Nomophobie

Un nouveau conflit a éclaté, quand le téléphone de Myriam s’est mis à sonner en pleine nuit. Surgissant dans sa chambre, sa mère lui a confisqué son téléphone portable, alors qu’elle s’y cramponnait désespérément. Essayant d’apaiser les relations familiales qui, depuis cet incident, sont très tendues, l’éducateur dialogue avec l’adolescente pour négocier une pratique plus maîtrisée de son mode de communication préférée. Myriam se confie : « quand elle m’a pris mon téléphone, c’est comme si elle m’avait arraché un bras ». A observer les rues de nos villes ou les quais de gare, les tables de restaurant ou les salles d’attente, l’adolescente ne semble pas appartenir à une espèce exceptionnelle. Le genre humain pourrait bien avoir subi une mutation génétique majeure : la croissance d’un cinquième appendice greffé au bout de ses bras. Hier, l’adulte expliquait à l’enfant la nuisance du tabac, la cigarette au bec. Aujourd’hui, il lui démontre les effets pervers du portable, tout en s’accrochant au sien. Dans l’acte éducatif, il nous faut assumer nos propres contradictions, la nomophobie (de "no mobile phobia") en n’étant pas la moindre. Education aux média, prohibition dans des espace-temps identifiés, boites où l’on dépose son portable avant une activité etc … L’apprentissage d’un code de bonne conduite prend plus de temps que celui de la manipulation de l’appareil. Mais, il finira par se réaliser. L’important n’est-il pas de contrôler son addiction, plutôt que de vouloir la supprimer ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1300 ■ 07/09/2021

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Travailler à la journée, pour sortir de l’errance
Le travail en partenariat est devenu, au fil du temps, un incontournable du travail social. La dynamique qu’il implique peut rester dilatoire ou se décliner avec efficacité sur le terrain. Illustration, à saint Nazaire (44,) où sa mise en œuvre permet de répondre à l’errance des jeunes, avant que celle-ci ne s’enracine. Le secteur du social, du médico-social ou de l’éducatif est habitué à des...
Balta François - Débats contradictoires
dans Interviews
Les divergences devraient nous enrichir plutôt que de nous diviser François Balta, médecin psychiatre, formateur et superviseur, enseigne l’Approche Systémique (Coopérative) depuis plus de trente ans auprès -entre autres- de travailleurs sociaux. Privilégiant un travail conversationnel et coopératif, il fait ici l’éloge du partage des idées : l’échange des analyses que chacun réalise à partir ...
Céléguègne Nicolas - Discrimination
dans Interviews
« Face aux préjugés, les jeunes générations sont autant crédules que lucides » Fort de son riche parcours en tant qu’animateur, puis directeur en A.C.M. pendant une vingtaine d’année, formateur BAFA, BAFD, BEATEP, BPJEPS à la Ligue de l’enseignement, formateur d’éducateurs spécialisés, de moniteurs éducateurs ou d’aides médicopsychologiques à l’IMF de Marseille et enseignant au GRETA, Nicolas ...
"Toit à moi" ou comment ne plus rester passif
Un groupe de citoyens vient de démontrer que l’action sociale n’est l’apanage ni des politiques, ni des professionnels. Un exemple à suivre. S’il est un public que l’on peut difficilement ignorer, c’est bien celui des sans domicile fixe qui peuple nos centre villes. Ils se postent à la porte des supérettes ou devant les cabines de paiement des parkings, espérant les quelques pièces de monnaie...
Restaurant Pierre Landais (44)
L’imagination au pouvoir Accéder à la culture serait-il incompatible avec la précarité ? L’action du restaurant Pierre Landais de Nantes démontre le contraire. Riche percepteur du duché de Bretagne qui finira pendu, Pierre Landais ne pouvait imaginer qu’il donnerait son nom à un restaurant social dédié aux plus pauvres.Ce n’est pas l’architecture, ni le décor intérieur qui constituent...
Prévention spécialisée - Ragon (44)
La prévention spécialisée en acte : l’exemple du quartier du Ragon Elle agit d’une façon très souvent discrète et le résultat de son action n’est pas toujours quantifiable. Et pourtant, la prévention spécialisée joue un rôle essentiel dans la préservation et le développement du lien social. Reportage. Nous sommes en début de l’année 2004, dans l’agglomération nantaise et plus particulièrement...


Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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