Descente aux enfers

En 1947, 34 % des Français affirmaient ne pas croire en Dieu. En 2004, ils étaient 44 %. En 2021, ils sont 51% ! Où s’arrêtera le toboggan ? C’est vrai que, partout dans le monde, les scandales n’ont cessé d’éclabousser l’institution catholique : pensionnats religieux de garçons où les viols étaient monnaie courante, couvents enfermant des adolescentes soumises au travail forcé, sans compter les charniers découverts en début d’été au Canada. Durant tout le XXème siècle, les autorités politiques de ce pays, épaulées par les églises chrétiennes, ont organisé un véritable génocide culturel, en arrachant à leurs familles 150 000 enfants amérindiens et en les enfermant dans des internats. L’objectif ? L’assimilation par l’évangélisation, afin de les débarrasser de leurs traditions millénaires. Loin de sauver leur âme, c’est l’enfer qui leur fut réservé : mauvais traitements, malnutrition, maladies, viols… On a retrouvé six milles cadavres. Longtemps limitées au monde anglo-saxon, ces révélations ont bientôt atteint l’hexagone. En 2010, des témoignages d’anciennes pensionnaires de la congrégation du Bon Pasteur dénonçaient les sévices qu’elles y subirent. Puis, ce fut l’estimation des 333 000 victimes des 3 200 prédateurs sexuels sévissant au sein de l’Église de France depuis 1950. Né avec un message de fraternité et de bienveillance, le christianisme est très vite passé du côté des puissants, soutenant toutes les oppressions et tyrannies depuis deux mille ans. Il n’y a rien de plus respectable qu’une croyance religieuse : chacun(e) doit pouvoir cultiver librement sa spiritualité. À condition, toutefois, de ne pas chercher à imposer ses convictions à autrui. Il appartient à chaque fidèle de mesurer les écarts entre les valeurs affichées par sa confession et les innombrables crimes commis en son nom. Mais en tout cas, que ces autorités religieuses cessent de nous donner de leçons de morale et d’humanité, terrain sur lesquels elles n’ont plus aucune légitimité.

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1303 ■ 19/10/2021

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Cheval Sophie - Tyrannie de l'apparence
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Agir plutôt que subir Sophie Cheval est psychologue, psychothérapeute et auteure La tyrannie de l’apparence, si elle s’impose à tous, n’est pas pour autant une fatalité, pour peu qu’on sache en devenir maître, plutôt que de se faire instrumentaliser par elle. C’est là toute la démonstration de Sophie Cheval qui nous explique non seulement sa genèse et ses conséquences sur notre mode de vie, mais qui ...
L’impro, au service de l’éducation
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Qu’elles fêtent leur jubilé ou leurs premières années d’existence, les ADEPAPE déploient un précieux savoir-faire. Reportages dans l’est et le sud de la France La création de l’ADEPAPE de Meurthe et Moselle, qui adopta le nom symbolique de Tremplin, remonte à 1946. Mais, elle ne prend vraiment son élan à partir de 1973. L’objectif central qui traverse ses bientôt cinquante années d’existence est le ...
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Une psychiatre transmet un signalement au procureur de la République, pour accuser l’ASE d’avoir fait interner un adolescent uniquement par manque de place en famille d’accueil. En réalité, Valentin avait pris l’habitude de menacer d’un couteau tout adulte ne cédant pas à ses exigences. Constatant une nouvelle crise, c’est bien pourtant le psychiatre des urgences qui avait ordonné l’admission. Un service de ...
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Rapprochement AS-Educ : ce que l’histoire nous apprend Faut-il un travailleur social unique et un tronc commun de formation ? Ce questionnement n’est pas récent. Il y a cinquante ans déjà, il a mobilisé les professionnels. Où en est le travail social en 1967 ?Ce qu’il y a de notable tout au long des années 1960, c’est l’affirmation de plus en plus forte des éducateurs spécialisés. Après-guerre, ils intervenaient...
La contention en éducation spécialisée
Atteinte à la liberté ou protection ? Si la possibilité de contention en psychiatrie a récemment été reconnue par la loi, il n’en va pas de même pour le secteur socio-éducatif qui ne bénéficie que de préconisations éthiques. État des lieux.  L’audience dans le bureau du juge des enfants avait bien débuté. L’adolescent était calmement assis à côté de sa mère. Un moment de frustration insupportable...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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