Je ne me suis pas baigné dans les algues vertes

L’été se termine en pente douce, sonnant l’heure de la réactivation de ce site.

Le lecteur aura sans doute réussi à séjourner un temps de vacances agréable. Il aura pu admirer la fonte des glaciers en montagne. Celui qui aura choisi la mer n’aura pas été déçu. Surtout s’il a opté pour la Bretagne, réputée pour son climat moins caniculaire et ses magnifiques plages dont certaines sont envahies d’algues vertes.

Justement, c’est le thème du film de Pierre Jolivet. Cette enquête menée tambour battant mérite vraiment le déplacement : bien joué, haletant, habilement monté. On ne peut s’empêcher de penser aux scandales du sang contaminé, du médiator ou de l’amiante. A chaque fois, des intérêts financiers ont bloqué et retardé les révélations, avant que la vérité n’éclate. Le même scénario se renouvelle avec ces algues vertes qui pourrissent les plages bretonnes. Il serait trop facile de mettre en accusation ces agriculteurs, victimes eux aussi d’un rouleau compresseur qui les a piégés. En réalité, c’est l’aboutissement d’une longue chaîne de responsabilités : depuis la Plan Marshall d’après-guerre qui déverse sur la France des milliers de tracteurs et d’engrais, jusqu’à la transformation de nos paysages en agriculture intensive et productiviste, en passant par un remembrement permettant d’industrialiser l’élevage et les cultures. Avec, dans cette si belle région, quatre fois plus de porcs que d’habitants, les déjections animales s’infiltrent et débordent, finissant dans une mer, où elle ensemence des tonnes d’algues qui viennent s’échouer sur le sable. En pourrissant, ces matières diffusent un gaz toxique. Mais, chut, il ne faut rien dire. Justice, préfet, syndicat agricole, élus … se liguent pour camoufler le rapport de cause à effet entre les algues et la survenue de morts animales et humaines. Surtout ne rien dire, surtout nier, surtout ignorer le danger de santé public. Il y a trop d’enjeux économiques : les banques, les coopératives et les agriculteurs qui se sont endettés pour produite toujours plus ... sur les conseils des premières. Les unes se sont enrichies … pas vraiment les autres ! Quelques militants réagissent, malgré les menaces qui pèsent sur eux. Quant aux journalistes, les locaux savent mais ne peuvent rien dire et les nationaux peuvent tout dire, mais ne savent pas, comme le disait Daniel Mermet cité dans le scénario. Voilà, en tout cas, un film dédié à la dénonciation bienvenue d’une catastrophe qui a commencé il y a cinquante ans … et qui n’est pas prête à disparaître, tant que les conséquences seules seront traitées (ramassage des algues sur les plages) sans s’attaquer au modèle productiviste qui instrumentalise l’élevage et l’agriculture. Une réflexion nécessaire mais désabusée sur le monde tel qu’il va : mal et désespérant !

 

 

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Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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