Livres
Nouvelles mythologies économiques
LAURENT Eloi, Ed. L.L.L., 2016, 108 p.
Le discours économique dominant prétend que la seule solution à la crise de l’emploi passe par la flexibilisation du marché du travail. Le seul combat à mener consiste à remettre en cause les privilèges des insiders (ceux qui ont un emploi stable), au bénéfice des outsiders (les précaires). Les déshérités sont devenus des fraudeurs et des assistés et les héritiers des aventuriers stimulant le progrès. Le seul moyen pour relancer la croissance impose la réduction des dépenses publiques. La mythologie
Le « refus de la relation », un problème pour notre société
BOUHOUIA Tahar, Ed. l’Harmattan, 2017, 173 p.
Les institutions à valeur émancipatrice se sont données pour ambition dans l’après-guerre de favoriser l’autonomie des populations auxquelles elles s’adressent, en favorisant leur pouvoir d’agir et leur capacité à produire du changement social. Or, c’est le contraire qu’elles sont en train d’organiser, les enfermant dans des assignations collectives négatives derrière les murs invisibles d’identités stigmatisantes. Reniant leurs finalités et leurs valeurs fondatrices, elles inscrivent l’expertise
De l’insertion à l’exclusion. Les cas des CHRS
FLEURY-GORKOWSKI Claire, Ed. L’Harmattan, 2019, 179 p.
Comment réussir à comprendre qu’une structure dédiée à la lutte contre l’exclusion la pratique elle-même ? L’auteure s’y essaie avec pertinence. Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ont pour fonction l’accueil, le soutien et l’accompagnement d’adultes sans logement, avec ou sans ressources, présentant des difficultés d’adaptation à la vie active et d’insertion sociale et professionnelle. Le fondement de l’action menée est donc de leur permettre d’accéder dans les
Mais qui veut la mort de la prévention spécialisée ?
LE REST Pascal, Ed. L’Harmattan, 2019, 210 p.
Le portrait qui nous dressé de la prévention spécialisée pourrait s’apparenter à une chronique nécrologique. Les éducateurs de rue sont nés non d’une philosophie de l’action ou d’un corpus théorique, mais de pratiques isolées aux lendemains de la seconde guerre mondiale : occuper l’espace public de la rue et y improviser des activités pour des jeunes en danger et/ou dangereux qui y ont fait leur terrain de jeux et de vie. Cette approche innovante séduit alors comme alternative à l’internat
Le travail de coordonnateur dans le champ social et éducatif
Gauffer Christian, Ed. L’Harmattan, 2019, 119 p.
Le nouveau paradigme de l’action sociale s’organise à partir du projet d’établissement et de l’évaluation s’ordonnant autour d’impératifs financiers et d’une approche quantitative du travail. Le dirigeant n’est plus cette figure charismatique faisant autorité, mais un gestionnaire fonctionnaliste contraint à renoncer aux valeurs humanistes. Le travailleur social perd progressivement sa qualité de sujet pensant pour ne plus être qu’un exécutant soumis aux protocoles et aux référentiels normésTu verras, maman, tu seras bien
ARCELIN Jean, 019, Ed. XO, 2019, 520 p.
Diplômé d’une école de commerce, Jean Arcelin décide de changer de métier. Passionné depuis toujours par les voitures et sa grand-mère, il a satisfait sa première ambition comme gérant d’une concession de véhicules de luxe. Le voilà, à 43 ans, qui postule comme Directeur d’EHPAD avec pour seule expérience : l’animation de plusieurs noëls dans une maison de retraite. L’envers du décor lui est totalement inconnu. Dès les premiers entretiens d’embauche dans le secteur médico-social à but lucratif, le ton
Suzanne
POMMIER Frédéric, Ed. Equateurs, 2019, 235 p.
Frédéric Pommier nous livre ici une adresse pleine de tendresse et d’affection, mais aussi remplie de colère froide et d’indignation à un être qui lui est cher : sa grand-mère. Il nous décrit cette vieille dame de près de 97 ans, en faisant alterner sa vie d’avant et celle d’après son entrée en EHPAD. Avant, ce fut un véritable roman : née en 1922, elle a connu les allumeurs de réverbères parcourant le quartier avec un perche en bambou. Elle a suivi, donnant la main à son père, le cortège
J’ai rendu mon uniforme
BASSET Mathilde, Ed. du Rocher, 2019, 250 p.
On pensait les cadences infernales réservées à la production à la chaîne. Un autre lieu de travail les a adoptées : les institutions pour personnes âgées dépendantes. Mathilde Basset nous propose un tour du propriétaire des plus effrayant. Toute jeune diplômée, cette infirmière est allée bien volontiers y travailler. Rapidement, c’est l’angoisse qui s’est emparée d’elle, chaque matin, au moment de prendre son service : jusqu’à près d’une centaine de patients à voir dans sa journée, sans se tromper
EHPAD. Une honte française
PELLETIER Anne-Sophie, Ed. Plon, 2019, 286 p.
Cadre dans le secteur de l’hôtellerie, Anne-Sophie Pelletier fait le choix de s’occuper des anciens en perte d’autonomie. C’est sa manière à elle de rendre hommage à sa grand-mère qu’elle a tant aimée. Elle commence par travailler dans l’aide à domicile. Recrutée sans diplôme, elle acquière la qualification d’AMP. Les portraits qu’elle nous dresse de ces aîné(e)s qu’elle accompagne sont plein de tendresse. L’éthique humanisante qui l’anime l’incite à agir au-delà des limites fixées par son
Toutes nos aurores communes
VEPRES Denis, Ed. Verone, 2019, 193 p.
Avant de transmettre son expérience à des générations d’étudiants, comme formateur à l’IREIS de Bourg-en-Bresse, Denis Vêpres a été vingt ans assistant social en AEMO. Son parcours l’habite avec une telle force et le fait vibrer avec une telle intensité, qu’à chaque page il fait vivre à son lecteur l’émotion de la rencontre, comme s’il l’avait éprouvée hier encore. La soixantaine d’étape de son carnet de route fonctionne au même rythme : une courte vignette clinique, un commentaire et un intermède