La cannette et le pétard

Est-ce pour se consoler de la bronca vécue à l’ouverture du mondial de rugby que notre cher Président s’est enfilé cul sec une bouteille de Corona au milieu des joueurs de Toulouse ? C’est vrai qu’on se console comme on peut quand sa popularité a été éclaboussée par les huées et les sifflets.

Est-ce pour « faire peuple », que notre ex-banquier bien plus habitué aux ors de la République qu’aux vestiaires sportifs montre que lui aussi sait être viril ? « Même pas cap’ » se lancent les ados qui ne rateraient pour rien au monde l’opportunité de relever le défi et de montrer ce que c’est un vrai bonhomme.

Est-ce pour flatter le lobby des boissons alcoolisées que notre futur non-candidat aux élections de 2027 a montré cette image bien franchouillarde d’un p’tit gars bien de chez nous carburant à la bière ? Cette séquence aurait mérité d’être diffusée sur les écrans géants des stades en remplacement du spot contre l’alcoolisme que notre ministère de la santé vient de supprimer pour ne pas heurter les alcooliers.

Pendant que le premier magistrat du pays se prêtait à la promotion du breuvage favori des troisièmes mi-temps, son ministre de l’intérieur lançait sa énième diatribe contre le cannabis. C’est vrai, quoi, il ne faudrait quand même pas mélanger tout. D’un côté il y a cette drogue de merde (qui n’a jamais directement tué personne) et de l’autre une tradition millénaire qui fait la ferté de nos viticulteurs et de nos brasseurs (qui fait 41 000 morts pas). Faut pas confondre !

La guerre à la drogue ? Elle est perdue depuis longtemps. L’un après l’autre nos voisins dépénalisent le cannabis (l’Allemagne se rajoutant bientôt à la liste). Mais la France reste droit dans ses bottes cumulant l’une des législations les plus répressive d’Europe et le taux de consommation le plus élevé ! Les gouvernements qui ont opté pour un traitement sanitaire de la toxicomanie ont pourtant fait leurs preuves. Mais, pas pour notre ministre, qui s’est à nouveau ridiculisé : « S'il n'y avait pas de gens qui prennent de la cocaïne, il n'y aurait pas de point de deal, il n'y aurait pas de règlement de comptes » Vieille ficelle que ce syllogisme éculé. Vous savez, si B (deal) dépend de A (consommation) et si C (règlement de comptes) est lié à B (deal), alors C (règlement de comptes) est induit par A (consommation)». Rien que pour rire, empruntons cet enchainement et appliquons-le à son auteur. Monsieur Darmanin est ministre de l’intérieur (A). Il fait souvent des déplacements (B). Notamment quand il y a des évènements dramatiques (C). N’y aurait-il pas une relation de causes à effets entre le fait que monsieur Darmanin soit ministre de l’intérieur (A) et le surgissement des crises (C) ? Décidément, la rhétorique du sophisme, pourtant vieille de 2500 ans, n’a guère pris de rides. Et elle a encore de beaux jours devant elle !

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Habitat Alternatif Social - Marseille (13)
Reconquérir sa place dans la société, en retrouvant un logement Comment répondre à la demande de logement des plus démunis, tout en utilisant cette quête pour favoriser leur insertion sociale ? C’est ce défi que relève, à Marseille, depuis 1985, l’association « Habitat Alternatif Social ». Présentation d’une action innovante et exemplaire. Il est communément admis que le minimum vital implique...
Allo, Parlons d’enfants - Rennes (35)
Répondre par téléphone aux questions des parents et des professionnels de l’enfance. L’idée est simple. L’association des Amis les Rochers l’a concrétisée. Une initiative locale qui pourrait bien s’élargir à l’échelle nationale. Ils sont psychologue, infirmier, éducateur, secrétaire et consacrent, chacun entre 15 et 20% de l’équivalent d’un temps plein, à la fonction d’écoutant. Mais ils sont...
CEF La Rouvellière - 49
 Sortir de la délinquance par l’enfermement : fable ou réalité ? Beaucoup décriés, mais peu étudiés, les Centres éducatifs fermés méritent d’être mieux connus. Que font-ils au quotidien avec ces jeunes muti-réitérants qui ont mis en échec tous les services qui les ont pris en charge ? Peut-on éduquer dans l’enfermement ? Le reportage sur le CEF de La Rouvellière, à Allonnes, près du Mans permet de ...
Se régénérer par l’écriture
Comment cette écriture tant redoutée du professionnel face à la première page blanche du rapport qu’il doit rédiger peut-elle devenir libératrice ? Mode d’emploi. Qui prend soin des professionnels qui prennent soin des usagers ? Les travailleurs sociaux ne sont pas des machines à fournir de l’aide. La prise en compte de tous les malheurs du monde, cela use. Il suffit pour s’en convaincre de...
Fracchiolla Béatrice - Les insultes
dans Interviews
Béatrice Fracchiolla est professeure de langage à l’Université de Lorraine et membre du laboratoire EA 3476 du CREM En tant que linguiste, Béatrice Fracchiolla est forcément attentive à ce que veulent dire exactement les mots. Mais, son analyse n’est pas que sémantique. Son regard porte aussi sur les mutations contemporaines de la communication et les effets pervers induits quant aux modalités...
Viltard Thomas - SESSAD
dans Interviews
De l’école aux familles : le quotidien d’un SESSAD Entretien avec Thomas Viltard, psychologue clinicien au SESSAD Mosaïque (Paris 20e) En quoi consiste l’intervention d’un SESSAD au sein des familles ? Il faut d’abord préciser que tous les SESSAD ne pratiquent pas l’intervention à domicile et que ceux qui le font ne suivent pas forcément les mêmes modalités. Je peux vous décrire comment nous pratiquons ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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