Congruence contre compétition

Depuis l’épisode « #Me-too », une vague parcourt le monde : celle de la révolte des femmes contre l’oppression patriarcale. Ce combat est légitime. Bien sûr, il n’évite pas les outrances comme celles consistant à renoncer aux œuvres d’art produites par des hommes. Mais, il serait hypocrite d’instrumentaliser les réactions exacerbées par une parole trop longtemps bâillonnée, pour relativiser ou minimer le quotidien traumatique de tant de femmes. Dénoncer ces prédateurs pour qui le corps de l’autre n’est qu’un morceau de viande est essentiel. Mais, il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt. Car, c’est bien l’éducation à la loi du plus fort qui mène à la phallocratie : celle qui convainc l’enfant de la nécessité d’être du côté des vainqueurs, des dominants et des conquérants ; celle qui charrie ces représentations de genre attribuant à l’homme des « qualités » viriles d’agressivité, d’audace et la force, quand la femme serait naturellement dotée de réserve, d’altruisme et de soumission. Combien de garçons m’ont affirmé qu’ils préféraient dominer que de l’être (leur terminologie étant bien plus crue !). Quand je les interrogeais sur la nature de notre relation duelle marquée par le respect et la bienveillance réciproques, leur réponse fusait « ce n’est pas pareil : toi, tu es mon éducateur ». Une oasis d’empathie apaisante et sécurisée, avant de retrouver le monde de la compétition, aussitôt notre échange terminé. Comment les relations homme/femme pourront-elles se modifier, tant qu’on en restera à ces représentations culturelles ? Si l’enjeu semble insurmontable, il n’est pas si inaccessible qu’on peut l’imaginer au premier abord. Peut-être devrions-nous nous inspirer du Danemark où l’enseignement de l’empathie est obligatoire auprès des enfants de 6 à 16 ans, à raison d’une heure par semaine. Développer la capacité à comprendre ce que ressent l’autre, au lieu de chercher à le surpasser : et si on commençait tout simplement par ça ?

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1290 ■ 02/03/2021

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Un SSEFS en action
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Une loi en trompe l’œil
Le 22 juillet, le Sénat votait dans les mêmes termes que les députés la semaine précédente, une nouvelle dérogation au secret médical dans les situations de violence faites aux femmes. L’article 226-14  du Code pénal prévoyait déjà deux dérogations à l’obligation du secret professionnel et aux sanctions inhérentes à sa divulgation. Premier cas de figure :  celui de « privations ou de sévices, y compris ...
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Rosenczveig Jean Pierre - Réforme de l'ordonnance de 1945
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 « Faire une économie de réforme : appliquer la loi ! » Jean-Pierre Rosenczveig, observateur vigilant de l’évolution de la justice des mineurs nous livre son regard sur les projets en cours. La délinquance juvénile a-t-elle mué à ce point pour qu’il soit urgent de modifier la loi ?Non. De 1980 à 2011, la délinquance juvénile a cru quantitativement, mais dans une moindre proportion que la...
De l'éducation spécialisée à l'éducation routière
De l’éducation spécialisée à l’éducation routière Les professionnels de l’éducation spécialisée possèdent de nombreuses compétences qu’ils mettent à profit dans leur travail auprès des usagers. A l’image d’André Garcia, à la fois moniteur éducateur et formateur en prévention routière. Portrait. André Garcia commence sa vie active, en s’engageant dans l’armée. Il s’y spécialise dans un service...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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