Livres
Penser avec Arendt et Levinas. Du mal politique au respect de l’autre
Fred POCHE, Chronique Sociale, 2004, 128 p.
Les fondements de l’engagement envers autruiLe livre que Fred Poché consacre à la pensée de Hanna Arendt et à Emmanuel Levinas est fécond en réponses possibles. L’auteur rejette d’emblée toute référence exclusive soit à des valeurs objectives valables en tous temps et en tous lieux, soit à un relativisme moral qui limiterait l’horizon éthique aux choix individuel de chacun. Il propose au contraire d’articuler la dimension de l’universel (nous appartenons toutes et tous à la même espèce humaine), à
Guérir de son enfance
Jacques LECOMTE, Odile Jacob, 2004, 382 p.
La résilience est devenue, ces dernières années, un concept très à la mode. Pour les uns, il rend compte de ce processus multidimensionnel qui transforme le métal de la souffrance en or du lien interpersonnel. Pour les autres, il reproduirait la thèse darwinienne de la survivance des mieux adaptés. Jacques Lecomte consacre une étude passionnante et détaillée à cette question, fourmillant de témoignages et de résultats de recherche. Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’immense majorité des
Les relations durables amoureuses, amicales et professionnelles
Gérard APFELDORFER, Odile Jacob, 2004, 280 p
Quand elles sont basées sur de fausses convictions, les relations humaines peuvent parfois être gâchées. L’auteur en fait ici la démonstration, encourageant à se comporter sur des registres plus sains. Ce qui est en cause dans les mauvais rapports que tissent les personnes entre elles, ce n’est pas tant leur personnalité respective que la qualité du système relationnel qui les relie. Ainsi, le mode de fonctionnement marchand qui est basé sur le souci de ne rien devoir à personne et de régler au
Dessine-moi un parent. Animer un groupe de parents
Arnaud DEROO, Chroniques Sociales, 2004, 152 p.
Comment favoriser chez les parents, et au-delà chez tout adulte confronté à un enfant, la prise de conscience des excès, des errances et des défaillances dans lesquelles ils tombent, tout en renforçant leurs compétences et leurs habiletés ? Arnaud Deroo, responsable d’un service petite enfance dans la région lilloise, a construit des ateliers dont il nous présente ici le déroulement, séance après séance. Les postulats de départ tentent d’éclairer les comportements humains : chaque acte commis
Co-éduquer. Pour un développement social durable
Frédéric Jésu, Dunod, 2004, 190 p.
« Si l’on accepte l’idée que l’éducation est au cœur du processus d’humanisation de l’homme, il faut que soient solidairement assumées, par et entre tous les adultes concernés les tensions de fond qui lui sont inhérentes » (p.176) Frédéric Jésu nous propose ici une réflexion des plus pertinentes portant sur la cohérence des adultes autour de l’enfant. Les certitudes d’autrefois se sont évanouies. L’enfant d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier : il est passé d’un statut de soumission et de passivité à celui
Introduction au travail social. Méthodologie et pratiques nord-américaines
Sous la direction d’Yves HURTUBISE, Chronique Sociale, 2004, 256 p.
Nous sommes tellement occupés dans l’hexagone à sauvegarder la spécificité de nos professions respectives, provoquant ainsi leur éclatement et leur morcellement, que nous en arrivons à ignorer la forme prise par le travail social dans les autres pays. Cet ouvrage permet de constater ce qui nous unit et ce qui nous distingue de nos collègues d’Amérique du Nord. Les professionnels se trouvent, là comme ici, confrontés à une double préoccupation : satisfaire aux exigences du
L’éducateur d’une métaphore à l’autre
Sous la coordination de Jean BRICHAUX, érès, 2004, 248 p.
Les métaphores rendent les idées plus sensibles et le verbe plus accessible. L’image parle plus vite, le cliché frappe plus fort. C’est à ce sens figuré qui confère à la compréhension une forme de fulgurance auquel Jean Brichaux a convié 19 contributeurs, leur demandant de réfléchir au métier d’éducateur. Cela donne un résultat très inégal allant d’une profondeur et d’une intensité tout à fait remarquables à des textes assez imbitables. Parmi les réussites, nous retiendrons
La société malade de la gestion. Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social
Vincent DE GAULEJAC, Seuil, 2005, 282 p.
Voilà une charge implacable, mais néanmoins fortement argumentée contre une idéologie qui a envahi progressivement tous les pores de notre société. La loi du marché et la compétition généralisée s’imposeraient à tous. Chacun est convoqué au service d’une économie entrée dans une quête de performance et une guerre de position où la seule alternative serait de gagner ou de disparaître. Le capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel : la valeur de l’entreprise est mesurée quotidiennement à
Les désordres du travail. Enquête sur le nouveau productivisme
Philippe ASKENAZY, Seuil, 2004, 96 p.
La montée du chômage nous a habitués depuis trente ans à ne plus nous interroger sur les conditions de travail, mais sur le seul fait d’en avoir ou pas. Pourtant, les 3.000 accidents de travail qui ont lieu chaque année représentent 3 % de la richesse nationale, soit l’équivalent de plus d’une dizaine de jours fériés ! Le déni collectif de cette réalité tient à la conviction que l’abandon du taylorisme aurait notablement changé la donne : autonomie, responsabilisation, coaching, appui sur le réseau
Comment protéger l’enfant? Protection, éducation, répression
Gilbert DELAGRANGE, éditions Kathala, 2004, 250 p.
Gilbert Delagrange nous livre ici ses convictions sur un secteur qu’il connaît bien, puisqu’il a exercé comme Pédopsychiatre pendant 17 ans auprès d’une association de protection de l’enfance. Ainsi, de la méfiance exprimée à l’égard de la médiatisation des situations de maltraitance qui ne rend pas compte du difficile travail de terrain qui va du soupçon à la conviction. Il y a d’abord, dans la majorité des cas, la souffrance de l’enfant qui se manifeste à bas bruit. Il y a ensuite la