Les conséquences de ses actes

Léa (15 ans) trouve un stage dans une boulangerie. Pendant quatre jours, elle donne toute satisfaction au commerçant qui la félicite. L’après-midi même, elle part avec la caisse. Rudy (14 ans) a décroché de sa troisième. Sa Conseillère d’éducation le contacte afin qu’il passe au moins l’épreuve de l’ASSR, sans laquelle il sera bloqué pour son permis, plus tard. Le jour convenu, il est absent. Hilal en est à son septième conseil de discipline : insulter sa prof et lui faire un doigt d’honneur ne sont pas encore rentrés dans les normes de l’Éducation nationale. A nouveau exclu, il ne comprend toujours pas pourquoi, se remettant à peine en cause. Comment décoder ces passages l’acte d’adolescents qui semblent ne pas mesurer les conséquences des actes qu’ils posent ? Leurs transgressions semblent appartenir à un monde et le discours des adultes leur demandant des comptes relever d’un autre espace temps. La première hypothèse, qui est tentante, consiste à avancer une interprétation psychiatrique : n’y aurait-il pas une forme de psychose dans cette perte de contact avec la réalité ? La seconde piste est avancée par la psychanalyse qui invoque une névrose d’échec : face à une épreuve qu’il ne pense pas réussir à dépasser, le sujet organiserait une intolérance au succès. Il vaudrait mieux qu’il contrôle ses comportements afin de ne pas parvenir à ses fins, plutôt que de penser la réussite possible et de souffrir de ne pas y parvenir. Troisième explication possible, celle proposée par les neurosciences. Les circuits de détection des erreurs et de prédiction du cerveau se situent dans des zones tels le cortex pariétal et préfrontal, dont le câblage ne se finalise qu’à l’âge de 20 ans. Ce n’est pas que les ados ne veulent pas comprendre. C’est qu’ils ne le peuvent physiologiquement pas. Cela ne signifie nullement que les efforts d’éducation seraient vains. Ils sont indispensables, mais doivent être répétés et répétés encore, pour faire grandir et mûrir.

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1296 ■ 26/05/2021

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Madame Olive - One Woman Show
Madame Olive avait déjà sévi il y a de cela quelques années, se faisant remarquer favorablement par la critique parisienne. Elle est revenue dans une séance de théâtre-appartement pour une première représentation. Loin des sunlights de la capitale, c’est en province, devant une trentaine de spectateurs conviés dans la maison d’un particulier, que s’est joué le One Man Show mettant en scène le...
SESSAD ARRIA - Sautron (44)
Agir au plus près de l’enfant : un SESSAD au cœur de l’école Ce qui est banal, dans des pays comme la Belgique, est encore innovant dans notre pays. L’action du SESSAD de l’association ARRIA mérite un coup de projecteur : à quand la multiplication de ce type d’expérience ? Mai 2010, l’Inspection académique des Pays de Loire annonce l’ouverture, à la rentrée septembre, d’une CLIS(1) pour sept enfants ...
Le potentiel négligé de la médiation animale
Il faut remonter à 1792 pour trouver le premier usage thérapeutique de l’animal, quand un humaniste anglais, William Tucke, confia à des patients d’un asile d’aliénés un élevage de lapins et de volailles. Se sentir responsables d’animaux les fit alors se prendre un peu mieux en charge eux-mêmes. Depuis, cette pratique n’a jamais cessé d’être utilisé. Et pour cause, cette médiation interagit ...
Balta François - Débats contradictoires
dans Interviews
Les divergences devraient nous enrichir plutôt que de nous diviser François Balta, médecin psychiatre, formateur et superviseur, enseigne l’Approche Systémique (Coopérative) depuis plus de trente ans auprès -entre autres- de travailleurs sociaux. Privilégiant un travail conversationnel et coopératif, il fait ici l’éloge du partage des idées : l’échange des analyses que chacun réalise à partir ...
Vitacolo : inclusion en colonie de vacances
Des enfants en situation de handicap qui trouvent leur place au milieu des valides Beaucoup en parlent, sans toujours réussir à se donner les moyens d’y parvenir. Vitacolo concrétise l’inclusion au quotidien dans ses colonies de vacances, sans forcément que cela se sache. Cela tombe bien : Lien Social le fait savoir ! Des photos de groupes d’enfants en colo, au milieu desquels trône un fauteuil ...
Le « pognon » n’est pas « de dingue » pour tout le monde !
dans Articles
Ouvrir de nouvelles places d’accueil en protection de l’enfance (l’ASE fait face dans beaucoup de départements à des centaines d’enfants non placés) ? Donner aux associations de lutte contre les violences faites aux femmes la possibilité de les mettre à l’abri (7 820 offres d’accueil pour 35 700 demandes potentielles) ? Soulager une psychiatrie à l’os (il faudrait 10 000 lits supplémentaires) ? Réduire les ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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