Livres
Les éducateurs face à la radicalisation. Le cas de la prévention spécialisée
BOUSETA Hanane, Ed. L’Harmattan, 2018, 230 p.
Un phénomène a envahi l’espace médiatique autour d’un paradigme central : la diabolisation de la radicalité amalgamée au terrorisme. Face à la complexité des mécanismes à l’œuvre, l’usage d’une grille unicausale réduit les réponses possibles à la seule option répressive. Pas moins de sept lois ont été votées depuis 2012, visant l’une après l’autre à toujours mieux repérer, identifier et dénoncer les déviances. La prévention spécialisée est sollicitée pour s’inscrire dans la détection et le
Le spectre de la radicalisation
PUAUD David, Ed. EHESP, 2018, 243 p.
Les épisodes terroristes sanglants récents ont remodelé la perception d’une radicalisation devenue pour les pouvoirs publics la cible principale à prioriser. Des grilles d’évaluation ont même été élaborées pour mieux la détecter et la combattre. Et le jeune islamiste radical est devenu la nouvelle figure diabolisée.
Pourtant, beaucoup le reconnaissent : la radicalisation ne peut être confondue avec le terrorisme. Il est impossible d’établir un profil type de l’activiste prisonnier d’un mécanisme qui se
La fabrique de la radicalité
BONELLI Laurent et Fabien Carrié, Ed. Seuil, 2018, 309 p.
Afin de (se) convaincre que les jeunes radicalisés sont amendables, quand l’opinion courante les rejette dans une altérité irréductible, les travailleurs sociaux évoquent volontiers l’emprise et l’embrigadement dont ils seraient victimes. Pourtant, le succès d’une idéologie dépend avant tout de l’écho qu’elle produit avec les ressentis de ses potentiels adeptes. C’est cette corrélation que les deux auteurs établissent à partir de l’étude minutieuse de 166 dossiers éducatifs, d’une
Femmes et mères après l’inceste
DE MOURA FREIRE Soraya et MASSARDIER Luc, Éd. érès, 2019, 184 p.
Les femmes, à qui ce livre donne la parole, sortent de l’adolescence ou sont au seuil de la maternité. D’autres ont acquis la maturité des années. Leurs témoignages sont traversés par une même constante : avoir subi le génocide psychique de l’inceste. Les auteur(e)s ont voulu mesurer avec elles l’impact de cette agression dans la suite de leur vie. Le constat est implacable : leur identité féminine a été durablement atteinte dans sa légitimité à être femme, amoureuse et mère
Les monstres n’existent pas
MILLOT Ondine, Éd. Stock, 2018, 322 p.
Entretenir son jardin relève d’un loisir plaisant. Sauf, peut-être, quand un coup de pioche déterre une bien macabre découverte : un sac poubelle d’où s’échappe une odeur pestilentielle, celle provenant de nourrissons en décomposition. Les nouveaux propriétaires rapidement mis hors de cause, l’enquête mène jusqu’à Dominique Cottrez. Cette aide-soignante, donnant jusque-là toute satisfaction à ses employeurs et particulièrement prévenante envers les personnes âgées qu’elle accompagne, reconnaît rapidement
Vagabondes, voleuses, vicieuses
BLANCHARD Véronique, Éd. Françoise Bourin, 2019, 327 p.
Nous voilà plongé(e)s aux lendemains de la seconde guerre mondiale. Véronique Blanchard redonne la parole à ces « mauvaises filles » qui avaient le malheur de ne pas se soumettre à la loi du genre. Le modèle patriarcal leur programmait pourtant un avenir tout tracé : prendre soin de leur foyer, de leur mari et de leurs enfants. Rebelles, à la recherche d’émancipation ou tout simplement fuyant une famille rigide, maltraitante ou trop pauvre, certaines refusèrent cette destinée et se
Les fantines
PIA BRIFFAUT Maria, Éd. Le Lys Bleu, 2019, 185 p.
Voilà un plaidoyer raisonné et raisonnable pour l’abolition de l’accouchement sous X. Bien des arguments tentent pourtant d’en défendre le bien-fondé. Eviter les infanticides ? C’est supposer que toute femme en difficulté avec sa grossesse serait une criminelle en puissance. Enrayer les abandons sauvages ? L’actualité nous montre qu’ils perdurent, malgré ce dispositif censé l’éviter. Empêcher la contestation de la légitimité des adoptions ? De plus en plus de parents adoptifs se prononcent
Chemins croisés. Histoires de rencontres
EYRAUD GARNIER Monique, Éd. La pensée vagabonde, 2019, 189 p.
Cela fait vingt ans que Monique Eyraud Garnier partage ces moments chaque fois uniques avec des enfants polyhandicapés et leurs parents, dans l’IMP où elle travaille comme éducatrice spécialisée. C’est de ces rencontres qu’il est question ici, à travers les mots de l’auteur, ceux des enfants dont elle devine et traduit la communication empêchée, mais aussi ceux de parents qui ont pris leur plume pour confier leur vécu. La justesse et la force de l’écriture sont proportionnelles à
Ma chérie et moi
CHEDOTAL Jean, Éd. du Traict, 2018, 100 p.
La naissance de Jean Chédotal, en 1968, s’est mal passée. Un manque d’oxygénation a provoqué un handicap grave : il n’a accès ni à la parole, ni à la marche. Cela ne l’empêche pas d’être particulièrement actif, volontaire et persévérant. Depuis l’âge de 11 ans, il réside au centre Saint-Jean-de-Dieu situé dans la cité corsaire du Croisic (44). Il a toujours gardé, au fond de lui, une profonde frustration et une intense colère qui se sont souvent manifestées par de l’agressivité et une grande
La fille pas sympa
MARCH Julia, Éd. Seramis, 2017, 283 p.
Le récit de vie de Julia March peut bénéficier d’une lecture à trois niveaux. On peut, tout d’abord, découvrir le scanner opéré de l’intérieur des mœurs des Témoins de Jehovah, dont l’auteure a subi l’endoctrinement sectaire très jeune, après que ses parents en soient devenus adeptes. On peut, tout autant, découvrir la maltraitance que lui a fait subir un père brutal et violent. Mais, c’est là aussi l’occasion de suivre une enfance, une adolescence et un début d’âge adulte marqués par l’autisme. Une