Quadrature du cercle

Qu’y a-t-il de plus terrible que d’être accusé d’un délit ou d’un crime qu’on n’a pas commis ? Ici, deux ados rapportent des violences dont ils auraient été témoins dans une famille d’accueil. Là, un lieu de vie est signalé pour des actes de pédophilie qui s’y dérouleraient. Là encore, une jeune femme dénonce des viols qu’elle aurait subis de la part du mari de l’assistante familiale, dix ans auparavant. L’aide sociale à l’enfance (ASE) est alors confrontée à un choix cornélien entre le principe de précaution et la présomption d’innocence.

Le premier consiste à ne pas prendre le moindre risque de réitération des actes soupçonnés. Le retrait immédiat des enfants confiés permet alors de les mettre à distance d’une menace pesant potentiellement sur eux. S’il s’avère que les accusations étaient fondées, on ne peut que se féliciter de cette décision. Si ce n’est pas le cas, la violence induite par la réorientation brutale et l’instillation du doute infâmant qu’implique leur audition ne peut que s’avérer particulièrement destructrices. Sans parler de la violence imposée au lieu ou à la famille d’accueil salis par les reproches imputés et la rumeur qui s’ensuit « il n’y a pas de fumée sans feu ».

Le second principe est la présomption d’innocence : toute personne ne peut être déclarée coupable que lorsqu’elle a été judiciairement reconnue comme tel. Enquête et éventuellement jugement peuvent s’avérer très longs. Faut-il attendre une telle échéance pour protéger les enfants confiés ? Certes, non. Mais, que dire de ces adultes, finalement non poursuivis, mais éclaboussés par la procédure ? Et, du vécu des enfants déplacés à tort ?

Il est pourtant des élus et des ASE qui ont le courage de rétablir des professionnels injustement mis en cause dans leur fonction, avant que la justice ne s’oriente vers un classement sans suite. C’est une reconnaissance bienvenue. Mais, que de dégâts commis et de gâchis accumulé dans l’intervalle. Mais comment faire autrement ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1290 ■ 02/03/2021

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Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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