Retour sur le périscolaire
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dans Billets d'humeur
Cash investigation a enfoncé le clou le 29 janvier : le périscolaire peut être le lieu des pires traitements pour les enfants scolarisés.
Le monde de l’animation s’est réveillé après un terrible cauchemar : l’effarant vécu d’un certain nombre de services périscolaires s’étalant sur le petit écran. Difficile de rester insensible face à ce spectacle ahurissant. Oui, il y a des salariés ou agents municipaux qui n’ont rien à faire là ! Non, l’animation qui nous a été montrée est aux antipodes de l’idée que nous nous en faisons. Pourtant, au-delà de ces reportages-chocs, les vraies responsabilités ont été clairement établies par le magazine.
Les services employeurs font le choix de telles conditions de travail et de rémunération que cette activité est dévalorisée et peu attractive : précarité du travail partiel, salaires bas, qualification non exigée, formation continue non assurée, temps de préparation des animations inexistant, nombre effarant d’enfants à encadrer, animateurs dangereux rarement sanctionnés et quand ils le sont, ils sont seulement déplacés pour combler ailleurs la pénurie de personnel, recrutement bâclé pour faire face en urgence au turn-over des titulaires, absence de fidélisation des postes, professionnalisation en panne… Que l’on soit intraitable avec les animateurs incompétents et/ou violents s’impose. Mais une question est tout autant incontournable : quels investissements financier, humains, institutionnels notre société est-elle prête à engager pour garantir à nos enfants l’encadrement de qualité qu’ils méritent ?
Paru dans le Journal de l’animation ■ n°256 ■ mars/avril 2026