Tel est pris qui croyait prendre!

Aider l’autre ne doit pas être conditionné par ce qu’il est, mais par sa seule détresse.
Depuis l’année 2000, la méditerranée est devenue un funeste linceul : plus de 30.000 migrants s’y sont noyés. De nombreuses initiatives ont tenté de répondre à ce drame, des ONG affrétant des bateaux pour venir en aide aux frêles embarcations prenant la mer et menaçant de chavirer à chaque instant. Le navire C-Star, lui, s’est donné une mission d’une profonde ambition humanitaire : loué par des militants d’extrême droite, il entend entraver ces sauvetages ! Mais voilà que, le 11 août, ce fier navire tombe en panne en pleine mer. S’appuyant sur le principe de l'assistance à toute personne en situation de détresse, « indépendamment de son origine, sa couleur de peau, sa religion ou ses convictions », l’ONG Sea-Eye s’est porté à son secours ! N’aurait-on pas du les laisser seuls face au sort qu’ils veulent imposer aux migrants ?
 
La force de l’exemple
Tout animateur peut croiser un jeune ou un adulte tenant des propos emprunts de xénophobie, de racisme ou de discrimination. La discussion, même si elle est indispensable, est parfois impuissante à modifier l’opinion émise. L’autre attitude complémentaire consiste dans le refus de fonctionner en miroir. En ne rejetant pas celle ou celui qui se montre intolérant à la différence, on met justement en pratique les principes pour lesquels on se bat. Faire le contraire serait donner raison aux tenants de la ségrégation.
 

Jacques Trémintin – Journal de L’Animation ■ n°182 ■ octobre 2017