Livres
Accompagner les adolescents
COTTIN Patrick (sous la direction), Éd. Erès, 2018, 195 p.
Tout le monde en convient, l’adolescence est une période énigmatique où l’on n’est plus un enfant, tout en n’étant pas encore un adulte. Coincé entre un discours adulte paradoxal alternant « fais ce que je te dis » et « tu es assez grand pour savoir ce que tu as à faire », l’adolescent gagne progressivement en autonomie, vécue comme une injonction, se confrontant dès lors à la responsabilité individuelle de l’échec. Il arrive parfois que maltraiter son corps, agresser les autres ou
Pour une éducation sur mesure
FIZE Michel, Éd. Mimesis, 2018, 132 p.
La plupart des informations qui sont diffusées sur les adolescents proviennent de cas pathologiques que l’on généralise pour en faire une réalité universelle. En 2009, un sondage révélait que 80% des adultes étaient persuadés qu’ils se sentaient mal, alors que 70% d’entre eux se disaient heureux. C’est la classe d’âge qui subit le plus de clichés, de préjugés, de fantasmes, de caricatures et de moqueries. En réalité, l’adolescence n’est un temps ni de crise, ni de contestation, proclame invariablement
Le travailleur social face à l’incertain
LOULI Jonathan, Éd. L’Harmattan, 2019, 225 p.
S’il est bien un secteur du travail social qui subit de plein fouet la volonté néo-libérale de rationalisation, c’est celui de la prévention spécialisée : réductions budgétaires, dé conventionnements, injonctions quant aux objectifs et moyens d’action etc… Jonathan Louli en fait une démonstration limpide à travers cette recherche sociologique et anthropologique qui donne la parole aux professionnels de terrain. Les éducateurs de rue commencent à travailler aux lendemains de le seconde guerre
S’il suffisait de traverser la rue
CHIBANI-JACQUOT Philippe, Éd. Les Petits Matins, 2019, 141 p.
Ils sont bangladais, égyptiens, algériens, malgaches, français... Mais, ils parlent tous le même langage : celui de la cuisine. Et cela fait plus de 25 ans qu’ils font tourner un restaurant à Pantin : Le Relais. Cette entreprise d’insertion a été créée par Belkha Kheder, ancien éducateur de rue, alliant un centre de formation professionnelle tant qualifiante que pré qualifiante immergée en condition réelle dans un restaurant d’application ouvert au public. Cela semble banal
Œil pour œil, clan pour clan
MOREAU Sophie, Éd. érès, 2020, 220 p.
On affirme souvent la difficulté de décrire le travail éducatif. Sophie Moreau fait mentir cette assertion. En près de quatre-vingt fragments, elle nous livre une expression sensible et particulièrement éloquente d’un métier méconnu : celui d’éducateur(trice) d’internat de la Protection judiciaire de la jeunesse. Comment traduire ce quotidien auprès de jeunes hypersensibles au rejet dont ils se sentent victimes, alors même qu’ils le provoquent ? Comment expliquer ce savoir-faire et savoir-être nécessaires
La rencontre au cœur du métier d’assistant social
OLIVIER Charline, Éd. Erès, 2020, 258 p.
Pour être familière aux travailleurs sociaux de terrain, la lecture du dernier livre de Charline Olivier ne plongera pas que les candides dans une forme de saisissement. C’est vrai qu’on en rencontre des situations hors du commun dans cette profession ! Cet agité qui vous hurle à la face votre incompétence, parce que vous n’avez pas satisfait à sa demande. Cette mère de la communauté des gens du voyage qui ne reconnaît pas son enfant de dix ans surprise à voler. Seena, contaminée par le Sida après
Le goût de l’effort. La construction familiale des dispositions scolaires
GARCIA Sandrine, Éd. Puf, 2018, 241 p.
Trop longtemps on a cru, par ethnocentrisme à l’égard des milieux populaires, que le capital culturel des classes moyennes-supérieures était suffisant en soi pour assurer l’avantage scolaire de leurs enfants. L’auteur s’attache à démontrer qu’avoir des parents diplômés ne suffit pas. Il n’existe pas d’osmose permettant d’infuser automatiquement ces avantages. C’est le travail incessant et de longue haleine composé de pratiques éducatives quotidiennes précises et concrètes, quoique invisibles, fourni à
Attention Ecole
Analyse-Opinion-Critique, Cahier #2, Éd. La Découverte, 2020, 211 p.
Quand un media en ligne comme « AOC » rassemble certains de ses articles sur le thème de l’école, cela produit un concentré d’intelligence. Des textes courts, limpides et percutants donnent l’occasion d’une réflexion décapante et critique sur une institution pour laquelle tout le monde a quelque chose à dire, mais peu à penser. Voilà de quoi nous rattraper. Au gré des pages, on s’interrogera sur la mixité tant genrée que sociale qui combat l’intolérance et la ségrégation
L’origine sociale des élèves
RAYON Patrick (sous la direction), 2019, Éd. Retz, 2020, 156 p.
L’école française est confrontée au curieux paradoxe d’être ouverte à tous, tout en restant éminemment élitiste. Elle est au cœur d’un mythe à la double facette : elle serait impuissante ou au contraire toute puissante. Le recueil d’études sociologiques présentées ici se donne pour ambition de déconstruire l’un et l’autre. La démonstration a été faite depuis longtemps que le système scolaire ne préserve pas les élèves contre les inégalités liées aux origines sociales. Les
L’école à la ramasse. L’éducation nationale en faillite
FIZE Michel, Éd. L’Archipel 2019, 222 p.
Que l’on partage ou non l’avis de Michel Fize, on ne peut que rendre hommage au sérieux et à la structuration de sa démonstration qui plonge ses racines tant dans des statistiques actualisées que dans l’histoire de l’école. Pour autant, quelle mouche l’a donc piqué ? Le voilà, vent debout, à présenter le système scolaire comme « foutu », responsable d’une baisse de niveau des élèves et de la déperdition de la langue française, d’une délégitimation des enseignants et du règne de l’indiscipline, voire