Attention à la psychose!

Il faut différencier le contact bienveillant et maltraitant.

Plus de 80 animateurs du périscolaire parisien ont été suspendus depuis le début de l’année 2026. Sur les 15 000 travaillant pour la ville de Paris, cela ne fait qu’une proportion de 0,5 %. Mais c’est encore 0,5% de trop. Ce faible pourcentage, au regard des 99,5% qui ne sont pas coupables, importe peu aux enfants qui ont été victimes. Ils ont subi des violences et des agressions insupportables. Après des années de déni et le conseil municipal de Paris réagit enfin et semble prendre en considération cette affaire à la hauteur de sa gravité.

Comment réagir ?

Les professionnels en relation avec les enfants vont être placés dans une ambiance de suspicion quant à leurs gestes et leurs paroles. Cette vigilance est légitime. Il y a eu trop de maltraitance pour ne pas décupler au mieux l’attention, au pire la surveillance. Pour autant la défiance va-t-elle aller jusqu’à interdire aux animateurs de se rapprocher à moins d’un mètre du corps des enfants ? Auront-il l’interdiction de soigner un genou écorché, de séparer physiquement deux enfants qui se battent, de consoler un gros chagrin en entourant de ses bars un petit qui pleure ? Attention à ne pas anesthésier les relations. Distinguons le geste protecteur de l’agression. Différencions le contact respectueux  de celui qui s’attaque à l’intégrité. Identifions ce qui favorise le bien-être de ce qui le ronge. Et surtout, réhabilitons le toucher chaste !

 

Jacques Trémintin – Journal De l’Animation  ■ n°258 ■ Juillet/Août 2026