Livres
Croire à l’incroyable
SMAÏN Laacher, Éd. Gallimard, 2018, 184 p.
Ils lui reviennent en mémoire ces visages et ces mots, ces cris et ces pleurs bruyants ou discrets des requérants. Il a dû s’y faire à ces rites, ces procédures, ces règles écrites et non écrites, ces places, ces rôles, ces interactions de l’audience. Quand le sociologue Smaïn Laacher devient juge assesseur de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), il mesure très vite la dissymétrie culturelle de cette juridiction qu’un gouffre sépare d’avec l’expérience vécue par ceux qui se présentent devant
Sur le fil de l’Asile
BRICE Pascale, Éd. Fayard, 2019, 271 p.
L’accueil des réfugiés est inscrit tant dans la constitution que dans les engagements européens et internationaux de la France. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a été créé en 1952, à la suite de la ratification de la Convention de Genève. Son rôle est de gérer les demandes déposées au titre des persécutions subies dans les pays d’origine. Pascale Brice, nommé à sa tête en 2013, déploie pendant les six années de son mandat un dynamisme peu commun. Il est vrai qu’on ne
Paroles de migrants
BANDELIER Pauline, Éd. Hugo Doc, 2019, 198 p.
Ils ont quitté leur terre pour trouver un lieu où pouvoir enfin réussir à vivre dignement. On parle souvent d’eux. Mais ils s’expriment rarement. Pauline Bandelier a recueilli leurs témoignages. Le récit de leur périple est effroyable. Ils ont quitté leur terre au prix de risques fous, abandonné leurs proches, lâché ce qu’ils avaient mis une vie à construire. Ils s’en sont allés, sans savoir s’ils pourraient un jour revenir. Il leur en a fallu du courage et de la ténacité pour affronter
Les métiers de l’asile
PERSEIL Sonny (sous la direction), co-Édition L’harmattan & Pepper, 2019, 153 p.
Avec l’explosion du nombre de demandeurs d’asile, la dynamique de l’emploi dans ce secteur est plutôt forte. Pour s’y retrouver dans les métiers qui recrutent, rien de tel que ce livre limpide et didactique. Y sont présentés successivement le HCR et l’OFII, l’OFPRA et la CNDA, FTA et l’ARDHIS … autant d’acronymes sous lesquels le lecteur pourra découvrir tous les acteurs qui se donnent la même ambition : protéger des étrangers souhaitant obtenir le statut de
Je suis fou et vous?
DEUTSCH Claude, Éd. érès, 2017, 264 p.
Claude Deusch nous propose ici un livre à la fois érudit et dense, mais toujours passionnant. A travers une rétrospective historique et philosophique, il distingue trois périodes historiques dans la perception de la folie. La première, qui a été la plus longue, a répondu à la peur sociale en stigmatisant la souffrance psychique et l’excluant du droit commun. Elle a infériorisé et disqualifié les fous en les renvoyant à la déraison et au désordre, à l’inefficience et à la déresponsabilisation. La
Des silences et des cris
Vincent Arthurine, Éd. La danse des Mouettes, 2018, 160 p.
Quel est donc le quotidien d’un hôpital psychiatrique ? Ces vingt-cinq textes, écrits dans un style épuré et fort, nous font partager ces troubles psychiques si difficilement représentables. Il y a celui qui se retrouve là, après s’être jeté d’un pont. C’est un double miraculé : non seulement il a survécu de sa chute, mais la voiture roulant à grande vitesse qui l’a percuté l’a épargné. Il passe beaucoup de temps à la fenêtre de sa chambre : il s’est donné la mission de regarder le
Psychiatrie, hôpital, prison, rue
SANLAVILLE Dominique, Éd. Chronique Sociale, 2019, 143 p.
La création de la psychiatrie de secteur, à partir des années 1970, avait pour ambition de faire sortir l’hôpital hors de ses murs et de permettre une continuité des soins sans qu’ils soient conditionnés par l’internement. Mais, vider les asiles impliquait de développer parallèlement les hospitalisations à domicile et hôpitaux de jour, les centres médico-psychologiques et Centre d’activité thérapeutiques à temps partiel susceptibles de prendre le relais. Mais, la fermeture de 50 % des
La révolte de la psychiatrie
BELLAHSEN Mathieu et KNAEBEL Rachel, Éd. La Découverte, 2020, 240p.
Les forces néolibérales, à l’œuvre depuis les années 1980, n’ont eu de cesse que de soumettre toute la société à la norme de la concurrence. La psychiatrie n’y a pas échappé. C’est en 1968 qu’elle s’était émancipée de la neurologie, en affirmant une identité privilégiant la relation, l’émancipation du sujet, la démocratisation des rapports entre patient et institution et la promotion de la dimension humaniste du soin. Les auteurs nous décrivent la descente aux enfers
Déchéance de rationalité
Gérald Bronner, Ed. Grasset, 2019, 263 p.
Face à la menace terroriste, les autorités usent d’un mot magique : la déradicalisation. C’est dans ce but, qu’elles ouvrent en 2016 le Centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté au Château de Pontourny.
Gérald Bronner nous fait ici le récit de ce grotesque fiasco. Spécialiste du phénomène sectaire, ce sociologue s’était pourtant porté volontaire pour y intervenir, à titre gracieux, en posant comme seule condition l’évaluation scientifique de l’action menée. Il y animera un séminaire
Jeunes en voie de radicalisation. Mythes, réalités et travail éducatif
PUAUD David et GONÇALVES Stéphane, Ed. Fabert, 2018, 57 p.
Fruit de la rencontre avec douze groupes différents de professionnels, ce livre détaille la mécanique à l’œuvre auquel le travail social fait face : substitution de la problématique économique et sociale par la question raciale et religieuse. Sa démonstration implacable tient en trois points.
D’abord, ce n’est pas n’importe quel public qui est harponné par les idéologies intégristes. Les fragilités initiales qui plongent leurs racines dans la désaffiliation progressive, les ruptures