Celles qu’on ne voit pas

Il est fréquent de montrer du doigt ces femmes portant le voile islamique et de les désigner soit comme des victimes passives et résignées de l’oppression patriarcale, soit encore pire comme complices et propagandistes actives de ce symbole de la suprématie masculiniste. Ce qu’elles sont, effectivement, pour certaines d’entre elles. Même si les raisons de se voiler sont mutlifactorielles.

Mais la confusion entre cet accoutrement traditionnel et la religion islamiste reste néanmoins démagogique. Car, c’est bien tous les intégrismes religieux qu’ils soient chrétiens, juifs, bouddhistes, indouistes etc qui foulent au pied l’égalité homme/femme. Les cultes dont ils sont l’expression extrémiste n’ayant pour aucun d’entre eux vraiment brillé par leur manifestation progressiste en la matière ! Tous sont imprégnés par des millénaires d’oppression contre les femmes que seule la lecture moderniste et réformiste de leur doctrine permet de relativiser.

Focaliser sur les seuls fondamentalismes musulmans relève donc d’une islamophobie à peine voilée (!) qui se cache derrière son petit doigt. Cette discrimination, outre sa dimension blessante, obscurcit (quand elle ne l’efface pas) toutes ces actions d’ouverture, d’ajustement et d’inter-culturalisation menées au quotidien et en toute discrétion par des milliers de femmes migrantes. Avec ou sans voile, elles savent prendre leur place dans notre société et apporter la richesse de leurs coutumes d’origine qui ne sont pas toutes marquées au coin de la servitude genrée.

Le monde n’est pas divisé d’une manière manichéenne entre d’un côté les défenseurs d’une République pure et laïque revendiquant l’égalité et la liberté et de l’autre des intégristes, de quelque idéologie que ce soit, voulant mettre notre société en couple réglée sous le poids de leur dogme.

Il y a aussi entre les deux, des centaines de milliers de femmes migrantes qui, ne choisissant pas leur camp, cultivent le vivre ensemble, à bas bruit main dans la main avec les citoyen(ne)s de nationalité française. Mais, ce n’est pas elles qui feront la une des médias. Sachons leur rendre hommage.

 

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
De Saint-Pol Thibaut - Tyrannie de l'apparence
dans Interviews
Combattre la discrimination de l’apparence Thibaut de Saint-Pol est sociologue et directeur de l’INJEP Parmi toutes les préoccupations liées au corps, il y a l’obésité. Contrairement aux idées reçues, les injonctions à la minceur n’ont rien d’universelles, les valeurs changeant selon l’espace-temps où elles s’expriment. Thibaut de Saint Paul nous livre ce qui est au cœur de ses recherches :...
Le pot de terre contre le pot de fer (1)
Xavier Vannier, responsable du lieu de vie le Petit Bois situé dans le département de l’Orne vient d’adresser une lettre ouverte au Président de son Conseil départemental : « Le 12 décembre dernier, vous m’avez fait part de votre décision de me retirer mon agrément si je ne vous ai pas, au 18 décembre prochain, fourni le nom d’une association qui prendrait la gestion de mon lieu de vie, ...
Le potentiel négligé de la médiation animale
Il faut remonter à 1792 pour trouver le premier usage thérapeutique de l’animal, quand un humaniste anglais, William Tucke, confia à des patients d’un asile d’aliénés un élevage de lapins et de volailles. Se sentir responsables d’animaux les fit alors se prendre un peu mieux en charge eux-mêmes. Depuis, cette pratique n’a jamais cessé d’être utilisé. Et pour cause, cette médiation interagit ...
CAT de l’Iroise et Galvelpor - Brest (29)
Quand l’utopie devient réalité 5 février 1999 : près de deux cents invités se sont retrouvés en présence de Marylise Lebranchu, secrétaire d’Etat des petites et moyennes entreprises, au commerce et à l’artisanat pour fêter le dixième anniversaire d’un partenariat des plus singulier : l’intégration de 15 adultes handicapés mentaux au sein d’une entreprise. Occasion de montrer que “ ça marche ” et d’inciter...
Pourquoi je préfère être éducateur que policier !
Le ministère de l'intérieur ne sait plus où donner de la tête pour éteindre les incendies allumés aux quatre coins du pays par les bavures policières. Arrestations brutales provoquant la mort de la personne interpellée, discours racistes banalisés, violence récurrentes, arbitraire dans l'usage de l'autorité, mensonges et dissimulation dans les témoignages, provocations et humiliations...
Le droit d’asile en question
En 2018, la France a reçu 122.743 demandes d’asile. Elle l’a accordée à 24.663 candidats, soit une proportion d’une demande sur cinq. La gestion de ces sollicitations devrait faire une large place à la dimension humaine des situations présentées. On en est loin. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer le sort des 800 auxiliaires recrutés par l’armée française pour servir d’interprète, lors de ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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