Nomophobie

Un nouveau conflit a éclaté, quand le téléphone de Myriam s’est mis à sonner en pleine nuit. Surgissant dans sa chambre, sa mère lui a confisqué son téléphone portable, alors qu’elle s’y cramponnait désespérément. Essayant d’apaiser les relations familiales qui, depuis cet incident, sont très tendues, l’éducateur dialogue avec l’adolescente pour négocier une pratique plus maîtrisée de son mode de communication préférée. Myriam se confie : « quand elle m’a pris mon téléphone, c’est comme si elle m’avait arraché un bras ». A observer les rues de nos villes ou les quais de gare, les tables de restaurant ou les salles d’attente, l’adolescente ne semble pas appartenir à une espèce exceptionnelle. Le genre humain pourrait bien avoir subi une mutation génétique majeure : la croissance d’un cinquième appendice greffé au bout de ses bras. Hier, l’adulte expliquait à l’enfant la nuisance du tabac, la cigarette au bec. Aujourd’hui, il lui démontre les effets pervers du portable, tout en s’accrochant au sien. Dans l’acte éducatif, il nous faut assumer nos propres contradictions, la nomophobie (de "no mobile phobia") en n’étant pas la moindre. Education aux média, prohibition dans des espace-temps identifiés, boites où l’on dépose son portable avant une activité etc … L’apprentissage d’un code de bonne conduite prend plus de temps que celui de la manipulation de l’appareil. Mais, il finira par se réaliser. L’important n’est-il pas de contrôler son addiction, plutôt que de vouloir la supprimer ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1300 ■ 07/09/2021

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Survivre en squat (44)
Après l’évacuation policière de deux squats, sur Nantes, le 7 mars  un troisième résiste grâce au soutien de trois travailleurs sociaux. Les papiers d’identité d’Aboubacar, qui est arrivé de Guinée Conacry à 16 ans, avaient pourtant été validés par la police de l’air et des frontières. Le procureur a demandé un test osseux sensé déterminer son âge. Preuve non scientifique, car laissant une marge ...
Laëtitia - 1 - L’affaire à travers quelques portraits
Ce qu’un éducateur peut dire, après avoir regardé la série de Jean-Xavier de Lestrade sur France 2. Deux lundis de suite (les 21 et 28 septembre), France 2 a programmé en première partie de soirée six épisodes d’une mini-série consacrée à l’affaire Laëtitia. Ce fait divers, qui remonte à janvier 2011, bouscula tant la protection de l’enfance que le système judiciaire, l’opinion publique que la classe ...
Sillage réinsertion sociale
La délinquance est-elle soluble dans la mer ? Le milieu carcéral constitue un monde à part. Lieu d’enfermement, sa valeur éducative est des plus limitées et ses effets pervers bien trop fréquents. C’est pourquoi nombreux sont celles et ceux qui aspirent à lui trouver des alternatives. Que ce soient les Travaux d’Intérêt Général ou la Médiation Pénale, la réparation de la faute commise y trouve ...
Wolf Cry
dans Articles
La série danoise programmée les jeudi 19 et 26 janvier sur Arte (et disponible en replay jusqu’au 26 mars) est particulièrement inspirée et inspirante. Traitant avec une intelligence rare de la question des violences intrafamiliales, elle met en scène Lars, un assistant social en protection de l’enfance, confronté à une famille composée d’un couple parental que rien ne semble distinguer de son milieu ...
Cesser de diaboliser l’autre
Une psychiatre transmet un signalement au procureur de la République, pour accuser l’ASE d’avoir fait interner un adolescent uniquement par manque de place en famille d’accueil. En réalité, Valentin avait pris l’habitude de menacer d’un couteau tout adulte ne cédant pas à ses exigences. Constatant une nouvelle crise, c’est bien pourtant le psychiatre des urgences qui avait ordonné l’admission. Un service de ...
Faut-il croire en la parole de l’enfant ?
Décidément, France 2 affectionne tout particulièrement les faits divers autour de la protection de l’enfance. Après l’excellente fiction sur l’affaire Laëtitia diffusée les 21 et 28 septembre, c’est au tour d’une autre dramatique programmée les 5 et 12 octobre. Après avoir abordé les violences vécues par deux enfants placés en famille d’accueil, voilà qu’avec « Le mensonge » est traitée cette ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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