Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Une enfance en enfer

Jean FAYARD, Le Cherche Midi, 2003, 282 p.

Ce que Jean Fayard nous décrit de son enfance est proprement hallucinant. On a du mal à imaginer qu’un homme victime à ce point de l’acharnement et de la violence aie pu survivre sans devenir un psychopathe assoiffé de vengeance. Jugeons-en plutôt. Sa vie commence dans un réduit puant la saleté et les déjections humaines. Son père, imbibé d’alcool, fait régner la terreur à la maison. Sa mère, ne vit que dans la haine  de ses enfants. Incapable de subvenir à leurs besoins, elle les contraint à faire

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Sans père, ni repères...

Catherine LEHOUX-FLEURY, éditions Bouchène, 2003, 97 p.

Il est des destins qui peuvent paraître, au premier abord, marqués par le sceau de la fatalité, l’idée d’une reproduction intergénérationnelle quasi-automatique de la maltraitance restant encore vivace. Pourtant, si l’on sait qu’il est possible d’échapper au pire, trop souvent les seules illustrations qui émergent sont celles de la perpétuation du malheur. C’est parce qu’il démontre le contraire, que le récit de Catherine Lehoux-Fleury est si précieux. Ce qu’elle nous décrit de son

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Les blessures psychiques. La force de revivre

Gustave-Nicolas Fischer, Odile Jacob, 2003, 272 p.

Viols, guerres, massacres, agressions : la simple description des faits est défaillante et le langage est réducteur pour saisir ce qu’est une vie brisée. D’autant qu’il n’y a pas de corrélation automatique entre l’intensité d’une violence subie et le choc psychique que celle-ci peut provoquer. Les dégâts commis, s’ils peuvent être mesurés au plan physique, peuvent aussi causer, même si c’est moins visible, des dommages psychologiques bien plus considérables encore. Le traumatisme crée alors

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Je vous demande le droit de mourir

Vincent Humbert, éditions Michel Lafon, 2003, 188 p.

Le tapage médiatique qui a accompagné la parution de ce livre (un bandeau annonçant d’une manière particulièrement racoleuse que son auteur ne vivrait peut-être plus au moment de la mise en vente de son récit) avait de quoi provoquer une certaine méfiance, quant à la lecture d’un tel ouvrage. Et puis, ce que l’on découvre dans ces pages s’avère d’une grande pudeur et d’une force émotive intense. Après tout, au-delà des discussions de salon, animées par des gens plein de vie et bien portant

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Les sectes

Alain VIVIEN, Odile Jacob, 2003, 252 p.

500.000 personnes seraient concernées par le développement du sectarisme : adeptes, repentis, mais aussi victimes collatérales (familles, enfants, ...). Des116 groupes identifiés par les renseignements généraux en 1982 aux 172 répertoriés en 1995, des 300 dénoncés par les associations de défense aux 800 constatés par les spécialistes catholiques, peu importe leur importance numérique, ce qui compte, c’est de connaître leur mode d’approche. Chacun semble avoir sa cible privilégiée (couches moyennes ou

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Le retour de l’intolérance. Sectarisme et chasse aux sorcières

Bernard LEMPERT, Bayard, 2002, 304 p.

L’ouvrage de Bernard Lempert apparaît comme le grain de sable politiquement incorrect. Son argumentation vient bousculer bien des certitudes parfois un peu simplistes. L’auteur n’y va pas par quatre chemins : les mouvements sectaires sont traités comme l’ont été les mouvements hérétiques d’autrefois. Seule différence : aux persécutions physiques ont succédés les procédés d’exclusion. Se trouve-t-on là face à une défense et illustration de la liberté religieuse tant prônée par les sectes ? Mais non

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L’administrateur ad’hoc

Fondation pour l’enfance, érès, 2002, 114 p.

Ce petit ouvrage permet de comprendre le rôle et les enjeux de cette fonction qui a pris beaucoup d’importance dans le cadre de la protection de l’enfance. Un mineur est considéré comme incapable juridiquement et doit dont être représenté en justice. C’est naturellement son administrateur légal (ses parents ou en cas de disparition de ceux-ci, son tuteur) qui joue ce rôle. Mais, dans certaines circonstances, cela ne peut pas se faire : quand les intérêts des parents s’opposent à ceux de l’enfant

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Guide des aides aux élèves en difficulté. Adaptation et intégration scolaire

Dominique  de PESLOUAN et Gilles RIVALLAND, ESF, 2003, 127 p.

Trop souvent, on préjuge la difficulté scolaire à l’aune de sa problématique individuelle au détriment  de l’inadéquation de l’institution. Pourtant, très tôt, l’école a tenté de s’adapter à ceux de ses élèves qui bloquaient dans leur approche du savoir. Dès 1909, une loi prévoyait la création des classes de perfectionnement. La recherche a permis de distinguer différents niveaux de difficultés dans les mécanismes d’apprentissage. Difficulté d’ordre instrumental tout d’abord 

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Les pièges de la mixité scolaire

Michel FIZE, Presse de la renaissance, 2003, 274 p.

L’école va mal. Sont fréquemment mis en accusation des savoirs trop abstraits et indigestes, des programmes trop lourds, des rythmes trop élevés. A-t-on jamais pensé à mesurer les effets délétères de la mixité ? Question provocante s’il en est, tant la cohabitation des filles et des garçons semble s’imposer comme une évidence démocratique et égalitariste. Pourtant, à y regarder de plus près, la qualité des relations entre les deux sexes et l’efficacité des performances scolaires ne gagnent

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Apostrophes. Légendes du travail social

Gérard Chalut-Natal, Coriance éditeur, 2003, 240 p.

Psychosociologue, Gérard Chalut-Natal intervient régulièrement dans le secteur sanitaire et social auprès d’équipes de professionnels. Il a pris l’habitude, à la suite de ces rencontres, de prendre beaucoup de notes. Ce sont ces moments d’écriture issus de groupes par essence éphémères, qu’il nous propose ici, présentés sous forme tantôt de textes très longs et d’autres très courts, chacun étant l’occasion de propos qu’il laisse à la sagacité du lecteur, libre de s’en saisir ou non. Tout

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