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Autrement capables

Dans un courriel adressé à la rédaction, Fabienne s’interroge sur la manière de désigner la personne souffrant de handicap. Faut-il reprendre la terminologie médicale « porteur de handicap » ou plutôt « en situation de handicap » ou tout simplement « handicapé » ? On pourrait reprendre les sarcasmes de Coluche sur l’euphémisation propre à notre époque : on ne dit plus sourd, mais mal entendant ; aveugle, mais mal voyant … con, mais mal comprenant ! Pour prolonger cette ironie, rappelons qu’on ne parle plus de chômeurs … mais de demandeurs d’emploi ; de femme de ménage … mais de technicienne de surface. Mais, la dérision ne répond en rien à la question de Fabienne qui s’avère d’autant plus pertinente, qu’elle touche au cœur de notre approche de l’humain : ne pas confondre le sujet avec ce qu’il montre, mais le considérer dans toute sa complexité et sa pleine capacité d’évolution. On ne traite pas un enfant qui a volé de voleur, ni celui qui a menti de menteur, au risque de l’enfermer dans cette identité. Pour ce qui est du handicap, une nouvelle formulation présente les personnes qui en sont atteintes comme « autrement capables », peut-être pas aptes à adopter le comportement attendu, mais en mesure d’en produire un autre, que nous devons faire l’effort de découvrir. « Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », dit le proverbe. Quelle que soit l’appellation, l’important est qu’elle n’emprisonne pas l’autre dans une représentation étroite et figée.

 

Jacques Trémintin – Journal De l’Animation ■ n°134 ■ décembre 2012

 

 
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