Livres
Ma vérité sur l’autisme
ROBERT Jean-Luc, Éd. Dunod, 2018, 217 p.
Psychologue intervenant au plus près du terrain, Jean-Luc Robert n’hésite pas à mettre en accusation tour à tour les acteurs du monde de l’autisme : ces pédopsychiatre déconnectés et incompétents dont l’évaluation prend toujours trop de temps, laissant aux manifestations du syndrome s’installer et rendant toujours plus difficiles les tentatives de le faire régresser ; ces neuropsychiatres qui le réduisent aux seules anomalies du développement du système nerveux central ; ses compères psychanalystes
Vies majuscules. Autoportrait de la France des périphéries
Vaillant Emmanuel, Zambeaux Édouard, Éd. Les petits matins, 2020, 335 p.
On parle volontiers sur eux. Mais, quand leur donne-ton la parole ? Voilà qui est fait, grâce aux deux journalistes, animateurs des ateliers d’écriture ouverts aux invisibles. Ils sont quatre cents à avoir accepté de livrer ainsi des bribes de leur quotidien. Le projet n’était pas de susciter des opinions ou des analyses, mais de faire émerger des morceaux de vie. Chacun avait quelque chose à dire. Il fallait juste le convaincre de le faire. Quatorze semaines
Nous, travailleurs en milieu protégés de l’ESAT de Vesoul
LORIMIER Nathalie et GODARD Philippe, Éd. Cet atelier, là, 2019, 189 p.
cetatelierla@laposte.net.
Les personnes avec handicap n’ont pas l’habitude de parler d’elles. Mais, convenons-en : on ne les écoute pas non plus, très souvent. Quand l’occasion leur est donnée de de le faire, leurs préoccupations apparaissent en phase avec celles des valides : la famille, les relations affectives, le travail et la liberté de décider de sa vie. On peut le vérifier à travers les vingt-deux entretiens de ce recueil. Aurélien est content d’être à bonne
Graines de futur
Godard Philippe, Éd. Cet atelier, là, 2019, 175 p.
cetatelierla@laposte.net.
Donner la parole aux enfants de foyer, c’est leur accorder de la valeur et surtout ne pas les réduire à l’échec de leurs parents et de la société. C’est ce qu’a proposé Philippe Godard à un groupe vivant dans celui de Vesoul. Les entretiens collectifs, puis individuels ont pris jusqu’à sept heures. Leur retranscription montre la diversité des vécus de chacun. Il n’est pas possible d’identifier une parole commune. Chacune est singulière. Les uns rejettent le
Autisme et travail : un défi
TREESE-DAQUIN Catherine, Éd. L’Harmattan, 2020, 290 p.
L’altération de la communication, des interactions sociales et de la perception des signaux émotionnels chez une personne avec autisme rendent-ils difficile, voire impossible son insertion professionnelle ? L’auteure a voulu répondre à cette question, en recueillant le témoignage de cent cinquante personnes concernées, âgées de douze à soixante ans. Les propos qui constituent le matériau de base de son étude sont révélateurs. Certains assument leur autisme, comme Xavier qui l’a indiqué
Les fantômes de l’Europe. Les migrants face aux politiques migratoires
PEYROUX Olivier, Éd. Non Lieu, 2020, 235 p.
Certains partis politiques et nos gouvernements successifs n’ont de cesse que de promettre de lutter contre l’immigration. Celle-ci est pourtant restée stable depuis quinze ans, mise à part la crise aigüe de 2015 qui s’est résorbée dès l’année suivante. Mais, ce dont on parle beaucoup moins, c’est de la traite consécutive des êtres humains. La protection des frontières a supplanté celle des personnes. Si les autorités ont favorisé l’expansion de l’industrie du contrôle biométrique, elles ne
On a tous un ami noir
GEMENNE François, Éd. Fayard, 2020, 253 p.
Comment contrer tous ces discours contre l’immigration qui contestent tout racisme au prétexte de l’existence d’un ami noir ? Sûrement, en lisant l’ouvrage de François Gemenne qui multiplie les démonstrations contre-intuitives. En commençant par récuser le principe même du débat : s’interroger sur l’accueil et le coût des migrants est aussi légitime que de questionner le poids des personnes âgées o
u handicapées dans le PIB ! Pour l’auteur, la migration a toujours existé et existera toujours. Il
Carte blanche : l’État contre les étrangers
PARROT Karine, Éd. La Fabrique, 2019, 328 p.
On se doutait que les variations politiques sur les questions de nationalité relevaient de choix arbitraires et discrétionnaires, au gré des préoccupations guerrières, colonisatrices et économiques des États. A la lecture de ce livre s’intéressant à la variante Française, on n’aura plus aucun doute. Karine Parrot rappelle que la nationalité est un concept récent dans l’histoire, une pure construction juridique façonnée en un moment où la gestion des flux de population s’avéra nécessaire. La
Travail social et nouvelles pratiques interculturelles
CURIE Raymond, Éd. L’Harmattan, 2020, 263 p.
Comment les professionnels du social peuvent-ils se positionner face à ces multiples ethnies auxquelles la diversité de leur public les confronte ? Leur éthique leur commande de reconnaître autrui, quel qu’il soit, comme appartenant à la même humanité. Si cette conviction universelle les conduit à accueillir avec bienveillance les spécificités de chaque culture, ce n’est pas pour y enfermer leur interlocuteur, pas plus que pour justifier les atteintes aux droits de l’homme otages de la lutte
Comme un père
VANNIER Xavier, Éd. Le livre et la plume, 2020, (176 p.)
Comment est-il possible d’être un professionnel en protection de l’enfance, tout en garantissant la sécurité affective d’un public qui en manque tant ? Telle est l’équation qu’a réussi à résoudre Xavier Vannier avec Morgan, qu’il a accueilli dans son lieu de vie pendant sept ans. La description de ce long suivi éducatif est saisissante. Cet éducateur a commencé par se placer en position d’écoute, sans chercher à en savoir plus que ce que l’adolescent voulait bien lui confier, de crainte