Les conséquences de ses actes

Léa (15 ans) trouve un stage dans une boulangerie. Pendant quatre jours, elle donne toute satisfaction au commerçant qui la félicite. L’après-midi même, elle part avec la caisse. Rudy (14 ans) a décroché de sa troisième. Sa Conseillère d’éducation le contacte afin qu’il passe au moins l’épreuve de l’ASSR, sans laquelle il sera bloqué pour son permis, plus tard. Le jour convenu, il est absent. Hilal en est à son septième conseil de discipline : insulter sa prof et lui faire un doigt d’honneur ne sont pas encore rentrés dans les normes de l’Éducation nationale. A nouveau exclu, il ne comprend toujours pas pourquoi, se remettant à peine en cause. Comment décoder ces passages l’acte d’adolescents qui semblent ne pas mesurer les conséquences des actes qu’ils posent ? Leurs transgressions semblent appartenir à un monde et le discours des adultes leur demandant des comptes relever d’un autre espace temps. La première hypothèse, qui est tentante, consiste à avancer une interprétation psychiatrique : n’y aurait-il pas une forme de psychose dans cette perte de contact avec la réalité ? La seconde piste est avancée par la psychanalyse qui invoque une névrose d’échec : face à une épreuve qu’il ne pense pas réussir à dépasser, le sujet organiserait une intolérance au succès. Il vaudrait mieux qu’il contrôle ses comportements afin de ne pas parvenir à ses fins, plutôt que de penser la réussite possible et de souffrir de ne pas y parvenir. Troisième explication possible, celle proposée par les neurosciences. Les circuits de détection des erreurs et de prédiction du cerveau se situent dans des zones tels le cortex pariétal et préfrontal, dont le câblage ne se finalise qu’à l’âge de 20 ans. Ce n’est pas que les ados ne veulent pas comprendre. C’est qu’ils ne le peuvent physiologiquement pas. Cela ne signifie nullement que les efforts d’éducation seraient vains. Ils sont indispensables, mais doivent être répétés et répétés encore, pour faire grandir et mûrir.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1296 ■ 26/05/2021

 

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Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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