Dépasser les perturbations

Dans leur quotidien professionnel, les assistantes de service sociale doivent faire face à toutes les détresses liées à la précarité du marché du travail, à la fragilité des ressources, aux dettes que l’on ne peut honorer, aux dépenses inattendues, aux difficultés à faire valoir ses droits, aux ruptures du versement des aides sociales, à l’imbroglio administratif pour les solliciter, au manque de logements sociaux, aux ruptures conjugales, aux problèmes familiaux … Autant d’épreuves qu’elles accompagnent aux côtés des usagers, pour leur permettre d’y faire face. Jusque-là, elles s’appuyaient sur l’observation de leurs réactions. Les indices fournis par la communication non-verbale leur permettaient de décoder leur état d’esprit, de mesurer leur degré de disponibilité, d’évaluer leur capacité de mobilisation : moues, mimiques, tressaillement du visage, mouvement des lèvres, ton de la voix étant autant d’indicateurs les guidant. Dorénavant, non seulement la crise sanitaire se double d’une amplification de la crise sociale, la plupart des problématiques des usagers s’en trouvant aggravée. Mais le riche savoir-faire et savoir-être déployés depuis toujours se heurtent à un obstacle inattendu. Le port du masque et l’usage immodéré du téléphone perturbent des interactions rendues bien plus complexes à décoder. Sur le pont pour assurer leur mission, leur travail est confronté à d’improbables efforts de compensation et d’adaptation partagés par toutes les professions de relation d’aide.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1297 ■ 08/06/2021

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
A la manière de... ou comment un foyer de vie se taille le portrait - Saint Pavace (72)
La créativité des équipes éducatives se déploie souvent à bas bruit, restant dans la confidentialité et l’entre-soi. Elle mérite pourtant bien mieux. A l’image du Foyer de vie de Saint Pavace. L’Association d’Action et d’Insertion Sociale, plus connue sous le sigle ANAIS, est une institution qui a bien grandi. Créée en 1954, pour améliorer la qualité de vie des personnes porteuse de handicap ...
Céléguègne Nicolas - Discrimination
dans Interviews
« Face aux préjugés, les jeunes générations sont autant crédules que lucides » Fort de son riche parcours en tant qu’animateur, puis directeur en A.C.M. pendant une vingtaine d’année, formateur BAFA, BAFD, BEATEP, BPJEPS à la Ligue de l’enseignement, formateur d’éducateurs spécialisés, de moniteurs éducateurs ou d’aides médicopsychologiques à l’IMF de Marseille et enseignant au GRETA, Nicolas ...
Dénoncer ne suffit pas
dans Articles
Nous sommes un certain nombre de travailleurs sociaux à nous être retrouvés, en ce dimanche 16 octobre, devant notre étrange lucarne. Par masochisme ou par curiosité, par penchant pour le scandale ou par hasard ? Peu importe, nous n’avons pas été déçus du voyage ! Alors qu’avec la diffusion sur une chaîne concurrente de l’exceptionnel « Hors normes », film inspiré par l’action remarquable de ...
Objectif familles - Trappes (78)
Ou comment se donner les moyens de l’insertion Un suivi approfondi et intense des familles bénéficiaires du RMI : nombreux sont les travailleurs sociaux qui pensent que c’est là l’une des meilleures façons de procéder pour permettre aux usagers de sortir du dispositif, en réussissant à s’insérer. Et pourtant, chaque intervenant cumule un nombre bien trop important de suivis ne lui permettant pas de ...
Le SEMO
Entre AEMO et internat, un dispositif original : le SEMO Il arrive parfois que la situation d’une famille soit trop dégradée pour qu’une simple aide éducative soit suffisante, mais pas assez pour qu’un placement soit nécessaire. Et pourtant le seul choix se situe entre ces deux solutions, au risque d’agir trop fort... ou pas assez. D’autres solutions sont pourtant possibles. Les SEMO du ...
Collectif MIE (44)
Les mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers ont aussi des droits En Loire Atlantique, des travailleurs sociaux se mobilisent pour mettre un terme au traitement de plus en plus discriminatoires réservés aux mineurs isolés étrangers. L’Éducation nationale a refusé la scolarisation de Margareta en collège, l’orientant vers une classe allophone … qui a un délai d’attente d’un an. Les documents d’état ...


Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org