En même temps

Il parait qu’il faut choisir son camp, au risque d’être accusé, au mieux de faire le jeu de l’ennemi, au pire de complicité avec lui. Les invectives lancées de part et d’autre ont pour ambition d’instrumentaliser le débat. L’accusation d’islamo-gauchisme est souvent prétexte à refuser toute mise en cause des responsabilités historiques et actuelles de l’occident ; quand celle d’islamophobie est parfois utilisée pour délégitimer toute critique envers les intégrismes musulmans. Je me demande si je ne vais être menacé du bûcher en place publique, des deux côtés !

Car, je pourrais être traité d’islamo-gauchiste, dès lors où je dénonce les crimes contre l’humanité dont mon pays s’est rendu coupable, en imposant sa tyrannie à des millions d’êtres humains au cours de ses cent cinquante ans de colonisation. Mais aussi, en critiquant ces discriminations que subissent au quotidien des populations ayant pour seul tort d’avoir une couleur de peau ou une religion différente de la majorité.

Et je pourrais, tout autant, être traité d’islamophobe, dès lors où je dénonce l’intégrisme musulman, prenant ainsi le risque d’un amalgame conduisant à la stigmatisation d’une minorité opprimée. Mais aussi, en critiquant ce voile islamique qui, pour avoir des motivations polysémiques, n’en véhicule pas moins un symbole abject : celui de la domination patriarcale. Il ne deviendra banal que le jour où les hommes s’y soumettront, eux aussi.

Ces postures que je revendique semblent s’abreuver à deux sources en apparence diamétralement opposées. Pourtant, un même ciment les relie : la défense de cette dignité humaine que bafouent les fondamentalismes chrétiens, juifs ou musulmans ; l’éloge de ce métissage que haïssent tous les partisans de la pureté de leur communauté ; l’apologie de ces droits humains que méprisent tant les tyrannies de tous bords. Sachons exercer notre esprit critique, en refusant de nous laisser enrégimenter par quelque idéologie que ce soit.

 

 Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1294 ■ 27/04/2021

 

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Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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