil (subjective) sur dix points. Le concept est donc simple : une personne en renseigne une autre, qui en renseigne une autre, qui complète les infos d'un autre, et ainsi de suite. Chacun peut ajouter ses commentaires et donner son avis, à tout moment, aussi bien sur l’accessibilité, que la qualité des services rendus, l’ambiance du lieu. Depuis 2007, l’association a lancé, à travers la France, une centaine d’opérations mobilisant des milliers de bénévoles cartographiant plus de 9 000 établissements, sensibilisant au passage près de 15 000 commerçants. Quand le pratique fusionne avec l’entraide et la solidarité.
www.jaccede.com

LIEN SOCIAL ■ n°1009 ■ 10/03/2011

 

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Grève à la Fondation d’Auteuil

20 des 28 éducateurs de la Maison Daniel Brottier de la Fondation d’Auteuil située à Bouguenais (44) ont fait grève du 28 janvier au 4 février. Le conflit s’est cristallisé autour du renfort demandé les dimanches soir. Le retour au sein de l’internat éducatif devait être sécurisé tant pour les personnels que pour les jeunes accueillis, affirmait la Direction. Rajouter aux dix week-ends de présence, d’autres fins de semaine ne font que perturber encore plus la vie de famille, répliquaient les grévistes. « Nous sommes motivés par notre travail, mais nous ne voulons pas que notre engagement professionnel se transforme en sacerdoce ». La proposition de recruter ces renforts parmi des étudiants éducateurs prêts à se faire un peu d’argent a été refusée par une Direction soucieuse de ne pas créer de l’emploi précaire. « Le travail précaire existe déjà » répliquent les grévistes, rappelant les deux contrats à durée déterminée d’éducateurs qui se prolongent depuis deux ans. La volonté d’étoffer notablement l’équipe des cadres laisse peu de marge pour renforcer les équipes de terrain, rajoutent-ils. Le conflit s’est terminé sur un accord de compensation financière. Mouvement social représentatif d’une pression toujours plus forte sur une profession confrontée à la nécessité de faire toujours plus, à moyens constants. Avec le sentiment diffus d’un manque de reconnaissance de l’investissement personnel que nécessite le travail accompli.

LIEN SOCIAL ■ n°1006 ■ 17/02/2011

 

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L’accouchement sous x menacé

La France partage avec le Luxembourg et l’Italie une curiosité légale : l’accouchement sous x. Cette procédure permet à une mère d’abandonner légalement son enfant après sa naissance, en laissant soit son identité ou en gardant l’anonymat. Deux évènements viennent de remettre en cause la légitimité de cette législation. Un rapport parlementaire d’abord, remis au premier ministre le 25 janvier 2011. Brigitte Barèges, députée UMP son rédacteur, propose de recueillir systématiquement l'identité ainsi que le dossier médical de la mère, de le faire conserver par le Conseil national pour l'accès aux origines personnelles. L'enfant, pourrait y avoir accès, une fois devenu majeur. Cette proposition signe de fait la suppression du principe même de l’accouchement sous x. Coïncidence étonnante, une décision judiciaire est intervenue le lendemain, invalidant la loi. Une jeune femme accouchant d’une petite fille, le 7 juin 2009, décide de garder l’anonymat. Les grands parents maternels revendiquent la garde de leur petite fille. Ils obtiennent de la justice une expertise sanguine comparée permettant d’attester avec certitude leurs liens biologiques. Cette preuve n’est pas, dans un premier temps, pris en compte par le Tribunal de grande instance d’Angers qui, dans sa décision du27 avril 2010, argumente que la rupture avec la famille d’origine est la conséquence de la naissance sous le sceau du secret. Coup de théâtre, le 26 janvier 2011 : la Cour d’appel d’Angers vient de retirer à la petite fille son statut de « pupille de l’État », et de décider de la confier à ses grands-parents. Elle s’appuie pour cela sur l’article 9 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui consacre le droit à connaître ses parents. On comptait près de 10.000 accouchements annuels sous x, avant la légalisation de l’avortement. En 2004, ce chiffre est tombé à 394.

LIEN SOCIAL ■ n°1005 ■ 10/02/2011

 

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Psychanalyse : bilan et perspective

On ne sait pas si la rédaction de Sciences Humaines a eu des difficultés à publier dans un même numéro, consacré à une psychanalyse sous le feu de la critique, des défenseurs de Freud et ses détracteurs. Mais, pour une fois, à défaut de dialoguer, ils se succèdent à quelques pages d’intervalle. Ainsi, trouve-t-on, un Daniel Widlöcher, ancien Président de l’Association psychanalytique internationale, expliciter la fertilité de la méthode mise au point par Freud concernant l’association d’idées qui, au cours de la cure, permet d’accéder aux opérations mentales inconscientes ; mais aussi un Alain De Mijolla, Président et fondateur de l’association internationale d’histoire de la psychanalyse qui décrit la percée tardive de la théorie freudienne en France, qui commença par séduire les gens de lettres et plus particulièrement les surréalistes, avant de faire la percée que l’on connaît dans les années 1960/1970. Guère convaincues Delphine Ouliette et Isabelle Arnulf, docteurs en neuroscience, qui, expériences scientifiques à l’appui, démontrent la sous-représentation massive de ces rêves étranges et irrationnels qui fondent l’hypothèse freudienne. De son côté, Mikkel Borch-Jacobsen, professeur de littérature comparée à Washington, reprend l’histoire des patients modèles présentés par Freud comme preuve de sa réussite thérapeutique et qui semblent en fait, pour la plupart, démontrer l’échec cuisant de la méthode sensée les faire aller mieux. Un point partout, balle au centre ? Fidèle à sa ligne éditoriale, la revue se refuse à s’enfermer dans une polémique concernant une discipline ignorée par 98% des publications mondiales consacrées à la psychologie. Elle préfère tenter de synthétiser cette approche aux autres théories, en y voyant plus un enrichissement complémentaire qu’en cherchant à savoir qui a raison et qui a tort.

Sciences Humaines, Les grands dossiers n°21 « Freud - Droit d’inventaire » Décembre 2010/Janvier-Frévrier 2011- 7,50 €

LIEN SOCIAL ■ n°2003 ■ 27/01/2011

 

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P.A.R.S.A.A.

En 2005, des informaticiens élaborent un logiciel d’analyse des activités d'accompagnement (éducatives, administratives, financières, loisirs, santé...), en étroite collaboration avec des professionnels du secteur du handicap (SAMSAH de Limoges et le Réseau d’Accompagnement à la Vie Sociale de la Corrèze). Totalement modulable et adaptable, ce programme est conçu pour être configuré à partir des besoins de chaque institution. Une innovation originale vient d’intervenir : la création d’une plateforme en ligne. Au lieu d’intégrer ce logiciel dans chacun des ordinateurs des utilisateurs, il suffit dorénavant de se connecter via le web. La Plateforme d’Analyse et de Recherche du Suivi d’Activité d’Accompagnement (PARSAA) préfigure sans doute l’avenir : adieu les kilos de rapports, de courriers, de comptes-rendus qui s’entassent dans les armoires. C’est une véritable dématérialisation qui est proposée de la gestion des dossiers, saisie des activités, stockage de documents, tableaux de bord et indicateurs, statistiques. Au-delà des gains de temps et d’espace, cet outil informatique facilite la coordination des intervenants et le recueil d’indices sur l’état d’avancement du projet de vie de la personne handicapée et favorise la décision au regard du bilan réalisé quant à la portée des choix effectués. Une recherche est engagée avec des laboratoires en sociologie et en sémantique, afin de rendre possible la consultation de ces informations, par les usagers eux-mêmes. Question protection des données, l’interface propose un espace privatif et l’information rendue accessible à tous respecte pleinement le droit et la vie privée (déclaration auprès de la CNIL). Voilà une petite entreprise installée aux portes de Tulle, à 200 mètres de la rivière la Corrèze qui ne mérite pas seulement un coup de chapeau, mais surtout une petite visite sur son site et pourquoi pas un premier contact …

Contact : www.parsaa.fr

LIEN SOCIAL n°1002 20/01/2011

 

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J’en crois pas mes yeux !

On connaît la réplique de Pierre Desproges, dans l’émission de Claude Villers « le tribunal des flagrants délires » sur France inter, alors que l’invité principal était Jean-Marie Le Pen : « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Jérôme Adam et Guillaume Buffet ont décidé de le démontrer, en proposant des petits sketchs d’1 mn 20, chacun. Partant de situations du quotidien qui placent les personnes porteuses de handicap et les valides en porte à faux, les unes par rapport aux autres, ils ont décidé de faire de l’humour un média fédérateur : et si un bon fou rire valait mieux qu'un long discours ? Douze épisodes sont prévus qui sont mis en ligne un par un, toutes les semaines, jusqu’au 23 décembre. Succès garanti : 20.000 visionneurs pour les trois premières vidéos. Deux acteurs se font face et dialoguent. Ce n’est pas celui qui est aveugle qui pose problème, mais celui qui est voyant : gêne du convive contraint de répéter sans cesse ce que propose la carte d’une pizzeria ; choix d’une vendeuse s’adressant non directement à la personne mal voyante, mais à son accompagnateur ; tendance à parler plus fort à un aveugle qui pourtant n’est pas sourd … C’est de nous, les bien portants dont on parle, de nos maladresses et de nos impairs, mais sur un mode totalement hilarant. Jérôme Adam, aveugle depuis l’âge de 15 ans, rapporte un incident déclencheur survenu dans le métro, alors qu’il demandait son chemin : « si vous aviez un chien guide, vous n’auriez pas besoin de moi », lui répond-on. Et d’éclater de rire : « que je sache, les chiens ne savent pas encore lire ». Le panneau « si tu prends ma place prends mon handicap » est important pour inciter à respecter la différence, continue Guillaume Buffet. Mais, à condition que justement chacun ne reste pas à sa place, mais aille à la rencontre l’un de l’autre. Et quoi de mieux que de rigoler ensemble pour mieux se retrouver. Excellent : surtout, à ne pas rater !

www.jencroispasmesyeux.com

LIEN SOCIAL n°997 09/12/2010

 

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Pourquoi pas un séjour de rupture en Mongolie ?

Le contexte particulier du voyage, l’attrait des jeunes pour d’autres espaces, l’aventure et l’« ailleurs », la rencontre interculturelle avec d’autres populations… les séjours de rupture proposent des outils éducatifs riches en maturation psychique et en transmission de valeurs sociales tels l’entraide et l’altruisme. L’agence de voyage alternative en Mongolie Manuul s’est spécialisée dans l’accompagnement de groupes de jeunes en difficulté. Elle propose, en étroite collaboration avec les équipes éducatives, de monter des voyages faits « sur mesure », pour qu’ils aient du sens pour les jeunes. Préparer un séjour à l’étranger est un projet de longue haleine auquel les groupes se préparent généralement pendant plusieurs mois. C’est une expérience d’engagement et de projection nécessitant une vraie implication pour ceux qui vivront cette aventure. La Mongolie, distante de 8.000 km, offre bien des opportunités : randonnées pédestres et/ou équestres dans les steppes, circuits en minibus 4x4, séjours itinérants « de yourte en yourte » ou en bivouac, vie nomade chez l’habitant, sous la yourte, avec participation aux tâches quotidiennes, visites de sites culturels et naturels (Kharkhorin, ancienne capitale de l’Empire Mongol et son monastère bouddhiste Erdene-Zuu, réserve naturelle de Khustain Nuruu et observation des chevaux sauvages de Prjewalski, vallée de l’Orkhon patrimoine mondial de l’humanité, chutes d’eau et sources d’eau chaude etc.), rencontre avec de jeunes Mongols et partage d’un projet culturel, artistique, sportif, humanitaire avec eux, participation à un projet de développement (aide dans un potager solidaire, acheminement de matériel éducatif, nettoyage de sites pollués par les déchets…) ou tout autre projet à l’initiative du groupe de jeunes… Mathilde Théry, éducatrice spécialisée et coordinatrice du programme éducatif de Manuul vivant sur place, assure l’accompagnement des projets.

Contact : www.manuul.com

LIEN SOCIAL n°995 25/11/2010

 

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Quand la maison s’adapte au handicap

L’IUT de Blagnac (31) possède un département « 2A2M ». Derrière ce sigle énigmatique, se cache un intitulé intéressant toute personne sensibilisée au handicap : Aide et Assistance pour le Monitoring et le Maintien à domicile. Cet établissement a lancé, en 2008, cette formation pour l’instant unique en France, sanctionnée par un DUT. Ce cursus est le fruit de la collaboration entre des universitaires, des industriels, des centres hospitaliers et des services d'aides à la personne. Il combine des savoirs technologiques (informatique, électronique, systèmes embarqués, télécoms) et des connaissances en sciences humaines (étude des comportements humains, psychologie, sociologie). Développer et expérimenter des systèmes d'aide et d'assistance permettant la prise en charge à distance de personnes dépendantes, malades, âgées ou handicapés, telle est l’ambition affichée. Imaginez : ne plus avoir, quand on est en fauteuil roulant, à se hausser à la hauteur des équipements : le tableau de commande électrique descend, grâce à des vérins, donnant ainsi la possibilité de commander l’ouverture de volets, d’allumer le chauffage et la télévision, d’abaisser le lavabo de la salle de bain ou le lit de la chambre. Le matelas du lit détecte la personne couchée qui se lève, ouvrant la porte automatiquement et déclenchant un cheminement lumineux au sol, jusqu'aux toilettes. Pour les personnes atteintes de malvoyance, une voix de synthèse informe que la porte est ouverte ou que l’électricité est branchée. La sécurité n’est pas oubliée : un appareil porté par la personne donne l’alerte aux pompiers, si elle n'est plus en position verticale, signe qu’elle a peut-être fait une chute. Utiliser la domotique et la robotique pour rendre nos maisons intelligentes : de quoi mettre la technique au service de l’accessibilité. La première promotion forte de 24 élèves est sortie en juin 2010 : une nouvelle génération de techniciens conseils au service du handicap.

LIEN SOCIAL n°994 18/11/2010

 

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Comment se situe votre chef lieu ?

A la mi-échéance du délai de 10 ans, donné par la loi sur le handicap du 11 février 2005, pour rendre accessibles tous les établissements et transports publics recevant du public, l’Association des Paralysés de France (APF) vient de créer un baromètre des 96 chefs lieux départementaux. Trois critères ont été retenus. Tout d’abord, un cadre de vie adapté : si l’on peut noter l’amélioration des bureaux de poste principaux, des cinémas et des piscines, trouver une pharmacie, ou une boulangerie, tout autant qu’un cabinet médical accessible dans son propre quartier est encore quasiment impossible. Second critère choisi : les équipements  municipaux et les transports : si 86 % des théâtres municipaux et 85 % des stades ont été aménagés, 60 % des villes interrogées n’ont aucune ligne de bus accessible entièrement. Enfin, la politique municipale volontariste : si 97 % des municipalités concernées ont respecté l’obligation légale de créer une commission pour l’accessibilité, 75 % d’entre elles n’ont organisé aucune réunion de cette instance depuis septembre 2008 ! Première ville du classement : Nantes avec une note globale de 16,8/20. Dernière de la liste : Bastia avec 1,9/20.  Mais, plus que d’une stigmatisation des mauvais élèves, il s’agit ici de valoriser les bonnes pratiques. Certes, le manque d’incitation de l’État laisse les acteurs de terrain dans des difficultés inextricables pour les plus volontaristes et justifie l’inertie des plus récalcitrants. Mais aucun aspect budgétaire, pas plus que la crise financière (qui n’existait pas lors de l’adoption de la loi), ou les incertitudes qui pèsent sur les collectivités territoriales ne peuvent justifier le retard pris dans la mise en accessibilité de la France. Cinq années se sont écoulées depuis l’adoption de la loi, cinq années qui auraient dû permettre l’appropriation de ce chantier et l’élaboration d’un programme pluriannuel.

Dossier consultable sur internet : http://www.apf.asso.fr/operations

LIEN SOCIAL n°961 18/02/2010

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Six points pour brailler plus fort !

1993 : un instituteur spécialisé d’un centre de rééducation pour déficient visuel crée un album tactile illustré par des textures et produit. Le succès obtenu par cette expérimentation convainc un groupe de professionnels et quatre couples de parents d’enfants concernés d’aller plus loin. 1994 : ils créent l’association Les Doigts Qui Rêvent destinée à concevoir et produire ces livres. Quinze ans après, cette maison d’édition l’association propose une quarantaine de produits, en refusant tout mercantilisme. Chacun des albums nécessite en moyenne 3 heures de travail artisanal, avec 2 écritures et des matières variées. Ils sont tirés à 300 exemplaires, mais peuvent être réédités à partir de 50 commandes. Leur fabrication est réalisée par un chantier d’insertion et un réseau de bénévoles réparti sur tout le territoire national. 2009 : Pour commémorer le bicentenaire de Louis Braille, publication d’un cd-rom : « Du bout des doigts » ...parce qu'il y a d'autres façons de voir, de lire. Disponible en français, mais aussi en anglais et en espagnol, ce support s’adresse au public peu familier de ce qu’est la mal- ou la non voyance. Il peut aider à l’intégration d’un enfant déficient visuel ou tout simplement ouvrir les valides sur la différence. Ce CD-rom est adapté à cinq groupes d’âge différents : 3-5 ans, 5-8 ans, 8-11 ans, 11-13 ans et adulte. Le contenu est à la fois médical (présentation réaliste de ce que produit sur la vue un glaucome, une rétine décollée ou une névrite optique), historique (récit de la mise au point de l’alphabet braille par Louis Braille), ludique (différents jeux permettent de se familiariser avec cet alphabet), informatif (présentation des techniques et objets utilisés par les mal voyants pour se repérer et vivre au quotidien : comment lire l'heure, reconnaître ses habits, faire ses courses...?).

« Du bout des doigts » éditions Les doigts qui rêvent, 2009, 15 €

http://www.ldqr.com/site2008/9_nous_contacter.html

LIEN SOCIAL n°964 11/03/2010

 

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Les associations, premières victimes ?

Avec 1,1 million d’associations actives, un budget total de 60 milliards d’euros et 1,6 millions de salariés employés par 180.000 d’entre elles, le monde associatif est un secteur économique à part entière, qui plus est en première ligne auprès des publics et territoires fragilisés. Pourtant, la réforme de l’action publique le menace directement. Les récentes décisions budgétaires de l’automne comme le projet de loi de finances pour 2009 mettent gravement en péril leur financement les obligeant par là même à licencier. Dans le même temps, l’Etat demande au monde associatif de contribuer à l’embauche de 100.000 contrats aidés en 2009. Avec le recours aux appels d’offres en lieu et place des activités jusque là conventionnées, les pouvoirs publics, Etat et collectivités, organisent une mise en concurrence systématique des opérateurs commerciaux avec les associations. A terme, c’est la fin de l’innovation sociale portée par les associations et la disparition, avérée, des bénévoles mobilisés sur les projets collectifs. Face à ces menaces la Conférence Permanente des Coordinations Associatives en appelle à un nouveau partenariat entre le public et le privé non lucratif. Elle demande plusieurs mesures immédiates : le vote d’amendements au projet de loi de finances 2009, un moratoire sur les appels d’offre en attendant une remise à plat des relations contractuelles et une concertation nationale et territoriale sur l’emploi dans les associations.

Jacques Trémintin – Non paru  ■ juin 2009

 

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Où va l’argent de la journée de solidarité ?

Eté 2003, la canicule entraîne la mort de 15.000 personnes. Le gouvernement de Jean-Pierre Rafarin fait instaurer par la loi du 30 juin 2004 une journée de solidarité fixée initialement au lundi de Pentecôte, traditionnellement férié et chômé, dorénavant travaillée, les entreprises devant reverser la valeur d'une journée de salaire brut, sans charge à l'État pour chacun de leurs salariés. Depuis, les partenaires sociaux peuvent décider des modalités de versement de cette journée de salaire (une heure supplémentaire de travail par jour pendant une semaine, une journée de RTT, etc …). La mesure rapporta 1,95 milliard d'euros en 2005, … et 2,29 milliards d'euros en 2008. Mesure très contestée syndicalement, mais somme non négligeable qui pouvait apporter une amélioration du faible taux d’encadrement des maisons de retraite : les établissements les mieux lotis actuellement affichent un ratio de 0,6 personnel pour un résident, soit une aide-soignante pour 12 personnes âgées et 15 minutes par toilette. A l’occasion du salon Geront Expo Handicap qui se tenait porte de Versailles à Paris du 26 au 28 mai. Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, également membre titulaire du Conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), chargée de gérer les fonds issus de la journée de solidarité, a dénoncé « un détournement des crédits de la journée de solidarité. » Il estime que « plus de 1,2 milliard d’euros, soit l’équivalent de 50 000 emplois, provenant du jour férié supprimé, n’ont pas été dépensés comme prévu (…) Plus de 500 millions d’euros ont été consacrés à la construction de structures alors qu’ils devaient permettre le recrutement de salariés, et plus de 700 millions ont servi à diminuer l’engagement de l’Etat et de l’assurance-maladie dans le secteur, au lieu d’améliorer les conditions de vie des personnes âgées vivant en établissement ou à domicile ».

LIEN SOCIAL ■ n°932 ■ 11/06/2009

 

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Recul de la peine de mort

Mauvaise nouvelle : selon Amnesty International, 2.390 personnes ont été exécutées au cours de l’année 2008 par décapitations, électrocutions, pendaisons, injections létales, lapidations … Bonne nouvelle : le nombre de pays où la peine de mort est appliquée se réduit d’année en année comme peau de chagrin. Seuls 25 des 59 pays qui maintiennent cette sanction ultime l’ont appliquée l'année dernière. La Chine (3/4 à elle toute seule), l’Iran, l’Arabie saoudite, le Pakistan et les Etats-Unis sont responsables de 93% de ces exécutions. En Europe, seule la Biélorussie continue à exécuter  d’une balle dans la nuque. Aux USA, 37 personnes ont encore été exécutées en 2008 (contre 71, en 2002). Mais, le 19 mars dernier, le gouverneur du Nouveau Mexique a signé la loi abolissant la peine de mort (15ème à le faire). Le Conseil de l'Europe a félicité le gouverneur Richardson et a fortement encouragé les autres Etats en discussion à suivre cet exemple : Kansas, Colorado, Montana, New Hampshire. Autre manière de détourner une classe politique hésitante : le Nebraska a rejeté l'injection létale, comme méthode d'exécution. La peine de mort y existe toujours, mais ne peut y être appliquée tant qu'une méthode n’aura pas été approuvée. L’Iran qui a procédé à la pendaison de quatre mineurs (sur 346 exécutions) pourrait, quant à elle, renoncer à appliquer cette peine aux moins de 18 ans. Rien n’est encore gagné. Mais, la cause abolitionniste progresse, année après année.

Non paru  ■ mai 2009

 

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Vérité en deçà de l’Atlantique ?

« Nous produisons des jeunes gens dangereux, en les enfermant », affirme l’un. « Notre société ne veut pas s'occuper de ces jeunes, alors on les laisse entre les mains du système judiciaire dont ce n'est pas le rôle » confirme l’autre. Il ne s’agit pas là d’un commentaire sur l’application des peines planchers aux mineurs. Nous sommes aux USA : le premier commentateur est un criminologiste : David Altschuler. Le second est professeur de droit : Peter Edelman. Les Etats-Unis sont devenus en quelques années les champions de l’Etat carcéral : 93.000 des 31 millions jeunes âgés de 15 à 18 ans y sont incarcérés, contre (au 1/1/9) 675 en France sur les près de 3,15 millions de jeunes du même âge. Soit 3 pour mille contre 0,21 pour mille ! Conscients que l'incarcération plonge les jeunes dans le « cercle vicieux » de la délinquance, des acteurs de la justice des mineurs, des associations, des éducateurs, des avocats, des juristes viennent de lancer un appel à  Barack Obama pour privilégier les alternatives à la prison. Un projet de loi vient d’être déposé par quatre sénateurs, dont un républicain visant à « augmenter les subventions fédérales pour la prévention, les programmes d'aides et de traitements ». Amorce-t-on de l’autre côté de l’Atlantique un virage dans le traitement répressif de la délinquance juvénile ? Il est trop tôt pour le dire. Le Président Sarkozy très attentif à l’exemple américain serait bien inspiré d’en tirer des enseignements. 

Non paru  ■ avril 2009

 

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Le choc des images

L’UNICEF n’est pas restée inerte face aux propositions de réforme de la justice des mineurs. « Nous souhaitons attirer l'attention sur un problème qui nous paraît important, à savoir le regard que porte la société française sur ses enfants et ses adolescents » explique Jacques Hintzy, son président. L’organisation internationale a réalisé toute une série de vidéos courtes et percutantes interrogeant tour à tour Dominique Versini, défenseure des enfants, Jean-Claude Guillebaud essayiste, Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants, Xavier Emmanuelli ancien ministre, Boris Cyrulnik psychiatre, Pierre Gilbert prêtre éducateur, André Varinard président de la commission chargée de la révision de l’ordonnance de 1945… Cette production vient de s’enrichir d’un clip de 45 secondes. Travelling latéral sur un groupe d’hommes adossés à un fond blanc à rayures noires, comme lors d’une identification d’un suspect dans un commissariat. L’ambiance est au polard. Une voix off présente d’abord « Jacques, 45 ans, vingt ans de réclusion pour viol aggravé ». Puis c’est au tour de « Rajiv, 32 ans, 18 mois ferme pour braquage à main armé ».  Et, enfin « Daniel, 25 ans, cinq ans de réclusion pour enlèvement et séquestration ». La caméra plonge vers le bas et zoome un enfant. Le commentaire reprend : « Antoine, 13 ans. Quel que soit son crime, un enfant ne doit jamais être traité comme un adulte. Un enfant délinquant, c'est d'abord un enfant en danger. La justice doit le protéger».

Non paru  ■ mars 2009

 

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Un électricien branché handicap

Le 25 février dernier, EDF a passé un accord d’entreprise, avec les organisations syndicales sur l’intégration professionnelle des personnes handicapées, pour la période 2009-2012. Le dispositif déjà en place est renforcé : aménagement des postes et locaux de travail, attention portée à la facilitation de la mobilité, de la formation, nouveaux outils en matière de parcours professionnel, aides individuelles aux salariés handicapés. La compagnie d’électricité s’engage à recruter des salariés handicapés, à hauteur de 4 % de ses recrutements, en moyenne annuelle (avec un minimum de 60 par an), ainsi qu’au moins 25 apprentis. Près de 6 millions d’euros de prestations et de fournitures seront commandés chaque année aux entreprises des secteurs protégé et adapté. Sans compter l’orientation de la recherche du groupe vers l’amélioration de leur vie quotidienne (domotique, systèmes électriques d’aide à la propulsion des fauteuils roulants manuels, logiciel de simulation pour tester l’accessibilité d’un bâtiment…). Un accord d’entreprise exemplaire qu’on attend avec impatience de voir imité par les autres groupes industriels de notre pays. Rappelons, néanmoins, qu’avec 2.300 collaborateurs en situation de handicap sur 105.322 salariés travaillant en France, on n’arrive pas aux 6% fixés par la loi, mais à … 2,18 %. Bravo donc à EDF dont l’effort tente de combler un retard … qui reste encore important : plus de 4.000 salariés handicapés manquant à l’appel !

LIEN SOCIAL ■  n°919  ■  05/03/2009

 

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Ouvert aux skieurs handicapés

La loi de 2005 qui donne dix ans aux équipements publics pour se rendre accessibles aux handicaps, nécessite une volonté politique pour s’appliquer. La commune de La Pierre Saint Martin, dans les Pyrénnées, a démontré que lorsque l’on veut, on peut. Sous l’impulsion de Fred Viard, président de l'association « La Pierre Handiski Pyrénées » et directeur adjoint de l'École du ski français, cette station de ski béarnaise propose aux personnes handicapées de pratiquer les sports de glisse comme les valides. Pour que cela puisse se réaliser, elle a commencé par mettre à disposition le matériel adéquat : que ce soit des « tandem-skis » (c'est le moniteur qui pilote), des « uniskis » (pour les pratiquants autonomes) ou des « duelski » (siège-baquet sur un ou deux skis). La station vient d’inaugurer le 1er février dernier un tapis remonte-pente. Pour autant, l’accompagnement humain n’a pas été oublié : 8 monitrices et moniteurs spécialisés handisport, dix initiateurs de la Fédération française handisport, bénévoles, bons skieurs, sans oublier un personnel de pistes sensibilisé et formé. Le tout à des tarifs de locations et de cours identiques à ceux des valides. Le site, déjà labellisé par Tourisme et handicap pour l’accueil de personnes handicapées moteurs, mentaux et visuels, attend son quatrième label. L’initiation de deux moniteurs à la langue des signes et l’achat de  deux casques pour les malentendants pourraient le permettre. Une initiative qui devrait être banale. Ce n’est malheureusement pas le cas. De quoi placer La Pierre Saint Martin au tableau d’honneur.

LIEN SOCIAL ■ n°917 ■ 19/02/2009

 

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Quand on veut, on peut !

Du 17 au 23 novembre se tiendra la 12ème semaine pour l’emploi des personnes handicapées. L’occasion de vérifier la concrétisation de l’obligation faite aux entreprises de plus de vingt salariés de recruter un minimum de 6 % de travailleurs handicapés. Sur les 100.000 entreprises soumises à cette contrainte, 50.000 atteignent ce seuil et 27.000 y satisfont partiellement. Elles sont encore 23.000 à refuser totalement cette obligation. Résultat : selon le ministère du travail, 28% des personnes souffrant de handicap sont sans emploi. De nombreuses raisons peuvent expliquer ce faible taux de respect de la loi. Préjugés et idées reçues sont parmi les premières : « quand on leur explique que seuls 2% des handicapés sont en fauteuil, que 85% des handicaps sont acquis au cours de la vie, ou qu'à peine 10% des recrutements de personnes handicapées nécessitent un aménagement de poste, on lève des freins, ensuite on peut parler de compétences » commente Hélène Orpin de TH Recrut situé à Roubaix. Pourtant, certaines entreprises affichent la volonté de remplir leurs obligations. Ainsi, la chaîne de magasins Monoprix qui, entre 2005 et 2008, a recruté 300 travailleurs handicapés. L’enseigne compte porter, d’ici à 2010, son taux actuel de 4,2% aux 6% règlementaires, grâce à un accord d’entreprise proposé à l’ensemble des syndicats. Un membre du personnel sera formé comme relais local dans chacun des 300 points de vente, pour faire sauter les blocages et pérenniser les bonnes pratiques.

Non paru  ■ décembre 2008

 

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Annuaire 2008 des séjours de rupture

En novembre 2004, Béatrice Duthieuw et Olivier Cailleau, travailleurs sociaux de l’association de séjours de rupture « Authentique Azimut » située à Leers (59) ont fondé avec Bruno Vair Piova, président du lieu de vie « Le Cerceau » en Ariège le R.A.S.D.R.A.M.N (Réseau des Acteurs de Séjours de Rupture et Activités en Milieu Naturel), regroupant des lieux de vie et autres structures d'accueil. Ce réseau se fixe pour objectif de promouvoir cet accompagnement éducatif particulier, de mutualiser les différentes pratiques mises en œuvre autour d'une éthique de travail et de professionnalisme, mais aussi d’accompagner les structures souhaitant réaliser ce type de projets. Produit de plusieurs années de collecte et de classement des dispositifs existants, un annuaire 2008 vient d’être publié qui regroupe les coordonnées de vingt cinq d’entre eux. Une fiche synthétique permet d’identifier pour chacun les coordonnées précises, le statut et les autorisations à jour, le public accueilli, son âge et ses problématiques, le type de séjour, la composition de l’équipe, les finalités et moyens mis en œuvre, les destinations et nombre de participants, le prix de journée… Un outil précieux pour tous les professionnels à la recherche de lieux d’accueil offrant une possibilité de prise de distance.

A commander à : « Authentique Azimut » 72 rue de Néchin 59115 Leers. (20 € + 5 € de port)

Tel : 02.20.75.68.98 / 06.11.36.69.71

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LIEN SOCIAL ■ n°903 ■ 30/10/2008

 

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Une justice négligée

Cocorico : si l’on compare en Europe le budget de la justice rapportée à la richesse nationale par habitant, la France se situe au 35e rang (0,19 % du Produit intérieur brut), loin derrière l'Arménie, la Moldavie ou la Roumanie. Nous remportons aussi la 35e place pour le nombre de juges par habitant et la 39e pour les effectifs de personnels de justice. Notre pays dépense deux fois moins d'argent par habitant à sa justice que l'Allemagne et un tiers de moins que l'Italie. En matière de justice civile, la situation ne vaut guère mieux : une procédure de divorce conflictuel en première instance nécessite 477 jours  contre 25 jours aux Pays-Bas ou 39 en Lituanie. Le verdict du rapport que vient de publier la Commission européenne pour l'efficacité de la justice est accablant : « la justice française souffre d'un manque criant de moyens pour pouvoir mener ses missions dans des conditions satisfaisantes. » commente l'Union syndicale des magistrats. Si en 2006, le taux de classement sans suite en France a été de 70,21%, contre 26,33% en Allemagne, on ne peut éviter d’évoquer l’inflation législative (plus de 60 lois ou décrets touchant aux problèmes de sécurité adoptés depuis 2002) qui encombre et bloque la machine judiciaire. Solution trouvée par le gouvernement ? Supprimer des postes et fermer des tribunaux ! Heureusement qu’il n’y a que 47 Etats classés par la commission européenne : encore un petit effort et l’on pourrait postuler pour la cinquantième place.

LIEN SOCIAL ■  n°902  ■  23/10/2008

 

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Quelle priorité ?

Les établissements pénitentiaires pour mineurs ne sont pas les seuls à être confrontés à des situations de violence. Le secteur de la psychiatrie souffre aussi d’un manque criant de moyens. Lundi 29 septembre, le personnel de l’hôpital psychiatrique de la Conception a déclenché une grève illimitée, n’acceptant que sur réquisition d’assurer un service minimum. La raison du malaise ? L’annonce du projet de retour d’un patient actuellement hospitalisé à l’unité pour malades difficiles de Monfavet, près d’Avignon. Fort de ses 140 kg et de ses 2,04 mètres de hauteur, ce colosse fait régner la terreur, partout où il passe : « ce patient ne supporte aucune frustration : il avait arraché un lit scellé au sol et démonté le plafond, pour utiliser les fils électriques comma arme. Faute de personnel suffisant, on avait dû l’attacher 18 heures sur 24. Qui peut admettre une telle horreur ? » affirme Gérard Avena, délégué syndical Sud Santé. A l’image des USA qui viennent d’injecter 700 milliard de $ de liquidités dans le système financier, la France, est, elle aussi, bonne mère pour sa finance. Vous avez aimé les 8 milliards d’Euros permettant en 1994 de sauver le Crédit Lyonnais ? Vous allez adorer les 3 milliards d’Euros accordés sans barguigner par Nicolas Sarkozy. Pour financer le coût du RSA équivalent à ce montant ? Il y a plus urgent : « il faut soutenir nos banques » a-t-il affirmé. Juste une question : combien ça coûte le renforcement des équipes psychiatriques ?

LIEN SOCIAL ■  n°901  ■  16/10/2008

 

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Deux poids, deux mesures ?

Il existait déjà un code de l’éducation. Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale a chargé Laurent Huet, substitut du procureur, de rédiger un code des règles de vie scolaire, ou « code de la paix scolaire ». Ce règlement, applicable dès le 1er janvier 2009, instaurera le même régime de sanction dans tous les établissements français. Il concernera les élèves s’étant rendus coupables de dégradations, de violences ou d'insultes à l'égard d'un professeur ou d'un surveillant. Les procédures disciplinaires devront être plus rapides et plus souples que les actuels conseils de discipline. L’exclusion devra tendre à être abandonnée au profit de travaux d'intérêt collectif à l'intérieur de l'établissement. En cas de dégâts matériels, la responsabilité civile des parents sera systématiquement engagée. Il s’agit là finalement d’harmoniser et d’officialiser ce qui existe déjà dans de nombreux établissements. On peut toutefois s’étonner de la stigmatisation des seuls élèves dans le maintien de la paix scolaire. A quand un code établissant de façon réciproque les droits et les devoirs de chacun dans la communauté que forme l’école ? Car, si la plupart des élèves et enseignants se montrent respectueux du cadre du vivre ensemble, on ne peut réprimer les transgressions des seuls enfants. Il eût été pertinent de rappeler qu’un professeur n’a  le droit ni d’humilier, ni d’insulter, ni de frapper un élève et de prévoir en conséquence des sanctions à leur égard, en cas d'infraction. « La Fédération des autonomes de solidarité, qui assure les personnels de l’Education, a recensé, pour 2006-2007, 57 dossiers de profs accusés d’avoir frappé des élèves, sur 1 760 dossiers d’agressions, insultes, menaces de profs, de chefs d’établissement et d’élèves. » notait Libération (1/2/2008). Même si la disproportion est flagrante (mais les élèves portent-ils autant plainte quand ils sont frappés que les enseignants ?), l’école en se dotant d’un tel règlement ne respecte toujours pas le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Mais peut-être Xavier Darcos compensera-t-il cette injustice en faisant distribuer des médailles aux élèves ayant un bon comportement ?

LIEN SOCIAL ■  n°899  ■  09/10/2008

 

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Incidents à l’EPM d’Orvault

L'Etablissement pénitentiaire pour Mineurs ouvert à Orvault au mois de février 2008 n’aura pas attendu longtemps pour faire parler de lui. En neuf mois, les agressions verbales et physiques se sont multipliées contre les personnels tant éducatifs que pénitentiaires. Nombre d’entre eux épuisés et découragés, réagissent par des arrêts maladie ou des menaces de démission. Lundi 22 septembre, pendant le dîner, un mineur armé d’une fourchette a tenté d’en agresser un autre. Un surveillant a voulu s’interposer. Tour à tour, trois procédures d’alerte ont été enclenchées : aucune n’a fonctionné. Les adultes présents se sont trouvés seuls à devoir gérer la situation. Le jeudi suivant, 20 éducateurs (sur 24 au total) ont fait valoir leur droit de retrait pour une durée de 24 h, les 29 mineurs incarcérés restant pris en charge par les surveillants pénitentiaires, qui ne peuvent exercer le même droit. Les EPM peuvent aller jusqu’à 60 détenus. On imagine l’ambiance explosive avec une montée potentielle en charge du nombre de mineurs détenus. L’idée consistant à proposer des activités scolaires ou éducatives, dans le confinement semble trouver là ses limites. « Depuis l’ouverture du premier EPM début 2007 de nombreux incidents violents se sont multipliés dans ces établissements entraînant des opérations de maintien de l’ordre, des mesures d’isolement pour les jeunes et des consignes de silence en direction des personnels. Ce climat de violence est accentué par la prégnance des activités intensives et obligatoires. Les mouvements de rébellion qui éclatent dans les EPM, focalisent les personnels sur les moyens disciplinaires pour soumettre les mineurs. Alors, la souffrance des adolescents, renforcée par l’enfermement, ne peut être entendue. » affirme le syndicat SNPES dans une pétition qu’il fait circuler. Les incidents d’Orvault pourraient bien leur donner raison. 

LIEN SOCIAL ■  n°900  ■  02/10/2008

 

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La prévention plutôt que la répression

Un peu partout dans le pays, les associations prennent positions contre le projet de loi Sarkozy. « Enfance et famille » de Saint Nazaire organisait récemment une conférence de presse à ce sujet. Donnant en exemple le projet de réforme de la protection de l’enfance mené à bien par Philippe Bas, Claude Aufort, Directeur général évoquera les conditions pour faire avancer intelligemment les questions de l’enfance et de la jeunesse en difficulté : modestie des ambitions, recherche de consensus, consultation des acteurs de terrain… Tout le contraire du projet du ministre de l’intérieur. Ce texte surfe sur une vague particulièrement malsaine. « Tout discours sur l’éducation des enfants doit faire une concession à la dimension de la sanction sous peine d’être catalogué comme laxiste » Et d’évoquer la difficulté à faire entendre la pertinence de la prévention quand un passager est brûlé vif à Marseille. Pourtant, l’action au quotidien auprès des familles porte ses fruits : « 75% des jeunes qui en bénéficient ne passent plus à l’acte. » Mais pour cela, il faut des moyens. Or, tous les budgets sont phagocytés par la priorité donnée au répressif. Le ministère de la justice consacre des sommes très importantes aux centre éducatifs fermés et dans le même temps refuse de plus en plus de prendre en charge les jeunes au-delà de 18 ans. « Comme si, à la majorité, on devait forcément avoir obtenu un logement et des revenus nécessaires pour vivre. » Le gouvernement n’est pas unanime sur ce texte. De nombreuses fédérations d’associations se sont engagées dans un travail de pression pour essayer d’obtenir des parlementaires et notamment « du sénat qui dans le passé a eu l’occasion de faire d’excellentes propositions sur la prévention de la délinquance » des amendements. « Notre jeunesse n’est pas un danger pour notre pays » conclura-t-il, en dénonçant la tentation populiste consistant à désigner à la vindicte populaire une fraction de la population.

Non paru  ■ septembre 2006

 

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Vive le CPE !

Je trouve que l’opinion publique est bien injuste avec Monsieur Villepin. Gildas, malgré des capacités certaines, s’est toujours montré des plus apathique à l’école, puis au collège où il semblait jusque là s’ennuyer profondément. Et puis, voilà que depuis huit jours il s’est réveillé. Lui, qui semblait se désintéresser totalement de l’instruction civique, il est devenu incollable sur le CPE. Son exposé sur la remise en cause du code du travail frisait l’excellence. Lui, que le débat politique gavait hier encore, s’est mis à écouter avec intérêt les émissions spéciales à la télévision. Lui, qui était bien plus habitué à graffiter les murs de la ville, m’a montré fièrement les panneaux amoureusement calligraphiés qu’il a préparés pour la prochaine manif ! Lui, qui n’aurait jamais supporté d’arriver cinq minutes en avance au collège, a décidé de se lever ce vendredi à 7h15 (alors qu’il ne commence ce jour-là qu’à 9h00) pour aller avec quelques copains cadenasser les grilles du collège. Seul petit problème, Guillaume devait aller récupérer la convention de stage dans le bureau de la principale (il fait un essai d'une semaine chez un artisan qui doit le prendre en apprentissage). Il n'a quand même pas osé franchir le barrage qu'il contribuait lui-même à animer. Il a appris ce qu’était la solidarité. Pour avoir réussi en quelques jours ce que moi, modeste éducateur, n’ai pas obtenu en trois ans,  je voulais rendre hommage ici à monsieur de Villepin : il a permis à Gildas et à des dizaines de milliers de ses pairs de devenir des citoyens conscients de leurs intérêts et assidus au collège !

Non paru  ■ avril 2006

 

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Les pays où les enfants sont rois ?

Aux royaumes de Suède, de Norvège et du Danemark, les enfants sont-ils les rois ? Ou au contraire, sont-ils les enfants les plus respectés au monde ? S’ils sont élevés dans un environnement ludique, ils sont pour autant très pris au sérieux. Leurs droits sont fort étendus au regard de nos pratiques latines. Ainsi, les députés danois viennent-ils d’imiter -20 ans après- leurs collègues suédois et norvégiens en votant une loi « anti-claque ». Que le parent moyen se rassure : la baffe qu’il donne à son chérubin ne risque pas de le mener en prison. Son interdiction marque seulement la réprobation générale qui entoure l’utilisation de la violence dans la pratique éducative. Dialogue et négociation sont de mises. La sanction n’est pas exclue, mais elle ne peut prendre la forme du moindre coup. « Frapper un enfant revient à lui enseigner un mode de comportement violent qu’il reproduira à l’école » explique un père de famille, par ailleurs Directeur de la Maternelle de Stockholm. D’où vient cette sensibilité particulière à l’enfant ? On évoque la crise de la natalité des années 70-80 qui lui donne un caractère précieux et irremplaçable parce que rare. On parle aussi de ces longs hivers contraignant les familles à cohabiter en harmonie dans des espaces limités ... En tout cas, c’est là une tradition à présent bien ancrée qui se manifeste par ailleurs aussi sous la forme de la réglementation de la vente des armes ... en plastique ou de jouets pouvant évoquer une guerre postérieure à 1914 !

Non paru  ■ nov. 2003

 

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Vive la baisse des impôts !

La baisse des impôts constitue un argument électoral de plus en plus partagé sur l’échiquier politique, en France comme à l’étranger. Seule ombre au tableau : le soulagement donné en  matière de prélèvements tant pour les entreprises que pour les ménages ne peut s’accompagner que d’une régression sociale. A preuve, ce qui se passe aux USA. Le Congrès américain vient d’accorder au Président Bush la moitié des réductions d’impôts qu’il demandait. Cela représente tout de même 350 milliards de $ sur 10 ans. Ce cadeau fiscal à destination des entrepreneurs et des actionnaires percevant des dividendes sur les actions est destiné officiellement à encourager l’économie. Cet argument ne résiste pas aux faits : sur les 2,1 millions d’emplois perdus ces deux dernières années, 1,7 l’ont été après la précédente baisse d’impôts. Par contre, le budget de l’Etat va aggraver les 158 milliards de déficit atteints en 2002. Les résultats concrets se font déjà sentir : fermeture de bibliothèques, dégradation des routes, licenciement de policiers, réduction des bourses universitaires, suppression de lignes de bus, fermeture de centres d’accueil psychiatrique. A New York, 4.500 employés municipaux ont été licenciés et six casernes de pompiers fermées, le ramassage des ordures étant réduit au minimum. Dans l’Orégon, les écoles ont cessé les cours plus tôt que les autres années, faute de pouvoir payer les professeurs.  Au Texas, 275.000 enfants sont dorénavant privés d’assurance maladie. Quant aux 41 millions d’américains ne bénéficiant pas de la sécurité sociale, les projets de les y intégrer ont été abandonnés. L’année 2002 aura été marquée par l’accroissement du nombre de pauvres de l’ordre 1,3 millions (chiffre atteignant 32,9 millions) ainsi que de la chute du revenu moyen des ménages d’un montant de 900 $. Seule bonne nouvelle : l’explosion de l’écart entre les 5% des américains les plus riches et le reste de la population !

Non paru  ■ février 2003

 

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Premier bilan de la loi sur la nationalité

La loi de Juillet 1993 a modifié les modalités d’acquisition de la nationalité. Tout mineur étranger né en France et y résidant depuis au moins 5 ans, doit pour acquérir la nationalité française en manifester explicitement la volonté, entre ses 16 et ses 21 ans. Ce, auprès de la mairie, de la préfecture, du tribunal d’instance ou du commandant de gendarmerie dont dépend sa résidence. La loi prévoit comme empêchement à cette reconnaissance, certaines condamnations pénales subies par le jeune majeur entre 18 et 21 ans. L’année 1994 aura été la première année d’application de ces dispositions. La publication du ministère de la Justice « Etudes et statistiques Justice » dans sa livraison n°7 propose un certain nombre de chiffres. Sur les 80.000 jeunes âgés de 16 à 18 ans, 41.000 ont procédé aux démarches nécessaires (les autres ayant jusqu’à leurs 21 ans rappelons-le pour le faire). Sur ce nombre, 41% avaient 18 ans, 36% 17 ans et 23% 16 ans. La nationalité d’origine se répartit comme suit: portugais (37%), marocains (30%), tunisiens (11%), turcs (8%), les espagnols et italiens ne représentant plus que 4% . Les jeunes d’origine algérienne, enfants de parents nés avant l’indépendance dans un pays alors département français, acquièrent automatiquement la nationalité française. On compte 2% de rejet des dossiers (soit 644). La moitié de ces refus est constituée de demandes sans objet (jeunes ayant déjà la nationalité française comme les algériens cités ci-dessus). Pour 30%, il y a manque de preuves établissant la résidence habituelle en France au cours des 5 dernières années. Bien d’autres chiffres sont proposés notamment concernant les institutions destinataires des demandes, les délais de réponses et les différences régionales de comportement.

« INFOSTAT 43 »

Non paru  ■ février 1995

 

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