Faut-il interdire le Time-out?

 

Le Conseil de l’Europe veut « interdire » de punir un enfant en l’envoyant dans sa chambre. C’est du moins la rumeur qui court en octobre 2022. Il s’avère que c’est une infox, cette institution n’ayant jamais pris position sur ce fameux « time out »… que pour le préconiser ! Mais c’est trop tard. La guerre est lancée. Les partisans d’une éducation positive et ceux revendiquant la nécessité de poser des limites s’entredéchirent à coup de tribunes libres et de déclarations incendiaires. Les premiers sont accusés d’une permissivité faisant le lit de l’enfant-roi. Les seconds sont soupçonnés de vouloir revenir à un dressage répressif, coercitif et violent. Un an après, que peut-on retenir de ce débat ? Ce dossier n’a pas vocation de prendre parti, mais de tenter d’éclairer le lecteur sur cette polémique.

 

L’enfant est une personne

L’éducation positive propose une véritable révolution copernicienne. Ce n’est plus à l’enfant de s’adapter au monde des adultes, mais le contraire. L’attention, la bienveillance et l’écoute qui lui sont alors portées respectent son rythme et ses besoins.

L’un des meilleurs résumés de cette approche se trouve justement dans la plaquette éditée en 2008 par le Conseil de l’Europe. « En résumé, les enfants réussissent mieux quand leurs parents : sont chaleureux et les soutiennent ; passent du temps de qualité avec eux ; essaient de comprendre ce qu’ils vivent ; expliquent les règles qu’ils attendent que les enfants respectent ; félicitent les bons comportements; réagissent aux mauvais comportements par des explications et, si besoin, des punitions comme le « time-out » (1), l’obligation de réparer les dégâts ou une réduction de l’argent de poche plutôt qu’avec des punitions sévères ». Cette éducation, soucieuse d’apporter sécurité affective et estime de soi, tient en un concept fondateur : l’enfant n’est pas un adulte en miniature. C’est un âge à part entière, avec ses propres repères, ses propres logiques et ses propres rythmes. Trop souvent, on lui prête des réflexes et des comportements de grande personne. Non, il ne manipule pas ; non il ne fait pas de caprices, non il ne provoque pas. Il apprend à penser et à agir, en avançant dans un monde qu’il essaie de décoder et d’appréhender à sa mesure. C’est pour se l’approprier, qu’il teste et qu’il expérimente, en mesurant ainsi ce qu’il peut ou non faire. Ce qui génère des conflits, confrontations et colères inhérents aux inévitables inadéquations avec son entourage. Ce sont justement dans ces moments-là que la présence bienveillante de l’adulte est sans doute la plus précieuse. Pour lui faire respecter le cadre éducatif qu’on lui a fixé, mieux vaut le réconforter et le rassurer que de le menacer, lui crier dessus ou lui tenir des propos blessants. Si son immaturité ne lui permet pas de canaliser ses émotions, constater que l’adulte qui lui fait face n’y arrive pas non plus ne va pas vraiment l’aider à progresser !

 

Faire ce que l’on peut

Cette approche positive, pour évidente qu’elle puisse paraître, est bien plus récente qu’on ne l’imagine. Bien sûr, très tôt, des penseurs se sont élevés contre la violence éducative : Pythagore, Plutarque, Quintilien dans l’antiquité, puis Erasme, Rabelais, Montaigne ou Rousseau au moyen-âge. Mais, ce qui domina longtemps, ce fut la « pédagogie noire ». Ce concept créé par la pédagogue allemande Katharina Rutschky et repris par Alice Miller (2) se fonde sur la vision d’une nature profondément mauvaise de l’enfant. Pour le corriger, on devait en faire un être obéissant, soumis et docile. Les châtiments corporels, la domination, l’humiliation étaient alors couramment utilisés pour briser sa volonté et le (re)mettre dans le droit chemin. Cette conception de l’éducation est bien loin d’avoir disparu. En 2022, 23 % des parents reconnaissaient avoir donné une fessée à un de leurs enfants dans la semaine précédente (3). Rien n’est donc gagné. La vigilance est de mise face à toute tentative de réhabiliter une éducation répressive. Pour autant, un autre risque émerge : l’effet pervers d’une culpabilité stigmatisant les adultes. Quelle que soit leur volonté de déployer toute la patience, la bienveillance et la congruence nécessaires, ils se heurtent à d’incontournables limites : agacement et nervosité produits par la relation conflictuelle avec l’enfant, fatigue et contrariétés accumulées en amont, quotidien professionnel dominé par le stress etc... Catherine Sellenet commente avec ironie le tableau idyllique d’un enfant de rêve affublé d’un catalogue de besoins supposés et d’un parent idéalisé devant toujours se montrer disponible et attentif, investi et bienveillant et surtout jamais angoissé, ni épuisé. Tous les adultes devraient donc être responsabilisés et alphabétisés, à grands coups de recettes qui s’avèrent souvent bien éloignées de la vraie vie et de l’aventure imprévisible qu’est l’éducation d’un enfant.

 

(1) C’est un banal commentaire du Conseil de l’Europe reconnaissant la nécessité de réécrire ce texte datant de près de 15 ans qui mit le feu aux poudres, l’intention lui étant attribuée de contester le time-out, sans que cela ne l’ait jamais été explicitement.

(2) « C’est pour ton bien, racines de la violence dans l’éducation de l’enfant » Alice Miller, Éd. Aubier 1994, (320 p.)

(3) Sondage réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1314 parents d’enfants de 0 à 10 ans par le Baromètre des violences éducatives/Etude Ifop pour la Fondation pour l’enfance. 

(4) « Parentalités, normes et injonctions » Catherine Sellenet, Éd. L’Harmattan, 2023, (260 p.)

 

Time-in plutôt que time-out ?

Plutôt que d’exclure l’enfant, Isabelle Filliozat préconise de l’inclure : s’asseoir avec lui, lui parler doucement et calmement, contextualiser ce qui se passe, tenter d’identifier ce qu’il ressent, être à son écoute, le réconforter. C’est un temps de reconnexion (time-in en anglais) qui permet à l’enfant de tenter de trouver les moyens pour gérer ses émotions avec le soutien actif de l’adulte qui le guide dans ses efforts pour reprendre la maîtrise de ce qu’il vit.

 

 

 

L’indispensable contenance

L’immaturité de l’enfant ne lui permet pas de réussir à gérer toutes les frustrations que la vie lui réserve. Sa construction psychique doit être soutenue et accompagnée par l’adulte… en attendant qu’il puisse les assumer par lui-même.

 

Contrairement à la vision d’un enfant sachant, pas essence, ce qui est bien pour lui, le petit d’homme est naturellement porté à d’abord satisfaire son désir, de préférence dans l’immédiateté et à rejeter toute frustration et temporisation. Ce que Freud désignait comme le « principe de plaisir » Très vite, toutefois, il se heurte au « principe de réalité » qui n’est autre que la résistance qu’opposent les contraintes extérieures à sa toute-puissance. Il constate avec amertume que les choses et les êtres ne se plient pas automatiquement à sa volonté. Le laisser tout faire reviendrait à l’entretenir dans une mystification et décupler la désillusion qui s’ensuivrait. La maturation individuelle se prolongeant tardivement dans l’espèce humaine, les adultes assurent pendant un long temps une guidance permettant à l’enfant d’identifier les meilleurs choix ; une contenance l’aidant à canaliser et à réguler les émotions qui peuvent parfois le submerger ; une suppléance de cette instance morale qui lui permettra un peu plus tard de savoir quoi dire et quoi faire dans ses relations au monde proche ou plus lointain. Cette substitution est quasiment totale à la naissance, en un temps où le bébé est démuni et fragile. Mais, très vite, les compétences de l’enfant émergent. Sa dépendance initiale s’estompe au fur et à mesure qu’il grandit. La conscience qu’il se forge lui permet de structurer sa pensée, de trouver les stratégies pour faire face à la réalité du quotidien. Il devient alors capable d’assumer les contrariétés liées non seulement à l’échec, mais aussi à la non-satisfaction de ses attentes. Le temps nécessaire pour y parvenir dépend de bien des facteurs : son tempérament, l’(in)sécurité de son contexte de vie propice ou non à la prise de risques, l’éducation qu’il reçoit etc...

 

Trouver l’entre-deux

Poser un cadre et appliquer des limites relève-t-il d’une forme d’oppression, d’asservissement, voire de servitude ? Ou bien, paradoxalement, donner des règles et fixer des limites ne permet-il pas de libérer de la pression d’une responsabilisation par trop précoce, de respecter le temps de l’enfance et de valider le droit à l’insouciance ? Nous connaissons toutes et tous ces adultes qui ne semblent n’avoir jamais quitté l’état d’intolérance à la frustration et de revendication permanente du tout-tout de suite et de la toute-puissance de leur enfance. Ils semblent avoir raté l’épisode de la maturation. Mais que dire de ces petits d’homme adultisés qui ont grandi trop vite, alors qu’ils avaient bien le temps de devenir raisonnables. Entre demander trop vite de réussir à se réguler et retarder déraisonnablement le moment où l’enfant est sollicité pour se gérer tout seul, c’est un chemin de crête qu’il faut emprunter. D’un côté le risque du laxisme, de l’autre celui de l’autoritarisme ; d’un côté la seule bienveillance, de l’autre l’unique fermeté ; d’un côté l’autonomisation trop précoce et de l’autre la sécurisation étouffante. Bien sûr que la violence éducative est à bannir sous quelque forme que ce soit. Mais reste alors à savoir ensuite comment trouver la bonne attitude. Proposer une solution universelle, un protocole garanti ou une recette infaillible et labellisée relève de l’illusion. Tout éducateur, qu’il soit parent ou professionnel est condamné à l’incertitude, aux tâtonnements et aux ajustements. La relation entre lui et l’enfant est mouvante et en évolution permanente, influencée à la fois par le tempérament et l’histoire tant personnelle que familiale de chaque protagoniste, que par le contexte et des circonstances à chaque fois spécifiques ; mais aussi par l’espace-temps où elle se déploie. L’impact de chaque acte éducatif se doit donc d’être contextualisé, les effets positifs ou négatifs de son impact étant à chaque fois singuliers.

 

Adultes suffisamment bons

Le pédiatre britannique Donald Winicott est à l’origine d’une expression qui pourrait être étendue à tous les adultes impliqués dans l’éducation des enfants. Par « mother enought good », il désignait cette perfection qu’aucune mère n’atteindra jamais. Il lui suffit d’apporter le meilleur d’elle-même, en sachant qu’elle aura toujours des insuffisances. Il en va de même pour tout un chacun à jamais imparfaits aux prises avec l’ambition de faire grandir le petit d’homme.

 

 

 

Time-out ou pas time-out ?

La continuité que l’adulte cultive dans sa relation à l’enfant peut-elle connaître des interruptions ? Quelles sont les conditions permettant à cette suspension de survenir sans conséquences négatives ? Comment agir pour la rendre constructive ?

Commençons par ce qu’il faut éviter. Il est difficile de se représenter ce que ressent l’enfant face à l’injonction d’avoir à s’isoler. Il peut le vivre comme une vengeance : lui faire payer son comportement. La mise à l’écart prend alors une dimension de rétorsion. Autre perception, celle de la culpabilisation : se voir attribuer la pleine responsabilité de la situation, comme on le fait avec une personne en capacité d’agir avec clairvoyance et lucidité. Reproche que l’on adresse à tort à un être immature en pleine tempête émotionnelle. Proche de la démarche précédente, on trouve l’exigence d’avoir à se calmer. Ce n’est pas seulement l’un ou l’autre des deux protagonistes qui doit s’apaiser, mais surtout la relation conflictuelle qui les oppose. Vient ensuite l’humiliation infligée sous forme d’exclusion : l’enfant ne serait pas digne de continuer à partager le même espace-temps et serait relégué. Mais c’est aussi l’attachement affectif qui peut lui apparaître menacé. Sans oublier le rapport de domination qu’il perçoit : l’adulte impose, l’enfant devant se soumettre.

 

Les précautions à prendre

Certes l’un a pour mission de guider l’autre. Mais, l’ascendant naturel que la différence générationnelle lui concède ne doit pas se traduire en tyrannie ou en autoritarisme. Dès lors où l’on est convaincu que l’enfant, prisonnier d’une réaction émotionnelle incontrôlable, rencontre de grandes difficultés à se projeter dans le temps et ne réussit pas à gérer ses frustrations, cela signifie qu’il ne maîtrise pas la gestion de ses comportements. Aussi, n’est-il pas pertinent de réagir comme s’il y parvenait. Le mettre en accusation n’est pas la bonne réponse. Pas plus que d’ignorer sa réaction. Il semble important d’établir un constat : pour lui, dans le moment présent, ce n’est pas possible de réussir à se réguler. Il faut donc l’aider à y parvenir. Cela peut se concrétiser sous bien des formes. L’écouter (identifier ce qu’il ressent), dialoguer (se comprendre mutuellement), négocier (trouver un terrain d’entente), effectuer un pas de côté (se décaler du conflit), passer le relais (demander un à un tiers de prendre sa place), reformuler (mettre des mots sur ce qui se passe), patienter (attendre que la tension s’apaise), câliner (préférer l’affectif à l’affrontement), opter pour une dérivation (l’inviter à se défouler sur un sac de sable prévu à cet effet), etc…

 

En famille ou … en ACM

Mais, il est aussi possible de signifier à l’enfant que chacun étant épuisé, énervé ou à bout de patience, une pause est nécessaire. L’isolement des protagonistes peut s’avérer réciproque, cette mise à distance ayant pour fonction non de stigmatiser, mais de retrouver son calme. Selon le tempérament des enfants et des adultes, ce time-out peut intervenir avant que la crise n’explose ou comme ultime solution. Cette option peut être parlée en amont, pour que l’enfant ne soit pas surpris. Elle doit aussi être potentiellement reprise en CVL. Une telle approche est tout à fait applicable dans un groupe d’enfants, quand l’un d’entre eux paralyse l’activité du fait d’une colère irrépressible. Une mise à distance peut alors intervenir, sous condition qu’elle contribue à réparer et non à nuire ou à humilier, à rejeter ou à stigmatiser. Elle doit permettre de racheter le trouble causé au fonctionnement du groupe et être suivie d’une réintégration. Idéalement, cet isolement devrait se mener de préférence en étant accompagné par un animateur (quand l’effectif présent le permet), pour aider l’enfant à s’apaiser. Sous réserve que cette procédure ne l’incite pas à perturber, rien que pour avoir un adulte auprès de soi. Là comme ailleurs, pas de recettes miracles, mais la nécessité de s’ajuster et de s’adapter à chacune des situations concrètes et singulières qui se présentent.

 

A dire … et à ne pas dire

Le propos tenu à l’enfant ne doit pas être rejetant et accusatoire. Ni « tu fais encore ta crise », pas plus que « tu empêches tout le monde de jouer » ou encore « tu es insupportable ». Même si on le pense très fort, évitons le klaxon dénoncé par Jacques Salomé « tut-tut-tut… ». Mais plutôt : « pour l’instant, c’est trop compliqué pour toi de participer, tu vas t’éloigner quelques instants. Quand tu seras apaisé, ce sera avec plaisir que nous t’accueillerons parmi nous »

 
 
Lire l'interview : Chetrit Marie - Interdire le Time-out



Ressources

J'ai tout essayé: Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans
Il me cherche: Comprendre le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans 
Isabelle Filliozat, Ed. Marabout, 2019, 256 & 224 p.

Les parents ont tendance à interpréter les comportements excessifs ou énervants des enfants comme des manifestations d’opposition, de mauvaise volonté, d’insolence. Certains se culpabilisent et cherchent le traumatisme. Et s’il y avait d’autres causes ? Les découvertes des neurosciences et de la psychologie expérimentale éclairent d’un jour nouveau ces conduites parfois exaspérantes. Ces deux ouvrages proposent des explications scientifiques fondées sur la compréhension du cerveau de nos enfants pour mieux les comprendre et remédier aux situations de conflits, de cris et de punitions et répondre le mieux possible à leurs besoins profonds.

 

Vivre heureux avec son enfant
Catherine Gueguen, 2017, Pocket, 312 p.

Comment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S'il ne veut pas se coucher ? S'il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s'opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s'appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l'enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu'une relation empathique et bienveillante permet à l'enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles. Un plaidoyer pour une autre vision de l'éducation.

L'éducation bienveillante, ça suffit 
Didier Pleux,Ed  Odile Jacob, 2023,  192 p.

Élever son enfant avec bienveillance, c’est être attentif à ses émotions, c’est poser des cadres qui faciliteront la relation, c’est valoriser la compréhension et l’empathie. Mais est-ce suffisant ? À être trop écoutés et trop valorisés, certains enfants deviennent arrogants, irrespectueux, et même des enfants tyrans… Si l’on ne veut pas que nos enfants deviennent ces enfants-là, qui ignorent les autres, ils doivent trouver, face à leurs demandes permanentes et à leurs désirs incessants, une autorité qui intègre le « non » et définit des limites claires. En examinant les principes de l’éducation bienveillante, Didier Pleux définit ce qu’est l’autorité, juste, bienveillante, exigeante, pas toujours complaisante, mais qui prépare l’enfant à la vie réelle.

File dans ta chambre !
Caroline Goldman, Ed. Dunod, 2022, 176 p.

Le petit enfant explore spontanément le monde, guidé par son instinct et son plaisir. À partir de l’âge d’un an, il a pourtant besoin que les adultes qui l’entourent l’aident à donner un format plus structuré à ses relations et à son comportement. Dans cet ouvrage didactique, écrit sans langue de bois, Caroline Goldman replace l’apprentissage des limites au centre d’un développement psychique serein, en pointant les écueils d’une parentalité « excessivement positive ». Elle justifie, à l’aide d’une feuille de route pratique et détaillée, l’usage d’une action éducative non violente pour résoudre rapidement ces troubles du comportement. Et retrouver ainsi des relations apaisées et la confiance en soi.

 

Qui commande ici ?
Marcel Rufo & Philippe Duverger, Ed. Livre de poche 2019 

Les enfants qui viennent actuellement en consultation de pédopsychiatrie ne ressemblent pas à ceux des années 1960 à 1980. On y rencontre notamment un nombre significatif d'enfants tyrans, qui n'hésitent pas à recourir à la violence physique, à la menace ou au chantage pour obtenir de leurs parents la satisfaction de leurs moindres désirs. Marcel Rufo et Philippe Duverger, pédopsychiatre tous les deux, proposent des exemples concrets questionnant les liens entre tyrannie et précocité, tyrannie et intolérance à la frustration. Voilà un guide à destination des parents soucieux d’être aidés par des professionnels pour surmonter leur désarroi. De quoi trouver des pistes pour redéfinir la place de l’enfant au sein de la famille et restaurer la valeur éducative de l’autorité.

 

Chasseur, cueilleur, parent, L'art oublié des cultures ancestrales,
Michaeleen Doucleff, 2022, 528 p.

Michaeleen Doucleff est partie avec sa fille de trois ans apprendre et pratiquer les méthodes éducatives de familles dans trois des plus vénérables communautés du monde : les Mayas au Mexique, les Inuits au-dessus du cercle arctique et les Hadzas en Tanzanie. Elle ne se contente pas de vivre avec ces familles et d’observer leurs méthodes, elle les met aussi en pratique avec sa propre fille, avec des résultats saisissants. Elle apprend la discipline sans crier. À partir de ses discussions avec des psychologues, des neuroscientifiques, des anthropologues et des sociologues, elle nous explique comment ces méthodes peuvent avoir des répercussions sur le développement et la santé mentale des enfants.

 

 Vidéos
Le bébé est une personne 
Ce documentaire en trois volets de Bernard Martino diffusé en 1984 sur TF1 eut un impact considérable. Les compétences du nouveau-né y sont décrites pour la première fois auprès du grand public. Sans être le précurseur d’une éducation positive qui trouve bien d’autres racines ailleurs, cette série marqua toute une génération.
https://www.youtube.com/watch?v=3YzV-yWMVW0
 
Les limites éducatives
Dans l’une de ses chroniques sur France Inter, Caroline Goldman, psychologue pour enfants, critique la notion de psychologie positive.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-caroline-goldman/la-chronique-de-caroline-goldman-du-mardi-11-juillet-2023-2376756
 
C'est quoi l'éducation positive et bienveillante ?
Pas de fessée, pas de punition, juste du dialogue. C'est l'"éducation bienveillante" que pratique Marie Félin avec ses enfants. Voilà pourquoi.
https://www.youtube.com/watch?v=c5LMdqJG5C0
 
 
L'éducation bienveillante, ça suffit
Didier Pleux explique que l’éducation bienveillante était à la base, positive. Cependant, cette méthode anglo-saxonne a été trop francisée et est devenue une sorte de « Dolto New Age », c'est-à-dire, moins de parents et d'autorité avec plus de liberté.
https://www.france.tv/france-2/telematin/4862218-l-interview-d-actualite-didier-pleux.html
 
Ce qu’est l’éducation positive
Isabelle Filliozat explique la différence entre une parentalité “classique” et la parentalité “positive” et comment réagir de manière efficace, sans cri, menace, chantage ou punition  aux comportements de des enfants.
https://www.youtube.com/watch?v=fkmrz8gkAZ4
 
Pourquoi est-il important de fixer des limites aux enfants ?
Les enfants n'ont pas de limites. Le rôle des parents est de mettre progressivement des limites physiques, morales, pour bien vivre et s'entendre les uns, les autres. Le point avec Florence Millot, psychologue et psychopédagogue
https://www.youtube.com/watch?v=MAvPRrANFiU

 

 

Jacques Trémintin – Journal De l’Animation  ■ n°243 ■ décembre 2023