Les psys ne sont pas des thaumaturges

Aux prières mystiques traditionnelles ont succédé de nouveaux mantras : « le soin s’impose », « l’enfant a-t-il vu un psychologue ? », « il faudrait qu’il consulte ». Combien de fois ce type d’allégation est-il proféré face à celle ou celui dont le comportement déroute et déstabilise ? Il est vrai qu’il n’y a rien de plus frustrant que de ne pas comprendre le fonctionnement de l’Autre et surtout de ne pas trouver comment l’aider à changer un comportement qui peut lui nuire, autant qu’à son entourage. Parmi les centaines de méthodologies thérapeutiques, il doit forcément y en avoir au moins une qui apporte une explication et un accompagnement.

Et si, face au mystère insondable de l’âme humaine, on faisait preuve d’un peu plus d’humilité ? Non pour renoncer à faire reculer la souffrance psychique, mais pour éviter qu’en plaquant une interprétation nous permettant enfin de penser, l’on cherche avant tout à nous rassurer nous-même. Les psys d’aujourd’hui ont pris le relais des chamanes ou des exorciseurs d’hier. On les charge d’une mission toute puissante et magique. Les incantations et les ferveurs d’autrefois ont laissé la place aux analyses et aux techniques thérapeutiques les plus diversifiées et les plus contradictoires, parfois. Certaines fonctionnent, d’autres non. Mais, dès lors qu’on les consulte, tout doit aller mieux. Ces praticiens agissent comme ils le peuvent, sans garantie sur facture. Tout dépend comment le patient les investit. Trois conditions s’avèrent nécessaires au travail engagé : reconnaître que l’on a un problème (attention à ne pas détruire un système de défense pouvant s’avérer vital), être convaincu qu’un tiers peut nous aider (beaucoup pensent pouvoir y arriver tout seul), avoir confiance dans ce tiers (on ne livre pas à n’importe qui le tréfond de son âme). Toute relation d’aide s’inspire du même proverbe : « ici, le possible est déjà fait. L'impossible est en cours. Pour les miracles prévoir un délai »

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Proximam et IMP - Belgique
« J’habite chez ma mère, à l’IMP » L’expérience belge de “Proximam” - Nos voisins belges nous ont habitué à faire preuve de beaucoup de créativité, en faisant fonctionner des expériences souvent innovantes. Nouvelle illustration : ce travail d’accompagnement à la parentalité déficiente, produit d’un partenariat exemplaire. Au départ, il y a deux établissements que rien ne prédisposait à...
Des convictions face aux pièces à charge
Comment réagit un praticien de la protection de l’enfance, spectateur de la soirée de France 3 sur l’ASE, le 16 janvier 2018 ? On ne peut passer à côtés de grossières erreurs. Comme affirmer que les familles d’accueil ne bénéficieraient d’aucune formation, alors que le Diplôme d’état d’assistant familial est devenu obligatoire …depuis 2006 ? Comme déplorer que l’on refuserait aux enfants placés ...
Où finit le diagnostic et où commence le pronostic?
Il est essentiel de comprendre la situation de celui que l’on veut accompagner… à condition de ne pas l’enfermer dans ce que l’on croit comprendre de lui.  Le diagnostic social est au cœur de toute démarche professionnelle. Face à une problématique individuelle ou collective, d’abord viennent l’écoute et l’observation attentives ; puis l’identification tant des difficultés existantes, que des...
Pontzeele Sophie - MDPH
dans Interviews
La MDPH est un pivot, non un fournisseur de solutions Entretien avec Sophie Pontzeele, responsable harmonisation des pratiques à la Maison Départementale des Personnes Handicapées du département du Nord (59) La gestion des situations complexes implique que le secteur médico-social et la protection de l’enfance s’engage dans une dynamique partenariale. Quelle relation la MDPH a-t-elle avec la...
Un dispositif de prévention précoce: le Relais parental
Quand un placement d’enfants intervient, on se demande souvent comment on aurait pu l’éviter. Mais il est trop tard. Les relais parentaux, eux y pensent avant. Il arrive parfois qu’une famille soit confrontée à une difficulté majeure dans la relation à ses enfants: maladie ou hospitalisation d’un parent, horaire de travail très décalé, brutale montée de tension, difficulté psychologique...
ADAPEI - Les Morines (41)
Un parcours sensoriel intégrateur Comment réussir à mobiliser salariés, résidents et partenaires autour d’un projet innovant et convivial ? Le foyer des Morines, accueillant des adultes déficients intellectuels vieillissants, y est arrivé. Mode d'emploi d'un succès réjouissant. Depuis quelques années déjà, les associations gérant des établissements pour adultes porteurs de handicap ont été ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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