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Kafka

Comment aider une vieille dame de 87 ans qui vient de perdre son mari, à effectuer toutes les démarches qui suivent tout décès ? En se plongeant dans le labyrinthe des demandes administratives. Pour transformer le compte courant commun du couple en compte individuel au nom du survivant, une banque demande l’accord de tous les héritiers. Pour la même démarche, un autre établissement ne demande rien. La liquidation de l’assurance vie nécessite chez l’un la photocopie du livret de famille, quand l’autre exige l’extrait d’acte de naissance de la dame. L’un se contente du relevé d’identité bancaire au nom des deux époux, quand l’autre ne versera que sur le compte courant établi au seul nom du conjoint survivant. Quant à la caisse de retraite complémentaire, elle réclame l’extrait d’acte de naissance du monsieur décédé. Il est bien temps, depuis cinquante ans que celui-ci était passé successivement du statut de cotisant, à celui de bénéficiaire, de s’inquiéter de son existence légale ! Et puis, il y a le certificat d’acquittement de la recette des impôts, demandé par une banque, mais pas par l’autre. Sans oublier le règlement des pompes funèbres qui sera refusé, sous forme de virement, mais accepté sous forme de chèque. Aucune logique, absence de toute cohérence, que des exigences arbitraires. Contester, c’est prolonger le délai de règlement de la succession. Alors on se plie, en se disant quand même qu’au pays de Kafka, l’administration publique ou privée française est reine.

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Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1077 ■ 04/10/2012

 

 
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