La révolte de la psychiatrie

BELLAHSEN Mathieu et KNAEBEL Rachel, Éd. La Découverte, 2020, 240p.

Les forces néolibérales, à l’œuvre depuis les années 1980, n’ont eu de cesse que de soumettre toute la société à la norme de la concurrence. La psychiatrie n’y a pas échappé. C’est en 1968 qu’elle s’était émancipée de la neurologie, en affirmant une identité privilégiant la relation, l’émancipation du sujet, la démocratisation des rapports entre patient et institution et la promotion de la dimension humaniste du soin. Les auteurs nous décrivent la descente aux enfers

En lire plus

Animaux homos

DAUGEY Fleur, Éd. Albin Michel, 2018, 169 p.

L’une des constantes de l’histoire de la civilisation occidentale est d’utiliser ce que l’on croit savoir de la nature pour en faire un étalon du bien et du mal. D’où l’argument de certains pour justifier la criminalisation de l’homosexualité : son prétendu caractère contre-nature. Mauvaise pioche ! Cette pratique sexuelle est documentée chez 4 714 espèces animales sauvages et 19 espèces domestiques. Il n’y a là rien d’étrange, ni d’insolite. Ce n’est, en outre, ni une exception, ni un évènement

En lire plus

L’amour individualiste

NEYRAND Gérard, Éd. érès, 2018, 237 p.

La norme conjugale se meurt. Le couple ne constitue plus la condition indépassable d’une vie normale et d’une intégration sociale réussie, ni le préalable à la bienséance, à l’équilibre psychique et à la bonne moralité. Cette désinstitutionalisation est le produit de l’autonomisation de la sexualité par rapport à la procréation, de l’égalisation des places et de la sentimentalisation des relations. Les contraintes des garde-fous sociaux qui enserraient l’institution du mariage dans une inconditionnalité

En lire plus

Les nouvelles hétérosexualités

WELZER-LANG Daniel, Éd. érès, 2018, 203 p.

L’hétéronorme est le logiciel donnant aux hommes et aux femmes une matrice fonctionnant comme mode d’emploi de la conformité des corps et des postures sexuelles. Cet hétérosexisme impose un contrôle social en assignant des places qui correspondent aux catégories de genres. C’est justement cette promotion incessante de la supériorité de l’hétérosexualité qui légitime l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie ou la biphobie ...

Daniel Welzer-Lang nous propose ici une présentation quelque peu

En lire plus

Ados LGBTI

GOGUEL D’ALLONDANS Thierry, Éd. Chronique Sociale/P.U.L., 2017, 230 p.

Un certain monde patriarcal et hétéronome, dont la sexualité est exclusivement procréative, touche à sa fin, bousculé par la diversité des existences individuelles et la multiplicité des identités. Pour autant, le cadavre bouge encore. Si la France ne l’a dépénalisée qu’en 1982, il reste encore à travers le monde onze pays qui condamnent à mort et soixante-dix-sept autres qui punissent de peine de prison ou de travaux forcés l’homosexualité considérée comme une tare, une

En lire plus

Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle nos vies

CABANAS Edgar et ILLOUZ Eva, Ed. Premier Parallèle, 2018, 272 p.

Voilà une charge sans concession contre une psychologie positive accusée de s’appuyer sur des postulats sans fondements, des incohérences théoriques, des insuffisances méthodologiques, des résultats non prouvés et des généralisations ethnocentriques et abusives. Bigre : la voilà habillée pour l’hiver ! Cette nouvelle science du bonheur fait la promotion de la personne individualiste fidèle à elle-même, résiliente, capable d’initiative et d’épanouissement personnel, optimiste et

En lire plus

Et si les écrans nous soignaient? Psychanalyse des jeux vidéo et autres plaisirs numériques

STORA Michel, Ed. érès, 2018, 194 p.

Il faut se méfier de tous ces discours qui diabolisent ces images dont nous sommes bombardés en permanence via les écrans qui ont envahi nos vies, nous met en garde Michel Stora. Loin d’être systématiquement nocives, elles peuvent aussi devenir un médiateur de la relation ou nous permettre de nous libérer de la rétention de nos émotions, par identification projective. Derrière chaque jeu vidéo, il n’y a pas qu’addiction et violence. Il y a aussi une interface entre l’équilibre narcissique et la maîtrise de

En lire plus

Les nouveaux objets transitionnels. Du doudou de Winnicott à l’Iphone de Jobs

MARCELLI Daniel et LANCHON Anne (sous la direction), Ed. erès, 2016, 144 p.

Le doudou, enfants et parents le connaissent bien : c’est cet objet de préférence mou pouvant être modelé, trituré, caressé, mordu, abandonné le temps d’un jeu puis retrouvé, humé et serré tendrement. En 1951, Winnicott expose pour la première fois sa théorie de l’objet transitionnel qui désigne ce processus par lequel s’établit un continuum du lien relationnel, une communication entre le monde intérieur et le monde extérieur et l’image de l’être aimé précieusement

En lire plus

« Monstres 2.0. L’autre visage des réseaux sociaux

ESCANDE-GAUQUIÉ Pauline et NAIVIN Bertrand, Ed. François Bourin, 2018, 130 p.

La révolution numérique a transformé notre société en un village global, à travers l’accès au savoir pour tous, la gratuité d’internet et l’horizontalité des relations. Tout un chacun peut devenir simultanément spectateur, acteur et commentateur, échanger et interagir, mais aussi créer des contenus. Mais, c’est justement cette nouvelle culture incitant à tout montrer et à tout regarder qui produit de multiples dérives. A commencer par l’espace intime de chacun qui

En lire plus

Sans "mobile" apparent. Un quotidien "sans portable", "sans smartphone"

BERGIER Bertrand, Ed. Chronique Sociale, 2016, 174 p.

Tout le monde possède un téléphone … ou presque. En détenir un est devenu une norme qui vaut appartenance au groupe et conformité avec le plus grand nombre. Quel est donc ce petit village isolé de « sans portable » qui résiste encore, maudissant cet appareil et/ou le maintenant à distance ? En auscultant les logiques du refus de s’aligner sur le comportement dominant, Bertrand Bergier nous éclaire aussi sur les effets pervers auxquels sont confrontés ses utilisateurs. Certes, il n’y a pas

En lire plus