Billets d'humeur
-
dans Billets d'humeur
-
Pourquoi cette violence ?
Une seule victime, c’est une de trop. Essayons pourtant de comprendre.
Le 9 juin dernier, un adolescent de 14 ans assassinait sa petite amie de 13 ans, en la poignardant à mort. Ce terrible fait divers nécessite d’être déconstruit, pour ne pas nous enfermer dans la seule et légitime émotion qu’il fait naître en nous.
Dépasser la tétanisation
Il n’est pas anodin que ce soit une fille qui ait été victime d’un garçon. Les violences au sein du couple concernent à 70 % la femme pour 30 % l’homme. Le rôle du prédateur induit culturellement par
-
dans Billets d'humeur
-
L’argent fait-il le bonheur ?
Non, mais il y contribue, affirme-t-on souvent … sans pour autant le garantir !
« Ce que je veux faire quand je serai adulte ? Gagner plein de fric ! » Qui n’a pas entendu, un jour, cette réponse péremptoire un tantinet provocatrice d’un ado à une question faussement ingénue ? Certes, il n’y a rien de plus légitime que de revendiquer de vivre avec un revenu décent qui évite de se retrouver dans le rouge, chaque 20 du mois. Mais, y a-t-il une proportionnalité entre le bien-être ressenti et le montant du salaire versé sur son compte en
-
dans Billets d'humeur
-
Choisir sa mort
Le débat est vif et sans concession de part et d’autre. D’un côté, les farouches opposants à toute forme d’euthanasie, de suicide assisté ou de la moindre possibilité de décider de sa fin de vie. De l’autre, les partisans du droit à mourir dans la dignité qui élèvent cette opportunité au rang d’ultime liberté. Les arguments des premiers sont sectaires et dogmatiques : ils sont persuadés de détenir la seule vérité qui vaille, considérant que toute abolition de l’interdit fondateur de se donner la mort signerait la fin de la civilisation. Les
-
dans Billets d'humeur
-
Entre anomie et rigorisme
Le foulard islamique que porte une femme serait un signe d’oppression en Iran et de liberté en France. Alors qu’à la fin des années 1960, des lycéennes peuvent enfin porter un pantalon, la robe leur étant imposée jusque-là, cinquante ans plus tard, d’autres revendiquent de couvrir leur chevelure décrétée impudique par leur religion. Sauf à conjuguer à l’envers le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie, on aura quand même du mal à démontrer que l’émancipation passe par un signe de subordination. On a aussi connu l’affaire
-
dans Billets d'humeur
-
Est-ce grave, docteur ?
Le travail social a toujours été traversé par des préceptes sensés résumer son essence … du moment. Le dernier slogan à la mode s’inspire d’une phrase attribuée tantôt à Mandela, tantôt à Gandhi : « tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi. » S’il s’agit de prendre en compte la personne que l’on accompagne dans une dynamique de co-appropriation de sa problématique, le sens de cet aphorisme est plutôt pertinent. Pourtant, il est de multiples circonstances où il s’avère contre-productif. La petite grand-mère qui vient
-
dans Billets d'humeur
-
Fait-on de l’éducation dans l’enfermement ?
Certaines pédagogies dites de la liberté proclament la possibilité donnée à l’enfant de grandir sans aucune contrainte que celles qu’il se fixe lui-même dans sa découverte de l’apprentissage de la vie. A l’inverse, la pédagogie noire -concept créé par la pédagogue allemande Katharina Rutschky et popularisé par Alice Miller- cherche à briser la volonté de l'enfant dont la nature considérée par essence comme mauvaise doit se soumettre à l’autorité de l’adulte. Entre ces deux extrêmes à proscrire, une graduation existe que chaque adulte adapte
-
dans Billets d'humeur
-
Croire à ou croire en ?
Les travailleurs sociaux sont confrontés, comme le reste de la société, à une recrudescence de dénonciations de violences sexuelles de la part de femmes agressées. La question qui se pose à eux est de savoir s’ils doivent prendre pour argent comptant les révélations qu’ils reçoivent. La même problématique s’était posée pour les enfants subissant une maltraitance familiale. L’effet balancier s’était fait sentir : alors que la parole du petit d’homme fut pendant longtemps frappée d’incrédulité, elle fut ensuite sacralisée, jusqu’à ce que
-
dans Billets d'humeur
-
Universalisme ou apartheid ?
A votre réveil, les rayons du soleil viennent frapper « l’attrape rêve » accroché sur le mur, détruisant les cauchemars qui y sont restés coincés. Mauvaise pioche. Vous sortez de dessous votre drap décoré de hiéroglyphes. Cela commence mal. Vous enfilez vos tongs. C’est mal parti. Vous revêtez ce boubou où vous vous sentez si à l’aise. Vous aggravez votre cas. Vous avalez votre café. Vous n’êtes plus à sauver. A la cantine, vous choisissez au menu un curry d’agneau. Vous vous enfoncez. En fin d’après-midi, vous vous rendez à votre séance
-
dans Billets d'humeur
-
Le syndrome du mouton à cinq pattes
Peut-on affirmer que l’avortement représente potentiellement un traumatisme pour une femme qui le pratique … sans être aussitôt accusé de reproduire les éléments de langage des « pro-vie » opposés à l’interruption volontaire de grossesse ? Peut-on affirmer que le handicap a d’abord une origine individuelle physique, mentale, génétique … sans être immédiatement assimilé aux validistes qui nient, négligent ou minimisent un contexte sociétal stigmatisant qui participe à surhandicaper les personnes différentes ? Peut-on contester l’application de
-
dans Billets d'humeur
-
Relier sans stigmatiser
La tradition orale a dominé la civilisation humaine pendant des millénaires, malgré l’invention de l’écriture qui resta longtemps une pratique confidentielle réservée aux élites. Les épopées de Gilgamesh en Inde, de l’Illiade et l’Odyssée en Grèce, les mythes nordiques de l’antiquité, les chansons de geste du moyen âge et autres récits épiques furent racontés oralement, très longtemps avant d’être retranscrits et lus. C’était des milliers de vers à retenir et à réciter, preuve de la formidable capacité de mémorisation dont a toujours su faire