Petit précis de bobards de campagne

MATHIOT Cédric, Éd. Presses de la Cité, 2012, 201 p.

Le fact-cheking est une pratique médiatique qui nous vient des USA. Il s’agit, non seulement, de vérifier les faits qui sont cités par les responsables politiques, mais aussi d’établir la façon dont ceux-ci peuvent parfois les déformer. Les journalistes français n’ont pas tardé à suivre cette mode. L’ouvrage de Cédric Mathiot reprend l’essentiel de la chronique « désintox » publiée par le journal Libération. Les hommes et les femmes politiques de tous bords prétendent dire la vérité, alors

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Les jours heureux. Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre et comment Sarkozy accélère sa démolition

Citoyens résistants d’hier et aujourd’hui, Ed. La Découverte, 2011, 209 p.

Nous sommes le 24 mars 1944. La guerre va durer encore un an. Le pays est, pour quelques mois encore, sous la botte des nazis. Les mouvements clandestins, regroupés au sein du Conseil national de la résistance adoptent, à l’unanimité, un programme issu d’un compromis entre deux propositions présentées respectivement par la SFIO et la CGT. Son titre est optimiste : « Les jours heureux ». Son contenu l’est encore plus. Il fixe un plan d’action immédiat pour lutter contre

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Alter gouvernement. 18 ministres citoyens pour une réelle alternative

Collectif , Ed. Le Muscadier, 2012, 286 p.

Mai 2012. Rien ne s’est passé comme prévu. Le président sortant et son concurrent le plus sérieux ont été balayés. Le mouvement qui s’est formé, en quelque mois, autour des idées de justice sociale, de participation citoyenne et de responsabilité écologique, a présenté un candidat qui a obtenu 55% des voix. Un gouvernement a été constitué. Aucun des ministres n’est politicien de métier. Juste des citoyens issus d’associations, de syndicats, d’universités. Chacun présentent, ici, son programme. Rien

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Petits actes de rébellion. Ces instants de bravoure qui ont changé le monde

CRAWSHAW Steve et JACKSON John, Ed. Balland, 2010, 316 p.

Il y a, dans l’histoire, des engagements qui nécessitent du courage et de la témérité. Ainsi, de Ralph Carr, ce gouverneur républicain du Colorado qui sera l’un des seuls responsables politiques de son pays à s’opposer, en 1941, à l’emprisonnement de ses compatriotes d’origine japonaise. Sa carrière en sera ruinée. Ainsi d’Helen Sazman, l’un des rares députés d’opposition du parlement sud africain à s’opposer frontalement, des années durant, au régime d’apartheid. Elle sera souvent

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L’État démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse

BONELLI Laurent, PELLETIER Willy et all, La Découverte, 2010, 313 p.

Un peu partout en Europe, il n’est question que de coupe sombre dans les budgets sociaux et de projet de limitation dans le remplacement des fonctionnaires. C’est le triomphe de ce néo-libéralisme né dans les années 1930 et adopté par une Communauté européenne qui multiplie les directives contre tout dirigisme d’un État, à qui elle ne reconnaît qu’un rôle de régulateur, exigeant qu’il soit avant tout garant de la libre concurrence. Les gouvernements de notre pays, qu’ils

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Qui veut la peau des services publics ?

COTTA Jacques, Éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 348 p.

Les gouvernements successifs qui n’ont eu de cesse de proclamer leur intention de préserver le modèle social français, sont les mêmes qui n’ont pas arrêté de tenter de le détruire. Se ralliant tant au traité de Maastricht, qu’aux directives européennes successives qui prévoient la dérégulation des services publics, ils ont soumis ces institutions au dogme libéral de la concurrence libre et non faussée. La performance, la rentabilité et le commercial sont devenus la pierre angulaire de

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Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie

REVAULT D’ALLONNES Myriam, Seuil, 2010, 148 p.

Si la fonction de la philosophie consiste bien à nous faire réfléchir, en nous aidant à opérer un pas de côté, l’ouvrage de Myriam Revault d’Allonnes atteint pleinement son objectif. Il ne faut guère de temps pour que les peuples se lassent de la démocratie, après s’être battu pour l’obtenir : désaffection lors des élections, sentiment d’avoir été trompé, impression que tous les élus sont pourris... L’auteur nous propose une explication des plus pertinente à ce mécanisme récurrent. Tout pouvoir

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État de vigilance. Critique de la banalité sécuritaire

FŒSSEL Mickaël, Editions Les Bords de l’Eau, 2010, 151 p.

Nos sociétés contemporaines se caractérisent par un désir de murs, murs qui ne se contentent pas de défendre contre un extérieur perçu comme menaçant, mais qui façonnent tout autant les identités de l’intérieur. Cet état de vigilance s’avère autant entretenu par des politiciens qui placent la banalité sécuritaire au cœur de leur légitimité, que désiré par des citoyens animés par la peur d’autrui. Dans le même temps, il est paradoxal de vouloir à la fois se protéger des étrangers et

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Pourquoi désobéir en démocratie ?

OGIEN Albert & LANGIER Sandra, La Découverte, 2010, 212 p.

Refuser d’appliquer une loi démocratiquement votée constitue une menace contre le principe même de la démocratie, sauf quand s’opposer au choix de la majorité apparaît comme l’ultime moyen de combattre l’abjection. Face à la multiplication des appels à la désobéissance civile, deux réflexions nous sont proposées ici. La philosophe Sandra Laugier l’affirme d’emblée : la démocratie s’affaiblit, quand elle étouffe les revendications minoritaires et se grandit quand elle garantit

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Les refusants. Comment refuse-t-on de devenir un exécuteur

BRETON Philippe, La découverte, 2009, 250 p.

Il s’appelle Heinz Buchmann. Ce lieutenant de la police allemande refusera en 1943 de participer aux massacres de juifs, en Pologne. Il s’appelle Noël Favrelière. Ce sergent de l’armée française déserte le 26 août 1956, pour ne pas être complice de l’exécution de suspects algériens. Il s’appelle Hugh Thomson. Ce lieutenant de l’armée américaine, pilote d’hélicoptère interviendra pour faire cesser le massacre des habitants du village de My Laï, le 16 mars 1968. Il s’appelle Jean-Baptiste Munyankore

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