On n’est pas passé loin

Une barricade improvisée. Des banderoles déployées affirmant « on est chez nous ». Une volonté clairement affichée de s’opposer au « grand remplacement ». Des menaces à peine voilées contre le gérant à qui l’on promettait de brûler son véhicule.

Jusque-là, ce camping vivait dans une sérénité tournée vers les plaisirs de la plage toute proche. Et puis un bloc sanitaire tomba en panne d’eau chaude à la veille du 14 juillet. Spontanément, les campeurs qui l’entouraient migrèrent … vers le second bloc que comportait le terrain.

Il n’en fallut pas plus pour que celles et ceux qui avaient choisi leur place dans la seconde partie du camping commencent à grogner. La révolte s’enfla quand la file d’attente pour les douches et la vaisselle s’allongea. Tout commença par des mots et des réflexions. Puis vinrent les invectives. S’ensuivit la revendication d’une priorité donnée aux installations proches des sanitaires. Un début d’affrontement eut même lieu, alors que les uns passaient devant les autres dans la queue, en affirmant que c’était « leur » bloc et qu’ils refusaient de se laisser envahir.

Deux groupes hostiles se faisaient face. Aux arguments revendiquant la solidarité devant l’adversité s’opposaient d’autres raisonnements qui mettaient en avant la défense d’un environnement jusque-là préservé. Dorénavant, il fallait supporter le « bruit et les odeurs » d’un bloc saturé par une fréquentation non prévue initialement dans le calibrage des sanitaires.

Les gendarmes furent appelés en renfort qui tentèrent de raisonner les uns et les autres. Une insulte de trop et le fragile cordon des forces de l’ordre fut débordé, déclenchant une bagarre généralisée.

Je me dressais soudain dans mon lit en hurlant : « arrêtez, vous êtes devenus fous ». En nage, je me rendis vite alors compte que ce n’était qu’un cauchemar. Le plombier allait passer lundi. Deux jours encore à tenir, en espérant éviter l’émeute d’ici là. Faisant partie des migrants, je me rendis au bloc 2, avec une certaine appréhension, m’attendant à affronter une quelconque hostilité. Il n’en fut rien. J’y trouvais des campeurs mêlés les uns aux autres, sans réussir à distinguer celles et ceux qui résidaient dans les deux parties du terrain. Je me mis alors à reprendre espoir dans l’espèce humaine.

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
De la radicalisation au terrorisme : Focus sur l’islamisme
dans Articles
Si les suprématistes blancs et les islamophobes extrémistes commettent aussi des attentats meurtriers, les islamistes sont parmi les plus acharnés des fanatiques à perpétrer des actes terroristes dont les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes. Les terroristes islamistes se donnent pour projet d’imposer par l’ultra-violence leur modèle politique de société. Ce qu’ils ont déjà appliqué ...
Laëtitia - 2 - Du côté des professionnels
Ce qu’un éducateur peut dire, après avoir regardé la série de Jean-Xavier de Lestrade sur France 2. Qu’en est-il de la représentation de la protection de l’enfance dans la fiction faisant le récit du viol, meurtre et dépeçage de Laëtitia Perrais vivant en famille d’accueil en Loire atlantique ? C’est, sans doute, son angle mort, son scénario se montrant bien plus erratique. On voit apparaître la même ...
Duhamel Pierre - Savoir expérientiel
dans Interviews
Le savoir expérientiel est-il légitime ? Enfant placé, puis travailleur social, Pierre Duhamel est aujourd’hui formateur dans le social. Cet itinéraire qu’il décrit dans son livre « le bal des aimants », Lien Social a voulu mieux le connaître, avec comme question sous-jacente : comment travailler en protection de l’enfance quand on a été soi-même maltraité et placé en foyer pendant dix ans ? ...
Le SAPMN
Entre Internat et AEMO, un dispositif original : le S.A.P.M.N. Le dispositif français de protection de l’enfance en danger possède bien des qualités. Pourtant, certaines de ses rigidités obligent parfois les familles et les intervenants sociaux à marcher sur la tête. Ce n’est pas les procédures qui s’adaptent à la complexité des situations, mais les situations qui doivent rentrer de force dans des ...
Delemar Eric - Atteintes aux droits des enfants
dans Interviews
Éric Delemar, ancien directeur du centre départemental de l’enfance d’Ille-et-Vilaine a été nommé défenseur des enfants en novembre 2020. Quel bilan d’étape pose-t-il en ce début 2023 ? « Les atteintes au droit des enfants sont multiples »   Quel est l’état de la protection de l’enfance en France ? Le rapport publié récemment par les inspections des ministères de la Justice et des Affaires ...
CEF - Saint Denis le Thiboult (76)
Les centres fermés peuvent-ils être ouverts à l’éducatif ? Pour les uns, ils sont l’ultime chance avant la prison, pour les autres c’est un lieu de perdition pour tout éducateur qui se respecte… Loin des représentations idéologiques et des polémiques, et afin que chacun se fasse sa propre opinion,  peut-être est-il utile de savoir comment fonctionne concrètement un Centre éducatif fermé ?...


Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org