On n’est pas passé loin

Une barricade improvisée. Des banderoles déployées affirmant « on est chez nous ». Une volonté clairement affichée de s’opposer au « grand remplacement ». Des menaces à peine voilées contre le gérant à qui l’on promettait de brûler son véhicule.

Jusque-là, ce camping vivait dans une sérénité tournée vers les plaisirs de la plage toute proche. Et puis un bloc sanitaire tomba en panne d’eau chaude à la veille du 14 juillet. Spontanément, les campeurs qui l’entouraient migrèrent … vers le second bloc que comportait le terrain.

Il n’en fallut pas plus pour que celles et ceux qui avaient choisi leur place dans la seconde partie du camping commencent à grogner. La révolte s’enfla quand la file d’attente pour les douches et la vaisselle s’allongea. Tout commença par des mots et des réflexions. Puis vinrent les invectives. S’ensuivit la revendication d’une priorité donnée aux installations proches des sanitaires. Un début d’affrontement eut même lieu, alors que les uns passaient devant les autres dans la queue, en affirmant que c’était « leur » bloc et qu’ils refusaient de se laisser envahir.

Deux groupes hostiles se faisaient face. Aux arguments revendiquant la solidarité devant l’adversité s’opposaient d’autres raisonnements qui mettaient en avant la défense d’un environnement jusque-là préservé. Dorénavant, il fallait supporter le « bruit et les odeurs » d’un bloc saturé par une fréquentation non prévue initialement dans le calibrage des sanitaires.

Les gendarmes furent appelés en renfort qui tentèrent de raisonner les uns et les autres. Une insulte de trop et le fragile cordon des forces de l’ordre fut débordé, déclenchant une bagarre généralisée.

Je me dressais soudain dans mon lit en hurlant : « arrêtez, vous êtes devenus fous ». En nage, je me rendis vite alors compte que ce n’était qu’un cauchemar. Le plombier allait passer lundi. Deux jours encore à tenir, en espérant éviter l’émeute d’ici là. Faisant partie des migrants, je me rendis au bloc 2, avec une certaine appréhension, m’attendant à affronter une quelconque hostilité. Il n’en fut rien. J’y trouvais des campeurs mêlés les uns aux autres, sans réussir à distinguer celles et ceux qui résidaient dans les deux parties du terrain. Je me mis alors à reprendre espoir dans l’espèce humaine.

 

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Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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