Celles qu’on ne voit pas

Il est fréquent de montrer du doigt ces femmes portant le voile islamique et de les désigner soit comme des victimes passives et résignées de l’oppression patriarcale, soit encore pire comme complices et propagandistes actives de ce symbole de la suprématie masculiniste. Ce qu’elles sont, effectivement, pour certaines d’entre elles. Même si les raisons de se voiler sont mutlifactorielles.

Mais la confusion entre cet accoutrement traditionnel et la religion islamiste reste néanmoins démagogique. Car, c’est bien tous les intégrismes religieux qu’ils soient chrétiens, juifs, bouddhistes, indouistes etc qui foulent au pied l’égalité homme/femme. Les cultes dont ils sont l’expression extrémiste n’ayant pour aucun d’entre eux vraiment brillé par leur manifestation progressiste en la matière ! Tous sont imprégnés par des millénaires d’oppression contre les femmes que seule la lecture moderniste et réformiste de leur doctrine permet de relativiser.

Focaliser sur les seuls fondamentalismes musulmans relève donc d’une islamophobie à peine voilée (!) qui se cache derrière son petit doigt. Cette discrimination, outre sa dimension blessante, obscurcit (quand elle ne l’efface pas) toutes ces actions d’ouverture, d’ajustement et d’inter-culturalisation menées au quotidien et en toute discrétion par des milliers de femmes migrantes. Avec ou sans voile, elles savent prendre leur place dans notre société et apporter la richesse de leurs coutumes d’origine qui ne sont pas toutes marquées au coin de la servitude genrée.

Le monde n’est pas divisé d’une manière manichéenne entre d’un côté les défenseurs d’une République pure et laïque revendiquant l’égalité et la liberté et de l’autre des intégristes, de quelque idéologie que ce soit, voulant mettre notre société en couple réglée sous le poids de leur dogme.

Il y a aussi entre les deux, des centaines de milliers de femmes migrantes qui, ne choisissant pas leur camp, cultivent le vivre ensemble, à bas bruit main dans la main avec les citoyen(ne)s de nationalité française. Mais, ce n’est pas elles qui feront la une des médias. Sachons leur rendre hommage.

 

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Qu’en sera-t-il demain ?
Voilà le texte de mon intervention lors de la « Conférence du confiné » diffusée le mercredi 29 avril 2020et visible ICI Qu’en sera-t-il demain ? Avant de parler de l’après épidémie, il est important de rappeler l’avant. Je vous propose de faire un bon en arrière de quarante ans et de nous remémorer ce qui s’est passé dans les années 1980. A l’issue de la crise pétrolières et industrielles qui ...
PédagogieS
Entre transmission et construction du savoir, la pédagogie en question Qu’est-ce qui distingue la pédagogie traditionnelle des pratiques alternatives ? En quoi s’opposent-elles ? Qu’ont-elles d’innovantes ? Quelles sont leurs limites ? Essayons d’y voir un peu plus clair.   L’étymologie du terme pédagogie vient du grec ancien paidagogós, composé de paidos (enfant) et de gogía (mener ou conduire). Ce ...
AJD - Susciter la demande - Caluire (69)
Comment réussir à travailler avec un public qui ne veut pas être aidé ? Tel est le paradoxe auquel se sont confronté les AJD, avec un certain succès. Si dès 1943, des camps de vacances sont proposés, c’est en 1951 que Michel Jaouen et Maurice Gounon, deux pères Jésuites, fondent les AJD (Aumônerie de la Jeunesse Délinquante) destinées à élargir l’horizon des jeunes sortants de prison. A la...
Le potentiel négligé de la médiation animale
Il faut remonter à 1792 pour trouver le premier usage thérapeutique de l’animal, quand un humaniste anglais, William Tucke, confia à des patients d’un asile d’aliénés un élevage de lapins et de volailles. Se sentir responsables d’animaux les fit alors se prendre un peu mieux en charge eux-mêmes. Depuis, cette pratique n’a jamais cessé d’être utilisé. Et pour cause, cette médiation interagit ...
EMEA : mode d’emploi
Aller vers celui qui n’attend rien - Quand l’absence de demande n’est plus un obstacle Comment aider ceux qui ne font aucune demande ? Les psychologues ont longtemps considéré que c’était impossible. Se portant au-devant des adolescents en souffrance, une équipe mobile démontre le contraire. Nathan a attendu trois mois avant d’être reçu au Centre médico-psychologique. Refermé sur lui-même, comme miné ...
Itinéraire découverte 2 - Espagne
Croisière trans-ibérique - Second bulletin d’information Résumé de l’épisode précédent (voir Lien Social n°504). Anabelle Delfosse a conçu un projet fou : faire traverser à pied l’Espagne, du sud au nord, en neuf mois, un groupe d’une dizaine d’adolescent(e)s en grande difficulté, à raison de trois semaines de marche et une semaine dans un camp de base différent à chaque étape. Le jour du départ le 19 ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE


« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org