Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectifs. Une nouvelle approche de l’intervention sociale

JOUFFRAY Claire (sous la direction), Ed. EHESP, 2018, 237 p.

Face à la montée de la précarité et l’affaiblissement de l’action sociale, les travailleurs sociaux peuvent se replier sur eux-mêmes, résister ou explorer d’autres façons de faire. L’approche conçue par Yann Le Bossé constitue une alternative. Plutôt que d’être experts en diagnostic social et de faire rentrer les usagers dans les dispositifs préexistants, le psychosociologue québécois leur propose de renoncer à la posture de contrôleur social ou d’instigateurs de prescriptions et d’adopter la fonction de passeur, de facilitateur, d’éclaireur, de médiateur, d’intermédiaire, d’intercesseur, d’interface, de traducteur, d’interprète. L’accompagnement se heurte à deux dérives : considérer la personne comme objet et non sujet du changement ou attendre qu’elle s’engage dans une démarche personnelle d’activation permettant une insertion sociale et professionnelle, tout échec étant le symptôme de son manque de motivation, d’effort ou de bonne volonté. Les onze contributeurs réunis dans cet ouvrage expliquent le mode de fonctionnement d’une approche qui évite ces deux impasses : le Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectifs (DPA-DC). Quatre points d’appui la balise : repérer les acteurs et le contexte dans lequel ils évoluent ; les impliquer dans la définition du problème et des solutions possibles ; co-construire les interventions en tenant compte d’un environnement toujours mouvant ; promouvoir la prise de conscience par les acteurs eux-mêmes des tenants et aboutissants de l’action menée. Il ne s’agit ni de privilégier les compétences propres aux personnes, ni de peser sur les causes externes, mais de travailler à ce que les personnes se prennent en charge pour changer la société. 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1244 ■ 07/02/2019