SCIENCES HUMAINES
Parler d’amour au bord du gouffre
Si l’on s’en tient aux constats des services de police, 92% des jeunes délinquants ont subi des maltraitances dans leur enfance. Y aurait-il donc une fatalité qui mènerait au crime par un mécanisme d’identification à l’agresseur ? Si l’on se tourne vers les éducateurs, on apprend que 74 % des jeunes qu’ils suivent évoluent positivement et réussisse leur vie. Tout n’est donc pas joué d’avance. Le processus de résilience consiste justement dans le refus de se soumettre aux discours qui prophétisent le
Le dictionnaire des sciences humaines
Sous la direction de Jean-François DORTIER, éditions Sciences Humaines, 2004, 875 p.
Le travail social se donnant pour objectif la résolution des problèmes, le changement social et à l’amélioration du bien-être général, il ne peut que se nourrir en permanence de l’apport des sciences humaines. Les connaissances portant sur le fonctionnement du psychisme, la compréhension des relations interpersonnelles, l’appréhension de la multiplicité des formes de vie sociales, économiques, morales inventées au cours de l’histoire, le discernement des
Les interdits, fondement de la liberté
Michel FIZE, Presse de la Renaissance, 2004, 196 p.
Il est d’usage d’opposer liberté et interdit, la première étant à chérir et le second à proscrire. Michel Fize nous rappelle avec force dans un ouvrage fort bien documenté, que loin d’être antagonistes ces deux notions sont éminemment complémentaires. Bien sûr, si l’interdit s’impose de façon absolue à certaines libertés (comme celles de nuire à autrui), il n’est parfois jamais opposable à d’autres (telle la liberté de pensée). Mais, la liberté ne peut être absolue que pour l’ermite, ou
La sexualité des enfants
Jean-Yves HAYEZ, Odile Jacob, 2004, 318 p.
Le sujet de cet ouvrage n’est pas tant l’enfant abstrait, celui qu’on idéalise, que l’être réel qui est animé d’une force de vie qui lui permet de grandir, sa sexualité étant en cohérence avec sa maturation progressive. Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre, nous propose un ouvrage tout en nuance qui fait la place à la complexité du petit d’homme. Il s’intéresse tant à ses fonctionnements qu’il appelle « suffisamment sains » qu’à ceux qui sont d’autant plus préoccupants qu’ils ne se limitent pas à une
La Résilience ou comment renaître de sa souffrance?
Sous la direction de Boris CYRULNIK et Claude SERON, édition Fabert, 2003, 248 p.
Le devenir adulte de tout enfant dépend pour partie de facteurs internes neurologiques et génétiques : à la naissance, nous avons tous à peu près les mêmes promesses de développement. Mais pour l’autre partie, ce qui joue un rôle tout aussi important, ce sont les stimulations extérieures et notamment les conditions de vie socio-économiques. Pour ce qui est de l’enfant victime de mauvais traitement, l’acquisition de ressources internes constitue un facteur
Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe. Une biographie
Richard Pollack, éditions les empêcheurs de penser en rond, 2003, 528 p.
La lecture de cette biographie de Bettelheim est stupéfiante. On y découvre sans haine, mais aussi sans aucune concession, la dénonciation d’une mystification digne des pires gourous. Le célèbre psychanalyste y est présenté comme un menteur congénital qui a passé toute son existence à falsifier son passé et son itinéraire. Né d’une famille bourgeoise viennoise, Bettelheim doit abandonner ses études pour reprendre, à la mort de son père, l’entreprise de négoce de bois
Les visiteurs du soi - A quoi servent les psys ?
Jean Cottraux, Odile Jacob, 2004, 347 p.
Jamais notre société n’a été aussi pessimiste, faisant de l’appel aux psys un réflexe. On les consulte pour tout : les événements graves, mais aussi des moments de la vie courante qui étaient naguère bien plus tolérés. En se déchargeant de tous ses maux sur cette discipline, la collectivité fait l’économie d’un examen critique de ses fins et de ses moyens. Car, si l’on sait que les décompensations psychiques sont dues pour moitié à des facteurs génétiques, les autres éléments déclenchant relèvent de
Des maux indicibles, sociologie des lieux d’écoute
Didier FASSIN, La découverte, 2004, 198 p.
On a vu se développer depuis quelques années de multiples lieux destinés à écouter et à prendre en charge la souffrance psychique. Quoi de plus légitime que cette approche qui propose aux victimes d’une précarité élevée au niveau de mode de régulation du travail et du marché, de pouvoir faire reconnaître le bien-fondé de leur plainte et reconstruire leur identité ? C’est sans compter sur une sociologie qui n’épargne rien et passe au papier de verre de son regard critique tout ce qui peut apparaître
L’invention de l’autorité
Alain VULBEAU, Jacques PAIN, Matrice, 2003, 236 p.
De l’autorité, on en a beaucoup parlé d’un point de vue longitudinal (ce qu’elle était hier, ce qu’elle n’est plus aujourd’hui). On a décrit ce qu’on met en œuvre quand elle vient à manquer : séduire pour prévenir ou menacer pour contenir, alors même qu’elle doit pouvoir convaincre sans persuader et s’imposer sans contraindre. Les auteurs ont choisi d’aborder ce sujet d’un point de vue transversal, en essayant d’explorer ce concept à partir des différentes façons dont il se décline sur le
Le chaos du vieillissement
Sous la direction de Michel PERSONNE, érès, 2003, 184 p.
Il n’y a pas d’organisation vivante sans processus de destruction. L’être humain n’échappe pas à cette règle. Le vieillissement extrême peut même s’identifier à une forme de chaos. Physique tout d’abord, du fait de l’altération physiologique de chacune de nos cellules ainsi que de nos capacités sensorielles. Au niveau des sentiments, ensuite : n’arrivant plus à faire connaître ses désirs, le sujet âgé finit par ne plus désirer. Ne désirant plus, il se néglige. Se négligeant, il ne