Articuler le professionnel et le bénévole

Le bénévolat vient-il compléter ou menacer le professionnel de l’animation socio-culturelle ?

La formation qualifiante des animateurs n’a cessé de se perfectionner depuis les années 1960 : BAFA, BAFD, CPJEPS (ancien BAPAAT),  Bac Pro Animation, BPJEPS (ancien BEATEP), DEJEPS (ancien DEFA), DEUST, DESJEPS (ancien BEES) … les certifications ne manquent pas. De son côté, le bénévolat  ne s’est jamais limité aux seules participations aux Conseils d’administration. Le monde de l’animation le sollicite souvent : élaboration de projets d’activité avec des associations sportives, culturelles ou de quartier, parents intervenant pour animer des ateliers, sollicitation de volontaires pour aider aux distributions alimentaires, aide aux devoirs, mentorat …

Coopération versus concurrence

Faut-il relier l’appel au bénévolat avec la fragilisation des financements publics du secteur de l’animation ? C’est tentant. Ce serait une erreur de faire de cette corrélation, un unique lien de causalité. La société civile regorge de compétences qui ne demandent qu’à se déployer, pourvu que cette mine de richesses inégalée soit utilisée. A une condition toutefois : ne pas chercher à opposer le bénévolat au professionnel et trouver un équilibre entre les deux. Chacun doit reconnaitre ses propres limites et le potentiel de l’autre. Expertise liée à une qualification et une pratique d’un côté, savoir expérientiel de l’autre : deux réalités à articuler en permanence.

 

Jacques Trémintin – Journal De l’Animation  ■ n°257 ■ mai-juin 2026