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Retour de l'enfer Version imprimable Suggérer par mail


Retour de l'enfer

 

La fillette de six ans vivait dans le noir, enfermée dans sa chambre, y mangeant et y déféquant, le corps couverts d'hématomes et de brûlures de cigarette. Les médecins ont du l'anesthésier avec de la morphine avant de pouvoir la soigner. La mère reconnaissant ses responsabilités vient d’être condamnée à quatre ans de prison. La justice lui a retiré l'autorité parentale. Le concubin en a pris pour un an. Le père a reconnu sa fille après la découverte des mauvais traitements. La première pensée va pour cette enfant, ce qu'elle a subi et les épreuves qui l'attendent, avant de réussir à se reconstruire. Que de patience et de bienveillance faudra-t-il déployer, pour tenter de lui redonner confiance dans les adultes. La seconde pensée est pour la génitrice: comment réussir à comprendre ce qui se passe dans la tête d'un être humain se comportant de la sorte ? Mystère insondable des ressorts de la barbarie ! On pense tout de suite à une reproduction de la maltraitance subie. Mais jamais la posture de victime ne justifiera que l'on fasse à son enfant ce qu'on a subi soi-même. Troisième pensée venant très loin derrière la première, mais qui se rapproche de la seconde : quel avenir pour les relations entre cette mère et sa fille ? Certes, elle n’a plus d’autorité parentale. Même s’il est pathologique, le lien subsiste. Faut-il chercher à le maintenir, comme le préconisent ceux qui considèrent que la filiation est sacrée pour permettre de se construire ou faut-il accompagner cette enfant dans le deuil de celle qui n'a jamais su être mère ? Ce sera au juge des enfants et aux services éducatifs en charge du suivi d'avoir à évaluer au mieux la marche à suivre, en écartant toute idéologie et toute idée préconçue. Plus que jamais, on doit rester ouvert sur l'ensemble des possibles. Le travail avec les parents doit être assuré, à chaque fois que cela est possible, sans quand cela ne l'est pas et contre quand cela s'avère nécessaire à l’intérêt supérieur de l’enfant.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1142 ■ 29/05/2014

 

 
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