Livres
Eduquer sans punir. Une anthropologie de l’adolescence à risques
Roland COENEN, érès, 2004, 132 p.
En 2005, cela fera dix ans que le Tamaris n’aura pas renvoyé un seul adolescent et cinq ans qu’il n’en aura sanctionné aucun. L’auteur, directeur de cette institution bruxelloise pour jeunes en grande difficulté, explique d’emblée que cet abandon de toute menace et de toute sanction est le produit non d’une décision délibérée, mais le fruit des pratiques sociothérapeutiques systémiques de l’équipe. Elles résultent du rejet d’un modèle normatif dénoncé comme producteur des symptômes qu’il cherche ensuite à
Les interdits, fondement de la liberté
Michel FIZE, Presse de la Renaissance, 2004, 196 p.
Il est d’usage d’opposer liberté et interdit, la première étant à chérir et le second à proscrire. Michel Fize nous rappelle avec force dans un ouvrage fort bien documenté, que loin d’être antagonistes ces deux notions sont éminemment complémentaires. Bien sûr, si l’interdit s’impose de façon absolue à certaines libertés (comme celles de nuire à autrui), il n’est parfois jamais opposable à d’autres (telle la liberté de pensée). Mais, la liberté ne peut être absolue que pour l’ermite, ou
Vivre son affectivité et sa sexualité - Education affective et sexuelle pour adultes handicapés mentaux - Un matériel didactique
Isabelle MATHEI et all, éditions Jeunesse et droits, 2004, 91 p.
Les déficients mentaux ont les mêmes droits fondamentaux que les autres citoyens du même pays et du même âge … y compris en ce qui concerne l’éducation affective et sexuelle qui doit pouvoir être dispensée aux uns comme aux autres. Pour autant, il y a loin de la coupe aux lèvres. Si les familles et les professionnels ont arrêté de voir systématiquement dans les personnes atteintes de handicap mental des êtres soit asexués, soit prisonniers d’inclinations monstrueuses, le chemin
La sexualité des enfants
Jean-Yves HAYEZ, Odile Jacob, 2004, 318 p.
Le sujet de cet ouvrage n’est pas tant l’enfant abstrait, celui qu’on idéalise, que l’être réel qui est animé d’une force de vie qui lui permet de grandir, sa sexualité étant en cohérence avec sa maturation progressive. Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre, nous propose un ouvrage tout en nuance qui fait la place à la complexité du petit d’homme. Il s’intéresse tant à ses fonctionnements qu’il appelle « suffisamment sains » qu’à ceux qui sont d’autant plus préoccupants qu’ils ne se limitent pas à une
Protection de l’enfance. L’action de l’association Olga Spitzer
Michèle BECQUEMIN, érès, 2003, 256 p.
Le secteur social et médico-social est constellé d’associations qui pour n’avoir pas toutes traversé le siècle, loin s’en faut, sont les témoins vivants d’un parcours riche en expériences et en savoir-faire. L’association Olga Spitzer en est un exemple vivant. Elle a pris le nom de l’une des fondatrices et bienfaitrices (elle financera, selon les années, sur ses propres deniers, jusqu’à 60% des charges de fonctionnement) de ce qui s’appellera au début le service social de l’enfance en danger moral. La
Hébergement et réinsertion sociale: les CHRS. Dispositif, usagers, intervenants
Patrick PELEGE, 2004, érès, 278 p.
Il n’est pas facile de parler de façon synthétique des 700 CHRS que compte notre pays, tant ce dispositif disparate et complexe est lié aux particularités géographiques et associatives locales. Patrick Pelège y arrive néanmoins avec bonheur et intelligence. Il commence par évoquer le mouvement qui a porté l’aide sociale à l’hébergement du seul accueil des populations issues de l’hôpital, de la prison ou de la prostitution à l’élargissement aux victimes des processus complexes d’appauvrissement et de
Le service social du travail. Avatars d’une fonction, vicissitudes d’un métier
François ABALLEA et Charlotte SIMON, L’Harmattan, 2004, 286 p.
S’il est bien un paradoxe pour l’assistante sociale du travail, c’est d’avoir été en partie à l’origine de la profession et pourtant d’être largement méconnue. Tout commence en effet en 1917, alors que les femmes ont remplacé dans les usines d’armement les hommes encore au front. Albert Thomas, ministre socialiste de la guerre, rend obligatoire pour tout employeur de plus de cent femmes, la présence de surintendantes d’usine. Ce corps spécialisé s’occupe plus particulièrement de
Les écoles de service social 1910-1940
Cyril LE TALLEC, L’Harmattan, 2004, 194 p.
Initialement, la compétence de l’assistante sociale relevait bien plus de ses valeurs intellectuelles et morales que d’une quelconque qualification. C’est la générosité, le sens de l’autre et la vocation dont elle faisait preuve qui lui valait reconnaissance. Mais, très vite, il s’est avéré nécessaire d’améliorer ses connaissances notamment en terme de sciences humaines et d’appropriation des lois sociales qui s’étaient particulièrement complexifiées depuis la vague de grandes réformes initiée par la
Le tiers : protecteur de l’enfant victime
Sous la direction de Marcelle Bongrain, érès, 2004, 150 p.
La loi française attribue aux parents la charge d’avoir à protéger leur enfant. Mais, quand ceux-ci ne peuvent exercer cette mission, le législateur a prévu de désigner à cet effet un tiers : l’administrateur ad hoc. Il est nommé soit par le parquet, soit par le juge d’instruction, soit par la juridiction de jugement. Les conditions qui justifient sa désignation sont très larges. Le magistrat ne va pas forcément chercher un désinvestissement caractérisé de la part des parents ou une
CER, CEF… Contenir pour reconstruire pas à pas
Cahier de l’Actif, n°336/337, juin 2004
La tentation d’enfermement des mineurs délinquants multirécidivistes a émergé dans un contexte largement marqué par la réaffirmation d’une préoccupation de sécurité physique et matérielle menacée par des comportements asociaux parfois très inquiétants. Les institutions se sont trouvées en échec dans la prise en charge de ce public, les équipes éducatives spécialisées n’arrivant plus à contenir ses comportements. La réaction de l’Etat s’est alors orientée vers un durcissement de la législation