Nomophobie

Un nouveau conflit a éclaté, quand le téléphone de Myriam s’est mis à sonner en pleine nuit. Surgissant dans sa chambre, sa mère lui a confisqué son téléphone portable, alors qu’elle s’y cramponnait désespérément. Essayant d’apaiser les relations familiales qui, depuis cet incident, sont très tendues, l’éducateur dialogue avec l’adolescente pour négocier une pratique plus maîtrisée de son mode de communication préférée. Myriam se confie : « quand elle m’a pris mon téléphone, c’est comme si elle m’avait arraché un bras ». A observer les rues de nos villes ou les quais de gare, les tables de restaurant ou les salles d’attente, l’adolescente ne semble pas appartenir à une espèce exceptionnelle. Le genre humain pourrait bien avoir subi une mutation génétique majeure : la croissance d’un cinquième appendice greffé au bout de ses bras. Hier, l’adulte expliquait à l’enfant la nuisance du tabac, la cigarette au bec. Aujourd’hui, il lui démontre les effets pervers du portable, tout en s’accrochant au sien. Dans l’acte éducatif, il nous faut assumer nos propres contradictions, la nomophobie (de "no mobile phobia") en n’étant pas la moindre. Education aux média, prohibition dans des espace-temps identifiés, boites où l’on dépose son portable avant une activité etc … L’apprentissage d’un code de bonne conduite prend plus de temps que celui de la manipulation de l’appareil. Mais, il finira par se réaliser. L’important n’est-il pas de contrôler son addiction, plutôt que de vouloir la supprimer ?

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1300 ■ 07/09/2021

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Embarquement immédiat sur Cap vert (44)
Beaucoup réussissent, sur terre ou sur mer, à offrir aux personnes avec handicap un séjour hors du commun. Mais, personne n’avait jusque là pensé à le faire le long des canaux fluviaux. Si beaucoup en ont rêvé. Cap Vert l’a réalisé. Voyons comment. L’accès au tourisme pour les personnes en situation de handicap reste à conquérir, surtout si l’on revendique, à juste raison, qu’un tel droit puisse se ...
Voyage à Amizmiz - ITEP
Ils se font plus souvent remarquer par leur turbulence. Les jeunes de l’ITEP Jeunesse et Avenir ont montré qu’ils pouvaient aussi mener une action de solidarité exemplaire. L’un arrive dans la salle avec un petit bout de bois qu’il a porté à incandescence, fasciné par l’extrémité rouge et fumante. L’autre s’empare très vite d’une pointe de compas pour graver la couverture de son classeur....
Bienvenue en MECS !
dans Articles
En sortant de la salle obscure, je me suis interrogé : que peut ressentir un spectateur néophyte, après cette immersion de près de deux heures au cœur d’une maison d’enfants à caractère social (MECS), véritable protagoniste central du film « Placés » ? D’une brusquerie dérangeante, ces mômes qui crèvent l’écran ne provoquent-il pas, au final, la même empathie et la même congruence que celles qui ...
Adolescents en Difficulté : le DERPAD
Une mise en réseau en action : le DERPAD C’est la quadrature du cercle: comment mieux articuler les différents acteurs sociaux, éducatifs, médicaux et judiciaires, sans effacer la spécificité de chaque champ d’intervention ? Si cette question est valable quelle que soit la population concernée, elle est d’autant plus pressante pour ces adolescents qui mettent en échec toutes les structures...
Sarrot Jean-Christophe - Écologie et grande pauvreté
dans Interviews
Lutte pour la planète et contre les inégalités : un même combat Peut-on se préoccuper d’écologie quand on vit dans la grande précarité ? Pour Jean Christophe Sarrot (1), le problème ne consiste pas tant à rapprocher ces deux problématiques que d’articuler les mobilisations qu’elles suscitent.  En quoi consiste le « Réseau Wresinski écologie et grande pauvreté ? » d’ATD Quart Monde ? En septembre 2018, ...
Le DEAT: victime de son succès?
Quand un dispositif répond aux besoins trop importants qui émergent du terrain, il peut lui arriver qu’il soit lui-même mis en difficulté. Comme un peu partout en France, le département de Haute Savoie était confronté aux mêmes difficultés d’un jeune public de plus en plus complexe, mettant à mal les dispositifs de prise en charge, qu’ils relèvent de la justice des mineurs, de la protection de ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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