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Sciences humaines de 2004 à 2009 Version imprimable Suggérer par mail

 

La violence chez l’enfant

Guide et bilan critique des psychothérapies

Les riches vont bien, merci !

Que deviennent les âges de la vie ?

Malaise au travail

La montée de la précarité

Comment devient-on délinquant ?

Où va l’école ?

 

 

 


 

La violence chez l’enfant

 

La violence fascine autant qu’elle angoisse. C’est en cela que résident toute l’ambiguïté et la difficulté à penser ce phénomène, notamment en ce qui concerne les enfants et les adolescents. Le dossier central de Sciences Humaines pose avec pertinence les dimensions paradoxales de cette insondable énigme. En évoquant l’amalgame trop fréquent entre ce qui relève des petites transgressions traditionnelles à l’adolescence et des actes bien plus graves qui s’apparentent à des pratiques criminelles. En rappelant qu’à l’échelle d’un temps long, nos sociétés n’ont jamais été aussi pacifiées et autant sensibilisées à la moindre manifestation de violence. En comparant le déchaînement médiatique provoqué par le moindre passage à l’acte dans un établissement et la proportion statistique au niveau national : 98,8% des élèves des lycées et collèges sont à l’abri de la violence. Ainsi de l’emballement médiatique sur l’agression au couteau par un élève d’un enseignant de Château-Gonthier en Mayenne, évènement mis à profit par le ministre de l’Education nationale pour proposer l’installation de portiques de détection des armes. L’élève en question venait de suspendre la prise de son traitement psychiatrique. En faisant état des thèses discordantes quant à la responsabilité des média : incitatives pour les uns, offrant l’opportunité de décharger ses pulsions agressives, pour peu qu’une alphabétisation audiovisuelle soit assurée, pour les autres. En décrivant les polémiques sur les statistiques policières en hausse prétendument représentatives de la délinquance pour les uns, mais surtout expression de la répression par les forces de l’ordre des petits délits, pour les autres. En revenant avec plus de modération et de circonspection sur la polémique autour du rapport d’expertise de l’INSERM. Querelles, peurs, fantasmes, manipulations, passes d’armes et pugilats médiatiques animent ce débat peu pacifique sur la violence.

(Sciences humaines n°208, octobre 2009)

 

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Guide et bilan critique des psychothérapies

 

Les études épidémiologiques montrent que la fréquence de la maladie mentale est restée stable, voire a baissé depuis quelques années. Pourtant, quatre millions de personnes de plus de 15 ans (soit 8% de la population française contre 13% aux Etats-Unis) suivent ou ont suivi une psychothérapie. Les critères de la souffrance psychique sont mal définis. Ce que le grand public trouve normal peut apparaître pathologique à un professionnel et inversement. Ce n’est pas tant la nature des symptômes qui compte que leur intensité, leur fréquence, leur durée et la façon dont la personne s’y adapte, et réussit à gérer sa vie quotidienne. 28% des patients consultent pour une dépression, 10% pour une crise personnelle, 9% pour des problèmes conjugaux, 4% pour des problèmes somatiques, 3% pour des difficultés relationnelles et 3% pour des remises en cause personnelles. Les techniques proposées sont plus de 400 : thérapie psychanalytique, lacanienne, comportementalo-cognitiviste, approche centrée sur la personne, gestalt, thérapies systémiques, psycho corporelle ou fondée sur le sens, analyse transactionnelle, hypnose thérapeutique, psychothérapie de groupe ou de couple, de soutien et d’accompagnement … La la psychanalyse (30%) a reculé devant les méthodes humanistes (40%), les thérapies cognitivi-comportementales (20%) et la systémie familiale (10%). Difficiles de les évaluer : pour prouver un mieux-être, il faudrait démontrer qu’une autre technique ou que l’absence de toute intervention n’aurait pas fait mieux. En fait, ce qui semble le plus compter n’est pas tant la théorie appliquée que la personnalité du thérapeute : empathique, authentique, chaleureux, mais aussi sûr de son approche et professionnel. La qualité de la relation et de l’alliance thérapeutique qui s’établit entre le thérapeute et son patient présente à elle seule 75% de l’issue favorable de la thérapie.

(Sciences humaines- Les grands dossiers n°15 : les psychothérapies)

 

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Les riches vont bien, merci !

 

A l’heure où on ne parle que d’augmentation de la précarité pour les plus démunis et de la baisse du pouvoir d’achat pour les plus démunis, il est au moins une nouvelle qui ne peut que nous réjouir : depuis dix ans, non seulement les riches sont plus nombreux, mais ils sont aussi de plus en plus riches. Comme quoi tout n’est pas perdu pour tout le monde ! Entre 1996 et 2006, le nombre des millionnaires a plus que doublé à travers le monde, passant de 4,5 millions de personnes à 9,5 millions. Un tiers vit en Amérique, un autre petit tiers vit en Europe. Le dernier tiers se répartit pour l’essentiel en Asie (qui rattrape le vieux continent) et pour seulement 100.000 d’entre eux en Afrique. Quant aux milliardaires, ils n’étaient que 140 il y a vingt ans. Grande nouvelle : ils sont désormais 946. Comme quoi, chacun a sa chance.  Mais, notre satisfaction ne serait pas complète si une évolution notable ne s’était inversée. Jusqu’alors, la part de la richesse nationale détenue par les riches n’avait cessé de baisser. Dorénavant, elle ne cesse de progresser. Entre 1980 et 2000, la rémunération des PDG des 500 plus grosses entreprises américaines a été multipliée par six. Si, entre 1998 et 2005, le revenu moyen déclaré des  français s’est accru de 5,9%, celui des 250.000 salariés les mieux payés a augmenté de 14%, celui des 25.000 plus grosses feuilles de paie de 29% et le club fermé des 2.500 plus gros salaires, de 51%. Même si les riches forment une caste, se réservant des collèges privés sélects, des bals de débutantes pour se marier entre eux, des clubs de golf à 20.000 $ l’abonnement annuel, ils souffrent comme le plus vulgaire des rmistes du même besoin de reconnaissance sociale. Les plus vulgaires arborent des montres à 200.000 Euros. Les plus philanthropes s’attachent à lier leur nom à une bonne œuvre : un hôpital, une université ou une fondation comme celle de Bill Gates dont le budget dépasse celui de l’OMS !

(Sciences Humaines n° 191, mars 2008)

 

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Que deviennent les âges de la vie ?

 

De l’antiquité à l’époque des lumières, les âges de l’Homme ont souvent été comparés aux quatre saisons : le printemps de la joyeuse enfance ; l’été intempérant de la jeunesse marqué par la chaleur des sangs et les orages de la passion ; l’automne de l’âge viril ; enfin, l’hiver glacé de la vieillesse. La période contemporaine a chamboulé ce bel ordonnancement, faisant voler en éclat les délimitations traditionnelles. La toute-puissance de l’enfance a contaminé une société qui réagit régulièrement à coups de pulsions et de caprices. La jeunesse s’étire par ses deux extrémités, commençant toujours plus tôt et finissant toujours plus tard. L’âge adulte est devenu introuvable. Si les enfants cherchent à être en avance sur leur âge, les parents recherchent plutôt à être en retard sur le leur ! L’accès à la maturité se caractérise par la conformité à trois exigences : avoir de l’expérience (savoir faire face aux situations nouvelles), être responsable (se sentir des devoirs et des obligations) et être authentique (trouver sa propre singularité entre le trop plein d’être et le vide existentiel), ambition vécue parfois comme inatteignable. Quant à la vieillesse, elle a changé de nature. Elle a perdu tant la valorisation antérieure qui la caractérisait dans certaines sociétés que l’identification à une charge inutile chez tant d’autres. Aujourd’hui, non seulement on est âgé sans être vieux, mais deux périodes distinctes sont apparues (le troisième et le quatrième âge). Dorénavant, les âges ne désignent plus des états, des statuts et des rôles, mais des processus rythmés par des crises. La perception que privilégie la psychologie du développement, c’est celle d’une évolution continue, tout au long de l’existence, chaque période comportant non seulement ses aptitudes, ses centres d’intérêt et ses motivations propres, mais aussi des rites plus ou moins rigides qui scandent le passage de l’une à l’autre.

(Sciences Humaines, n°193, mai 2008)

 

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Malaise au travail 

 

Si, dans les pays nordiques, 30% des salariés passent une mauvaise nuit à la fin du week-end, ils sont 52% en France et jusqu’à 70% aux USA ou en Grande Bretagne. Le blues du dimanche soir est l’un des symptômes du malaise au travail qui se manifeste d’abord par le stress : sentiment de surcharge, angoisse et insomnie, idées noires, culpabilité, difficultés de concentration, palpitation, émotivité exacerbée. Mais, bien d’autres signes existent : surmenage, fatigue chronique et harcèlement. Avec comme résultats une consommation accrue de tabac et d’alcool, un épuisement professionnel, l’envie de tout plaquer et toute une série de troubles somatiques (mal de dos, ulcère, troubles cardiovasculaires). Dans notre pays, en 2000, l’estimation basse du coût de ce trouble était comprise entre 830 et 1656 millions d’euros.  On a coutume de mettre en accusation la concurrence accrue imposée par la contrainte économique et un management pathologique. Il est un autre facteur qui, paradoxalement, partage la responsabilité de cette situation : la recherche dans le travail de l’autonomie et de l’épanouissement personnel. L’individualisation et la responsabilisation ont entraîné l’obligation de résultat : on est libre de ses moyens, dès lors que les buts sont atteints. La réussite est banalisée, l’échec imputé au salarié. A l’obéissance servile à l’autorité a succédé la soumission librement consentie. Ce qui a pour effet de produire un décalage fréquent entre ce que le salarié donne et ce qu’il reçoit de son employeur. D’où une grande frustration liée à la quête déçue de la reconnaissance de ses compétences et de sa réalisation personnelle. De plus en plus de salariés réagissent par le retrait et le désengagement : s’investir au minimum, s’arranger pour ne pas être nommés sur les projets les plus prenants et les plus exigeants, refuser d’être mutés. Les stratégies ainsi déployées ne pourront rester très longtemps sans effet délétères sur le dynamisme des organisations.

(Les grands dossiers des Sciences Humaines n°12, septembre-octobre-novembre 2008)

 

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La montée de la précarité

 

Alors qu’on croyait que notre société d’opulence était sur la voie de résorber progressivement la misère, celle-ci s’est mise à croître d’une manière inquiétante, depuis quelques décennies : stagiaires, CDD, chômeurs de longue durée, travailleurs pauvres, intérimaires, rmistes, sdf … sont installés dans l’angoisse du lendemain. Leur précarité ne concerne pas que l’emploi. Elle inclut aussi le logement, la santé, la vie affective maritale ou familiale. Les personnes qui peuvent se sentir définitivement à l’abri sont de plus en plus rares. Une part importante des salariés bénéficiant d’un CDI vit dans la peur, acceptant des conditions de travail dégradées et des rémunérations insuffisantes. Figures phares de cette précarité,  le 1,2 million de salariés en sous-emploi (qui travaillent contre leur gré à temps partiel) ou encore ces intérimaires qui ont vu leur nombre être multiplié par six en trente ans. Si une poignée d’entre eux apprécie la liberté inhérente à l’absence d’engagement, bien peu souhaite voir perdurer une situation qui les confronte au provisoire, à l’intermittence et la fragilité de leurs conditions d’existence. Même si le mouvement qui met en mobilité le monde du travail semble irréversible, cela ne signifie pas qu’il est impossible de construire des systèmes de sécurité et de protection qui viennent compenser l’incertitude engendrée.

(Sciences Humaines n°164, Octobre 2005)

 

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Comment devient-on délinquant ?

 

Depuis Cesare Lumbroso qui tenta, à la fin du XIXème  siècle, d’identifier le profil du criminel né, à partir de sa physionomie, voire des ses traits raciaux, les criminologues n’ont cessé d’essayer de brosser des portraits psychologiques du délinquant. Leurs efforts se tournèrent vers une définition basée sur les actes criminels : c’est la perspective actionniste. Mais toute typologie s’est vite avérée inefficace, car le délinquant est avant tout généraliste, commettant tout type de délits et ne se spécialisant que rarement dans un, en particulier (les « serial killer ou violeurs » sont donc plus rares qu’on veut bien nous le faire croire). Deux écoles s’opposent. Celle qui voit à l’origine de la transgression des règles de vie en commun avant tout un déterminisme social, incriminant le chômage, la misère, l’exclusion. Cette explication ne permet toutefois pas de comprendre pourquoi tous ceux qui sont confrontés à ces conditions de vie ne deviennent pas automatiquement délinquants. L’autre école est celle qui, considérant que chaque sujet est en capacité d’opérer des choix rationnels, voit dans la délinquance un choix de vie apportant plus d’avantages que d’inconvénients. Ces personnes recherchent la combinaison du frisson du défi à l’ordre et de la transgression de l’interdit avec une importance démesurée donnée à la fête. C’est le mépris du futur et l’attirance du plaisir immédiat que l’on retrouve dans le « présentisme ». Quant au sociologue Sebastian Roché, la dérive délinquante de ces dernières décennies serait avant tout due au développement d’un mode de vie individualiste qui, en affaiblissant les solidarités classiques, verrait dans autrui avant tout quelqu’un à utiliser. Entre l’explication d’une société violente qui crée la délinquance et celle portant sur les prédispositions personnelles à enfreindre toute forme de règle, l’on peut voir plus de convergences et de complémentarités que de contradictions.

(Sciences Humaines n°176, novembre 2006)

 

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Où va l’école ?

 

L’école a-t-elle pour finalité l’épanouissement de l’individu, l’égalité des chances et l’efficacité dans les acquisitions scolaires ? A cette question essentielle, Sciences Humaines qui proposent en cette rentrée une nouvelle maquette, ne change pas quant aux réponses apportées. Fidèle à sa traduction, la revue n’apporte aucune explication univoque mais plutôt des mises en perspectives. Celle qui met en évidence la polémique entre les pédagogues (partisans de réformes tenant compte tant des besoins de l’élève que des mutations sociales) et les républicains (défenseurs du savoir et de l’école de la République). Celle qui montre les oppositions entre qui sont favorables à la décentralisation (censée favoriser la participation locale, la délégation de pouvoir et le libre choix parental) et ceux qui y sont hostiles (dénonçant les risques d’accroissement des inégalités et d subordination aux élus locaux). Celle qui évoque les accusations portant sur le pouvoir central des syndicats d’enseignants (accusés de peser sur les décisions ministérielles) contredites par le poids grandissant des experts scientifiques et des nombreuses instances consultatives mises en place ces dernières années. Ce qui est au cœur de l’école ce sont les paradoxes de la tension entre l’autorité à exercer et la liberté à produire (peut-on amener l’élève à apprendre sans le lui imposer de force ?) et de l’impersonnalité du groupe comme condition à l’acquisition personnelle du savoir (la relation d’enseignement bne pouvant alors devenir relation d’influence).

(Sciences Humaines n°153, Octobre 2004)

 

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