Dépasser les perturbations

Dans leur quotidien professionnel, les assistantes de service sociale doivent faire face à toutes les détresses liées à la précarité du marché du travail, à la fragilité des ressources, aux dettes que l’on ne peut honorer, aux dépenses inattendues, aux difficultés à faire valoir ses droits, aux ruptures du versement des aides sociales, à l’imbroglio administratif pour les solliciter, au manque de logements sociaux, aux ruptures conjugales, aux problèmes familiaux … Autant d’épreuves qu’elles accompagnent aux côtés des usagers, pour leur permettre d’y faire face. Jusque-là, elles s’appuyaient sur l’observation de leurs réactions. Les indices fournis par la communication non-verbale leur permettaient de décoder leur état d’esprit, de mesurer leur degré de disponibilité, d’évaluer leur capacité de mobilisation : moues, mimiques, tressaillement du visage, mouvement des lèvres, ton de la voix étant autant d’indicateurs les guidant. Dorénavant, non seulement la crise sanitaire se double d’une amplification de la crise sociale, la plupart des problématiques des usagers s’en trouvant aggravée. Mais le riche savoir-faire et savoir-être déployés depuis toujours se heurtent à un obstacle inattendu. Le port du masque et l’usage immodéré du téléphone perturbent des interactions rendues bien plus complexes à décoder. Sur le pont pour assurer leur mission, leur travail est confronté à d’improbables efforts de compensation et d’adaptation partagés par toutes les professions de relation d’aide.

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1297 ■ 08/06/2021

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Qu’en sera-t-il demain ?
Voilà le texte de mon intervention lors de la « Conférence du confiné » diffusée le mercredi 29 avril 2020et visible ICI Qu’en sera-t-il demain ? Avant de parler de l’après épidémie, il est important de rappeler l’avant. Je vous propose de faire un bon en arrière de quarante ans et de nous remémorer ce qui s’est passé dans les années 1980. A l’issue de la crise pétrolières et industrielles qui ...
SPE et les avocats 2 - St Nazaire (44)
Educateur/avocats : Une place pour chacun et chacun à sa place Rencontre entre les éducateurs de la SPE et les avocats du barreau de St Nazaire Les uns se placent sur le terrain juridique, les autres sur celui de l’éducation. Doivent-ils s’ignorer, voire même s’affronter ? En se (re)connaissant mieux, ils peuvent apprendre à se respecter et pourquoi pas à être complémentaires. C’est l’histoire ...
Des convictions face aux pièces à charge
Comment réagit un praticien de la protection de l’enfance, spectateur de la soirée de France 3 sur l’ASE, le 16 janvier 2018 ? On ne peut passer à côtés de grossières erreurs. Comme affirmer que les familles d’accueil ne bénéficieraient d’aucune formation, alors que le Diplôme d’état d’assistant familial est devenu obligatoire …depuis 2006 ? Comme déplorer que l’on refuserait aux enfants placés ...
Educatif et milieu fermé
L’éducatif est-il soluble dans l’enfermement ? Certains débats qui agitent les milieux éducatifs et judiciaires français ont été tranchés depuis bien longtemps à l’étranger. L’action éducative qui semble chez nous impossible en milieu fermé y est pratiquée au quotidien. Vérité en deçà des Alpes et erreur au-delà ? Reportage. Il est de bon ton, dans les milieux socio-éducatifs, de considérer qu’il...
(Des)espoir de logement
Familles migrantes, locataires expulsés avant la trêve hivernale, sans domiciles fixe en quête de places d’accueil, demandeurs d’asile en fin de prise en charge, jeunes adultes mis à la porte de chez leurs parents, mineurs non accompagnés en errance, travailleurs précaires dormant dans leur voiture, naufragés exclus des CHRS, malades mentaux sortant d’hospitalisation, femmes fuyant les violences ...
Identifier le potentiel de la personne lourdement handicapée
A ne voir que les manques des populations en difficulté, on risque de passer à côté de leurs compétences potentielles. La formation portée par l’ANDESI est venue bousculer les pratiques professionnelles et les habitudes acquises. Reportage. S’il est un public dont on peut a priori douter de la capacité et de la compétence, c’est bien celui composé de personnes atteintes de lourds handicaps tant...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org