Livres
Et si on parlait… du suicide des jeunes
Jean-Marie PETITCLERC, Presse de la renaissance, 2004, 116 p.
La drogue tue chaque année 500 jeunes, le Sida 2.500, la route 6.000. Mais le suicide est responsable de 10.000 décès, soit trois par jour. Notre pays arrive dans le peloton de tête des cinq pays occidentaux où l’on se suicide le plus. Une enquête de l’Inserm, réalisée en 1993, faisait apparaître que 23,4% des adolescents avaient des idées suicidaires. Cela signifie concrètement que lorsqu’un enseignant donne son cours devant une classe de 30 élèves, trois d’entre eux sont en
Femmes en galère. Enquête sur celles qui vivent avec moins de 600 € par mois
Véronique MANGIN, édition de La Martinière, 2005, 280 p.
« Les femmes sont davantage protégées de la misère » pense-t-on habituellement. Véronique Mangin démontre le contraire dans un livre très bien documenté qui alterne les témoignages et des chiffres spectaculaires. Il est pourtant vrai qu’il existe bien une discrimination positive pour certaines femmes, celles qui sont mères d’enfants de moins trois ans, et qui, pour cette raison, sont relativement préservées tant par les Caf que par l’aide sociale à l’enfance. Mais au-delà de
Le dit de la cymbalaire. Chômage à 45 ans
Charles MERIGOT, éditions La Ramonda (3 allée Marie Laurent 75020 Paris), 2005, 236 p.
Voilà un livre qu’il faut lire, à tout prix. Son écriture claire et limpide contraste avec le sombre destin qu’il décrit : la descente aux enfers d’un cadre moyen broyé par une société qui ne fait guère de cadeaux à celles et ceux qu’elle exclut. Le sujet est grave, mais le ton est léger : on rit franchement à certains passages, on est ému par bien d’autres. La lucidité, la sérénité et l’humanisme qui traversent ces pages sont impressionnants. L’auteur
Sanctionner sans punir. Dire les règles pour vivre ensemble
Elisabeth MAHEU, Chroniques Sociales, 2005, 232 p.
D’aucuns expriment leur nostalgie du temps où l’enfant obéissait sans rechigner. C’était pourtant une époque où l’on identifiait éducation et soumission. Transgresser n’a rien de pathologique : « L’enfant a besoin d’être reconnu, de recevoir une réponse des adultes qui l’entourent, de vérifier les limites entre le permis et l’interdit, de tester l’autorité » (p.111). En outre, le petit d’homme n’est pas pleinement responsable de ce qu’il commet. Il a droit à l’erreur. On ne peut avoir à son
Conflit. Comprendre et pouvoir agir
Robert MICHIT, Thierry COMON, Chroniques Sociales, 2005, 173 p.
Pour la sociologie, le conflit est inhérent à l’organisation sociale. Pour la psychologie, il est lié aux pulsions agressives qui sont au cœur de tout être humain. Les psychosociologues y voient une interaction entre les variables de l’individu et celles du système social. Les conventionnalistes invoquent des logiques différentes de communication. La morale, quant à elle, va chercher des motivations individuelles malveillantes. Les auteurs nourrissent l’ambition de proposer un
La sociologie au service du travail social
Patrick DUBECHOT, La Découverte, 2005, 98 p.
Sociologie et travail social ont tout pour s’entendre et pourtant « ils s’observent à distance et ne parviennent pas à se rencontrer véritablement » (p.5) A cela, plusieurs raisons. La sociologie appartient aux sciences humaines. En posséder la maîtrise nécessite une longue formation universitaire et « réclame du temps et une certaine concentration, pour en saisir toutes les subtilités. Il faut intérioriser l’appareil conceptuel de cette discipline jusqu’à un point de ’’ saturation ’’ qui fait que
L’enfant maltraité ou l’enfant oublié
Dominique BRUNET, L’Harmattan, 2005, 315 p.
Dominique Brunet reçoit, en tant que psychologue, beaucoup d’enfants victimes de la séparation conflictuelle de leurs parents. Quand ont sait l’instrumentalisation qui est faite de l’argument de la maltraitance et de l’agression sexuelle dans le contentieux familial, on ne peut qu’être pris de méfiance face aux vignettes cliniques exposées ici qui mettent en scène des pères ou des mères chez qui l’enfant ne veut plus se rendre. Pourtant, l’argumentaire porte ses fruits. Les enfants ne savent pas
Questions d’inceste
Ginette RAIMBAULT, Patrick AYOUN, Luc MASSARDIER, Odile Jacob, 2005, 310 p.
Illustrant le fonctionnement de la Maison d’accueil Jean-Bru à Agen, l’ouvrage écrit par trois psychiatres nous propose un regard sur l’inceste, à distance d’une opinion publique prompte aujourd’hui à réclamer vengeance pour des innocents qu’elle accusait hier encore d’affabulation. Replaçant en perspective la complexité de la problématique, les auteurs expliquent qu’il y a mille façons d’aimer ou de mal aimer son enfant, d’établir un lien incestueux avec lui ou
Fragments sur le handicap et la vulnérabilité. Pour une révolution de la pensée et de l’action
Charles GARDOU, érès, 2005, 261 p.
Une société se définit essentiellement par la façon dont elle institue l’idée de normalité et par la considération qu’elle accorde aux plus fragiles. Notre époque, en imposant comme valeurs dominantes la performance, la réussite individuelle, la rentabilité et la productivité ne pouvait que distinguer les bien-portants des handicapés considérés comme un groupe en soi, un genre, une humanité spécifique. C’est cette pensée dualiste qui voit dans la diversité l’opposition des contraires qu’il faut remettre en
Penser le handicap mental
Sous la direction de Gérard ZRIBI et Jean-Louis CHAPELLIER, éditions ENSP, 2005, 264 p.
Les personnes atteintes de handicap sont capables d’aimer, d’apprendre, de ressentir des émotions, d’évoluer, de régresser et de vieillir. Elles ne doivent pas être réduites à l’impact réel ou supposé de leurs déficiences. Cette noble et juste profession de foi se heurte toutefois à des représentations tellement intolérables qu’elles peuvent faire effraction dans le psychisme et pulvériser les systèmes de pensée. Cette question serait-elle donc du domaine