Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Histoire d’un sans-abri

COURTECUISSE Antoine, Éd. Erès, 2019, 269 p.

La clinique de la rue nous oblige à rêver pour les autres, pour qu’ils redémarrent. Antoine Courtecuisse a pris cette affirmation à la lettre, se glissant alternativement dans la peau de Claude qui vit à la rue et celle de Christine, l’éducatrice avec qui se tisse petit à petit une relation de confiance. Le lecteur ressentira ainsi directement un quotidien plein d’effroi où l’on se réveille frigorifié dans des vêtements lourds de pluie, ressentant les vibrations des pas de celles et ceux qui

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Seniors de la rue. Ethnographie de la « grande exclusion »

SAPORITI Lionel, Éd. L’Harmattan, 2019, 281 p.

Rompant avec une approche misérabiliste, Lionel Saporiti a mené une recherche sur les ressources déployées par les sdf pour survivre à la rue. Leur fonctionnement quotidien est fondé sur des logiques nourries par une rationalité ancrée dans une histoire de vie. Et c’est justement ce qu’il a choisi de nous décrire, en suivant le quotidien d’une dizaine d’acteurs. Mobilisant d’anciens savoir-faire de commercial, Thiébault accueille les automobilistes à l’entrée d’un parking de musée, son compère

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Qui dort dehors ?

DAMON Julien, Éd. L’Aube, 2020, 115 p.

Isolés ou par petits groupes, allongés à même le sol ou sous une tente, ils passent difficilement inaperçus dans l’espace public. Qu’on les nomme sans logis, sans-abri, clochards, vagabonds, mendiants, voire même « habitants de la rue », certains y sont depuis (et pour) longtemps, quand d’autres ne font qu’y passer. Spécialiste de cette question, Julien Damon y consacre un nouveau livre regroupant une dizaine d’articles et d’études qu’il lui a consacrés. Difficile de dénombrer la population mouvante et

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Idées reçues sur les SDF

BESOZZI Thibaud, Éd. Le Cavalier Bleu, 2020, 147 p.

Thibaud Besozzi dresse ici un état des lieux très précis sur la question sdf, tout en déconstruisant les fausses évidences. Au premier rang desquelles, l’image du clodo aviné, insultant les passants. La classification qu’il propose démontre combien cette population s’avère au final très hétérogène. Il distingue ainsi les jeunes en errance des zonards revendiquant un mode de vie alternatif, les routards s’inscrivant dans une mobilité chronique des stabilisés durablement hébergés chez des

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Pratiques éducatives. Enfants et adolescents aux comportements difficiles

PEPIN Marie-Claude et ROUCOULES Alain, Ed. érès, 2019, 219 p. 

Ces enfants et adolescents inclassables psycho pathologiquement, inadaptés scolairement et incasables socialement mettent en échec tout accompagnement éducatif et toute offre thérapeutique. Les professionnels se heurtent à leur propre impuissance, vulnérabilité et cohérence face à une fuite et une escalade, une transgression et une provocation qui cherchent à attirer l’adulte sur le terrain qu’ils connaissent le mieux : le conflit permanent. Marqués par l’inorganisation psychique

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Dictionnaire critique de l’accompagnement médico-sociale des personnes handicapées mentales

CHAVAROCHE Philippe, Éd. Erès, 2017, 196 p.

Les mots structurent notre langue comme la colonne verbale soutient notre corps, affirme Philippe Chavaroche en introduction des cinquante-cinq entrées de son abécédaire. Simple, didactique et d’une grande érudition, ce petit livre ne peut que rendre plus intelligent son lecteur. Car, son propos cherche avant tout à repenser des affirmations par trop évidentes. L’accueil d’un nouvel arrivant porteur d’un handicap mental est distinct de son admission. La médiation par les activités n’a rien à voir

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Éduquer sans entraver : déconstruire les violences ordinaires

CARPAYE Célia, Éd. ESF, 2020, 202 p.

C’est bien à tort que l’on désigne les familles comme seules responsables des violences éducatives. Elles concernent tout autant le quotidien institutionnel de nombre d’enfants et adolescents. Il ne s’agit pas seulement des châtiments corporels, mais aussi de toute contrainte faite au corps et à l’intégrité du petit d’homme dans un objectif d’obéissance et de maintien de l’ordre collectif et social. Loin de mettre en accusation les travailleurs sociaux, infirmiers et professionnels de la petite enfance

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Vous avez dit "usager" ?

JANVIER Roland, Éd. ESF, 2018, 163 p.

L’action sociale est prise aujourd’hui dans des évolutions sociétales majeures qui l’amènent à se transformer radicalement. Elle est de plus en plus poreuse aux sirènes lucratives et concurrentielles, sous l’influence de l’antienne néolibérale qui cherche à éradiquer toutes les formes instituées au profit de la libre initiative des individus. D’un côté, des technophiles qui multiplient les outils permettant de placer l’« usager au centre », en étant persuadés que la solution à tous les problèmes consiste

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Comment élever un ado d’appartement 2.0

DE RANCOURT Anne, Éd. Educ.s, 2019, 219 p.

Et si on se lâchait un peu ? Certains pourront trouver ce livre cruel et caustique. Mais, bien d’autres n’arrêteront pas de se bidonner tout au long de ses pages. Anne De Rancourt ne propose pas une étude psychologique, ni une recherche sociologique, pas plus d’ailleurs qu’un manuel d’éducation. Rien de scientifique ou de rationnel, d’instructif ou de réutilisable dans ces propos. Juste un humour certes corrosif, mais combien ravageur qui, selon le cas, peut rassurer (le mien n’est pas à ce point)

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Adolescents de cité. L’épreuve de la mobilité

OPPENCHAÏM Nicolas, Éd. Presse Universitaire de François Rabelais, 2016, 271 p.

Les adolescents résidant en banlieue ont la réputation de quitter rarement leur quartier, comme si l’enveloppe protectrice du ghetto leur assurait une sécurité face à la stigmatisation trop souvent subie. L’étude menée par Nicolas Oppenchaïm apporte un éclairage distancié face à cette idée reçue. Il distingue quatre « idéal-types » de mobilité sociale tant chez les filles que chez les garçons. Les postures masculines peuvent d’abord prendre la forme de ces « ados

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