Plus que jamais, protéger les enfants
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dans Billets d'humeur
« En 2025, quinze enquêtes ont été ouvertes pour des faits d’agression sexuelle dans lesécoles maternelles parisiennes », a communiqué mi-novembre Lisa-Lou Wipf, la procureure spécialisée dans les violences sur mineurs à Paris. Stupéfaction, ce sont des animateurs du périscolaire des écoles publiques qui sont mis en cause ! La mairie de la capitale a, de son côté, informé en avoir suspendu 30 soupçonnés de tels actes.
Ainsi, après les 330 000 victimes d’agressions sexuelles dans les institutions catholiques estimées depuis 1950 (rapport Sauvé de la CIASE octobre 2021), voilà au tour du monde l’animation et plus particulièrement du périscolaire d’être mis en accusation. Des enfants ont été maltraités, insultés, humiliés, agressés physiquement et sexuellement, violentés et violés. Traités jusqu’à peu de « cas isolés » par la Mairie de Paris, la prise de conscience sur ces violences insupportables est soudaine et brutale. Depuis quelques temps, il était possible de se dire que le monde avait changé et que de telles situations ne se reproduiraient pas. Et voilà qu’elles surgissent dans un secteur au cœur de notre quotidien. Les personnes s’étant rendues coupables de tels agissements doivent bien sûr rendre des comptes sur les horreurs qu’elles ont commises. Mais pas seulement : c’est tout le contexte qui leur a permis de sévir qui doit être mis en cause.
La tétanisation une fois passée, notre vigilance doit s’imposer. Certes, en expliquant aux enfants que leur corps leur appartient et que personne n’a le droit de le toucher qu’avec leur accord : pour faire un câlin quand ils ont un gros chagrin, pour les soigner quand ils se sont écorché les genoux quand ils donnent la main dans un jeu. Mais, c’est surtout aux adultes de se mobiliser pour les protéger, en ne tolérant aucun dérapage. Non dans une logique de psychose ou de méfiance généralisée, mais dans le respect dû à la personne de l’enfant. Aucun geste déplacé, aucune attitude ambigüe, aucun comportement déviant ne doivent être tolérés.